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Tous vos témoignages

Merci à Sophie Lambda pour cette illustration !

Vous pouvez la suivre sur :

www.sophielambda.com et sur Instagram

7 avril 2020
Camille
Assistante commerciale

Je m’appelle Camille et j’ai donné naissance à mon fils le 14 mars 2020 en fin d’après-midi.
C’est en recevant des dizaines de messages de félicitations me disant « une belle nouvelle vu le contexte » que j’ai compris ce qu’il se passait. Je suis entrée à la maternité avant le confinement, avec mon conjoint. Nous étions dans une bulle hors du temps et nous n’avons compris ce qu’il se passait que lorsqu’on a vu les soignants changer de comportement : port des masques obligatoire, plus de visite des sages-femmes, gynécologues qui nous avaient accompagnés jusque-là. Chacun des soignants, puéricultrices, pédiatres n’avaient que ce sujet à la bouche, mêlé entre peur, angoisse, et surtout flou total de ne pas savoir ce qui se passait, les décisions prises changeaient à chaque heure. Nous sommes rentrés chez nous le mercredi 18 après 6 jours confinés, mon mari et moi dans la maternité sans aucune possibilité pour lui d’en sortir. Il nous a été impossible de présenter notre enfant à nos proches, aussi difficile que cela soit nous nous estimons « chanceux » d’avoir pu vivre ces instants, la naissance de notre 1er enfant en couple, ce qui n’est pas le cas de tout le monde désormais.

6 avril 2020
Yoan
Équipier Secouriste

En Mars 2020, mon association agréée de sécurité civile déclenche ses équipes et son personnel au niveau national pour garantir la sécurité des français et veiller sur leur santé…
C’est alors que je suis mis sur le terrain également avec crainte, sans savoir ce qui se passe réellement… On dit oui, on est volontaire, on ne sait dans quoi on s’aventure, mais c’est 14 jours plus tard que l’on comprend avec la réalité du terrain que l’heure est grave.

Les médias nous mentent, les médias ne sont pas sur le terrain en unité hospitalière ! Les médias nous font peur et nous on y croit !

Nos missions sont variées, transfert de patients vers les aéroports, aérodrome, gares… Collaboration avec le SAMU pour diverses missions, missions solidaires pour les personnes vulnérables, et toutes autres missions d’utilité publique !

Nous sommes de celles et ceux qui luttent contre cette pandémie du COVID-19, nous sommes de celles et ceux qui ne voyons plus nos familles comme à la guerre ! Nous sommes de celles et ceux qui se dévouent sur les principaux métiers actifs en cette épidémie, nous sommes de celles et ceux qui ne sommes que très peu équipés en blouses, masques de protection, visières de protection, gants… Nous sommes de celles et ceux qui allons venir à bout de cette pandémie !!

#ensemblecontrelevirus #restezchezvous #courage

6 avril 2020
Y.A

A tous ceux qui pensent que ce virus n’est qu’une « simple » grippe… No, it’s NOT, ne soyez pas LAXISTES !
– Enchaîner les symptômes pendant plus de 2 semaines en se réveillant sur un nouvelle surprise chaque jour, c’est physiquement FATIGANT !
– Perdre son goût et son odorat et ne pas savoir si et quand ils reviendront, c’est très DÉSTABILISANT !
– Devenir paranoïaque, avoir peur de semer le virus à chaque recoin de chez soi, c’est psychologiquement ÉPUISANT & PESANT !
– En entendre parler h24, sur tous les canaux, tous les réseaux, matin midi soir, dans les 4 coins du monde et se dire qu’on le porte croyez-moi ce n’est pas ÉVIDENT !
Cette peur constante, ce stress, cette boule au ventre, ce sentiment d’inquiétude transmis involontairement par ses proches, cette anxiété… ne sont pas choses faciles !
Oui c’est une épreuve, oui il y a pire, oui Dieu merci, but don’t be fool and take it a little bit more seriously thank you.

Témoignage de Y.A 24 ans.

5 avril 2020
A

Je ne sais pas quand exactement j’ai été exposé mais c’est un 17 Mars, au réveil difficile, que j’ai ressenti mes premiers symptômes : grosses courbatures, pas de fièvre, pas de toux, grosse fatigue. On se dit rien d’inquiétant, ça va passer ». Je me prépare pour aller travailler, à la gare des flics cagoulé,s, « s’il n’y a pas de train, rentrez chez vous ».
Le lendemain, impossible de me lever encore, je pouvais difficilement bouger les jambes, jamais ressenti ça auparavant, comme si mon corps dormait et ne me répondait pas, vraiment bizarre.
Une boule dans la gorge, quand j’avale de la salive je sens que ça pourrait me bloquer la respiration. La panique arrive, aucune idée de ce qui arrive. La semaine est passée très difficilement. Les médias font peur, les informations ne sont pas cohérentes avec ce qui se passe réellement, j’ai le sentiment que notre France est perdue et qu’on nous ment encore plus qu’avant. Les premières lignes, les infirmières et médecins, ne sont pas équipées mais travaillent pour sauver un maximum de vies. Je ne voudrais pas appeler le 15 mais mon état général m’inquiète.

La semaine d’après
Lundi soir, réveil en pleine nuit d’une douleur thoracique, souffle coupé, diarrhée. J’avais le sentiment que j’étais en train de rôtir de l’intérieur, mes poumons étaient littéralement en feu. On se documente rapidement pour savoir qu’est-ce qui se passe. On dirait que le virus est actif uniquement le soir, je dormais au maximum la journée.
Vendredi matin, j’ai senti des piqûres au niveau du torse, des grosses douleurs, une envie de tousser qui ne vient pas. Vers 19h, j’ai fini par appeler le 15, mon cas ne nécessite pas d’intervention immédiate, je rappelle s’il y a des complications.  Arrivé à 22h, j’ai senti une grosse douleur au dos en expirant, l’angoisse, le stress. Je me calme, respire doucement mais ça fait de plus en plus mal. Je rappelle le 15, arrive aux urgences, pas de fièvre, juste la douleur thoracique qui persiste, examen, prise de sang, radio des poumons. J’ai une bronchite et j’ai passé la phase dangereuse normalement il m’a dit, ordonnance pour un paquet de Doliprane et je peux rentrer.
Week-end passé dans le calme, je me dis que peut-être je suis guéri, plus aucun symptôme. Lundi tout revient, surtout les douleurs thoraciques, des coups de froid des pieds, des frissons.
Jeudi, j’ai enfin eu un rendez-vous chez un généraliste. Je montre les résultats du passage aux urgences, elle me dit que mes poumons sont pris mais fonctionnent et je dois faire une radio pour voir quel degré.
Vendredi soir, j’étais tellement au plus mal que j’ai rappelé le 15, qui m’a dit d’appeler le SOS médecin.
Arrivé, le médecin me dit que mes bronches étaient dégagées, enfin une bonne nouvelle, je sentais bien que je n’avais plus la boule dans la gorge.
Cette nuit, mon corps est passé plusieurs fois de chaud à froid, froid à chaud, pas que les poumons, l’estomac aussi prend cher. Perte du goût et odorat, ça coupe net l’appétit, faut juste se forcer à manger pour prendre des forces.

Mes symptômes, ça va bientôt faire un gros mois que je les ai, j’en ai eu beaucoup et beaucoup disparaissent, c’est très progressif et on a l’impression que ça dure trop longtemps. Faut être patient et surveiller sa santé. On a qu’une vie et faut faire tout pour la garder, j’ai 31 ans, je fais régulièrement du sport, musculation, je mange beaucoup de légumes et je suis bien secoué.
Je sens que je vais guérir mais la peur est là.
Gardons courage.

Merci pour votre lecture et prenez soin de vous.

5 avril 2020
Florence
Infirmière

Alors que l’on dit à tout un chacun de rester chez soi pour ne pas contaminer les autres, lorsque vous êtes soignants c’est marche ou crève. Je suis révoltée vraiment car si mes collègues qui avaient des petits symptômes avaient été testées et arrêtées par l’infectiologue de l’hôpital, je ne serais pas en train de lutter contre ce virus et craindre pour mon mari et mes enfants. Mon mari ayant une maladie auto immune type spondylarthrite ankylosante et un de mes enfants a fait plusieurs trachéites ayant nécessité des aérosols d’adrénaline.
Vous êtes malade mais « si vous tenez debout, vous pouvez retourner travailler », je trouve cette façon de faire inconsciente surtout de la part de l’infectiologue responsable des arrêts du personnel sur l’hôpital. Il a fallu justifier avoir de la fièvre et des courbatures pour enfin être arrêtée. Mais si j’avais été en état de tenir debout, je pouvais retourner travailler et contaminer mes collègues et les patients qui ne sont pas contaminés par la même occasion.
De toutes les façons, on ne saura jamais comment vous l’avez attrapé et sous-entendu « vous n’aurez aucun moyen de prouver que c’est parce que je n’ai pas arrêté vos collègues ». Je travaille en UHR, unité d’hébergement renforcé, avec des déments déambulant qui nous crachent les médicaments à la figure, qui chutent et qu’il faut relever à plusieurs, qu’il faut parfois coller contre soi pour les tenir afin qu’ils soient lavés avec juste des masques chirurgicaux, des tabliers plastiques et des gants. 16 patients, 1 contaminé, puis 3, puis 7 et 1 seule sur-blouse pour la journée et même pas de masque FFP2. Alors que les secteurs Covid-19 de l ‘hôpital sont équipés. J’ai demandé après la première contamination si nous pouvions être testés. Les cadres m’ont répondu que ce n’était pas la procédure. Je suis malade, j’espère que ni mes proches ni moi ne mourrons à cause de ce virus. J’ai des amis qui sont immunisés et d’autres qui sont morts. Je n’ai pas eu le réflexe d’enregistrer l’infectiologue qui m’a dit « si vous tenez debout vous pouvez travailler » et franchement je le regrette. Je trouve que c’est criminel cette façon de nous utiliser comme de la chair à canon.

4 avril 2020

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