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Tous vos témoignages

Juan

Hello,

Je voudrais partager avec vous mes deux dernières semaines. Pas pour le confinement qui se passe plutôt bien mais pour la maladie que j’ai eue. Je n’ai pas la certitude d’avoir attrapé le fameux et très énervant Covid-19 mais ça y ressemble quand même fortement.
Les premiers symptômes sont apparus lundi 16 mars. De la fièvre modérée, mal à la gorge et à la tête, et une grande fatigue. Je dormais plus que d’habitude mais je pouvais tout à fait travailler (de chez moi évidemment).
Mardi, ces mêmes symptômes sont restés mais sans gravité. Je pouvais toujours évoluer sans souci.
Et mercredi, miracle, la fièvre avait totalement disparu avec la fatigue. Restait un faible mal de tête comparable à un lendemain de soirée arrosée.
Jeudi et vendredi, je me suis réveillé en pleine forme, avec cependant de violentes courbatures qui me réveillaient même la nuit !
Ces courbatures ont duré jusqu’à samedi environ, quand, ce même jour et d’un coup (je pourrais dire l’heure exacte), j’ai perdu totalement l’odorat et le goût. Nous sommes jeudi et cela revient tout doucement, j’apprécie à nouveau les aliments.
Aujourd’hui, jeudi 26 mars, je vais très bien, quoiqu’un peu essoufflé de temps en temps pour des déplacements mais ça reste anecdotique.

Je voulais juste partager avec vous la chronologie de ma maladie afin d’aider/rassurer certaines personnes si ces symptômes apparaissaient mais surtout pour faire part avec vous du caractère assez étrange concernant l’apparition et la disparition des symptômes.
J’insiste toutefois sur le fait que je n’ai absolument pas été dépisté, je n’ai pas appelé mon médecin et ne suis donc pas sûr à 100%. L’agueusie et l’anosmie restent cependant des symptômes très évocateurs. Ma mère infirmière est quant à elle quasiment sûre concernant mon cas.

Bon courage aux personnels soignants et tous les autres métiers qui résistent et nous font vivre, et surtout MERCI à eux !

26 mars 2020
Doriane
Sténotypiste - au chômage !

Bonjour à tous,
Parmi ce flot (ou fléau, au choix) d’informations qui ne cessent de nous enfoncer un peu plus chaque jour, il m’a semblé important de participer à cet élan de solidarité. Parce que oui, moi qui n’avais plus vraiment foi en l’humanité, j’ai retrouvé du plaisir à faire partie du genre humain.
Des cons, il y en a partout. Et il y en aura toujours. Les mauvaises herbes se reproduisent plus vite que les belles fleurs…!
Je vois, comme nous tous, chaque jour des élans de solidarité auprès de nos anciens, de nos soignants, de tous ceux qui sont au front pour nous. Mais surtout à cause de nous. Nous, qui n’avons pas su mesurer ce mal qui pointait le bout de son nez.
« Bah je vais pas arrêter de vivre ou de sortir. Et puis si je l’attrape, tant pis ! » Belle mentalité. Scandée par tellement d’entre nous, sur le territoire et dans le monde. N’avez-vous pas pensé à tous ceux qui vous entourent et qui, au contraire de vous, ô génies et immortels incontestés, pouvaient être vulnérables ? De toute évidence non. Là où les imbéciles (oui oui, j’assume ce terme) se ruent sur les pâtes et le papier toilette, vous n’aurez pas le Covid. Non non, juste une belle constipation. Et, désolée de vous l’annoncer, mais j’ai hâte de vous voir vous tordre de douleur parce que vous n’avez pas pensé aux autres. Petite revanche du karma. Vous pourrez toujours construire des châteaux avec vos rouleaux de PQ 🙂
Passons le côté drama et un peu haineux. On n’a pas le temps pour ça et, à dire vrai, y a assez de haine dans le monde pour y contribuer encore un peu plus.

Moi, ce que je retiendrai de ce Covid, ce n’est pas le confinement. Ouais, ça craint. On tourne en rond. On a fait 50 fois le ménage et le tri dans nos placards. Pour ceux qui ont le temps d’être oisifs, évidemment. Petite pensée pleine de courage à ceux qui se retrouvent parents, instits, femmes/hommes de ménage et cuisiniers d’un seul coup. Vous avez mon respect. Ce que je retiendrai du Covid, c’est cette belle solidarité qui (re)naît. On n’en parle pas beaucoup – pas assez. Mais elle est là. Dans vos familles, dans vos villes et villages. Elle est pour nos soignants et tous ceux qui s’assurent que nous ne manquions de rien. Elle est pour nos anciens, pour nos voisins, et tous ceux qui ont encore plus besoin d’aide en ces temps difficiles. Elle s’installe et gagne du terrain. Espérons qu’elle s’installera plus vite que ce satané virus. Espérons que nous en garderons des traces « après ».
Et oui les amis, il y aura un après. Je l’espère meilleur, et plus humain.
Je vous fais à tous plein de bisous désinfectés. Prenez soin de vous, de vos proches. Et surtout, restez chez vous !

26 mars 2020
Marine
Assistante de réception automobile

Bonjour,
Je suis confinée chez moi depuis l’annonce de fermeture des écoles pour garder mon fils de 3 ans. Soit depuis le vendredi 13 au soir.
Mes parents sont dans le milieu médical, je n’ai absolument pas pris à la légère les choses, même avant qu’elles n’arrivent chez nous. Les gestes barrière, c’est déjà acquis à la maison… et pourtant… Mardi 17, premiers symptômes légers. Je n’y prête pas attention. C’est mon médecin qui, le samedi matin, me dira au téléphone « Si, si, ce sont vos premiers symptômes » : maux de tête, nuque un peu raidouille, maux de ventre qui vont et viennent, légères courbatures. Ces dernières s’accentuent le vendredi. Je me sens patraque en fin de journée et en me couchant, les frissons et la sensation d’être gelée me réveillent. Fièvre. Elle durera jusqu’à dimanche. Les autres symptômes vont et s’en vont selon les jours : essoufflement à l’effort ou quand je suis fatiguée en fin de journée, grosse fatigue, maux de tête violents, rhume, maux de ventre, courbatures…
Aujourd’hui je suis à J10… Je vais mieux, je n’ai plus de fièvre depuis presque 4 jours, et d’après mon médecin je suis en phase de guérison. J’ai passé la phase critique où les problèmes respiratoires peuvent arriver… Pour autant, je suis fatiguée et je continue à me sentir tantôt bien, tantôt moins bien. Mais ça va nettement mieux qu’il y a 5 jours !
Le plus dur, c’est le confinement dans le confinement. Et le fait de ne pouvoir serrer mon fils contre moi et l’embrasser, ainsi que mon mari.
Ce contact physique me manque. Vivement mardi prochain, les 14 jours seront passés et je ne serai théoriquement plus contagieuse.
Je vis avec la peur de les avoir contaminés avant de me mettre à l’écart
Je vis avec la peur de replonger avant la fin de ces 14 jours
Je vis aussi avec la conscience d’avoir eu de la chance d’échapper à la forme grave et d’être chez moi avec les hommes que j’aime.
Je pense à tous les malades, et à tous ceux partis trop tôt, ainsi qu’à leur famille. Et à toutes les personnes qui vont travailler pour nous tous les jours…
Quand tout sera fini, je changerai de vie je crois… Je veux changer les choses à mon échelle…
Longue et belle vie à tous,
Prenez soin de vous et de vos familles
Et surtout restez chez vous !

26 mars 2020
Guénaëlle
IPRP

Confinement Jour 10… Ce matin le réveil est difficile. La nuit a été agitée. Hier soir un message tombe sur WhatsApp… Pic attendu d’ici au 3 avril… Ne plus sortir…Infection maximale attendue… Ce matin j’ai peur. Peur de sortir. Peur de croiser des gens. Peur de croiser des personnes contaminées. L’angoisse est à son maximum. Combien de malades nos compatriotes sur le front vont-ils soigner aujourd’hui ? Et demain ? Et les jours suivants ? Combien de décès va-t-on encore nous annoncer ? Combien de temps allons-nous encore devoir rester cloîtrés ? Confinés ?

26 mars 2020
Sami
Commercial

Bonjour à tous,
J’ai 37 ans, marié et papa d’une petite princesse de 3 ans. Pour ma part, j’ai respecté les règles de précaution à la lettre. Mon entreprise ayant décidé de cesser l’activité le premier jour du confinement, j’avais moi-même cessé d’effectuer des rdv commerciaux le jeudi, jour du premier discours de Macron.
Mon épouse a été la première touchée depuis vendredi dernier, et moi j’ai commencé à avoir les symptômes lundi : toux, courbatures et fièvre.
Ma fille, Dieu merci, va bien, n’a aucun signe mais c’est très difficile pour elle de rester à la maison pendant le confinement.
Ce que je trouve aberrant dans la sixième économie mondiale, avec un des meilleurs systèmes de prise en charge (Sécu et mutuelle), c’est qu’on ne puisse même pas effectuer de dépistage alors que j’ai tous les symptômes aux dires du médecin !
Je prie Dieu de ne pas avoir de complications respiratoires. Peut-être que là ils se décideront à me faire les tests.
Les journées sont longues, les nuits compliquées et les douleurs insupportables !
Svp protégez-vous, ne sortez pas. Nos anciens ne méritent pas d’attraper cette saloperie et de mourir dans des conditions atroces !

26 mars 2020
A.
(J'ai fêté mes 27 ans en confinement, donc rien fêté du tout. Yay.)

Chaque nuit, je n’arrive pas à dormir parce que je suis morte de peur.
Pas de peur du virus, ni même de perdre mon boulot dans le cadre de la récession qui suivra le confinement (même si c’en sera probablement la conclusion).
Non, je suis morte de peur que la réalité que nous vivons actuellement devienne la norme. Les belles journées ensoleillées passées de force à l’intérieur, les pays et les personnes dans un même pays déconnectées les unes des autres, la police qui va contrôler jusqu’au contenu de nos sacs de courses, l’impossibilité de sortir sans un papier, et j’en passe.
J’ai l’impression d’avoir loupé cette grande réunion planétaire où la société toute entière a fait un 180° complet sur tout ce qui, jusqu’à il y a peu encore, dans l’ancien temps déjà, nous semblait sain : aujourd’hui, les câlins sont criminels, l’interaction sociale est criminelle, le fait de sortir prendre l’air est criminel, et j’en passe. Tout ce qui nous apportait du bonheur est devenu illégal en un instant.
Et si encore, ce n’était que le fait du gouvernement. Les gens applaudissent, demandent encore moins de liberté, pointent du doigt ces actes « criminels » que de vouloir profiter du soleil, rechercher le contact humain… Être libres, quoi. Il faut croire qu’il ne reste plus grand-chose du pays, de la révolution et de la liberté. Qu’on ne s’étonne pas après si on se retrouve dans cette situation tout le reste de notre vie, vu comme la population applaudit à bras ouverts le meurtre de nos libertés.
Bien sûr, ce virus est une menace. Mais nous en avons connu d’autres par le passé, des menaces, et aucune d’elles ne nous avait privés à ce point de nos droits les plus fondamentaux. Et quand je vois le succès (ironie assumée) du confinement en Italie jusqu’à présent, je me demande bien à quoi ça sert.

Le reste de ma famille dans d’autres villes me manque. Mes amis à l’étranger, eux aussi prisonniers chez eux (et eux aussi applaudissant ces mesures liberticides) me manquent. Le parc pas loin de chez moi (et pourtant si loin, manifestement) me manque. Je me demande si je les reverrai un jour. C’est terrible de ne même pas pouvoir en être sûre.

26 mars 2020

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