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Tous vos témoignages

POMPOMPOM POM
Manager du chaos/Esclave de bases de données

Nous fonctionnons en mode dégradé, le moral quant à lui ne doit pas l’être

Voici mon bilan au bout de 7 jours de confinement (officiel) et télétravail:

– Maintenant je dors plus de 8h par nuit. Je n’ai plus de trajet pour aller au travail
– De ce fait ma peau est rayonnante. Plus de cernes
– Je fais du sport en simulant des fights contre un ennemi invisible sur une musique entraînante
– Je n’ai pas pris un gramme
– Plus d’échanges de miasmes entre collègues
– Plus de présentéisme
– Fiabilité technique, réseau internet domestique 90%.
– D’un tempérament naturellement antisocial, j’ai fait la connaissance d’un nouveau voisin fort sympathique. Nous nous ressemblons.
– Dans l’immeuble, un grand CALME QUI FAIT DU BIEN

Voici les côtés positifs, je ne parle pas des négatifs.
Pour ces derniers, je vous recommande le JT de 20h. Merci.
Une pensée émue pour ceux sur le front.

25 mars 2020
Julien
Directeur d'établissement (EHPAD)

Bonjour,

Je tiens à apporter mon témoignage comme directeur d’EHPAD et d’établissements pour personnes handicapées.
Je suis en colère !

C’est une crise sans précédent pour nos établissements. Pour autant, je réfute le terme de « guerre ».
La guerre signifie qu’il y a un ennemi, or là l’ennemi n’est même pas un organisme vivant : un virus, contrairement à une bactérie, n’en est pas un.
Il s’agit donc d’une crise sanitaire, provoquée certes par un virus millénaire, mais surtout accentuée par les pouvoirs publics qui n’ont pas anticipé, pas prévu les moyens de lutter.
Dans mes établissements, on a des masques pour tenir 3 jours !!! Et dire qu’on est dans le système de santé soi-disant le plus performant au monde ! Il a déjà du plomb dans l’aile notre beau système…
Cela fait déjà un moment que les EHPAD tirent la sonnette d’alarme. Résultat : du saupoudrage en début d’année par la Ministre de la Santé et maintenant cette crise du Coronavirus.
Je suis en colère !

La guerre cache aussi la responsabilité des pouvoirs publics derrière le voile protecteur et fédérateur de la « Nation ». Mais un jour viendra où il faudra chercher et trouver des responsables, dans un système ultra-libéral qui a privilégié au nom de l’efficacité une vision comptable à court terme, au prix de la santé de toute une population. Pour l’heure, nous devons rester soudés et éradiquer cette pandémie.
Mais au final, quel sera le coût bien plus élevé sur les plans économique, social et humain ??? Quelles conséquences psychologiques produira le confinement, sans compter ces morts que les familles n’auront pas pu accompagner ?
Dans nos établissements les visites sont interdites, sauf pour les fins de vie. Les résidents déjà fragiles souffrent énormément de la situation. Sans parler des professionnels qui saturent et culpabilisent de peut-être contaminer sans le savoir les résidents. Et si demain j’ai 20 morts dans mes établissements, je leur dirai quoi à tous ces gens ?

Demain, c’est tout un système qu’il faudra remettre en cause, un système capitaliste effréné, ultra-mondialisé, qui a basculé dans l’inhumanité.
Bernard MARIS l’avait écrit dans les années 2000, que le capitalisme finira soit par une crise économique soit par une catastrophe. Et on a eu les deux : la crise économiques de 2008 puis la catastrophe sanitaire actuelle, sans parler de Fukushima au milieu. Et pourtant, le système est toujours et sera toujours là.
Sauf si nous, citoyens, acteurs de la santé, de la recherche, associatifs, bénévoles, défenseurs de l’environnement, faisons pencher la balance du côté de la qualité de vie et de l’avenir de nos enfants, bref de l’humanité.
Pour cela, il faudra résister au saupoudrage que certains tenteront de nous faire passer pour mieux avaler la crise.
C’est à ce moment-là que la véritable guerre commencera, car nous aurons enfin un ennemi devant nous.

26 mars 2020
Sarah
Guide touristique

Six mois par an, je suis mère au foyer, je gère tout pendant que mon conjoint travaille. Six mois par an, je suis pratiquement mère célibataire et j’attends le retour du printemps pour pouvoir reprendre le travail, sortir, voir du monde, vivre un peu pour moi.
Pas cette année. A peine embauchée, déjà virée. Pas de chômage partiel pour les saisonniers. Nous sommes des employés jetables.
Mon compagnon ne travaille plus (chômage partiel) et occupe ses journées comme s’il était en vacances, entre jeux en ligne et hobbies d’intérieur.
Moi, depuis 15 jours, je vis un seul et même jour interminable où je mène de front une quintuple journée (4 enfants, donc 4 classes à donner simultanément + le ménage, les repas et mes autres tâches de « mère au foyer »). Je ne touche plus terre, je perds la notion du temps. L’école à la maison me prend chaque minute du jour et mes nuits servent à rattraper la tenue de la maison. Quelques heures de sommeil agité et on recommence.
Foncièrement, le confinement n’est pas si dur. J’ai de la chance, je vis dans une toute petite ville. Les commerces de proximité sont au bout de la rue et j’ai un jardin où les enfants peuvent courir un peu. Je n’ai pas spécialement peur du virus (malgré ma condition d’asthmatique, je ne me sens pas – peut-être à tort ? – menacée), je n’ai pas peur pour mes proches (les enfants ne sont a priori pas touchés et ma mère, vivant très recluse, a des chances d’exposition minime). La partie difficile, la vraie, c’est pas l’isolement, la perte de mon boulot, l’impossibilité de sortir. La partie difficile, c’est de se sentir seule entourée des miens.

25 mars 2020
Franklin
Agent technique communal

Bonjour,

Malgré un martelage de l’Etat sur le fait qu’il faut un minimum de monde qui bouge, chose que j’aimerais bien respecter mais je ne peux pas. Mon patron nous dit qu’il n’y a pas de risque alors qu’on est une équipe de 3 à travailler dans le même atelier…
Ayant une personne de ma famille contaminée, je trouve cela très fortement irresponsable de sa part. Sachant qu’une personne est d’astreinte toute la semaine, il suffirait que celle-ci travaille pour la continuité du service.
Si je tombe malade ou que je le donne à quelqu’un, je ne manquerai pas de lui rappeler les faits… À bon entendeur.

25 mars 2020
gatou
Aide soignante

L’an 2000 devait être de la « BOMBE » !!!!!
Je rêvais du bébé de l’an 2000 et on l’a fait !!!! Enfin… oui et non !!!
En fait, c’était encore mieux que ce qu’on aurait pu imaginer. C’est pas 1 mais 2 bébés d’un coup!!!!
Et puis y a eu cette annonce merdique. Faut rester allongée sinon y a risque de prématurité !!! Bon d’accord, je finis ma semaine de boulot à l’hôpital et j ‘exécute l’ordre mais il est déjà trop tard et cette nouvelle ère est pour toute la famille le début de la fin.
Accouchement en urgence à 5 mois et 3 semaines. Nos deux garçons se battent comme à la guerre déjà pour sauver leurs peaux !!! « Il faut sauver les soldats Ryan »!!! Et pattatra, c’est déjà fini pour l’aîné (après 1 mois et 1 semaine de survie) !!!! L’horreur comme on ne l’avait jamais imaginée, même pas en cauchemar!!!
Dans mes rêves, c’était plutôt biberons x2, paquets de couches à gogo, poussette double, lessive à ne plus en finir… Bref des banalités x2 !!!! Et devinez ce qui a emporté notre bébé : UN P… de ROTAVIRUS !!!! Et puis notre autre petit guerrier a mené de front comme un chef sa bataille de survie et il a gagné !!! Mais depuis, il se bat et nous faisons front avec lui pour accéder à une place dans cette société, assis dans son fauteuil. Cette année, il passe son BTS (conception de produits industriels). Enfin ça, c’était il y a quelques jours car depuis, comme nombre d’étudiants, il attend… Et aujourd’hui, 20 ans après (ce sont les 20 ans de nos bébés 2000 !!!!) c’est ce P… de CORONAVIRUS qui vient taper à toutes les portes sur tous les continents !!!! Un CHAOS MONDIAL, un abominable raz-de-marée est en train de nous faire disparaître de la surface de cette pauvre Terre. D’abord le confinement, puis le faucheur quand ce n’est pas déjà fait au vu de ces chiffres qui chaque jour ne cessent leur progression !!! Tout s’arrête mais pas celui du compteur de la mort, et ça nous affole à nouveau comme cet instant tragique où il a fallu débrancher notre petit ange. J’aurais tellement voulu entendre encore sonner ces alarmes !!! C’est le seul petit moment où ces pauvres infirmières impuissantes m’ont laissé le prendre dans mes bras et sa vie s’est arrêtée… Mais j’ai imprimé cet instant-là et il ne m’a plus jamais quittée… Car aujourd’hui, à cette même période, comment accepter de laisser partir nos êtres chers quand nous ne pouvons même plus les accompagner ??? Dommages collatéraux qu’il faudra prendre en compte pour ces années à venir, enfin si la vie terrestre nous en donne la possibilité !!! Merci pour ce petit coin de paradis qui me permet de parler d’un petit morceau de ma vie d’avant. Elle nous avait déjà bien transformés.

Surtout « RESTEZ CHEZ VOUS  » si vous n’avez pas à intervenir !!!! Il y en a tant déjà qui donnent de leur courage pour arrêter ce MASSACRE !!!!! Et « PRENEZ SOIN DE VOUS »
Gatou

25 mars 2020
Karine
Maman

Nous Sommes 6 à vivre dans une maison d’un petit village.
Sûrement positive à ce virus mais ne pouvant être dépistée malgré le fait que je fais partie des personnes fragiles suite à un cancer. Aujourd’hui, je dois me battre contre l’invisible.
Mon fils de 9 ans se sent responsable puisqu’il a entendu sans cesse que les enfants étaient porteurs sains.
Mais voilà je suis une super maman, j’ai battu un cancer. Ce n’est pas cette saleté qui m’aura.
Je voudrais juste apporter mon soutien à tout le monde. Dire un grand merci à tout le personnel soignant, les hôtesses de caisse, les routiers, les éboueurs, les instits qui sont là également pour continuer la scolarité de nos enfants. Merci à tous ceux qui travaillent encore pour que nous puissions continuer à vivre.
Mais malgré tout ça, je voudrais dire à ce Gouvernement que les mercis, vous pouvez vous les mettre où je pense. Depuis plus de 40 ans, les Gouvernements successifs détruisent l’hôpital public. Depuis des mois, les hôpitaux crient, hurlent que l’hôpital se meurt. Alors vous qui les avez ignorés, humiliés, vous leur devez un PARDON.
Et moi, en tant que patiente, je leur dis merci.
Nous sommes le 25 mars et les conférences de presse de notre Gouvernement ne parlent que de l’après. Mais l’après, nous ne sommes pas près d’y être. Au lieu de parler d’économie, sauvez les Français.

25 mars 2020

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