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Tous vos témoignages

Et si cette situation particulière n’était pas une opportunité à saisir ?

Jb
15 novembre 2020

Une vie en pause

Je me souviens de ces mois de décembre, janvier, où l’on parlait à peine du Covid. On savait que la situation était compliquée en Chine, mais ça nous paraissait si lointain, que personne ne s’en inquiétait vraiment. Alors on continuait à vivre, à boire, à faire des soirées. Personne en France ne réalisait la menace qui pesait sur nous.
Et j’ai continué à vivre, jusqu’au confinement en mars. Je me souviens que je n’avais pas la moindre crainte, que ce virus ne me faisait pas peur, jusqu’à ce que Macron annonce la fermeture des universités.
Je suis étudiante, et cela m’a marquée. C’est à ce moment-là que j’ai pu comprendre que la situation était grave. On n’avait jamais fermé les universités.
Alors, avec ce confinement, je me suis sentie tout de même en sécurité. Mais j’ai lu, beaucoup lu sur le Covid pendant cette période. Et j’ai commencé à comprendre, peu à peu, son fonctionnement. Aerosolisation, maintien du virus sur certaines surfaces…
J’ai pu voir que ce virus touchait gravement les personnes souffrant de troubles cardiaques. J’ai lu un article portant sur un homme, mort rapidement du Covid, car il avait fait un infarctus bien avant.
Or, ma famille et moi, souffrons de problèmes cardiaques.
J’ai eu peur.
J’ai commencé à laver mes courses, au cas où. A créer un sas de décontamination, où les courses devaient patienter trois jours, quand je ne pouvais pas les laver. J’ai commencé à prendre une douche intégrale après chaque sortie, en prenant bien soin de laver mes vêtements aussi. Je me lavais longuement les mains après avoir touché quoi que ce soit en dehors de mon appartement. Je mettais très, très souvent du gel hydroalcoolique dehors.
Et lors du déconfinement, j’ai continué cela. Je ne sortais pas, je ne voyais pas mes amis, je restais chez moi au maximum. J’ai continué à appliquer mes propres gestes barrières.
En septembre, il y avait la rentrée, en présentiel. Alors j’ai acheté des masques FFP2. Mais même là, je n’avais plus le courage d’aller en cours, de me laver dès que je rentrais, de passer mon téléphone et mon ordinateur à l’alcool tous les soirs.
J’ai fait en sorte que des amis m’envoient leurs notes.
On pourrait parler d’hypocondrie, de TOC, d’un tas de maladies psys, et on aurait parfaitement raison. Mais moi, ce que je me dis toujours, c’est « mieux vaut faire ces gestes que tuer ma mère pour un moment d’inattention ».

Maintenant, nous sommes en novembre 2020. Ma vie est en pause depuis mars.

Myriam
Étudiante
8 novembre 2020

Il y a 2 ans, j’ai accepté une mutation dans l’Est de la France à 850km de ma famille. Mon compagnon et moi-même avons décidé d’en profiter pour emménager ensemble. Au bout d’un 1 an ,nous décidons d’y acheter un appartement et de faire un enfant.
Le 19 mars, 2 jours après le début du confinement, je donne naissance à ma fille. A peine née, on nous annonce que le personnel attend de voir quelles vont être les nouvelles directives. 1 h après sa naissance, on nous annonce que mon compagnon ne pourra pas revenir jusqu’à notre sortie de l’hôpital. Il n’a pu voir sa fille que 3h.
Le lendemain, on me fait gentiment comprendre que si je vais bien, je peux partir au bout de 2 jours au lieu des 3 recommandés. Oui, mon compagnon me manque et j’aurais aimé qu’il soit là pour son premier bain, la voir se réveiller, manger, la changer mais je suis restée 3 jours et j’ai bien fait. Le corps a besoin de temps pour se remettre.
Enfin, je retrouve mon compagnon et lui revoit sa petite fille ! Le confinement est toujours là et on se retrouve isolés bien loin de nos familles.
Je me rends compte en allant faire des courses que les personnes sont très égoïstes. Il n’y a plus d’eau, de riz, très peu de légumes, etc. Je me souviens m’être dit : « heureusement que je peux allaiter car il ne reste pas une bouteille d’eau pour faire des biberons ».
Nous ne sortons que pour le médecin, faire des courses, la pharmacie. Nous suivons les recommandations en espérant pouvoir vite voir nos familles et qu’elles puissent enfin voir notre fille.
Nous avons fait une seule entorse pendant le covid, le 19 mars à 4h du matin j’ai perdu les eaux. J’ai réveillé mon compagnon, nous avons vite pris quelques affaires et nous nous sommes rendus à l’hôpital à pied sans prendre le temps de remplir une attestation de sortie.

A ses 3 mois, notre petite fille a enfin pu rencontrer sa famille paternelle. Ils sont venus nous voir 2 jours. Puis à ses 4 mois, mes parents sont venus. Voir nos familles nous a fait énormément de bien. Cela nous a ressourcés. Et surtout de voir le visage de notre petite fille s’illuminer dans les bras de ses grands-parents ont été des moments magiques et inoubliables ! A ses 5 mois, nous avons pu rendre visite à ma famille dont mes soeurs qui ont pu rencontrer leur nièce. Encore des moments remplis de joie et de bonheur.

Nous continuons toujours à faire attention, nous ne sortons que si c’est vraiment obligatoire. Ou bien sur pour faire des balades dans le parc avec notre petite fille. Elle aussi a besoin de respirer de l’air frais, nous n’avons pas de jardin et elle adore regarder les feuilles des arbres.

Mon congé maternité et mes congés terminés, je ne reprends pas le travail, il n’y en a pas… Tout le monde me dit que j’ai de la chance, que je peux profiter de ma fille et c’est vrai. J’en profite et je la vois grandir. Elle est plus éveillée de jour en jour.
Mais le travail ne revient pas et ne reviendra pas. Mes employeurs doivent me licencier économiquement. Ils font tout pour sauver leur société et je les comprends.
Je ne leur en veux pas, au contraire, je leur souhaite de survivre à cette crise. C’est une société avec de belles valeurs et des patrons en or pour qui je suis très fière d’avoir travaillé.
Mon compagnon lui a arrêté de travailler avant l’arrivée du covid pour faire une formation d’assistant maternel pour s’occuper de notre fille et d’un autre enfant. Malheureusement, toutes les formations ont été stoppées avec le covid. Nous sommes toujours en attente des dates de formation, cela fait 8 mois que l’on attend.
Nous nous retrouvons donc tous les 2 au chômage avec une petite fille et un crédit pour notre appartement. Le marché du travail dans mon milieu en ce moment est très compliqué. Plus les jours passent et plus nous sommes nombreux à être au chômage mais il y a très peu d’offres.
Même si j’adore pouvoir passer autant de temps avec ma fille, j’aimerais retrouver un emploi rapidement. J’aime travailler !
Et aujourd’hui nous apprenons le reconfinement… Nous devions aller voir ma famille dans 4 jours, je ne sais pas quand je pourrais les revoir. Ils me manquent ! On a beau dire, un appel, des textos et même un appel vidéo ne remplaceront jamais le lien direct. L’émotion que l’on ressent lorsque l’on peut discuter réellement avec une personne. Le rire, les gestes, les pleurs, toutes ces petites choses que l’on ne voit pas derrière son téléphone.
Je ne sais pas combien de temps va durer ce reconfinement. Tout ce que j’espère c’est pouvoir voir ma famille très vite !

Maude
29 octobre 2020

Peur de la suite

Bonjour,

Je n’ai pas pour habitude de partager des choses sur les réseaux sociaux ou sur Internet. Malgré tout, la peur prend le dessus et je ressens le besoin de partager et de discuter. Malheureusement, j’ai appris que j’étais positive au Covid 19 ce matin et cela me fait très peur. J’essaye d’être positive et de relativiser mais je ne peux m’empêcher de me rappeler tout ce qui se dit à la télé, journaux… Ma plus grande peur est donc bien évidemment de faire une forme grave. Si quelqu’un est dans la même situation que moi, n’hésitez pas à répondre à mon témoignage.
Merci d’avoir lu.
Flo

Flora
Etudiante
1 novembre 2020

Un jour après l’autre

Merci d’avoir créé ce site! Et merci à ceux qui témoignent 🤗
Je profite de cet espace pour poser ça là, pour l’exprimer quelque part, le sortir de ma tête au moins un peu. Je suis expatriée, vis seule. Déclarée positive depuis le 15 octobre, je n’ai vu absolument personne depuis. J’apprécie de vivre seule mais sans rien pour me distraire, ma faculté à relativiser, à l’usure, devient quasi nulle. Je ne supporte plus les écrans et j’ai l’impression de tourner en boucle.
Mes symptômes comprenaient tout, sauf la toux et la fièvre. Un cas de Covid moyen en somme. Une sacrée claque quand même ! Un jour, on pense aller mieux, le suivant on est alitée… Chaque nouveau jour amène de nouvelles surprises 🥳
Le problème c’est que j’ai développé depuis quelques temps des douleurs sous-costales : la plus présente est au niveau du foie, la seconde, plus pointue et sporadique, au niveau de l’estomac. Je passe sur les problèmes de digestion, eux aussi changeants et pesants. En ajoutant à ceci mon problème d’extrasystole, opéré mais qui refait sa terrible et inattendue apparition, j’avoue que je commence à angoisser. Mais qui sait, en vrai ? C’est finalement ça le plus dur, de se dire “ça passe ou ça casse”, sans pouvoir y faire grand-chose. Attendre, trouver le juste milieu entre vigilance et panique. Sachant que si ça menace de casser, la seule personne sur laquelle on peut compter c’est soi-même : personne n’appellera les secours à ma place. C’est psychologiquement lourd à encaisser. Affronter seul(e/s) une maladie inconnue, à se demander chaque jour ce qui va nous tomber dessus.
Après avoir révisé mes planches anatomiques, je me demande si ça ne toucherait pas le diaphragme : les zones correpondent. Ça parlerait à quelqu’un ?
Merci à ceux qui m’ont lue, ça fait du bien de pouvoir s’exprimer réellement. Et courage à tous, surtout 😘

Ju
25 octobre 2020

J’ai peur

J’ai attrapé le covid courant mars.
Hospitalisée car pneumopathie et embolie pulmonaire donc en réa puis sous oxygène… Depuis je suis sous anticoagulant. Courant août, irm de contrôle qui révèle un infarctus pulmonaire. Toujours douleurs aux poumons puis problème pour respirer donc scintigraphie pulmonaire qui révèle des séquelles et une partie du poumon nécrosé. Maintenant j’ai peur d’être à nouveau malade 😓😓

Anny
Laborantine
25 octobre 2020

Il a frappé à ma porte

Bonjour,
Je reviens vers vous. Ce mal invisible a frappé à ma porte. Je suis positive au covid. Je l’accepte malgré tous les gestes barrière. Il ne faut pas s’angoisser, l’anxiété tue l’immunité, continuer à s’alimenter. Les tisane de gingembre frais citron miel font vraiment du bien. Manger bien et chaud même si le goût n’y est plus. Et on s’endort sur le côté droit avec un coussin un peu surélevé, la tête légèrement en arrière. Tout ira bien, j’ai confiance. Que Dieu nous guérisse. Amen.

Marie
maman
26 octobre 2020

Je l’ai attrapé, je ne sais pas quand mais les premiers symptômes sont arrivés lundi dernier. Fatigue ++ et fièvre sont là. Je cours faire 1 test et bien sûr positif. Aujourd’hui, 6 ème jour. Je ne tousse pas. Ne suis pas essoufflé. Mais complètement groggy. Je suis angoissé, ne sais pas où je vais, quand cela va s’arrêter…
Mais il faut tenir le coup tout simplement

Vianney Quintin
Infirmier liberal
24 octobre 2020

Ça va bien faire un an que ces conneries durent bientôt. Vous vous rendez compte ? Un an qu’on vit au rabais. Un an que je ne peux plus voir les personnes que j’aime car elles ne sont pas en France. Un an que je ne peux plus me distraire parce que tout est fermé, tout est interdit. Un an que je ne peux plus travailler dans de bonnes conditions parce qu’obliger des gens à rester toute la journée dans un studio de 15m2 sans distinction entre lieu de travail et vie privée, les médecins ont décrété que c’était bon pour la santé.
On se revoit dans 10 ans, toujours avec cette vie au rabais, hein. Avec un peu de chance, d’ici là on aura oublié ce que c’était de vraiment vivre.

A.E.
15 octobre 2020

Positive et alors ?

Jeudi : quelques maux de tête et un peu de fatigue, j’attends avec impatience ma semaine de vacances qui démarre le lendemain soir. La direction ne dit rien pour mes petits symptômes.

Vendredi : ça va déjà bien. Juste un peu fatiguée toujours.

Samedi : c’est les vacances et je suis fatiguée mais j’ai hâte d’aller dans la maison de vacances !! Mais le soir, je me rends compte que j’ai perdu le goût et l’odorat. Je préviens ma direction au cas où. J’appelle le docteur qui me rassure et me diagnostique sinusite et angine. Mais pas de test. De toute façon, je m’isole pour la semaine de vacances. Donc pour le doc il n’y a pas grand-chose à faire.

Dimanche jusqu’au dimanche suivant : je vais bien, je me repose, je fais quelques travaux dans la maison, je profite. Le goût et l’odorat reviennent le jeudi soir.

Lundi suivant : je reprends le travail et là commence la stigmatisation. Les collègues m’évitent.  Confrontation, ma directrice a prévenu toute l’équipe que j’avais perdu le goût et l’odorat et ils se sont monté la tête pendant mon absence sans prendre contact avec moi.

J’ai décidé d’appeler mon médecin traitant qui m’arrête une semaine supplémentaire et me propose de passer le test. Au moins nous serons fixés. Je suis positive sans plus aucun symptôme depuis plus de 2 semaines. Mais toujours considérée comme une pestiférée.

C’est un fardeau lourd à porter et injuste du fait que je respecte les gestes barrière, le port du masque h24 alors que mes collègues ne respectent pas ces mesures et sont peut être porteurs asymptomatiques.

Pas étonnant que beaucoup ne disent rien en cas de petits symptômes et probablement porteurs du Covid. La stigmatisation est vraiment difficile à supporter. Être pointé du doigt est une épreuve supplémentaire en ces temps difficiles ou le chacun pour soi est clairement de rigueur.

Prenez soin de vous, protégez-vous et les autres . Vous avez le droit d’être malade.

Angéline
16 octobre 2020

3 mois après

J’avais déjà témoigné le 14 juillet où j’avais écris que le 14 mars c’était le jour où tout a basculé. Alors je relatais qu’après avoir pensé avoir la COVID car ayant certains sympthômes de type mal à la cage thoracique et difficultés à respirer, on m’a détecté un cancer du poumon. Aujourd’hui, je raconte l’avancement de cette situation. J’ai subi l’ablation d’un lobe (soins intensifs pendant 10 jours sans voir personne), fait des cures de chimiothérapie, j’ai dû avoir une ponction de la moelle osseuse, j’ai fait une thrombose d’un bras d’où 2 mois y compris samedi et dimanche d’une injection sous cutanée pour fluidifier le sang. J’ai perdu beaucoup de globules blancs d’où l’interdiction de côtoyer qui que ce soit durant 1 mois. Pendant le confinement, je me suis rendue dans les hôpitaux et au déconfinement, j’ai passé mes jours couchée car fatiguée et malade.  Actuellement, je fais de la radiothérapie. J’en suis à la 8 ème séance sur 27 que je dois faire. Je dois dire que j’aurai une reconnaissance éternelle envers toutes les infirmières, infirmiers, médecins, aide-soignantes, non pas simplement pour le fait qu’ils me soignent mais pour leur accompagnement durant les soins. J’en ai un qui m’a tenue la main pendant 1 heure et m’a fait écouter de la musique pendant que le chirurgien intervenait sur une veine. J’ai eu une infirmière qui venait me tenir la main de temps en temps, pendant un scanner car je suis chlostrophobe. J’ai eu une infirmière qui voulait me prendre dans ses bras après lui avoir raconté ce que j’endure depuis le 23 Décembre 2019 (mais impossible à cause du covid).
Et être prise dans les bras d’une bonne âme, j’en ai tellement besoin. Mon entourage continue sa vie comme si la mienne n’avait pas changée. Je n’en peux plus d’être la femme forte et battante, aujourd’hui j’ai besoin d’un peu d’amour. Par contre, il serait intéressant de savoir si il y a eu des cas de cancers qui se seraient déclarés pendant le confinement du mois de mars/avril , car apparemment ce virus pourrait développer des cancers latents. Est-ce que cela pourrait être possible ?

denise
gerante d 'entreprise
16 octobre 2020

Je viens d’apprendre que je suis positive

Bonjour à tous,

Je viens de recevoir les résultats, le couperet est tombé : j’ai le covid
Je m’en doutais un peu au vu de mes symptômes : fatigue, courbatures et douleurs aux poumons.

Mais la première sensation qui envahit mon corps est l’angoisse. J’ai peur, peur que les symptômes s’amplifient, peur de me retrouver en Réa.

Pour ceux ou celles qui sont passés par cette épreuve, merci pour vos conseils
Je vous embrasse (masquée)
Lau

Lau
Responsable financier
19 octobre 2020

L’école et le Covid

Bonjour à tous,
Je suis dans un lycée général de 1300 personnes, le masque y est obligatoire et la désinfection des mains aussi. La vie lycéenne s’adapte mais les problèmes restent nombreux notamment au self.
Mais je suis surtout très inquiet pour mes ami(e)s, car durant le confinement l’apprentissage était difficile pour de nombreux élèves. Alors comment faire pour qu’une méritocratie soit juste si les élèves se sentent abandonnés ? J’ai néanmoins vu l’engagement de la majorité sénatoriale et des différents groupes donc j’espère que l’accompagnement des élèves décrocheurs sera et restera une priorité.

Florian Hautier
Étudiant
23 octobre 2020

Virus qui détruit votre vie

J’ai eu la covid au mois de mars, fièvre, très grosse fatigue, mal à la tête, diarrhée, perte de goût et d’odorat, perte de la mémoire du à dormir énormément, et j’ai toujours des symptômes, j’ai énormément du mal à m’en remettre, surtout perte de mémoire qui à certains moments me fond très peur et une énorme fatigue, surtout quand on est seule. On doit faire avec, moi en se moment je vis le jour au jour, en espérant que ça ira mieux chaque jour.

Marie France
Polyvalente hotel
7 octobre 2020

J’ai été testée positive. Le

J’ai été testée positive. Le jour où vous recevez le test la Cpam et votre médecin vous appellent.
Vous devez prévenir l’école ( les 3 puisque j’ai 3 enfants) puis les personnes que vous avez côtoyées pendant la période d’incubation, qui est nébuleuse pour beaucoup. Après 7 jours, n’ayant plus de toux, ni de symptômes visibles, j’ai demandé à télétravailler. Mais non ce n’est pas un motif, il faut sauf peut-être cas contact soit être un cas suspicieux. Donc je suis un avéré.
J’ai donc repris sur site. Au bout d’une semaine, la toux reprend, la fatigue est énorme, les maux de tête également. Et puis, maintenant c’est malaise (avec nausée et étourdissement) et essoufflement. Je n’ai pas retrouvé le goût ni l’odorat. Ah oui et les insomnies en plein milieu de la nuit. Mais en fait, le plus dur c’est que je n’ose pas à me plaindre car je n’ai plus aucun symptôme, seulement une maladie que l’on ne connait pas… et on n’ose pas demander si c’est normal d’être dans cet état…

chloé
5 octobre 2020

Le covid omniprésent dans ma vie

Depuis l’annonce du confinement, il y a eu d’abord la crainte qui s’est installée en moi et mes proches. On faisait très attention, on écoutait les infos mais on s’était dit « ça va vite passer ». On pensait que cette pandémie allait être mieux gérée. On faisait très attention à la maison. Nettoyage et désinfection chaque matin de la maison et des courses qu’on faisait à notre supérette une fois par semaine. Lavage des mains plusieurs fois par jour. On commençait à avoir peur du covid vu les cas qu’ils annonçaient. Ma belle sœur qui travaille aux pompes funèbres me tenait au courant. Puis il y a eu le déconfinement. On a commencé à avoir très peur car cluster à 10mn de chez nous. Notre maire a demandé à tous les habitants de faire le test. Heureusement négatif pour nous 3, mais la peur était là. Mon mari et moi-même sommes considérés à risque. On a bpco et tachycardie + hernie cervicale avec arthrose supplémentaires pour moi. Très dur pour nous de différencier symptômes du covid avec nos maladies chroniques, surtout me concernant. Du coup, à chaque fois que j’ai mal partout, que j’ai de la fièvre ou du mal à respirer, j’ai peur que ce soit le covid. Mais impossible de faire test 1 à 2 fois par semaine… Donc la peur est toujours là, omniprésente. 24h/24h. Je l’oublie par moment quand je réussis à dormir ou quand on parle au tél avec nos amis. Mais la discussion revient toujours à un moment donné sur le covid. On a des amis qui disent que c’est fini, que les malades ne sont pas dus au covid, que le masque est une belle connerie, qu’il ne faut pas se servir du gel et j’en passe… Je me suis mariée samedi. Je pensais pouvoir gérer la situation, en achetant du gel hydroalcoolique pour mettre sur les tables, en disant à tout le monde « pas d’embrassades, ne touchez à rien et si vous allez au WC, nettoyez avec les lingettes derrière vous ». Ils dormaient dans une pièce à part, etc. Mais maintenant, j’ai 10 fois plus peur car personne n’a respecté quoi que ce soit… Je m’en suis rendue compte après leur départ. On était très peu de personnes car on ne voulait pas prendre de gros risques et on a perdu des amis car ils ne comprenaient pas pourquoi on ne les avait pas invités. Ma mère était présente et je l’ai vue pleurer car elle sait et connaît les risques mais elle voulait me prendre dans ses bras car on ne s’était pas vues depuis le confinement et car elle habite loin de nous. Malheureusement, elle n’a pas pu prendre sa fille dans les bras tellement elle était heureuse de voir sa fille en robe de mariée. Pareil pour mes filles. Pas de contacts rapprochés. Ça nous manque trop de ne pas pouvoir serrer dans nos bras les personnes qu’on aime. C’est le plus dur en ce qui concerne ma fille. Ce covid détruit nos vies. Et j’en veux à nos amis qui ne nous disaient pas, lors de nos conversations téléphoniques, ce qu’ils pensaient vraiment du covid. On ne les aurait pas invités sinon. Ceux qui ont été sérieux, ont été ma mère et nos filles. Et deux de nos témoins. Donc je sais que cette semaine, on va aller passer à nouveau le test. Mais même si il est négatif, on aura toujours peur car on sait que les tests ne sont pas fiables à 100 %. Mais ça nous rassure un peu quand même. Mais me concernant, je continuerai à mal dormir, à avoir très peur, peur de l’avoir et que je finisse à l’hôpital et seule surtout. Vu que personne ne peut venir nous voir. On est très fusionnels, mon mari et mes filles, et me retrouver sans personne à l’hôpital est une angoisse, une peur profonde. Et mourir seule aussi. Je ne veux pas mourir ainsi. Je ne veux pas que mes filles se retrouvent sans leur mère. Je ne peux en parler à mes proches car pour eux, ce virus est moins virulent et ne veulent pas envisager le pire. Je ne veux pas mourir maintenant à cause de ce virus. Une nouvelle vie vient de s’offrir à moi, à nous, et je ne veux pas que tout s’arrête ainsi subitement. Je ne comprends pas les réactions des gens, qui se foutent de la vie des autres et qui ne respectent pas les opinions des autres. Et qui leur font courir des risques du coup. En France, c’est chacun pour soi et ça fait peur. On ne nous demande pas grand chose quoi : juste appliquer les règles d’hygiène, de sécurité, de porter un masque et de faire attention aux autres… Les gens deviennent fous et ça fait peur. Tout le monde râlait au début car il n’y avait pas de masque et maintenant ils râlent car il faut en porter un. Sans compter ceux qui croient que c’est un complot du gouvernement pour faire passer des lois. Euh dans les autres pays aussi ils ont menti et imaginé ce virus pour faire passer des lois ? Faut arrêter un peu quoi.. Je suis en colère contre le gouvernement oui, car ils ont mal géré cette pandémie. Cette pandémie nous bouffe la vie, nous empêche de vivre pleinement… Malheureusement, on ne peut plus rien faire qu’attendre mais en respectant les règles hygiène, etc. Il n’y a que comme ça qu’on arrivera à s’en sortir, du moins j’espère car j’ai un gros doute vu les réactions des gens. Ça fait très peur. Je vous souhaite beaucoup de courage en tout cas. Et prenez soin de vous surtout. Ainsi que de ceux que vous aimez. Moi, je vais essayer de dormir car il est 3h du matin et encore une insomnie mais je rumine et j’ai peur de m’endormir grâce à ce virus pfff
Bonne journée ou bonne nuit à toutes et tous

Mellissande
Demandeur d'emploi
8 septembre 2020

Profiter de la vie

C’est en étant privé des libertés les plus banales que l’on se rend compte de la chance que l’on a au quotidien.

Aurore
Etudiante
14 septembre 2020

Je m’étais protégée mais j’ai eu le Covid

Lorsque je pars en vacances, un jeune ami que j’ai hébergé en 2014 pendant plusieurs mois s’installe chez moi et prend soin de mes 3 chats. Je partais une semaine à Marseille le 09 août. Il est venu le 07 août. Il était souffrant. Nous avons dîné. Il est allé se coucher dans sa chambre, moi dans la mienne. Nous avons pris le petit-déjeuner ensemble le samedi. Il est parti travailler alors qu’il avait de la fièvre. Son employeur lui a demandé d’aller voir un médecin qui l’a envoyé faire un test PCR. Je suis partie à Marseille le 09 août. Je me rappelle que, dans le TGV, il y avait un homme qui refusait de porter son masque. Les contrôleuses sont venues à plusieurs reprises pour lui demander de porter son masque. Elles lui ont même apporté un masque. Nous approchions de Marseille lorsqu’il l’a mis. Le lundi, le jeune qui était chez moi m’appelle pour m’informer qu’il avait le coronavirus. J’informe l’amie avec laquelle j’étais dans la chambre d’hôtes. Ma semaine à Marseille se déroule bien : 10 kms de marche chaque jour, visites, etc. Le retour a lieu le 16 août. De retour chez elle, mon amie va se faire tester. Je fais de même. Mon amie est positive, je suis négative. Le 20 août, étant très fatiguée mais n’ayant pas d’autres symptômes, j’appelle le numéro Covid ; la personne que j’ai en ligne m’invite à me rendre aux urgences de l’Hôpital Foch ; elle veut même m’envoyer une ambulance. J’y vais par mes propres moyens. Et une fois que tous les examens ont été réalisés, le service des urgences m’indique que je suis bien positive au Covid et que j’ai développé une pneumonie (constatée par le scanner). Le test Covid était négatif, peut-être parce que la fiabilité n’atteint pas 100%, peut-être parce que le virus avait migré dans la couche inférieure des voies respiratoires. Je n’avais pas de prescription particulière hormis du doliprane. J’ai achevé ma quatorzaine le 03 septembre. Je demeure essoufflée et suis souvent à la recherche de mon souffle. Je tousse un peu. J’étais en congés du 09 jusqu’au 23 août. Hormis la 1ère semaine je n’ai pas pu profiter de mes congés. Malheureusement, lorsque l’arrêt maladie arrive pendant les congés, les congés ne laissent pas la place à l’arrêt maladie en France alors que le juge européen a dit que le congé maladie devait prendre le pas sur les congés. Même si je n’ai pas eu de symptômes très importants, je peux dire que j’ai été malade : la grande fatigue, la recherche de mon souffle ne sont pas des moments de joie et de calme. J’ajouterai que j’ai pu constater que le service des urgences de l’Hôpital Foch est de grande qualité et toutes les personnes de ce service ont été très gentilles et prévenantes avec moi. Je n’ai pas déboursé un centime alors que, dans certains pays, il faut payer avant de se faire soigner. Je remercie tous les soignants de cet hôpital et de toutes les structures de soins en général.

Fabienne
Directrice Marketing et Communication
14 septembre 2020

Confinement

Pour moi, le confinement a commencé le 16 mars 2020 quand j’ai arrêté d’aller au lycée. C’était bizarre car je ne bougeais presque plus de chez moi. Les seules personnes que je voyais étaient mes parents. Heureusement, je sortais de temps à autre pour aller chercher du pain ou juste me vider la tête. Je ne faisais pas partie des élèves en situation de décrochage car j’ai toujours su travailler seule. Pendant toute la durée du confinement, mes professeurs ont toujours été présents et nous avons pu terminer dans la plupart des matières le programme. C’est une des raisons qui me pousse à témoigner : remercier le corps enseignant. L’autre raison est dans le but de mettre en garde les gens à propos des malades dits “porteurs sains”. En effet, mes deux parents ont tous deux été arrêtés par leurs employeurs mais mon père a quand même travaillé une semaine après le début du confinement. Quelques semaines plus tard, j’ai été la première à me rendre compte que tout ce que je mangeais n’avait plus de goût (je ne faisais plus la différence entre une carotte et une pomme de terre). Le lendemain, ma mère a commencé à tousser et à avoir de la temperature. Elle a fait une visioconférence avec notre médecin qui lui a dit de rester à la maison et de s’inscrire sur le site Covidom mais nous n’avons pas pu faire les tests PCR car, à l’époque (avril), ils étaient uniquement obligatoires pour les personnes fragiles. Cependant, l’état de ma mère se dégradait de jour en jour (nausées, glaires, perte d’appétit, douleurs aux poumons, compression thoracique, fièvre…). Nous étions face à un dilemme : appeler les pompiers au risque qu’elle soit gardée en observation à l’hôpital ou ne rien faire et la voir suffoquer. Nous avons finalement appelé SOS Médecin qui lui a donné des masques ainsi que des boissons nutritives car elle était tres faible et déshydratée. La voir comme ça me fendait le coeur. Au bout d’une semaine, les symptômes s’arrêtèrent et elle pu reprendre une vie quasi-normale, bien qu’elle ne sortait pas beaucoup (de peur de contaminer les autres je pense…). Cette expérience l’avait épuisée physiquement et mentalement. Le mois d’après, nous sommes allés faire le test sérologique et nous avons non seulement découvert que nous avions eu tous les trois le Covid 19 mais aussi que mon père, qui n’avait déclaré aucun symptôme avait le plus d’anticorps. Très ironique !
Pour terminer mon témoignage, je tiens à dire que ce qui m’a le plus manqué, ce n’est pas de ne pas pouvoir sortir mais de ne plus avoir aucun contact avec personne. Je tiens quand même à signaler que la crise a été très mal gérée car un simple test aurait pu épargner les nombreuses souffrances que nous avons subies. Aujourd’hui, je dois tout le temps porter le masque (même dans mon immeuble) mais je suis retournée au lycée et c’est ça le plus important ! J’ai toujours un peu peur de dire que j’ai eu le coronavirus au cas où on me trouverait irresponsable. J’espère que ce texte donnera la possibilité à d’autres personnes de s’exprimer sur leur expérience.

Annie
Lycéenne
3 septembre 2020

J’ai peur pour mes grands-parents.

Artuevfj
Collégienne
21 août 2020

Soyons solidaires

Bonjour,
Ce n’est pas vraiment un témoignage de la maladie mais un témoignage de société.
Je suis surpris du nombre de personnes qui ne veulent plus faire les gestes barrières. Des personnes disent « le port du masque c’est chiant et le virus ne tue que des personnes âgées ». On entre dans un individualisme profond. La génération covid, c’est ça ? Ne plus protéger autrui ?

Il y a quelques décennies pour le pays, on demandait aux jeunes de faire la guerre dont on savait que nombreux ne reviendraient pas. Là, on demande juste de porter un bout de tissu pour se protéger et protéger les autres.

Même si le virus tue quelques pourcentage de gens, derrière les chiffres il y a des familles, des vies.

Soyons plus intelligents que le virus et respectons les consignes des scientifiques pour en faire barrage.

Adrien
Developpeur
23 août 2020

J’ai peur du covid pour mon bébé

Bonjour, je suis maman de deux filles : une de deux mois et une de 10 ans. Je suis confinée depuis le mois de mars avec mon mari et ma grande fille étant enceinte. J’ai accouché avec le masque, je n’ai eu droit à aucune visite. Aujourd’hui, je suis chez moi avec mon bébé de deux mois et j’ai peur quotidiennement. J’ai peur quand mon mari rentre du travail, je ne sors plus, j’ai peur de laisser mon bébé à la nourrice, j’ai peur de retourner au travail, je ne fais plus mes courses, je ne sors plus, j’ai peur pour ma grande qui reprend l’école au mois de septembre. Je ne dors plus, je ne vis plus, je ne sais pas comment faire pour mes deux enfants. J’ai tellement peur pour mon bébé de deux mois. Nous ne recevons personne, nous vivons tous les quatre. Mon bébé n’a pas fait la connaissance de ses oncles et tantes, ni de ses grands-parents. J’ai tellement peur qu’ils lui rapportent le virus. Comment faire ???
Merci

Béné
Assistante commerciale
17 août 2020

La super-bataille au Master pendant le confinement .

Décembre 2019 : fréquentation d’un élève réfugié chinois tout juste arrivé en France (à quelques mètres de distance).
-> Mi-Janvier 2020 : j’accompagne ma mère, qui a eu un cancer des sinus et ne voit plus rien suite aux radiothérapies, chez son orl pour qu’elle ne tombe pas dans la rue. La secrétaire médicale, visiblement malade, tousse et un postillon atterit sans le vouloir à 2 m de distance, sur mon visage. En proximité de mon nez.
-> Fin janvier 2020 : irritation de la gorge 2 jours type allergie importante, qui ne passe pas avec l’aerius.
-> Suite à ces deux jours, un matin, réveil avec tachycardies impressionnantes (120 battements/minute), et prise de fièvre : 38,8 à jeun.
J’ai “les symptômes grippaux, un petit rhume. J’ai pris froid”.
N’étant pas du genre à attraper la grippe , et cela depuis 35 ans de vie, je trouve ça cependant étrange, mais je sais qu’à une telle température, c’est la grippe minimum.
-> 10 jours de fièvre intense, decrescendo petit à petit, avec des oscillations. Avec une toux sèche et très irritative. La groge me gratte en permanence et j’ai l’impression d’étouffer à force de tousser tellement ça me gratte.
J’ai parfois la tête qui me fait très mal et l’impression qu’elle va exploser, je pense à une hypertension qui doit accompagner à ce moment-là les tachycardies conséquentes à la fièvre.
-> Au jour 6, encombrement subit et rapide des bronches, je pense aux poumons car je suis oppressée, je n’arrive plus à respirer. Je crois que je vais mourir, je manque d’air.
Mes toux sont très rauques et très grasses.
J’appelle cette nuit-là le 15, qui me dit que tout va bien “à ma voix”, et me relaye sur SOS médecin. J’attends que le médecin régulateur me réponde 1h30 au téléphone.
C’est finalement mon médecin généraliste qui passera le lendemain, mais SOS médecin a pris peur car au bout d’une heure 30, je m’étais endormie et n’ai plus répondu à leur appel . Ils ont cru que j’étais morte donc s’assurent auprès de mon généraliste que tout va bien quand même.
-> Ma tutrice de stage m’envoie des sms pour me demander, dès que mon petit rhume sera fini, de me remettre aux préparations. “Quand est-ce que tu reviens?”, “tu as bien recu mes emails ?”, “il faut préparer”.
-> Au jour 6 : Azythromycine 500 mg, Prednisolone, cuivre or argent et ristabil à jeun et après petit déj respectivement, magnésium pour l’après repas de midi, et manger 3 oranges par jour.
J’en pleure tellement j’ai mal à la gorge et tellement ça me brûle quand j’avale, j’en pleure tellement mes toux sont rauques et tellement je manque d’oxygène.
-> Une heure après la prise de l’azythro et predniso, j’ai une remontée de glaires énormes noirs qui me reviennent, et que j’expectorie facilement dans l’évier de la salle de bain, en me mettant en position de vomir, et debout.
Nous sommes tout début février 2020. Je suis toujours, en arrêt maladie.
Je me sens de suite soulagée d’avoir gerbé ces glaires très gros, et très noirs . J’ai vraiment l’impression déjà de mieux respirer.
-> Pendant 5 jours, je vais “gerber”, en position debout, des glaires, de plus en plus petit et de plus en plus transparents : noirs, bruns foncés, bruns, bruns clairs, brun-jaunes, jaunes, jaunes clairs, transparents.
Puis transparents- sang.
-> Mon médecin repasse pour un contrôle, mais n’entend pas de râles aux poumons, cependant même si je devais faire un scanner je n’en ai jamais fait un.
Pour elle et depuis le jour 6, il s’agit d’un encombrement important des bronches et d’une trachéite aiguë, avec une inflammation énorme.
-> Suite aux traitements que je trouve un peu courts (5 jours seulement), j’observe un moins bien et l’irritation reprend. Il y a plus de sang dans les glaires que je crache, et alors que la toux était redevenue très sèche sous médication, elle redevient mi-grasse/mi-sèche.
-> Le 6 février, mon chat ne mange plus depuis 2 jours et vomit ++ . Je l’emmène chez le vétérinaire en urgence. Elle présente une grande inflammation organique aiguë, dont notamment au foie. Elle est réhydratée, perfusée et mise aussi sous antibiotiques.
– Je reprends mon stage au collège. La tutrice pour mon premier bilan de séance est hyper agressive, et ne semble pas comprendre ce que je vis depuis 2 semaines. Elle a des attentes haut perchées pour le stage, je suis juste malade.
Je vais régulièrement au collège, entre deux toux rauques, cracher encore des glaires dans les WC des profs, ou dans l’évier du laboratoire. Discrètement.
Je finis par rompre le stage pour maladie. Ma formatrice, ou plutôt responsable de stage, ordonne à ma tutrice d’écrire un bilan de mi-stage alors que le cahier des charges des tuteurs ne leur autorise pas de le faire, ni de noter de stage . Elle obéit aux ordres sans réflexion. Elle pose un 6/20 pour un stage non réalisé ou à peine, et je tente de faire valoir une dispense avec des certificats médicaux mais on ne me croit pas, on ne m’écoute pas.
-> Les toux rauques, parfois sèches, avec des glaires transparents et sang, durent en fait un mois.
Ce qui me soulage un peu c’est les bains de bouche avec du dentifrice, le sensodyne. Ça enlève le coté irritatif, car pendant tout ce temps, ça me gratte au fond de la gorge.
-> Début mars, il y a un mieux une seule semaine. Puis j’ai des symptômes de maux de ventre terribles et de maux de vessie – ovaires qui reprennent, et qui vont me clouer au lit encore 2 semaines. Je n’ai plus de fièvre, mais j’ai très mal à en rester pliée en deux, à pleurer. C’est une douleur atroce, encore pire que pendant des crises de colopathie fonctionnelles aiguës et que des douleurs de cystites.
Je fais cependant des tests urinaires répétés et un test gynécologique, qui s’avèreront négatifs mais on retrouve des marqueurs inflammatoires.
A cela s’ajoutent des crises d’exzéma ou urticaires géants, principalement au niveau des bras (avant-bras) et sur le torse. J’ai de temps à autre des retours de toux, qui se sont entre temps arrêtés depuis le début du mal de ventre. Et quand la toux revient, j’ai des plaques rouges sur le torse sans expliquer ce que ca peut être.
La température durant cette période d’exzéma oscille et est souvent à 37,8 le soir, voire 38, mais reste dans la norme.
-> Mi-mars, on apprend le confinement.
Subitemment et du jour au lendemain, les maux de ventre se stoppent comme arrivés, la fièvre rechute complètement la norme.
-> Début du confinement, début d’une nécrose pulpaire sur une dent qui allait très bien jusque-là, très subitement. Je dois attendre 10 jours avec une rage dentaire jusqu’à ce qu’un numéro d’urgence dentaire soit mis en place par le gouvernement, pour que ma dent soit traitée. Elle était en train de se nécroser et de pourrir de l’intérieur.
L’état infectieux précédent peut, selon les dentistes que j’interroge, être un élément déclenchant une nécrose non carrieuse, comme elle que j’ai.
-> Un nerf résiduel et nécrosé restera dans ma dent deux mois, mais c’est tolérable.
Je dois écrire mon mémoire pendant cette période et je n’ai pas le choix, j’écris. Mais j’ai mal et je pleure souvent.
La dent finit au bout de deux mois par recevoir un traitement de racines dentaires, tout s’est bien passé et il n’y avait pas de dégats supplémentaires.
-> Je subis encore parfois des crises de migraines intenses .
-> Plus rien à signaler depuis. Mais j’évite vraiment d’être recontaminée.
-> Test sérologique positif début juillet , et sérologique grippe négatif.
Ma responsable de stage essaye de faire compter dans mon relevé de notes d’année de M2 le 6/20 du stage en plus gros coefficient que tous les autres étudiants, et me fait ajourner sur l’année. Je fais un recours amiable immédiatement que j’adresse à la direction et à la présidence de l’université. Mon recours est pris immédiatement en compte dès le lendemain avec une réunion d’urgence, et avant même que j’obtienne le reçu de mon recours, les responsables ordonnent immédiatement la rectification de la falsification des crédits etc. Mon 6/20 est tout de même compté sans compréhension de mon problème de maladie, mais à coeffcient égal à tous les autres étudiants.
Je valide mon Master avec presque 11 de moyenne générale.

Mélody
Etudiante en fin de master pendant le confinement de 2020 .
22 juillet 2020

J’ai 18 ans. Du jour au lendemain, on a été enfermés pendant deux mois. J’ai deux petit frères. L’un des deux est autiste. Il s’appelle Timéo, il a 11 ans, ne sait pas lire, ni écrire, et sa façon de communiquer est semblable à un enfant de trois ans. Pendant deux mois, on a dû le supporter. Avant ça, j’avais mes cours, mes amies. Mon frère était pris en charge. Mais pendant le confinement, tout a changé. Plus les jours passaient, plus la situation s’aggravait. Timéo nous faisait crises sur crises. Ma mère est devenue dépressive. Mon autre frère s’angoissait. Et moi, j’étais angoissée, dépressive et fatiguée. Pour la première fois, je ne pouvais plus supporter Timéo. Les journées étaient longues, éprouvantes. On aidait beaucoup ma mère, mais ça ne suffisait pas. Tandis que d’autres avaient trouvé une certaine “routine” durant leur confinement, nous on vivait entre l’angoisse, la peur et Timéo. Mentalement, c’était dur et on souffrait. 15 jours avant le déconfinement, ma mère a eu des antidépresseurs, notre médecin a mis un arrêt de travail à mon père. Pendant 15 jours, mon père a prit le relais en prenant mes deux petits frères sous son toit. Moi, je suis restée avec ma mère. Nous sommes allées habiter pendant ces deux semaines chez ma grand-mère, car ma mère n’arrivait plus à s’occuper de nous.

Aujourd’hui, je consulte une psychologue. Je revois mes amies. Mais je vis constamment dans la peur. Je psychote au moindre non-respect des gestes barrières. Dès que je vois des amies, le soir j’ai besoin de tout désinfecter. J’évite constamment les informations. Je revois mes amies, car j’ai besoin de les revoir, mais je n’arrive pas à me détacher de ce virus. J’ai très peur pour ma santé et celle de mes proches. Pourtant, beaucoup de personnes me disent qu’il faut que je sorte. Que c’est important. Mais certaines personnes ne se rendent pas compte du danger de ce virus. Je ne peux pas non plus m’empêcher de lire les articles sur le sujet. Je lis aussi les articles sur la durée de vie du virus sur les objets. Ça m’a rendue folle. Je suis devenue complètement hypocondriaque. Alors je ne vis que dans la peur. La peur de vivre, finalement. Aujourd’hui, j’ai des médicaments contre la fatigue. Timéo a pu être repris en charge depuis le déconfinement. Ma mère continue ses antidépresseurs. J’ai vraiment très peur. Et je ne sais pas comment me sortir de ces angoisses et de cette peur. Après les deux semaines chez ma grand-mère, ma mère allait mieux. Timéo et mon autre frère sont revenus à la maison. J’ai dû faire une liste de tâches à faire pour épauler maman au mieux. Ainsi, depuis ça, je fais la vaisselle matin, midi et soir. Tous les jours. Aujourd’hui, j’ai l’impression que ça ne va jamais s’arrêter. J’ai l’impression de ne plus vivre, ou de ne plus avoir l’envie. J’ai arrêté de me battre. J’ai baissé les bras. Même si je suis prise en charge psychologiquement, je me sens mal. C’est pas une vie ça. J’en peux plus de vivre comme ça. C’est pas une vie.

Victoria
14 août 2020

Le jour où tout a basculé

Je dirige une petite entreprise dans le bâtiment. Je l’ai créée alors que j’avais 50 ans (aujourd’hui j’ai 64 ans) avec mon fils qui n’avait que 18 ans. Nous l’avons développée et aujourd’hui, après 15 années d’existence, nous avons une belle notoriété. Il nous en a fallu du courage et de la ténacité pour en arriver jusque-là. Moi, femme dans un métier de bâtiment, et lui tout jeune homme ! Le 23 Décembre 2019, ma vie a basculé. Mon fils devait reprendre l’entreprise car j’arrive à l’âge de la retraite, avec sa compagne qui s’était bien intégrée au sein de notre société et que je considérais comme ma fille. Ce jour-là, elle nous lâche, sans prévenir. S’en est suivie une profonde dépression de mon fils. Chaque jour, chaque minute a été une lutte pour l’aider à rester en vie. Bien sûr, plus de fête de Nôel dont je me réjouissais car j’étais “Mamie” pour la première fois d’un petit-fils. Les mois de janvier et février n’ont été que douleur, angoisses, peur pour lui. Malgré tout, j’assume seule mon entreprise. Arrive le confinement du 16 Mars, pour cause de coronavirus. Tous les chantiers en cours s’arrêtent. Le 19 Mars, j’ai de violentes douleurs thoraciques et je suis transportée aux urgences, en pleine épidémie de covid. On diagnostique une infection pulmonaire. Après 8 jours d’antibiotiques, je me sens mieux. Afin d’être rassurée sur la fin de l’infection, je repasse une radio pulmonaire et là, tombe le couperet… J’ai un cancer du poumon. A ce jour, l’activité a repris mais je ne pourrai pas récupérer financièrement les 2 mois d’arrêt pour confinement. Malgré tout, je me bats pour maintenir mon entreprise, entre séances de chimio, douleurs, perte de cheveux… Je voudrais arrêter pour prendre le temps de vivre les années qui me sont maintenant comptées mais je ne peux pas car un emprunt continue à courir. J’ai mis 15 années pour construire mon affaire et une seule journée a tout détruit.

LILI
gérante d'entreprise en bâtiment
14 juillet 2020

Un coup de froid ???
Maux de gorge, nez qui coule ! Je prends mon service de nuit et je commence à tousser. Une toux sèche, elle s’accentue la nuit suivante. Ma collègue commence à son tour à être malade. J’en parle, on me dit que les médias en font trop, que ça ne viendra pas à nous. Et pourtant j’en suis déjà sûre ! Je fais un premier test qui s’avère négatif. Je suis surprise car je me sens essoufflée avec des douleurs intercostales. Le lendemain, apparition de crampes abdominales, diarrhée et fièvre. Je rappelle le samu. On me reteste et me voilà positive (deux jours après le 1er). Puis ma collègue de nuit, puis une autre, puis une autre, puis… Une avalanche de symptômes, pertes d’odorat, de goût, de 6 kilos en 1 semaine, des vertiges, maux de tête. Je tiens à peine debout, je m’efforce de tenir, d’assurer… Et oui, une maman qui contamine le papa asthmatique et qui a deux enfants dont un de 6 ans, asthmatique lui aussi, et un en bas âge, 18 mois. Alors on se sert les coudes, on essaie de changer les couches en se concentrant sur son enfant qui a 40.3 de fièvre et qui a besoin de ses parents. Pour faire court, nous sommes restés confinés. Les maux ont mis bien 3 semaines à passer, les nuits furent longues, angoissantes. Nous avons vite cessé de regarder les informations. Nos familles inquiètes prirent des nouvelles régulièrement, impuissantes. Cela fut dur pour tout le monde. Le samu nous appelait régulièrement, ce qui nous rassurait sur l’évolution de nos états. Heureusement, tout le monde en sort sans hospitalisation, juste une visite pour s’assurer que bébé va bien au niveau pulmonaire. J’ai voulu faire un test sérologique qui confirmera la présence d’anticorps, réalisé à ma demande et à mes frais ce que je trouve inadmissible. Puis j’ai dû reprendre le travail, sans doute trop tôt car à ce jour je vis un retour de flamme, des symptômes, une fatigue intense sans fièvre et des bilans normaux. Est-ce un syndrome post traumatique ? Les conséquences du covid à long terme, les médecins ne savent me répondre que seul le temps, le repos peut être bénéfique à ce jour… Je suis peinée de l’impact de cette maladie et de voir l’inconscience de beaucoup. J’adresse mes condoléances à toutes ces familles qui ont perdu un être cher. J’espère que tous, l’état, la population, les médecins sauront apprendre de cette pandémie imprévisible.
Merci à vous de nous permettre de nous exprimer même si je pense que nous pourrions chacun en écrire un livre.

Blandine
Manip radio
8 juillet 2020

Aucune évolution depuis…

Bonjour,

De nouveau avec vous, pour vous partager mon vécu… aucune évolution à ce jour… (voir mes posts plus bas)
Après plusieurs examens, ma neurologue a décelé une multi-névrite des périphériques extérieurs… En effet, j’ai des fourmillements depuis mi-avril dans les jambes qui ne partent pas h24, 7/7j, surtout localisés dans la jambe gauche. Palpitations cardiaques, la nuit je dois dormir 3-4h pas plus.
Toujours un mal de gorge prononcé, quelques toux et un état de fatigue et de malaise général. Mes pieds sont tous blancs, les veines peu visibles alors que d’habitude tout est saillant, de physique filiforme, donc je connais mon corps.
Les analyses de sang et ponctions lombaires montraient un taux de protéines élevé, idem pour les cryoglobulines.
Test sérologique lui négatif.
Incroyable quand même…
Je suis pourtant de nature à sortir tous les jours avant le 24 mars, début des symptômes, et là je me suis retrouvé à rester à la maison dans cet état-là… Les médecins ne comprennent pas ou peu. J’ai réalisé un scanner abdo-pelvien jeudi et un bilan sanguin, j’ai les résultats demain.
Donc je ne sais pas ce qu’il se passe à vrai dire…
Cela fait 6 mois que le virus traîne et pourtant on ne sait rien ou quasi peu de choses dessus pour l’éradiquer.
Quand je vois comment cela se passe dehors, l’impression que c’est fini en France… Peu de gens respectent les gestes barrière et le port du masque, même dans un hôpital. J’ai du mal à comprendre cela. Alors que le corps médical a besoin de répit… de repos et de salaires dûment gagnés. L’humain est un virus et causera sa perte, cela ne fait aucun doute pour moi (mon opinion).
Prenez soin de vous et bon courage à vous tous.
Moi je commence à baisser les bras dans cette bataille…

Patrick
Gérant
6 juillet 2020

Négatif et pourtant

J’ai attrapé ce satané virus le 12 mai.
Je n’ai pas eu beaucoup de fièvre mais des courbatures terribles qui m’empêchaient de me reposer et de dormir pendant 4 jours. C’était comme si on m’écrasait les os des bras et des jambes. Une toux épouvantable. Doliprane inefficace.
4 tests négatifs et pourtant. Puis l’essoufflement et la tachycardie sont apparus, me laissant sans forces dès que j’effectuais les gestes du quotidien. J’ai repris malgré tout le travail de chez moi, malgré ces symptômes. J’ai eu une accalmie au bout de 3 semaines, puis au 50ème jour post COVID, je suis repartie à la case départ avec l’essoufflement, de la tachycardie et une énorme fatigue. Cela dure depuis 15 j. Re-test mais à nouveau négatif. Par contre, je trouve le test curieux parce qu’il a l’air de montrer un tout petit peu d’anticorps mais pas assez pour matcher positif (à deux reprises). Mon médecin m’avoue ne plus faire confiance à ces tests !
Aujourd’hui, j’ai l’impression de ne pas être prise au sérieux quant à mes symptômes et on cherche à tout prix à les mettre sur le dos d’autre chose.
Je sais que, dans mon « malheur »,  d’autres personnes sont dans le même cas, je me sens moins seule. Je suis en AM depuis une semaine.
Je garde malgré tout mon positivisme naturel, malgré quelques baisses de moral. J’espère que cela n’est qu’une question de temps.

Sabine
Responsable infrastructures
5 juillet 2020

Les aidants de l’ombre

« Les aidants ? Vous voulez dire, « les soignants » ? »
Pas exactement. Bien qu’ils soient généralement invisibilisés comparé à leurs employeurs (qui les sous-payent), ils ont toute la reconnaissance de la nation. (Enfin, mis à part quelques-uns qui aimeraient les voir déménager au motif “qu’ils pourraient ramener le virus dans l’immeuble”.)

Autant montrer patte blanche : je n’ai pas de proximité avec un bord ou parti politique, ni ne suis pas “contre les médias ni la politique”. Je ne suis pas un roquet qui veut détruire le système ni clamer le sauver au prix de sa vie. J’aime pouvoir m’exprimer (incluant la critique), librement.

Retournons au sujet : les aidants sont ceux qui, discrètement, se sont mobilisés durant la pandémie pour aider, pour informer les citoyens, pour aider les commerçants, pour s’être mobilisés pour les personnes en difficulté (personnes âgées, etc.). Ceux qui n’attirent pas l’attention de la presse, ceux que le gouvernement devrait médailler (quitte à donner des médailles plutôt que des salaires…), ceux qui agissent bénévolement et de manière désintéressée, une mobilisation générale invisible mais qui est bienvenue. Le genre de bonnes initiatives que l’on aimerait voir à la télé, entendre à la radio ou lire dans un article. Bombardez-nous de bonnes nouvelles ! Toujours plus joyeux que d’entendre le décompte des morts par région, de savoir que le virus affaibli tel organe, tue de X façon, puis de X, en fonction des cas, d’entendre en écho d’un média à l’autre pendant des jours qu’un dirigeant propose la javel comme remède… N’est-il pas plus intéressant de lire quelque chose de constructif, auquel on peut prendre part ?

Il y a toujours des âmes généreuses qui abattent un travail extraordinaire dans l’indifférence générale (assez souvent en chacun de nous d’ailleurs).
C’est peut-être de ça que je veux témoigner. Non pas de cette toxicité des médias quand on en abuse trop, ni du déshonneur et de l’irrespect dont font preuve ceux que nous avons élu, simplement de cette bonté en chacun de nous qui se traduit à plusieurs échelles :
→ Ceux qui ont appris à se laver correctement les mains, et l’ont appliqué dans leur quotidien. C’est tout une technique de bien faire ! Il faut saluer ces changements de comportement.
→ Ceux qui ont fait l’effort de creuser un peu et ont découvert comment se transmettait le virus, et ont respecté les « gestes barrière ».
→ Ceux qui se sont mobilisés pour informer, pour créer, pour partager, s’entraider, soutenir, à des niveaux “anodins” pendant des heures, des jours.
→ Ceux qui ont donné leur vie, ou ont frôlé plus ou moins la mort parce qu’ils voulaient aider, qu’importe qu’il s’agisse de leur profession ou de leurs convictions.

Un grand merci à cette part de vous-même, de nous-mêmes, qui avec discrétion et élégance, aidons. On vous aime. Merci ! 👏

Anonyme
2 juillet 2020

Je ne suis pas folle, juste malade

10 décembre 2019, aux urgences pour douleurs thoraciques, petite fièvre, toux sèche, mal de tête, sinus bouchés et douloureux, sueurs nocturnes, difficultés à respirer, diagnostic pneumopathie

13 janvier 2020, scanner thoracique, pneumonie, je suis bizarrement épuisée et je ne respire plus comme d’habitude

22 janvier, 1ère consultation pneumo, et là commence l’enfer. 10 jours double antibiothérapie, diarrhées en continu, une nuit à vomir 17 fois

3 février, appel au pneumo en urgence depuis mon poste de travail, je n’arrive plus à respirer. Il me dit de me calmer et me reçoit seulement le lendemain, aucun test fait au cabinet sur le souffle ou l’oxygénation. Pas de test PCR, je poursuis mon travail dans des conditions inhumaines car pas d’arrêt, tout l’interieur de mon corps me brûle, je n’arrive plus à manger, à avaler, j’étouffe, mon cou se referme de chaque côté, je suis oppressée

Thoracique mais aussi ORL, violentes douleurs dans les oreilles. Je maigris, je n’arrive plus à me concentrer.
4 mars, nouveau scanner thoracique avec cette fois-ci, des opacités en verre dépoli. Je dors mal, j’ai l’impression de tomber dans un trou, je me réveille en cherchant l’air, l’impression de me noyer, parler est de plus en plus difficile.

17 mars, confinement. Mon généraliste m’arrête, je suis une personne à risque.

23 avril dernier, scanner toujours avec les opacités en verre dépoli et là, miracle, le médecin radiologue de la clinique a pris le temps de regarder mon dossier. Pour elle j’ai eu pneumonie + covid, probablement en janvier, merci Madame.

24 avril, sérologie négative, je craque car à ce moment-là, faire le tour du pâté de maisons est devenu trop difficile.

Fin mai, reprise du travail, mi-temps thérapeutique en télétravail, une demi-journée au téléphone devient très vite un enfer

3 juin, urgences au centre hospitalier, difficultés respiratoires, énormes vertiges, nausées et la sensation d’un corps en béton. Retour des règles après 10 mois d’arrêt, normal j’ai 57 ans. Est-ce encore une conséquence du covid ? Là encore miracle, le médecin me confirme que j’ai cumulé pneumonie + covid et que j’en ai encore pour 6 mois. Il me rassure sur mes angoisses, consécutives au délai long de rétablissement.

4 juin, nouveau pneumo, et nouveau traitement. Enfin je sais que j’ai perdu 20 % de capacité respiratoire, ne peut pas confirmer le covid car sérologie négative mais évoque la possibilité d’une maladie chronique.
Conclusion, j’ai certainement zappé pleins d’autres symptômes, pendant des semaines j’ai cru que je devenais folle. Il restera toujours ce mystère de la sérologie négative, moi je sais que mon corps a été attaqué durement, je fais partie des oubliés du COVID

Virginie
Conseillère commerciale
30 juin 2020

Symptômes Post Covid J97
Douleurs thoraciques
Essoufflement
Difficultés à respirer profondément
Point poumon côté droit persistant
Palpitations au moindre effort
Fatigue intense
Grosse réaction allergique peau : tâches rouges
N’a pas repris le travail depuis le 16/03

Liliane
Enseignante
28 juin 2020

Témoignage Covid

Vers le 18 mars, j’ai commencé à ressentir une petite douleur au niveau de la gorge, alors que je suis encore sur mon lieu de travail jusqu’au 19 mars et par la suite en TT. Puis durant le week-end suivant, fièvre à 38°, 2 jours, puis rendez-vous chez le médecin le 30 mars, qui constate une inflammation de la gorge et me place en quatorzaine, pour suspicion Covid. J’ai toujours la gorge qui me brûle, je présente des symptômes légers, et ne m’inquiète pas trop. Puis au fil du temps, je me rends compte que maintenir une conversation soutenue au téléphone amplifie la douleur dans la gorge et j’ai du mal à parler. Puis je commence à ressentir un phénomène étrange, une sorte de pression dans la trachée, puis les congestions nasales et le nez qui coule, des éternuements mais je me dis que ce n’est pas trop grave, et qu’avec le temps cela va passer. Mais non, un jour je vais un peu mieux et ça repart. Je reconsulte et cette fois on me fait faire un bilan sanguin fin avril qui confirme que mon organisme a lutté contre une infection virale mais je ne le saurai que plus tard et en consultant un autre médecin, car d’autres symptômes apparaissent. J’ai des écoulements dans le fond de la gorge en continu et la gorge toujours douloureuse, avec en plus des symptômes bizarres, des picotements, des sensations de brûlure au niveau du palais, de la langue et des lèvres, et parfois des maux de tête. Je décide donc de consulter à nouveau, le médecin me fait faire le test sérologique le 10 juin qui sera négatif au Covid. Résultat, je retourne voir le médecin demain qui je l’espère me prescrira cette fois autre chose qu’un antihistaminique mais un traitement plus en rapport avec cette infection virale dont les symptômes évoluent et s’installent dans la durée. Je me sens démunie comme beaucoup et je suis épuisée. J’espère vraiment qu’on pourra guérir de cette maladie.

Audrey
Fonctionnaire
17 juin 2020

Incompréhension

Nous sommes samedi, le 9ème jour. 2 prises de sang de faites. Une aujourd’hui, qui ne montre pas de gros signe infectieux. Et une faite lundi, qui ne montrait pas non plus de gros signes infectieux (10,6 aujourd’hui et 10,2 lundi pour le marqueur CRP).
A l’auscultation, pas de problème pulmonaire.
Lundi non plus, il n’y en avait pas.
Pourtant, je me sens mal. Je ne mange presque plus. Je dors très mal. Je me sens oppressée. J’ai des douleurs quand j’inspire par moment. Comme des brûlures. A d’autres moments, elles sont là même sans inspiration ou expiration.
Ça a commencé par de la fatigue, puis des courbatures, puis mal de gorge. Une petite fièvre (qui ne dépasse pas 38). Et ensuite, cette gêne au niveau des poumons. D’après mon médecin, peu probable que ce soit le Covid. D’après mes parents, pareil. Juste un petit virus.
Sauf que voilà, je me sens mal. Et je me dis qu’un virus (autre que le Covid) ne donnerait pas ça. Alors j’attends. Je pleure beaucoup. Je me force à manger (j’ai perdu 5kg en 1 semaine), et je prie pour que ce ne soit rien de grave.

Clothilde
Étudiante
13 juin 2020

Un monde qui s’écroule

Après 49 jours de cauchemar, je ne reprendrai pas le télétravail .
Même si je ne redouble pas d’énergie, un retour à une activité professionnelle aurait pu m’aider psychologiquement… mais non ! Je suis contrainte à subir un chômage partiel TOTAL pendant un mois et peut-être plus, sans plus aucun contact avec l’équipe ou mon activité… c’est trop!! Tout s’écroule. Non seulement sept semaines seule à lutter contre la maladie, et maintenant tenue à l’écart du travail !!
Le monde s’écroule sans aucun soutien professionnel !!

Isabelle
10 juin 2020

Je ne l’ai pas vu venir

Début mars, les hommes politiques, les sommités médicales, les journalistes… tous nous disaient que la France n’allait pas être atteinte par le Coronavirus et que la situation était sous contrôle.
Je les ai crus.
Pour moi, tout bascule le week-end du 14 mars alors que j’allais retrouver mes enfants dans le Doubs.
Le samedi soir, nous informons le restaurateur chez qui nous allions manger qu’il allait devoir fermer son établissement le soir même.
Je ne savais pas que je n’allais pas retrouver ma famille avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Je n’imaginais pas non plus à cet instant ce qu’allaient être les semaines suivantes et ce que nous allions traverser.
 
De retour à Paris depuis mi-mars, je fais les constats suivants :
Nous avons énormément de chance.
  • Un seul décès à déplorer parmi nos très proches (La maman de Bernard)
  • D’autres membres de la famille ont été touchés par le COVID-19, mais heureusement sans gravité
  • Nous avons une incroyable chance de vivre en France 
    • 9 millions de salariés pris en charge via le chômage partiel à 84% de leur revenu net par l’État. 
    • Des dizaines de milliards d’euros libérés pour soutenir notre économie. 
  • Le confinement a permis au système hospitalier de résister et de faire face au nombre de malades. 
  • Les soignants et d’autres métiers, pas suffisamment reconnus en temps normal, ont fait la une de l’actualité et seront dorénavant, je l’espère, mieux considérés. 
  • Nous habitons en maison, avec un jardin et cette situation est un immense privilège.
  • Et maintenant, quels enseignements en tirer ? Chacun de nous prendra ses propres décisions et décidera de changer ou pas.

Et pour finir, un grand merci à mon fils qui a développé ce site !

Pascal
Directeur commercial
16 avril 2020

Aujourd’hui J87

Tout a commencé le 15/3, quelques jours avant le confinement. Une petite fièvre qui dépassera péniblement 38°, qui ne s’arrêtera vraiment que le 25/5. Éternuements, petit mal de gorge, le fond du nez qui brûle, une pression sur les côtes et mal au dos. Je me dis que ce n’est rien de bien sérieux, j’étale quelques gouttes d’huiles essentielles anti-virales sur la poitrine et attends que ça passe 😉 2 jours plus tard arrivera l’essoufflement. Tout devient essoufflant, le moindre petit geste, jusqu’à être présent même au repos, accompagné d’épines plantées dans les lèvres, d’étourdissements, de fourmillements dans le visage et les doigts. À ce stade, nous nous posons sérieusement la question d’appeler le 15. Mais nous sommes mi-mars, les urgences sont saturées, le moindre appel au 15 nécessite plusieurs heures d’attente : il est 22h, je n’ai pas la force d’attendre autant. Le sommeil prend le dessus, mon mari ne dormira pas cette nuit-là afin de surveiller ma respiration. On décide d’attendre la fin du week-end pour appeler le médecin. La diarrhée s’invite. À ce stade, la toux sèche n’est pas méchante, elle ressemble beaucoup plus à des râclements de gorge continuels. Des sueurs (malgré le peu de température), la voix qui déraille. Elle continue d’ailleurs, même 87j plus tard, dès le moindre effort ! Et une fatigue intense, dormir 15 h/j devient une nécessité, télétravailler n’est plus possible. Prise de rendez-vous chez le médecin le 24/3, je peine à monter l’escalier, reprendre mon souffle me prend plusieurs longues minutes. N’arrivant pas à parler en raison de l’essoufflement, j’avais noté mes 10j de symptômes sur un papier : grand bien m’en a pris puisque ce papier, au fil du temps, est devenu mon journal de bord, un repère pour savoir où j’en suis, pour me repérer dans le temps, pour expliquer au médecin… Suspicion de Covid19 bien sûr, mais à cette époque les tests PCR étaient réservés aux cas critiques. On en restera donc à une suspicion, pour toujours! Le médecin m’explique qu’elle et une infirmière se relaieront pour m’appeler chaque jour : je me sens accompagnée, c’est rassurant. Arrêt de travail car je n’en suis plus capable, parler et téléphoner me sont interdits. Cet épisode durera 15j, avec toux sèche, difficultés à reprendre mon souffle. Nez, gorge, poumons et trachée qui brûlent, sensation de respirer dans un sac de poussière. Le 02/4, je m’accorde une balade en forêt sans trop de peine, le lendemain j’arrive à faire le ménage : waow ! Du jour au lendemain, fraîche comme une rose : je peine à y croire mais je savoure. La lune de miel ne durera que 10j malheureusement. Le 12/4, urticaire sur le pied gauche, moins sur l’autre pied. Ça monte jusqu’à la cheville, les bords des ongles sont gonflés et brunâtres. Je ne fais pas le rapport avec le Covid (puisque je suis guérie !), je me demande si c’est une intolérance au soleil ? Bizarre, d’autant que ça démange à me réveiller la nuit… Je me dis que «bof, ça passera». Sauf que le surlendemain éternuements, le nez brûle, toux sèche, 37,5° (oui ce n’est “rien” mais c’est quand même 1° de + que ma température normale… il se passe un truc). C’était le début de 15 nouvelles journées de courbatures, d’essoufflement, de cœur qui s’emballe, de mal aux poumons devant, derrière. J’ai mal à la tête, elle tourne au téléphone. De toute façon, je ne peux pas dire plus de 2 mots qui me vident de mon énergie entre les reprises d’air, et ma voix déraille comme pour me dire “tais-toi!”. Puisque ça ne passe pas et surtout que les symptômes apparaissent tous dans le même ordre que pour le Covid, le 21/4 j’appelle au centre Covid dont le médecin m’avait laissé les coordonnées. Surprise, il vient de fermer, plus suffisamment de patients Covid pour le garder ouvert ! Rappel au médecin : rechute ? Nouvelle infection ? Personne n’en sait rien, personne ne connaît le virus, par contre les tests PCR sont désormais prescrivables. Rendez-vous pris au labo à J40 et nous convenons que je tente de télétravailler sans parler ni téléphoner. Le test revient négatif, le virus n’est plus dans mon nez, c’est donc l’ancienne infection qui continue… 24/4: fin du 2nd épisode, à nouveau je me crois guérie. 6j tranquille avant de me sentir KO le 01/5. Petit à petit, la toux se réinstalle, l’essoufflement, très mal aux poumons devant et derrière, mal aux bronches, la voix repart, nausées. On est à J54 le 07/5 : je ne peux pas battre les œufs d’une omelette sans faire de pause assise pour reprendre mon souffle. Je me sens un peu mieux le 10/5, fin du 3ème (petit) épisode. 3j de répit avant que ça ne revienne ! Le 13/5 (J60) grande fatigue, toujours cette petite fièvre peu forte (37,8°). Démarre l’épisode 4, musculaire celui-là : cuisses, bras, dos, nuque, mon corps devient de plus en plus lourd et douloureux, porter la fourchette à la bouche est un effort tellement elle semble lourde. Je ne tiens pas debout sur mes jambes. Je tombe plusieurs fois. 3ème RdV docteur. La conversation en visio me fait tourner la tête, je raccroche dans un état effrayant de tremblements, d’étourdissements, de fourmis dans les doigts, les lèvres, le front. Je n’ai plus de forces. La diarrhée est aussi de retour (mais est-elle partie un jour ?). Le médecin convient que “c’est anormalement long” et propose de se concerter avec un confrère du CHU avant de me rappeler. Verdict : bonne nouvelle, ils ont d’autres cas comme moi. Mauvaise nouvelle, les tests sérologiques ne sont pas au point, il y a autant de faux positifs que de faux négatifs. Zut. “Je vous le prescris quand même mais je n’en tirerai aucune conclusion médicale”. Bon ok. Rendez-vous pour le test, je suis reçue comme une pestiférée. On me parle avec des gestes et l’infirmière part en courant sans même dire au revoir alors que je suis toujours sur le siège… Compréhensive (mais choquée quand même), je me dis que c’est humain d’avoir peur du Covid. Je rentre chez moi et découvre un énorme hématome sur le bras de la piqûre, mais éloigné de celle-ci tout de même… Peut-être encore un truc bizarre lié au Covid, on n’est plus à ça près 🤣 Le test reviendra négatif, pas d’anticorps détecté. 2 jours plus tard, je me rends compte que je ne suis plus capable de construire des phrases, j’oublie le début, j’ai du mal à prononcer les mots, toute cette énergie dépensée à m’exprimer m’épuise. Les oreilles sifflent quand je raccroche le téléphone. Les jambes et les bras tremblent. Assise dans le transat, j’ai l’impression de m’enfoncer dans un puit sans fond. Le 21/5 (J68), je prends ma tension : 9.9/7.8. Le 24/5, je dors toute la journée, fin momentanée de l’épisode ! Le 27/5 (J74), et puisque ça va mieux, je décide de faire quelques plantations au jardin. Mauvaise idée : malaise ! 28/5, la voix repart. Le lendemain, début de malaise en grande surface. La tête qui tourne, la peine à parler, la voix déraillée sont revenues. Depuis J84, l’étourdissement est permanent, avec cette sensation de n’être jamais totalement réveillée, et une pression sur le haut de la tête, le front, les yeux et la vision troublée. Par moments, des “coups de jus” dans les orteils et les doigts. Mais la tension revient à 12/7, je suis optimiste. J85, je remonte une panière de linge propre du sous-sol de la maison au rez-de-chaussée : erreur ! Du tac au tac, ma voix a déraillé, la toux est revenue, les douleurs entre les omoplates aussi… C’est ainsi… comme dit le médecin : il faut attendre que ça passe 😉 Alors oui, attendre que ça passe bien sûr… mais se pose le problème de la reconnaissance en affection de longue durée par la sécurité sociale. J’ai l’énorme chance d’être maintenue en télétravail jusqu’au 31/8, sans aucun rapport avec mon affection. Mais imaginons que le télétravail n’ait pas été une option, imaginons que je n’aie pas décliné les AT proposés depuis… Nous serions à 3 mois d’AT la semaine prochaine. Au 3ème mois d’AT, je perds la moitié de mon salaire, ma mutuelle aurait-elle pris le complément à sa charge sans reconnaissance d’ALD ? Et si cette affection devenait chronique, comment serai-je prise en charge à l’avenir sans aucun test de dépistage mi-mars pour la prouver, ni pour l’instant aucun anticorps détecté par un test sérologique ? Ici se situent mes questionnements aujourd’hui, au-delà de guérir un jour 😉

Agnès
Assistante administrative
9 juin 2020

Les montagnes russes

20 mars : ventre très ballonné, distendu, avec une barre, gargouillis intenses, plus faim du tout.
21 mars : quand je monte mes escaliers, je suis très essoufflée avec tachycardie.
23 mars : petite fièvre à 37,6. Un peu de diarrhée. Toujours essoufflée.
24 mars : maux de crâne. Mon médecin me prescrit un scan pulmonaire. J’angoisse.
J’ai des traces de verre dépoli.
Aucun médicament donné. Juste du Doliprane. Pourtant, je n’ai ni fièvre ni toux.
Et les montagnes russes des symptômes vont commencer.
Une nuit, j’ai l’impression que mon cerveau bouillonne, avec de forts maux de nuque.
J’ai l’impression que je vais devenir folle.
Puis les symptômes inflammatoires très forts, toujours sans fièvre : gorge, oreilles, nez.
La fatigue est si intense que j’ai l’impression de tomber dans un trou noir.
Je lis tout ce qui sort. Je comprends très vite que l’orage cytokinique est un piège mortel pouvant se déclencher entre le 7e et le 17ème jour. Je compte les jours et les nuits en haletant, l’angoisse au ventre.
Personne ne me prescrit d’analyses de sang, je supplie tous les médecins que j’appelle de me trouver du Plaquenil. Personne ne m’en donne.
Le lundi de Pâques, j’étouffe tellement que j’appelle le 15 : « pas de fièvre ? Pas de toux ? Restez chez vous ! Prenez du Doliprane ». Je me vois mourir. J’appelle les urgences de Paris. Le médecin, Dr Cassan, arrive deux heures plus tard. Je suis prostrée. Il reste exactement 6 mn. M’ausculte le dos dans un endroit, me prend mon taux d’oxygène (pas la tension, pas d’auscultation du coeur, pas de palpation du ventre, rien) et repart en disant : prenez du Doliprane.
Là, je pleure tout mon saoul. Tous ces médecins sont fous ou quoi ?
J’envoie un texto en urgence au médecin homéopathe que je vois régulièrement pour des problèmes d’allergie. Celle-ci me prescrit CAMPHORA 9ch . MIRACLE !!!! Je respire mieux !
Elle me donne aussi des granules contre les maux d’oreille atroces (CAPsicum), les maux de ventre (arsenical album).
Grâce à elle et ses médicaments, je tiens le coup. Je dors toute la journée parfois.
Les douleurs articulaires arrivent dès que je peux ressortir à la fin du confinement, juste 15-20 mn le premier jour. Normal me dis-je, je n’ai pas bougé de mon lit pendant un mois, avec un grand maximum de… 40 pas par jour.
Mais en fait… c’est terrible. La fatigue est différente du premier mois : quand je m’active même chez moi, quand je dors un peu, 30-39 mn puis une heure… Je le paie soit le jour même, soit le lendemain. Je suis percluse de douleurs et parfois je tombe tellement de fatigue que je ne me rappelle même pas m’être endormie. Un sommeil très profond… qui remplace celui des nuits blanches, car je ne m’endors qu’à 1h-2h-3h du matin depuis le début des symptômes.
Enfin, je sens que je respire mieux, que je suis plus légère, plus tonique… C’était il y a cinq jours… Je me risque même à passer presque une journée entière à bouger, déjeuner chez une amie, faire des courses ce vendredi 5 juin. En rentrant, le soir, mon ventre gargouille… je dors mal. Et je vois que j’ai des gargouillis dans l’estomac, un transit un peu rapide…
Samedi 6 juin matin, je sens un mal de ventre plus fort. La diarrhée et les brûlures d’estomac arrivent. J’éternue aussi. Pas de fièvre. Mon taux d’oxygène est parfait. Peut-être juste un coup de froid, me dis-je, optimiste. Ou j’ai mangé trop de cerises hier ?
Je reprends mes granules homéopathiques, des probiotiques à haute dose contre la diarrhée… je mange un peu, riz/banane…
…Et le soir : les douleurs reviennent dans le haut du dos et de la poitrine.
Et là, je pense : PITIE, NON !!!! JE NE VEUX PAS QUE ÇA RECOMMENCE.
…Lundi 8 juin, j’ai un rdv pour une scintigraphie pulmonaire. Tous les autres examens ont été faits et tous étaient ok (écho cardiaque, scintigraphie, myocardite, test effort, ecg, test souffle chez pneumologue parfait)
J’aurai également le résultat de ma 2e sérologie (la 1ère était négative comme le PCR qu’on m’a fait un mois et demi après les symptômes !!) et le résultat d’analyses prescrites par un nouveau médecin, un interne, qui connaît bien les virus et les maladies auto immunes.
A suivre, donc…
A savoir aussi qu’un médecin n’est pas un dieu et qu’il faut aller prendre plusieurs avis quand vous sentez que le médecin en face de vous ne sait plus faire marcher son intuition mais applique à la règle ce qu’on lui a inculqué.
J’ai vu :
Un cardiologue pour éliminer tous problèmes d’atteintes cardiaques dus au covid, un médecin interne pour aller plus loin dans les analyses, un ORL pour les problèmes d’oreilles et d’acouphènes terribles les premières semaines (j’ai oublié plus haut ce symptôme, comme j’en oublie sûrement d’autres).
Souvent, voir un médecin est décevant car il n’écoute rien.
Celui qui a été le plus à l’écoute a été mon médecin homéopathe et un ami médecin qui m’a soutenue pendant toute cette épreuve et m’a donné des noms d’autres médecins en m’encourageant à faire des examens pour tout checker.
– Quand un médecin ne comprend pas et qu’il est devant son impuissance et sa méconnaissance, il a souvent tendance à rejeter son inconfort sur le patient en lui disant : c’est de l’angoisse.
– Quand un médecin voit un autre médecin homéopathe donner des granules qui soulagent son patient, il a souvent tendance à répondre à son patient d’un sourire entendu : « si vous y croyez… »

En bref :
Se faire confiance
Lire les infos qui sortent tous les jours
Checker tout ce qui ne va pas. Ne négliger aucun symptôme… car la santé n’a pas de prix et ce virus est comme tous les virus graves : il peut abîmer, il peut s’installer, comme l’herpès, et mes rechutes viennent probablement du fait que j’ai voulu aller trop vite, et ne pas me reposer assez depuis le déconfinement.
Ça va être long, la convalescence, et je vais tout faire pour booster mon système immunitaire. Et trouver les bonnes aides alternatives pour faire baisser la charge virale dans mon corps le plus possible.
Car je suis presque sûre maintenant que j’aurai ce virus à vie dans mon corps, comme le virus de l’herpès… et qu’il se réactivera un jour de stress ou de fatigue… Évidemment, j’espère me tromper…

Aline G
Retraitée
6 juin 2020

L’enfer du covid

J+76. Toujours trés fatiguée. Mal dans les muscles avec une rechute la semaine dernière. Certains symptômes reviennent : maux de gorge, nausées. Hospitalisée 2 fois avec la chance que les poumons ne soient pas touchés. Physiquement, c’est très compliqué. Je n’arrive à faire que peu de choses, vite essoufflée et des douleurs dans les muscles. Je n’arrive pas à guérir.

Nadine libouroux
Operatrice en etiquetage
6 juin 2020

3ème et dernier témoignage… Sérologie !

Bonjour à tous, c’est mon troisième témoignage (et le dernier, j’y compte bien !) sur ce site.
J’avais témoigné de mes symptômes, lors de ma suspicion. Puis, j’avais témoigné de la durée de ces fichus symptômes qui vont et viennent mais s’atténuaient.
J’ai finalement reconsulté mardi 26 mai mon médecin à la suite d’une énième réapparition de la fatigue, oppression thoracique et difficulté à reprendre mon air (début Covid présumé le 17 mars pour rappel). Je consulte avec la désagréable sensation de passer pour une folle auprès de beaucoup de gens… Le stress blablabla…
Mon médecin m’annonce qu’il a de plus en plus de cas comme le mien, jeunes en bonne santé, forme légère, qui continuent à être mal longtemps après de manière intermittente…
Électrocardiogramme normal
Examen normal
Écoute des poumons normale
Prise de sang prescrite crp ferritine etc.
Et il me prescrit une sérologie Covid igg (anticorps uniquement produits après la phase “malade”). Prise de sang ce matin, résultat à 14h…
Résultat : hémoglobine et hématocrite basses, en-dessous des valeurs minimum, ce qui explique enfin cette sensation de mauvaise oxygénation… Je ne suis pas folle, ouf !
Et igg positive ! 45.2 indice d’anticorps donc j’ai bien eu le Covid ! (J’ai des anticorps mais bien sûr, je ne sais ni s’ils sont immunisants, ni combien de temps ils vont rester dans mon corps !).
Tout ça me réconforte dans la confiance en mon corps et surtout en ce que j’affirme : non, ce n’est pas le stress et oui, j’ai bien été malade.
La seule question qui me reste c’est : vais-je par la suite devenir une patiente qu’on dira atteinte du Covid chronique ? Combien de temps cela va-t-il encore durer ? Je suis fatiguée et je pensais pourtant être sortie de toute cette gène…
Mais je suis très “heureuse” d’apprendre que j’avais raison et ça c’est ma petite victoire…
Je vais maintenant comme Camélia prendre contact avec un professionnel pour m’aider à passer ce cap, m’aider à accepter que pour l’instant j’ai des séquelles et que je dois les accepter dans mon quotidien, m’aider à re-vivre avec tout ça…
Prenez soin de vous,
Et faites-vous confiance même si certains tests ne vous donnent pas le résultat attendu…

Marine GUENERON
assistante réception
30 mai 2020

Sero négative

Pas de test au début du confinement. Après un mois de symptômes et une amélioration : rechute. On me fait passer un scanner pour être sûr que ça soit le Covid. On trouve des restes de traces caractéristiques du Covid (je n’ai jamais toussé pourtant). Donc ça confirme que j’ai eu le Covid. Les nouveaux symptômes durent encore 1 mois… Amélioration donc après 8 semaines. Infernal.
Aujourd’hui, ça va mieux. Les tests de sérologie étant disponibles, je le passe : négatif.
Heureusement que j’ai passé le scanner qui ne me fait pas passer pour une fausse malade ! Donc pas d’inquiétude, on est nombreux dans ce cas et on a réellement été malades !

Sophie
Gérante
30 mai 2020

Refus de soin et scandale sanitaire

Bonjour,

Je suis aussi terrifiée et angoissée que depuis le confinement.

Ce qui me terrifie bien plus, c’est le refus de soin aux médecins de ville, ce qui me révolte et me questionne.

Sachez que vous avez des droits et que si un médecin et ou une pharmacie refuse de vous prescrire au minimum des antibiotiques pour éviter des cas si graves et des soins intensifs, et la réanimation peut être évitée.

J’ai bien plus confiance en la médecine de ville et chercher un médecin qui essaiera de vous soigner.

Prenez soin de vous.

Une femme révoltée et très angoissée par le refus de soin en France

Elea
30 mai 2020

L’après coup

Bonjour,

Tout comme d’autres personnes sur ce site, j’ai ressenti beaucoup de symptômes du Covid fin mars qui ont duré environ un mois et demi, notamment des sensations d’oppression, des dyspnées, de la fatigue, des courbatures… J’ai effectué ces derniers jours une sérologie qui s’est révélée négative. On se pose alors beaucoup de questions sur soi-même. Est-ce que c’est l’angoisse qui m’a fait vivre tout ça ? Le désert médical du mois de mars, puisque les hôpitaux ne s’occupaient que des cas les plus graves, du coup les malades restaient seuls avec leurs symptômes. Quoiqu’il en soit, c’est vraiment difficile et comme les médecins vous disent que c’est sûrement le Covid, on vit la maladie à ce moment-là avec toutes les angoisses que nous matraquaient les journaux télévisés. Lorsque vous recevez votre résultat de sérologie et qu’il est négatif, vous ressentez comme une honte (un arrêt maladie aussi long pour rien quelque part), l’inquiétude des proches, sa propre inquiétude avec cette impression que l’on va mourrir et pourtant la souffrance a bien été réelle. Je pense que ce Covid va laisser des traces aussi bien physiques que psychologiques. Aujourd’hui, j’ai décidé de consulter quelqu’un pour mettre à distance tout cela. Je n’ai pas envie de refaire le test ou de mettre en doute le corps médical. Je vais tenter de me reconstruire sans honte et de reprendre confiance en la vie. Je souhaite bon courage à chacun pour continuer à dépasser cette période car l’après coup se fait en ce moment, que cela soit pour nous, les enfants, les parents, et il est important d’être attentif aux autres.

Camelia
29 mai 2020

Douche froide

Sérologie négative. Pas d’anticorps.
Qu’ai-je eu ?
Me suis-je rendue malade à ce point toute seule ?
Le vertige me prend : est-ce ce test qui détient la vérité après plus de 2 mois de galère ? Ou puis-je encore faire confiance à ce que j’ai ressenti ?
Je suis perdue… noyée… à nouveau angoissée… tout m’échappe…
Quelle étrange épreuve…

Laure
29 mai 2020

Comment il est tombé amoureux de moi…

Texte écrit il y a un mois et demi… Toujours d’actualité malheureusement.

Voilà presque un mois qu’il me fait de l’oeil. D’abord sans avoir l’air d’y toucher, assez subrepticement, il m’a donné quelques signes de son intérêt.
Il me faisait alors encore peu d’effet. Peut-être juste quelques étourdissements, maux de tête, une certaine lassitude, de légères douleurs dans le corps. Rien qui ne prévalait la passion qui se bâtissait dans l’ombre. Mais l’hameçon était fiché en moi , profondément. Je l’ignorais encore.
Il s’approchait doucement, mielleux, engageant. Disparaissant parfois, soufflant le chaud et le froid. Doué, un comme peu au « fuis-moi, je te suis », « suis-moi, je te fuis ». Est-ce cela qui m’a fait flancher ?
Et puis, il s’est fait plus pressant, allant jusqu’à me nouer la gorge, étrangler ma tête et prendre toute mon énergie. J’ai su alors que le jeu commençait vraiment.
Ses sentiments sont devenus plus forts, torrides presque, me laissant la bouche sèche, une sensation de fièvre intense. Je ne pouvais plus faire un pas sans lui. Parfois, je croyais l’avoir semé, mais non, il était là, derrière moi. Silencieux.
J’ai voulu l’expulser, le rejeter, le cracher loin, loin de moi. Mais la toux ne pouvait rien sinon resserrer nos liens toujours plus forts, toujours plus intenses. J’ai consulté, médecins et marabouts, pour le chasser loin de moi, exorciser le pouvoir grandissant, oppressant qu’il avait sur moi, mais rien n’y faisait.
Les nuits se sont faites dangereuses. J’appréhendais la tombée du jour, et la venue de cette obscurité qui présageait l’angoisse, la peur qu’il ne m’entraîne à jamais dans un de ses jeux dont il a le secret.
Mon corps brûlait, tentant de le rejeter de toutes ses forces. Mais comment le repousser, lui dont l’emprise physique se faisait maintenant plus sournoise et s’insinuant dans mon esprit. Je sentais qu’il manipulait à présent jusqu’à mes pensées, qu’il ne me laisserait pas partir, non plus jamais.
Il avait jeté son dévolu sur moi. Il me fallait subir son amour pesant, oppressant.

Kat
Enseignante
22 mai 2020

La machine à laver

Symptômes qui ont débuté le 5 mars.
Pas de toux, pas de fièvre, mais des sensations étranges qui vous parcourent le corps, un estomac en vrac, un léger mal de tête et des courbatures… Un peu comme dans une machine à laver, les symptômes s’enchaînent sans qu’on n’ait le temps de les digérer. Pour moi, la première crise s’est achevée par une attaque de panique (première crise de spasmofolie de ma vie) et la venue d’un médecin qui m’a prescrit de légers anxiolitiques : sans vraiment en être sûre, pour elle, le stress expliquait tout cela… Aujourd’hui, cela recommence, j’ai l’impression que la machine à laver vient d’être mise en marche et je ne sais pas quel programme est lancé… Autour de moi, on me pense hypocondriaque. Cette maladie rend très seul.e et on se demande jusqu’à quel point le corps pourra résister. Bon courage à tou.te.s, on va y arriver.

Alice
Architecte
22 mai 2020

Je pensais être guérie, mais il est encore là !

11 mars, mon employeur me fait appeler le 15. D’un seul coup, tous les symptômes d’une grippe, donc pas trop alarmant.
On m’a renvoyée chez moi seule avec une boîte de masques.
Le 13, je me sentais très fatiguée avec mal de tête (mal de crâne comme dirait mon fils de 11 ans qui l’a eu 3 jours).
Le 15, mal de crâne installé. Tu prends du paracétamol mais il ne bouge plus, il reste, il fait partie de ta vie car tu vas t’apercevoir qu’il est plutôt sympa !
Le 16, des courbatures mouvantes. Je sais, cela peut paraître bizarre mais j’ai eu cette sensation que l’on me passait un scanner… D’abord nuque, dos, bras, torse, jambes, pieds (là tu penses qu’il va sortir par les orteils, mais non il recommence).
Suite des événements, toujours cette fatigue plombante. Mais, surprise, tu as mal à la poitrine comme si une voiture t’avait roulé dessus avec un gros surplus de brûlures dans le dos. Tout est en feu, tu ne comprends pas.
Tu n’oses plus respirer, tu souffres énormément, de toutes petites respirations te permettent de survivre.
5 jours à t’endormir et te réveiller en sueur car tu fais le cauchemar incessant : je me noie !!! Donc tu te réveilles car, d’après les médecins, c’est ton subconscient qui te sauve.
(J’ai été suivie par trois médecins à mon domicile).
28 mars, un peu moins mal à la poitrine, mais tu fais 10 mètres et tu vas te coucher.
15 Avril, je suis toujours extrêmement fatiguée avec une tension à 15.8 et un coeur qui s’emballe… Donc du repos.
J’ai pensé remonter la pente quand j’ai eu mon bilan sanguin, qui était à peu près convenable malgré mes défenses immunitaires qui sont plus que faibles.
J’ai demandé aux médecins comment ça allait se passer, si j’étais immunisée…
Leur réponse : on ne sait pas, s’il mute vous êtes en première ligne.
Chouette ! Rassurant.
Aujourd’hui, nous sommes le 21 mai 2020.
Lundi, j’ai eu ma visite de contrôle car toujours cette douleur thoracique qui revient de plus en plus souvent, et ce mal au coeur très intense par moment.
Je suis ressortie avec des Beta-bloquant, une sérologie Covid-19. Résultats demain.
Je croise les doigts pour qu’il ne soit plus là, mais mon coeur se bat encore contre quelqu’un…
Je n’en peux plus, je veux retrouver ma vie d’avant ! Même si je sais que je suis “chanceuse” par rapport aux autres d’être encore en vie.
Prenez soin de vous, faites attention.

Nadege
Gestionnaire de Moyens / Responsable logistique
21 mai 2020

Épuisant et sournois

J’ai été mise en arrêt par mon médecin le 24 mars. Cela faisait 10 jours que je traînais une pseudo fièvre (entre 37,8 et 38,1), que j’avais le nez qui coulait légèrement et des maux de tête. À cette époque, les pollens étaient très présents, bien plus que d’habitude et comme je suis asthmatique et allergique aux pollens, j’ai tout mis sur le compte de l’allergie saisonnière. Au bout d’une semaine, j’ai commencé à tousser et à être essoufflée (toujours l’asthme pour moi). Et comme l’asthme ne faisait pas partie des maladies à risque jusque-là, je n’ai pas appelé le médecin. Le mardi 24, j’apprends que l’asthme devient à risque et j’appelle mon médecin qui me met en arrêt. Le lendemain, je suis dehors avec mon fils et une quinte de toux me prend, impossible de m’arrêter. La ventoline que mon fils me donne n’y change rien. Mon mari m’aide à rentrer, je m’allonge. Il appelle le 15 et je pars aux urgences. Scanner normal, CRP inexistante, température à 37,3… Mais une tension à 17,8 et une toux caractéristique, celle de la coqueluche. Le médecin m’explique qu’au vu de mes examens, il ne peut pas me dire Covid, mais que ma toux le fait dire que oui. J’en suis à J68 et je n’ai toujours pas retrouvé mon souffle. J’ai repris le travail pour essayer d’aller mieux en me changeant les idées mais je vois bien que les gens sont sceptiques. Ils ne me croient pas. On a tellement martelé que ” le Covid disparaît généralement en quelques jours avec du repos” que je passe au mieux pour une hypocondriaque, au pire pour une affabulatrice. Pourtant les symptômes sont là : douleurs excessives dans la poitrine et les poumons, maux de tête qui reviennent en force, brûlures dans la poitrine, toux qui revient, froid dans le corps alors qu’il fait 30 degrés… Je sais que j’ai été et suis toujours Covid, j’ai perdu le goût, l’odorat, et la quasi totalité des symptômes était là : vertiges et grosse fatigue compris. Mais je suis démunie face au manque d’informations sur nos cas, nous les J60 et plus… La maladie est sournoise parce qu’elle revient quand on pense aller un peu mieux, et elle nous laisse épuisés et éprouvés.
Bon courage à tous ceux qui affrontent ou ont affronté le Covid, directement ou par personne interposée et qui doivent lutter chaque jour.

Sophie
21 mai 2020

Une belle saloperie

#J64. Le lendemain du confinement, je me lève à 6H, comme d’habitude, avec un petit écoulement nasal, une petite toux grasse depuis quelques jours, rien d’inquiétant. Je traîne un peu la patte. Mais bon… Je déjeune et d’un coup, je ne tiens plus debout, mes jambes se dérobent, des frissons, je me recouche. Ceci plus ou moins pendant 2 jours avec diarrhées, nausées, maux de tête, courbatures mais pas de fièvre. Je vais finalement voir mon médecin qui diagnostique une suspicion de Covid. Doliprane et du repos avec un·e infirmier·e à domicile 3 fois par semaine… Il m’annonce que le pic est à 14 jours et que cela dure 20 jours. Je rentre chez moi, j’attends donc le jour fatidique (le 14e) en espérant aller mieux après. Aucune amélioration. Au contraire, la fréquence respiratoire s’envole, je suis essoufflée même au repos, je m’étouffe dès que je suis allongée, toujours sans fièvre. Épuisée est un mot faible. Cette fatigue, je ne l’ai jamais connue. 22e jour (9 avril) : fréquence respiratoire normale, moins fatiguée… Je revis, le médecin est content, les visites infirmier·es s’arrêtent ! 30e jour, la catastrophe : je m’étouffe, la respiration s’affole, diarrhées, nausées, maux de tête, douleurs dans les poumons, douleurs musculaires surtout dans les jambes. Je retourne chez le médecin : infirmier·es au quotidien pour surveiller, batterie d’examens qui ne montrent rien (angioscanner, prise de sang, pneumologue, etc.). Les spécialistes ne me prennent pas au sérieux, la question leitmotiv revient : “êtes-vous angoissée ?”. Non. “Bon, ce n’est pas grave, vous avez une respiration courte, ça arrive”. Mais je n’étais pas comme cela avant… Et je suis si fatiguée ! Seul mon médecin m’accompagne, cherche, se pose des questions et surtout… Il me croit ! J’en suis au #64e jour, et c’est toujours pareil : j’alterne les jours d’épuisement avec respiration rapide avec des jours d’ultra épuisement avec essoufflement, diarrhées, maux de tête, douleurs aux poumons… Mais tous les soirs, je m’étouffe. Heureusement, la ventoline m’aide un peu… Je ne sais plus marcher tellement j’ai mal dans les jambes. J’ai des trous de mémoire, je passerais bien ma vie allongée… Le moral pourtant est là, sauf quand j’entends des âneries à ce sujet ! Des personnes qui donnent leur avis sans savoir, des suppositions, des conseils pour ma guérison… Je n’en peux plus ! Je ne supporte plus qu’on ne prenne pas en considération mes symptômes… Cette maladie est nouvelle, hallucinante. Pour combien de temps ? Combien de temps encore à se traîner, à s’étouffer, à mal respirer ? Combien de temps avec ces douleurs ? J’ai eu la chance de ne jamais avoir été hospitalisée… Et lorsque je vois ce que provoque le déconfinement, les personnes sans masques, celles qui ne respectent pas les gestes barrières, l’ouverture de l’École, je me dis que le monde est inconscient. Combien de temps devrais-je vivre avant de retrouver la santé ? Mon médecin se demande : 6 mois, 8 mois… Seul·es nous, les pionnier·es du Covid, pourrons le dire…

Hélène
AESH
21 mai 2020

J66

Tout a démarré il y a plus de deux mois maintenant… Grosses migraines, puis toux, légère fièvre (37,7-38) et est très vite apparu un essoufflement. Le cauchemar a alors débuté, avec cette angoisse immense, étant au cœur de l’épicentre, et en tant qu’infirmière, connaissant les sordides détails de ce qu’il se passait dans les hôpitaux chez nous… J’ai de la chance, je peux surveiller ma saturation, ma tension, et mon conjoint est aussi infirmier. Entre le 7eme et le 14eme jour, période où l’aggravation peut survenir, ça a été juste l’horreur. J’étais très essoufflée à l’effort, et surtout très angoissée, ma mère n’était pas bien, ma soeur non plus.
Heureusement aucune d’entre nous ne s’est aggravée ! Super, nous avons passé le cap, nous sommes guéries (les spots publicitaires le disent bien des milliers de fois par jour, la maladie guérit en quelques jours !). Et bien, ça ne s’est pas passé comme ça pour ma mère et moi. Les symptômes ont commencé à durer : febricule, grosse fatigue, essoufflement, puis est apparue cette oppression thoracique… Mes proches sont adorables, ils prennent de mes nouvelles, mais à chaque fois j’ai droit à : « c’est pas normal que ce soit si long, tu dois avoir autre chose » ou « t’es sûre que c’est pas de l’angoisse ? »… Je ne leur en veux pas, personne n’en parle, et puis peut-être qu’ils ont raison ? Je dois trop m’écouter, c’est psychologique… Les médecins vous font comprendre la même chose, la solitude commence à peser !! Et enfin, j’ai découvert ces groupes d’entraide sur les réseaux sociaux, ils ont été comme une bouée de sauvetage pour moi, je ne suis pas la seule !!! Je ne suis pas folle ! Aujourd’hui J66, petite nouveauté depuis quelques jours, des fourmillements dans les pieds, les jambes et les mains, accompagnés d’une faiblesse musculaire très bizarre… La fatigue est toujours présente et ce poids qui me serre la poitrine m’embête encore… Le plus difficile est de ne pas savoir, est-ce que ce sont des séquelles réversibles ou non ? Encore l’action du virus ? Combien de temps cela va-t-il encore durer ? Quand est-ce que les médecins vont enfin se soucier de nous ? Quand est-ce qu’on va enfin parler des formes longues du Covid ?

Céline
Infirmière libérale
21 mai 2020

J61

J’ai été diagnostiquée Covid-19 le 21 mars. Début des symptômes 2 jours avant par un mal de gorge inoffensif, sans fièvre… Puis tout d’un coup, le vendredi soir 20h au retour du travail, apparition d’une fièvre brutale à 39 et fatigue intense… Tant que je suis partie directement au lit. Test le lendemain positif. J’ai ensuite passé 15 jours à 3 semaines dans mon lit, épuisée, des douleurs thoraciques intenses voire insupportables, la toux incessante qui arrache les poumons, un mal de tête horrible et constant, plus de goût ni d’odorat, l’oppression tellement forte dans la poitrine et des brûlures pulmonaires si importantes qu’il est impossible de parler, de manger et que chaque respiration est un supplice… Il faut quand même boire… Et répondre aux personnes de mon entourage, inquiètes mais c’est si difficile… Je compte les jours en espérant que 14 jours suffiront à éteindre le feu dans mes poumons… Mais un soir, devant les douleurs et la toux qui s’accentue, j’accepte que mon mari appelle le 15… C’est tellement angoissant… On entend parler que des morts… Alors faire sa valise devant ses enfants fait très peur, mais il vaut mieux y aller. Je sens que cette nuit pourrait être la pire… Je ne parviens plus à trouver mon souffle et je ne veux pas que mon mari et mes enfants s’inquiètent davantage. Je passe une nuit aux urgences à chercher ma respiration, à tousser comme jamais… Mais mes poumons tiennent le coup, pas besoin d’oxygène. Je sors le lendemain car je suis “jeune et que je n’habite pas loin…”, avec une ordonnance pour du Paracetamol. “Vous avez passé le pire madame, plus qu’un jour ou deux de repos !”… Cela fait 61 jours… Et après une amélioration, je pense que c’est fini mais une première rechute avec réactivation des douleurs thoraciques au moindre effort qui se limite à prendre une douche… Je peux aujourd’hui marcher 500 mètres sans souffler ! Mais je donne le change, je suis enfin debout après 3 semaines au lit, je peux parler… Mais pas trop longtemps, sous peine de plusieurs heures de fatigue intense derrière… Et je ne raconte même pas si je reçois plusieurs appels… Et puis nouvelle amélioration de quelques jours et les symptômes ont repris… Pseudo allergie avec conjonctivite, nez bouché, les difficultés à respirer, les douleurs thoraciques, l’angoisse nocturne avec une sensation de pesanteur dans la poitrine et la toux qui revient, apparition de nouveaux symptômes neurologiques avec froid dans tout le corps mais le visage et les pieds en feu… Je ne comprends pas… Je me sens comme une girouette… Un jour ça va, le lendemain je suis épuisée et j’ai si mal… J’ai l’impression de trainer en longueur… Je ne sais même plus quoi dire à mon médecin… Mon discours peut changer de jour en jour… Je ne veux pas me plaindre car j’ai la chance d’être en vie, de ne pas être passée par la réanimation mais il faut que chacun sache… La maladie fait des dégâts même chez des personnes jeunes en bonne santé. Tout le monde peut être touché et nous ne connaissons pas l’évolution de la maladie. Ces symptômes qui persistent sont-ils des symptômes ou vont-ils devenir des séquelles ? Combien de temps vont-ils m’empêcher de mener une vie normale ? De revoir mes proches ? De travailler ? Vont-ils s’éteindre un jour…? Vais-je devoir apprendre à vivre avec ? J’ai une maladie chronique intestinale, le Covid m’empêche de faire mes traitements immunosuppresseurs. La maladie n’est plus contrôlée et les symptômes de celle-ci se font sentir… Combien de temps vais-je devoir les supporter avant de pouvoir reprendre un traitement…? Toutes ces questions sont aujourd’hui sans réponse… Mais il faut en parler, il faut que chacun se rende compte à quel point il est important de se protéger et protéger ses proches, ce n’est pas un rhume sans conséquences… Le virus, même parti, laisse des traces dans notre chair, nos muscles et chaque recoin de notre organisme… Alors n’oublions pas, pour toutes les personnes qui ont perdu un proche, pour tous les accompagnants qui soutiennent leurs proches malades, pour les soignants dans les hôpitaux mais aussi pour tous les personnels des EHPAD qui accompagnent sans relâche nos aînés, pour toutes les personnes qui gardent le souvenir du virus gravé dans leur chair,leur âme… N’oublions pas et prenons soin de nous.

Sandrine
Cadre de santé
20 mai 2020

Épuisée à J61

Bonjour,
Les premiers symptômes se sont fait ressentir le 21 mars.
Pas de toux et juste un léger fébricule (37.8 Max).
Mais des vertiges d’une violence inouïe et une fatigue inexplicable.
Une brûlure dans les bronches également et beaucoup de difficultés à m’alimenter, certainement liées à l’essoufflement.
Je suis à J+61 des premiers symptômes et j’ai été reçue par les urgences en décompensation asthmatique. J’étais essoufflée et incapable de reprendre mon souffle vers fin avril.
Après 2 scanners thoraciques revenus normaux et une gazométrie artérielle légèrement modifiée, les urgentistes me laissent partir dans un état lamentable chez moi avec une ordonnance de Xanax !!
Rien d’autre !!
L’essoufflement était de plus en plus important j’ai donc consulté en urgence mon médecin traitant qui m’a orientée vers un pneumologue qui, lui, a décelé la décompensation asthmatique post Covid.
Je suis donc sous traitement par nébuliseur (aérosol) 3 fois par jour avec de la Terbutaline et de l’Ipratropium ainsi que de l’Inovair et du Singulair.
L’essoufflement au repos est atténué par le traitement mais je reste extrêmement fatiguée, le moindre effort est un obstacle insurmontable.
Des sensations de chaleur au visage et des douleurs musculaires aux cuisses.
Je suis épuisée moralement et physiquement.
Le plus dur étant d’être soignée comme des gens hypocondriaques et d’être soulagée pour un essoufflement aigüe avec du Xanax !!
Mes globules blancs sont anormalement élevés et j’ai un taux de CRP élevé également, même à j+61.

Sandra
Aide soignante
20 mai 2020

Les petits malades du Covid

Un peu plus de deux semaines après le confinement, douleurs dans la poitrine. Je me dis “c’est de l’angoisse”. Ma sophrologue me dit “oui, du stress”. Deux/trois jour après, sensation ou légère fièvre. La prendre pff, c’est tellement variable. Je me fie à mon impression : j’ai chaud, j’ai mal à la tête, ce n’est pas une fièvre comme une grippe, et surtout c’est par intermittence.
J’appelle mon médecin qui me dit “oui, c’est peut-être le Covid ! Prends du Doliprane !”. Je panique, me vois en réanimation sans voir mes enfants. Nous sommes 4 à la maison, personne n’a de symptômes à part moi.
Mon angoisse passe, je me soigne naturellement avec inhalation. Je ne tousse pas mais je remarque que je suis un peu plus essoufflé. Ce n’est pas criant, c’est insidieux. On pense que c’est de l’hypocondrie ! Non, je ne suis pas bien, un peu décalqué. Ces symptômes ont tendance à diminuer parfois mais reviennent et disparaissent dans la journée. J’ai cru que c’était fini et cela revient. Surtout la sensation de chaleur au visage. C’est insidieux ce truc de merde ! J’ai remarqué que le stress ou la reprise d’une activité me déclenche des symptômes. Alors je vais prendre mon mal en patience. Depuis que je lis des témoignages, cela me rassure car je pensais être fou. Je tente la vitamine C à haute dose. Cela me semble bien mais avec ce truc, on n’ose plus dire que ça va mieux. On a peur que la bêtacovid se réveille.

Richard
Journaliste
20 mai 2020

Juste un petit mot ce soir qui en appellera peut-être d’autres… Car c’est histoire de sédimentation… Il y a plusieurs couches dans le COVID.
Je pense que j’ai commencé à être malade le 20 mars, veille du printemps. Dans la semaine qui a précédé, j’ai juste le souvenir de frissons bizarres dans le dos, sans sensation de fièvre.
Je n’ai d’ailleurs jamais eu ni fièvre (37,6 Max), ni toux, ni courbature, ni nez bouché, ni mal à la gorge… J’ai juste eu une très grosse fatigue, diarrhée et surtout cette oppression thoracique avec un essoufflement au repos – très perturbant. Des phases de malaises intenses, un corps qui se met à trembler, des jambes incontrôlables, des difficultés à s’alimenter, des tremblotis intérieurs très bizarres, et des nuits sans sommeil parce que mon conjoint puis ma fille ont été touchés. Mon cœur que je sens forcer pendant des jours, ça tire… L’escalier qui devient une montagne à gravir, la moindre tâche ménagère un exploit irréalisable… Nos voisins qui nous font à manger, un médecin qui nous suit par téléphone mais on se sent seuls… On se sent vulnérables… J’ai vu la mort en face pour la première fois de ma vie… Ce cauchemar a duré 3 semaines. Avec les phases de répit que vous décrivez tous et qui rendent encore plus démoralisantes les rechutes. Ensuite, les symptômes se sont fait moins aigus mais n’ont pas complètement disparu. Certains jours, l’oppression thoracique revenait sournoisement, un autre la fatigue intense, un autre les idées noires… Et maintenant, depuis une semaine, ce sont des sensations bizarres dans les jambes : fourmillements continus avec une faiblesse musculaire qui pousse à une quasi-tétanie… encore très étrange… Ma fille parle de « jambes en compote », c’est bien trouvé. Ça semble s’atténuer ces derniers jours, j’espère qu’à près de 2 mois des premiers symptômes, on touche au bout. Mais mon dieu que c’est long ! Et quelle empreinte cela va-t-il laisser dans ma vie ? Il faut que ça décante encore pour pouvoir le partager…

Laure
18 mai 2020

Cela fait maintenant 54 jours que cette maladie s’est installée dans mon corps : au départ une grosse fatigue, maux de tête intenses, des frissons, oppression au niveau de la poitrine. Les jours passent et bien sûr rien ne s’arrête.
Petit séjour aux urgences : testée négative au 20e jour mais toujours une infection présente dans mon bilan sanguin.
Puis la suite continue, de nouveaux symptômes apparaissent : diarrhée, vomissements, vertiges…
À ce jour, je suis vidée, épuisée moralement et physiquement, et la question que je me pose actuellement c’est quand que cela va se terminer mais je n’ai aucune réponse, bientôt je l’espère.

Cecile
Animatrice sportive
18 mai 2020

À J+43

Bonjour, je m’appelle Sabrina et j’ai commencé à subir les symptômes du Covid-19 le 6 avril aux environs de midi. Ça a commencé par une sensation de manquer d’air et des tremblements, ainsi que des frissons. Un docteur m’a auscultée et a mentionné une crise de spasmophilie. Le soir, je passe une mauvaise nuit avec frissons et fièvre, et toujours cette pression au thorax qui m’empêche d’avoir suffisamment d’oxygène pour me sentir bien. Le lendemain, mon médecin traitant vient me voir et soupçonne le Covid. 8 jours plus tard, je fais une grosse crise qui m’emmène aux urgences où on me dit qu’ils ne peuvent pas me garder car ma situation n’est pas assez grave. Je n’ai pas pu bénéficier d’un test non plus, qui aurait pu écarter d’autres soucis de santé (situation extrêmement anxiogène). S’en sont suivies des semaines de fatigue intense avec de la tachycardie à répétition, l’impossibilité de respirer convenablement, 5 kilos de perdu/ en 2 semaines, de la diarrhée, des maux de ventre violents, des céphalées tout aussi violents. Des courbatures qu’on oublierait presque à cause de la violence des autres symptômes, des crises de panique à cause d’une situation de fatigue qui dure sur le long terme, ainsi que des crises de pleurs et l’impression qu’on ne va jamais en sortir. Aujourd’hui, c’est mon 43ème jour, j’ai encore une gêne respiratoire, des vertiges qui viennent et partent, ainsi qu’une fatigue que j’arrive mieux à gérer mais qui est toujours très présente.

Sabrina Ouriachi
Étudiante
18 mai 2020

Abandonnée par les soignants…

Je suis malade depuis début mars… Au début température, diarrhées, nausées. Avec quelques Paracetamol, ça devrait passer… Et c’est vrai qu’au bout de huit jours, je vais un peu mieux… Mais à partir du 5 avril rebelote, en pire. Réveil à 6 H du matin, frissons, angoisses, palpitations, nausées… SOS médecin me prescrit des anxiolytiques… Deux, trois jours après, ça recommence et ainsi de suite… Mon médecin traitant me dit qu’on ne peut pas faire de test et que, en plus, je n’ai pas de problème respiratoire… mais ça dure… dure… dure. J’ai perdu 5 kilos, je ne peux plus manger et le 14 mai, à bout, je téléphone à un labo qui veut bien me faire une sérologie covid même sans ordonnance… Et le soir, le résultat tombe : positif… C’était comme si j’avais gagné au loto… Enfin je savais ce que j’avais… Mon médecin traitant en a pris pour son grade !!! Mais il tient à ce que je fasse un scanner abdominal pour vérifier car, d’après les spécialistes, ce n’est pas possible que les symptômes durent si longtemps… Ils n’ont pas lu vos courriers sans doute, ni interrogé des malades… Pourquoi n’avouent-ils pas tout simplement qu’ils ne savent pas… Merci pour tous vos courriers… Je ne suis plus toute seule à me battre…

Danielle
Infirmière retraitée
17 mai 2020

La bataille encore…

Bonsoir,

Je suis sorti d’hospitalisation avec pour résultat une multinevrite des périphériques extérieures…
Ils supposent peut-être un début de Guillain-Barre. À ce jour, toujours les symptômes suivants : toux modérée à forte, fièvre 38°, fourmillements dans les jambes, surtout à gauche, diarrhées jaunes, mal derrière les lombaires, palpitations au repos, pouls élevé 120bpm. Soulagé et vu par les médecins par du bisoce.
Apparement ça prend du temps, j’ai l’impression d’être encore contaminé, ou d’avoir rechuté avec ce mal de gorge intense qui ne passe pas…
Après une sortie d’hôpital, c’est 14 jours confiné encore… Je ne peux voir encore mes enfants…
Je ne sais pas même si je suis positif… parce qu’à l’hôpital, la plupart des aides soignants trainaient sans masque…
Donc je n’en sais rien… Je deviens cinglé à ce rythme… Parce qu’après ces symptômes, je ne sais même plus. Ils m’ont mis sous Laroxyl et Temesta, ça m’apaise mais ça ne soigne rien.
On me dit d’être patient… Je n’ai plus le moral, j’aimerais que ce combat termine, qu’il y ait un gagnant et un perdant parce que lutter ainsi, c’est fatiguant moralement et physiquement.
Je ne sais plus quoi faire… Enfermé dans une chambre… Les jours sont longs et les mêmes.
Je dois rester au lit 23h/24h et quand je sors, je nettoie tout derrière moi. Mon entourage a l’air d’être à côté de cela, étant donné qu’ils ne vivent pas la maladie comme je la vis. Parfois, j’aimerais faire semblant que ça va, sortir, mais à peine debout… tout s’écroule… Je ne veux pas non plus contaminer mes enfants.
C’est vraiment une merde ce virus. Les infos anxiogènes… L’économie qui doit être relancée au dépit de la vie des personnes. Le comble, on doit acheter la boîte de masques pour relancer l’économie, soit 10x son prix de l’année dernière…

Je suis malade depuis le 24 mars, 13 jours d’hospitalisation et je ressors avec les mêmes symptômes si ce n’est pire…
Courage à vous tous. Quant à moi, je pense laisser le combat filer. Je n’en peux plus.

Patrick
Gérant
17 mai 2020

Épreuve terrible mais je m’en suis sortie. Mi-mars, premiers symptômes pendant 15 jours, fièvre plus de 38.5, difficile de manger, problème respiratoire, grosse fatigue, douleurs dans tout le corps. Au bout de ces 15 jours, plus de fièvre. Je suis contente, je me dis que le plus dur est derrière moi. Malheureusement, 4 jours après à nouveau fièvre, plus de 38 de fièvre, douleur insupportable sur le côté donc pompiers, hôpital. Là on me dit que c’est normal donc retour à la maison. Finalement 2 jours après, impossible de respirer, de marcher et parler donc à nouveau un autre hôpital et là le diagnostic tombe : embolie pulmonaire et une pneumopathie donc je suis sous oxygène et passe une nuit en réa et hospitalisée pendant une semaine. Maintenant je suis sous anti-coagulant pendant 6 mois et après scanner de contrôle et cardiologue. J’ai eu très très peur. Je reviens de loin, maintenant je ne vois plus la vie comme avant.

Annie
Laborantine
17 mai 2020

2 mois aujourd’hui !

Bonjour,
Tout a commencé il y a 2 mois avec légère fièvre, beaucoup de frissons, une dyspnée qui est apparue dès le 2ème jour, une bouche extrêmement sèche et grosse fatigue. Et depuis, il y a des jours où je me sens mieux et des jours où les symptômes reviennent en puissance. 1 mois après environ, j’ai eu des douleurs au niveau de la poitrine, qui s’en vont et qui reviennent quelques jours après, également une grosse gène au fond de la gorge comme si j’avais une “boule”. Cette gène ne me quitte plus : c’est très gênant au quotidien. Depuis quelques jours, des douleurs au niveau des 2 oreilles (je pense que ça ressemble à des otites même si je n’en ai jamais fait de ma vie). Ce ne sont que des symptômes que je n’ai jamais eu de ma vie. J’ai l’impression que le virus circule dans tout le corps et grignote petit à petit. Scanner poumon normal et prise de sang normale. Je ne vais plus voir mon médecin car j’ai l’impression qu’il ne me croit plus alors que je ne suis pas du tout le style à y aller pour le moindre bobo. Je ne me suis jamais sentie aussi mal de toute ma vie et surtout que ça dure… Alors j’attends que ça passe… en espérant que ça finisse un jour ! J’essaye de rester positive mais certains jours c’est dur, quand je vois qu’il n’y a pas beaucoup d’amélioration. Sans parler de l’immense fatigue que je ressens ! Merci à ce site d’exister car on se sent extrêmement seul et quand je lis les témoignages, j’ai l’impression de me voir dans beaucoup. Bon courage à tous !!!

Nana
17 mai 2020

Même bénin, ça peut être long

Bonjour,

Visiblement à lire les témoignages postés, je ne suis pas le seul. Il faut se rendre à l’évidence : même avec une forme bénigne, la rémission complète peut être longue.
En mars, j’ai eu 3 semaines de symptômes légers : fortes quintes de toux sèche et profonde qui remontait des bronches (surtout le soir), gorge douloureuse en profondeur au niveau du larynx, quelques courbatures, 1 ou 2 jours de légers frissons, des douleurs pulmonaires (plutôt des piques, une sensation de brûlure). Nuits parfois un peu agitées avec des réveils fréquents ; difficultés à se rendormir à cause des sensations dans les poumons. Par contre jamais de fièvre, ou alors très faible et indétectable. Peu ou pas de fatigue. Pas d’essoufflement clair. Puis pendant plus d’un mois, les poumons continuaient parfois à se faire sentir (piques, oppression derrière le sternum, gorge serrée). Se sont ajoutés des symptômes comme la bouche sèche, de légères douleurs sourdes dans le dos (entre les omoplates, en bas du dos), des fourmillements dans les doigts et les pieds, des tensions dans les tendons d’Achille, les mollets, l’intérieur des poignets. Les symptômes étaient plus intenses le soir. Réveil le matin avec l’impression de ne pas avoir récupéré suffisamment.
Depuis 10 jours, tout ça heureusement s’estompe peu à peu : parfois un peu de fourmillements dans les pieds, de légères crampes dans le mollet. Une pique de temps en temps dans le poumon et la gorge. Réveil 3-4 fois par nuit inexplicable, mais je me rendors rapidement. Donc 2 mois et demi après les premiers symptômes de toux, quand même : tout peu à peu revient à la normale, mais pas à 100%.
Ma femme et ma fille ont eu aussi quelques symptômes au tout début : toux sèche, mal de gorge, nez qui coule fort pendant 2 semaines pour ma fille. Mais elles n’ont plus senti aucun symptôme au bout de 2 semaines.
J’ai fait un scanner pulmonaire au bout de 6 semaines, des analyses de sang (paramètres coeur, foie, rein, bactério, coagulation etc.) : rien à signaler.
Donc à tous ceux qui se posent des questions sur la durée des symptômes : dites-vous que vous n’êtes pas les seuls et que visiblement ça finit par disparaître. Par contre, pourquoi est-il si difficile de trouver des informations sur la durée de la maladie et tous les symptômes qui l’accompagnent et la suivent…? Mystère

Prenez soin de vous et de vos proches.

Matthieu
Ingénieur
16 mai 2020

Un cauchemar

Bonjour tout le monde,

Le coronavirus, mais quelle épreuve ! Je suis à j-57 et j’ai toujours des symptômes. Ça a commencé par des courbatures puis des frissons et, 4 jours plus tard, nez bouché, mal de gorge et gêne respiratoire, essoufflement à l’effort : scanner thoracique effectué qui révèle de petites lésions pulmonaires et depuis grosse fatigue, vertige et des acouphènes… Ma capacité respiratoire à l’effort est nul, et pourtant je suis jeune et sportif, ça commence à m’inquiéter… Est-ce qu’on guérit vraiment de cette maladie ? Comment expliquer le fait que l’on soit considéré comme “guéri” tout en continuant de développer des symptômes ? Va-t-on garder ces symptômes à vie ? Quelle angoisse ! Bon courage à tous

Joël
15 mai 2020

Merci à tous – suite

Bonjour à tous,
J’ai témoigné il y a quelques jours et j’avais dit que je vous donnerai les résultats de mon test sérologie covid : il est négatif ! Je ne suis pas médecin mais je n’y crois pas. À mon avis, je l’ai fait trop tard, à 6 semaines des symptômes. Je ne fais pas confiance aux tests (encore moins quand je lis les témoignages de certains d’entre vous testés négatifs aussi, et un article sur une habitante de Wuhan suivie pour covid dont les anticorps ont disparu de ses analyses de sang au 20eme jour de symptômes). J’ai du mal à croire ce que je lis dans la presse parce que personne ne parle de nous ! Personne ne dit que beaucoup de gens sont malades longtemps ! Ce n’est que mon avis. Symptômes depuis le 23 ou 24 mars, je ne compte même plus ! Je vais beaucoup mieux et en symptômes, il me reste la fatigue qui m’a assommée hier midi après mon déjeuner et jusqu’au coucher. Heureusement, je suis en télétravail ! Aujourd’hui, la pleine forme ! Et demain ? Le febricule stagne à 37.7. C’est bien tant que cela n’augmente pas, même si cela continue de me chauffer le visage et les oreilles plusieurs fois par jour et sans un jour de répit. D’ailleurs mes oreilles me titillent bien aussi par intermittence. Mais ce sont des symptômes que je supporte autant que je peux. Je me dis qu’il va peut-être falloir que j’adapte ma vie en fonction d’eux mais je garde espoir qu’ils me quittent. Je suis consciente que beaucoup d’entre vous gardent des symptômes bien plus pénibles que les miens. Je prends de l’homéopathie gelsemium de temps à autres, quand cela chauffe trop et pour pour me détendre quand l’angoisse monte. Je ne vais plus voir mon doc. À quoi bon ? Il n’y peut pas grand chose. Pourvu que ce ne soit pas autre chose. Je me dis qu’il va me prendre pour une folle mais je sais que je ne le suis pas (et la dernière fois que je l’ai vu, « 38.2 » quand il a vérifié ma température. « C’est bizarre ??!! »). Et nous savons tous que nous ressentons ce virus en nous, ou les dégâts qu’il a laissés temporairement ou pas. J’ai 43 ans, j’ai été malade plusieurs fois dans ma vie mais jamais comme ça. Tous mes proches me disent « c’est bizarre, c’est pas normal ». Bah oui forcément, ils se demandent ce qui m’arrive parce que personne ne parle de nous. Souvent à me justifier, à parler de vos témoignages pour leur faire comprendre que je ne suis pas la seule à me traîner des symptômes . Ce n’est pas une question d’ego. C’est la question de dire la vérité ! Gardons le moral autant que possible, restons zen autant que possible. Tout ce mal-être va bien finir par nous quitter. Bon courage à tous. Merci encore pour vos témoignages

Alice
Employée
14 mai 2020

3 mars 2020, J 71… À quand la fin ?

Encore une fois, merci pour ce site et vos témoignages. J’ai déjà partagé ici un témoignage intitulé « Merci » et je vais ce soir vous raconter mon histoire.
Le 3 mars, je ne travaille pas l’après-midi. C’est un mardi, je voulais aller courir mais pas la forme. Je me dis que je vais rester tranquille et, finalement, je me retrouve sur mon canapé. Je suis fatiguée, rien d’anormal et puis elle arrive, cette migraine d’une rare violence, comme jamais je n’en ai connue. Je me dit « normal, je vais avoir mes règles, c’est fréquent. Mais quand même, elle claque. Ibuprofène, ça fera bien l’affaire »… Mais rien n’y fait.
Dans la nuit, je me réveille, je sens que mon corps réagit à un état fébrile, je sens comme la grippe, j ai mal partout et suis faible. Encore une fois, « normal, j’ai dû choper froid au boulot avec ce temps ». Mercredi, impossible de me lever et ce jour sera le premier des 15 suivants à rester allongée, pouvant me lever difficilement juste pour aller aux WC.
Je préviens ma chef que je me sens mal, je ne pourrai pas venir travailler et cette migraine est horrible. J’alterne entre paracétamol et ibuprofène. Puis le jeudi 5 mars vient la fièvre, une fièvre qui vous met en boule dans le lit à frissonner et sangloter… Elle est coriace cette grippe, mon médecin ne consulte pas le jeudi. Mon mari qui s’inquiète me dit « appelle le 15, avec ces histoires de Corona on ne sait jamais ». En France, il n’y a que des cas dans le Bas-Rhin. J’appelle angoissée mais j’appelle, j’explique et le médecin me répond en se moquant de moi « mais madame, vous croyez que vous avez le virus dont tout le monde parle. Vous ne venez pas d’Italie, vous ne risquez rien. Et dans votre région, il n’y a pas de cas ». Je lui dis « je ne sais pas, je travaille dans le commerce. Je pense avoir la grippe mais on nous dit de ne pas aller chez le médecin. Je ne sais pas quoi faire ». Il me répond de voir avec mon généraliste et patienter.
C’est le début, nous ne sommes que le 5 mars, et mon histoire, cette galère aujourd’hui sans fin commence.
Comme beaucoup, c’est la grippe, puis c’est le stress, puis il n’y a pas de test…
Être malade à la maison, un vrai sentiment d’abandon.
Aucun suivi, j’ai pris pendant 15 jours de l’ibuprofène avant qu’on ne nous prévienne qu’il ne fallait pas. J’ai vécu un mois de mars terrifiant, seule chez moi avec mon mari et mes 2 enfants, que je ne voyais quasi jamais, m’étant mise de moi-même en « quarantaine ». J’ai vécu des nuits d’angoisse, dont une particulièrement où j’ai cru partir, réveillant mon mari avec la force de ma jambe pour bouger mon pied, ne pouvant plus respirer ni parler et complètement désorientée, ne pouvant même pas tenir un verre d’eau, buvant avec une paille pour prendre un Doliprane, ne voulant pas m’endormir par peur de mourir.
Mi-mars et le confinement sont arrivés. Je commence à me poser des questions sur ma grippe et cette fameuse gripette…
La suite, tout le monde la connaît : mensonges, masques, info, intox… Je coupe la télé.

J’ai eu tellement de peur, de colère, de tristesse, de douleurs, d’incompréhension, que cette saleté me changera à tout jamais.
Niveau symptômes, j’ai eu de très violentes douleurs à la tête les 15 premiers jours, et une grosse fatigue. Puis d’un seul coup, je me suis sentie beaucoup mieux durant 4 jours et un soir, violemment, cette douleur à la tête est revenue, me clouant au lit pour 10 jours avec encore des douleurs dans les yeux, les oreilles, la gorge, une otite, une angine, une conjonctivite, une sinusite, toutes ces maladies regroupées en une, et puis ces essoufflements comme si j’allais chercher de l’air loin, très loin… Comme si mon souffle s’éteignait peu à peu.
J’ai souvent perdu espoir dans ce mal que personne ne connaît ni ne comprend les dégâts qu’il engendre sur notre santé physique et mentale.
Puis début avril, je vais mieux, mais toujours très congestionnée. Je décide de faire des inhalations… Et la grosse erreur, le virus circule, je lui ouvre la porte sur mes poumons et mon ventre. Je le sens, il rentre avec ses milliards d’aiguilles qui me transpercent le haut du dos et la poitrine, ça brûle. S’en suivront des problèmes de respiration, des appels au Samu, des visites aux urgences, au médecin de garde, et toujours la même chose. « Le virus ne peut plus être là, votre taux d’oxygène est ok, prise de sang ok, ECG ok. C’est fou, c’est comme si cette saleté se cachait, elle va et vient… « Vous êtes angoissée, prenez des anxiolytiques ». Mais c’est fait, je n’ai pas attendu. Je sais faire la différence entre angoisse et douleurs, je connais mon corps, mais comment ne pas être angoissée après avoir vécu un tel traumatisme. Je suis désespérée, personne ne m’écoute, personne ne me comprend. Mon médecin me dit « quand vous aurez décidé dans votre tête que vous ne serez plus fatiguée, vous ne serez plus fatiguée », mais rien n’y fait. J’y mets toute ma volonté et j’en ai, je suis sportive, je suis une battante, j’ai arrêté de fumer il y a presque un an sans rien, juste ma volonté. Alors la volonté je connais, mais là, face à cette saleté, on ne peut pas lutter, on ne peut que patienter.
Mes douleurs et cette fatigue insurmontable sont réelles. Seule, j’essaie de trouver des solutions. J’ai remarqué que les produits laitiers me rendaient malade. Après les repas, j’ai la nausée, des vertiges, parfois obligée de m’allonger. Au début, je ne pouvais rien avaler. J’ai perdu 7 kg. Maintenant, je me force à manger mais j’ai la sensation de ne pas bien digérer. De plus, je suis constipée, j’ai des sensations gastriques comme une gastro mais sans diarrhée.
Je suis tellement perdue, j’aimerais trouver conseils et avis médicaux car mon médecin ne me prend pas au sérieux, il dit que ça fait trop longtemps que ça dure…
Je sais que ce virus est nouveau mais nous, seuls à la maison, nous sommes les oubliés et vivre une telle expérience seule, c’est profondément choquant, perturbant, déstabilisant.
Aujourd’hui, je vais mieux mais je ne suis pas encore guérie de tous ces maux et ces douleurs qui viennent et repartent comme ils veulent, plus ou moins violents. Cette fatigue ingérable et soudaine, ces envies de vomir, ces aiguilles dans les oreilles qui me rendent dingue, ces maux de tête et ces sinus bouchés. Je recherche beaucoup de réponses mais personne ne sait rien. Quand serais-je guérie ? Quand pourrais-je reprendre le boulot, être 8h debout à servir mes clients ? Quand pourrais-je aller courir, jouer avec mes enfants, faire du vélo, aller promener mon chien ou même juste passer l’aspi sans être essoufflée…?

Quand vais-je retrouver ma vie ?
Quand cette saleté va me rendre ma liberté ?

Nous sommes le 13 mai, je trouve tout cela très long.

J’ai connu des jours bien pires mais je suis impatiente de connaitre des jours meilleurs où tout cela ne sera que mauvais souvenir. Je garde espoir mais je fatigue de croire chaque jour que demain sera meilleur, avec chaque matin la déception de constater que cette saleté est encore réalité.
Merci à tous pour vos témoignages, seuls ceux qui ont vécu peuvent comprendre et c’est tellement important de ne pas se sentir seul dans ce monde de mensonge.

Merci.

Anna, 38 ans, joyeuse qui aime la vie et toutes ses folies.

Anna
Vendeuse
13 mai 2020

Tout commence le 27 mars par une nausée qui me prend une partie de la nuit. Le lendemain matin, un mal de gorge, de la toux, la nausée est presque partie… Mon fils de 3 ans a été malade 10 jours auparavant, conjonctivite, toux, urticaire… Mon mari a eu une énorme migraine puis rien… Les faits sont là… J’appelle le doc qui me dit de ne pas trop m’inquiéter… Et pendant une petite semaine, je reste un peu dans mon coin sans pour autant complètement m’isoler dans mon appart… Mal de gorge le matin, quinte de toux en début d’aprem et puis dyspnée jusqu’à trouver comment m’endormir.. C’est presque au chronomètre… Tous les jours le même rituel du virus… Pas de fièvre, mon état est comme il est, entre deux, pas pire que la grippe de janvier… Aux 8ème et 9ème jours, la dyspnée s’intensifie, je stresse… Je téléconsulte, rien à faire sinon attendre que ça passe… Et ça passe… Je me sens guérie, presque en pleine forme, prête à affronter l’enfermement avec radio Pomme d’api… Et puis au 20ème jour, rechute, mal de gorge, dyspnée, pas de toux… ou si peu… Je consulte trois jours plus tard, la doc me met sous antibios… Ça passe une nouvelle fois, puis rechute au 35ème jour… Juste la dyspnée. J’’aurais préféré le mal de gorge ou la toux… dommage… Les tests PCR sont disponibles pour les gens comme moi qui ont été longtemps chez eux sans diagnostic… PCR négatif, ce satané petit truc est peut-être parti pour de bon après 45 jours… La dyspnée continue un peu, la fatigue m’assaille… L’examen général est bon pourtant, oxygène dans le sang ok, tension ok, tout ok… À part une carence en vitamine D, taux très bas !!! La cure de vitamine comme une porte de sortie !! Ça serait chouette!!

Adeline
13 mai 2020

J 49

Bonjour à tous !
Voilà, tout a commencé par des frissons, maux de dos pendant deux jours, puis les jours d’après nez bouché, douleurs à la poitrine mais supportable… 37.5°, un peu au-dessus mais supportable. Puis plus rien pendant une semaine et là, rechute beaucoup plus dure. Douleur thoracique plus forte, nez de nouveau bouché. Là par contre, ça a été plus fort et plus inquiétant ! On ne s’attend pas à rechuter. « Mais où peut aller ce virus ? » on se dit. Il y a deux semaines, crises d’asthme qui s’enchaînent, entrainant depuis une dyspnée et des palpitations cardiaques. Écho et radio des poumons faites, RAS. Traitement d’asthme mis en place, pourtant pas asthmatique depuis vingt ans… Dyspnée un peu moins forte mais toujours présente et toujours des douleurs thoraciques qui viennent, qui repartent… Bon courage à tous ! Merci

Marie
Maman au foyer
13 mai 2020

Pour Erika

Bonjour,

Oui, on en guérit mais c’est long, très long… Il faut beaucoup de patience. Malade depuis mi-mars, hospitalisée en réanimation puis en soins intensifs, je suis rentrée chez moi le 14 Avril. A ce jour, je suis toujours très fatiguée, essoufflements, trous de mémoire.
Personne ne sait combien de temps il faut pour se remettre de cette cochonnerie ! Reposez-vous autant que possible et gardez confiance. Nous sommes beaucoup ici à avoir vécu cette épisode difficile et traumatisant pour le corps et l’esprit.
Gardez le moral !

Delphine
12 mai 2020

J60, enceinte et toujours des symptômes

Bonjour,

Tout a commencé le 13 mars par de la toux… testée le 20 mars positive au Covid-19.
A ce jour J69, toujours des maux de tête, une sensation de pression en haut du nez et sensation d’étouffement dans la gorge, des vertiges… Je me demande si on guérit vraiment de cette maladie ? 🙁

Erika
Maman au foyer
11 mai 2020

Bonjour à tous,

Quelle épreuve ce Covid, tant physique que psychologique. Je suis en bonne santé, sportive. J’ai commencé à avoir des symptômes mi-mars. Petite fièvre et fatigue sur une soirée, puis tout va bien. Quelques jours après, j’ai eu une grosse courbature en bas du dos, cela n’a duré que quelques heures, étrange. Ensuite, j’ai eu des accouphens pendant 2 jours avec un mal de nuque. Une semaine après ma première fièvre, j’ai des frissons et une fièvre plus importante mais pas plus de 38,5° avec des palpitations pendant quelques heures un soir, j’arrive à m’endormir.
Quelques jours passent, j’ai un léger rhume et de la diarrhée, léger problème pour déglutir, un mal de crâne qui va m’accompagner plusieurs jours. Je me sens fatiguée, j’ai quelques symptômes mais j’arrive à télétravailler. Je vois un médecin qui me rassure et me dit que j’ai probablement le Covid. Après deux semaines de symptômes, je remarque que j’ai des engelures aux pieds. Cela me gratte, c’est affreux, ça dure 1 ou 2 journées. Je commence à aller mieux, je suis contente, puis c’est la rechute, l’enfer, vertiges d’un coup, mal au ventre, difficulté à avaler, fièvre, frissons, mal à la poitrine, palpitations, je sens que mon coeur “force”, j’ai du mal à rester debout. Je reconsulte un autre médecin, il me dit de ne pas m’inquiéter et que c’est le Covid.
Quelques jours plus tard, j’ai toujours mal à la poitrine avec des difficultés à respirer, mon poumon brûle. Je reconsulte, cela doit faire 4 semaines depuis le début. Mon médecin me dit que c’est normal mais me fait un ECG pour vérifier, tout est ok. Pour calmer mes papitations, il me donne un anxiolytique. La semaine suivante, je vais mieux, je peux enfin sortir du canapé et reprendre le travail. J’ai encore des palpitations le soir, et mal aux poumons/coeur.
Mes symptômes auront duré 1 mois et demi. La guérison est très lente. Mes premières semaines étaient “faciles”, le plus dur a été la rechute au bout du 15e jour, j’ai commencé à aller mieux au bout d’un mois.
Courage à tous ceux qui se battent, tous vos témoignages m’ont aidée à appréhender ces symptômes étranges qui arrivent d’un coup. On parle beaucoup de la toux et de la fièvre, mais il y a beaucoup d’autres symptômes, et psychologiquement cette maladie c’est l’enfer. Je pense que mon corps a sur-réagi, d’où la longue convalescence et des inflammations persistantes.
Courage !

Sophie
11 mai 2020

Des hauts, des bas, des bas, des… oh!

Bonjour

Merci pour vos témoignages, merci pour l’initiative de ce site. J’ai découvert ce site alors que je cherchais des témoignages de gens guéris du Covid… pour savoir justement combien de temps on met pour s’en remettre. Je vous raconte.
17 Mars, (étant psy, je travaillais) petite toux, légère fièvre, je prends rendez-vous chez le médecin pour le lendemain pour vérifier si c’était un début de Covid.
Le jour de la consultation, après une bonne nuit de sommeil, j’étais déjà guérie, mais je m’y suis rendue quand même « pour être sûre ». Je passe donc sur « la consultation Covid » en fin de journée, après 2 patients porteurs… (on a vérifié la semaine suivante).
7 jours plus tard, fatigue immense, oppression thoracique plusieurs fois par jour, sinus qui grattent et diahrée. Chaud, pas de fièvre, courbatures. 2 jours épouvantables.
Dimanche, plus de goût ni d’odorat (c’est revenu dès le lendemain).
Lundi, deuxième consultation par internet, je vais déjà mieux, le médecin suppose un Covid, prescrit un test PCR que je ferai le mardi.
Et les 2 jours suivants se passent bien, je suis en arrêt de travail mais je tiens debout, je fais un peu de rangement.
Mercredi 1er avril… Quelle blague, le test PCR est négatif. Et moi je rechute, les même premiers signes avant-coureurs : sinus qui grattent et diarrhée… et quelques heures plus tard : fatigue encore plus intense, oppression thoracique qui s’accentue dès que je suis debout, courbatures. Le médecin me rappelle que, même sans fièvre, je peux prendre du Doliprane. Ça marche pour atténuer un peu les courbatures.
Un premier appel au 15 parce que je me sens tellement essoufflée que j’ai peur de ne plus pouvoir donner mon adresse si j’attends. Puis ça redescend petit à petit. Un deuxième appel au 15 le lendemain de la part du médecin qui s’étonne que je réagisse si fort, vu mon âge (38 ans) et ma capacité physique. Il voudrait me prescrire des analyses mais je ne peux absolument pas me rendre jusqu’au labo.
La fin de semaine se passe à dormir, à récupérer. Les amis font chaud au cœur.
3 jours plus tard. nouvelle rechute, mêmes symptômes. Je suis épuisée, dans mon lit je vois des papillons noirs comme avant un malaise, je rappelle le 15. Direction les urgences. Le médecin me reçoit en me disant : « j+16, ça peut pas être le Covid. »
Prise de sang, scanner thoracique. Tout est OK !
Et il me laisse partir le même jour en me disant « ben, ça doit être une fin de Covid ».
Nous sommes au 10 avril, débute une lente, très lente remontée où ça va mieux mais tout petit à petit. Je suis épuisée dès que je suis debout 1h… puis 1h30, puis un peu plus… Période à laquelle j’ai découvert ce site.
Et puis, reprise du boulot le 4 mai, avec toujours beaucoup de fatigue. Mais contente d’y retourner.
Et enfin le test sero est disponible…. Résultat aujourd’hui.
Négatif ! Je n’ai pas d’anticorps au Covid !
Douche froide ! Mon médecin dit « ça doit être une infection pulmonaire due à un autre germe ».
Et moi je suis perplexe.

Bon courage à vous tous, toutes, sur le chemin de la guérison du corps ou de la réparation des dégâts (mais peut être pas que) de ces dernières semaines.

Caroline

Caroline
Psychologue
11 mai 2020

Covid 19

Bonjour à tous,

Djibril, 28 ans. Mes symptômes ont débuté le 18 mars par des courbatures, des sensations de frisson et de la fatigue. Par contre, je n’ai pas eu de maux de tête, pas de fièvre, et pas de toux. Le lendemain, plus rien ! Je me suis dit “bon bah, ce n’était rien du tout au final, je me suis inquiété pour rien”… Puis 4-5 jours plus tard, gros mal de gorge, nez bouché et gêne respiratoire… C’est horrible ! À ce moment-là, je décide de me faire tester au Covid : résultat positif le 22 mars. Dans la foulée, j’effectue un scanner thoracique qui révèle des petites lésions pulmonaires (pneumonie), électrocardiogramme ok, pas de souci. Je commence donc à domicile le traitement à la chloroquine et azithromycine qui dure au total 10 jours. Pendant ces 10 jours de traitement, j’ai 4 rendez-vous de suivi afin de vérifier mes constantes, test nasal, prise de sang, etc. Le 31 mars, je suis négatif au Covid-19. Le médecin me déclare guéri. Certes, je ressens de l’amélioration au niveau respiratoire, au niveau du souffle, le mal de gorge a diminué malgré sa persistance. Mais les symptômes sont toujours là…
1 semaine plus tard, une fatigue immense, je n’ai jamais vécu ça… Le simple fait de me lever pour aller aux toilettes représentait un effort considérable, avec des douleurs à la poitrine qui ont duré 3 jours et qui reviennent de temps en temps mais en version plus soft, avec toujours le petit mal de gorge et la gêne respiratoire. Je suis complètement épuisé.
Rendez-vous chez le médecin. Il examine mes poumons. Tout est ok, c’est rassurant. Prise de sang, également rassurant. Alors il me dit que c’est sûrement les symptômes post Covid. Il me prescrit de la vitamine C et du paracétamol, et m’envoie chez un pneumologue afin de faire un suivi concernant ma pneumonie… D’ailleurs j’ai un rdv prévu fin mai pour un 2ème scanner thoracique. Il m’encourage au passage à pratiquer un peu de marche. Moi qui suis de base très sportif, marcher 30 minutes par jour est devenu très difficile. Du coup j’essaie de pratiquer la marche 1 jour sur 2, pendant minimum 15 minutes à allure très lente. Je récupère tout doucement mon souffle, même si j’ai toujours un peu le nez bouché avec un phénomène nouveau depuis 3 jours, dû au Covid-19 ou pas, je ne sais pas trop… J’ai des fourmillements aux pieds désagréables, les oreilles qui sifflent, la tête qui tourne comme si j’étais sur un bateau.
Mon calvaire dure depuis 7 semaines et je me demande quand est-ce que ça va s’arrêter… En attendant, je reste positif. N’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un pneumologue pour un suivi en cas de lésion. Je vous souhaite à toutes et à tous un bon rétablissement.

Djibril
Vendeur
10 mai 2020

Angoisse, doutes et douleurs

Bonjour à tous,

Mon expérience commence à être éloignée dans le temps. Aujourd’hui tout va bien mais je suis passée par un chemin très difficile et long. Je voudrais écrire pour vous tous, pour moi, ne pas oublier.

J’ai été infectée par le Covid vers le début mars, je ne sais pas exactement comment, ma salle de sport où il y a eu des cas, mon collège. N’importe où, je ne sais pas. C’était début mars et nous n’étions pas très inquiets alors. Le vendredi 6 mars, je reçois un coup de massue dans le corps, épuisée, obligée de rester au lit. J’ai mal partout, je crois sur le moment que cela est dû à mes séances de sport trop intenses.
Cela ne s’arrête pas pendant plusieurs jours, petite fièvre à 38. Je ne pense pas vraiment au Covid du 6 au 10 mars. Puis des maux de ventre brutaux, comme des coups de poignard dans le ventre. Deux jours. Et enfin la toux s’installe. Je vais tousser pendant 3 semaines…
Au bout d’une semaine de toux sèche, qui devient de plus en plus douloureuse, profonde, j’appelle le 15. Suspicion de Covid, aucun médecin ne se déplacera. Trop de médecins touchés de toute façon. Je dois rester confinée chez moi, avec ma famille.

Quelques jours après, j’apprends que mon fils, que j’ai laissé partir chez son père, est positif au COVID. L’IHU de Marseille dépiste tout le monde, mais au prix de 4 heures de queue à cette époque-là. C’était le pic. Je n’ai pas la force d’y aller à mon tour et d’attendre. Je suis épuisée. A bout de forces. Je tousse, mes poumons brûlent, j’ai perdu totalement l’odorat.
Mon médecin confirme que c’est bien le COVID, d’autant que mon fils a été testé +.
Soit je vais à l’IHU et prends le traitement que mon fils suit, celui du docteur Raoult (pour mon fils ça a été réglé en deux jours… sauf la perte de goût et odorat), soit je « reste chez moi » en attendant que ça passe ou que cela empire… Angoisses!!! Je ne sais que faire. Je suis épuisée.
La toux semble se calmer, puis ça repart, encore. Montagnes russes. Douleurs dans la tête et le corps.

Au bout de 4 semaines, début avril, mon corps s’est remis. Un jour, je n’ai plus toussé. J’étais encore fatiguée et essoufflée. Puis cela est passé.
J’ai reçu une cure d’AB par mon médecin traitant, pour pneumonie, ça a sûrement aidé, mais je ne sais pas.
J’ai dû prendre des anxiolytiques, car la toux et l’oppression des poumons m’angoissaient terriblement. J’ai pratiqué la méditation et surtout des respirations, celles qui me manquaient tant.

Je suis la seule de ma famille à avoir été vraiment malade – à part mon fils, testé positif et traité Hydrocloroquine et azythrimicine à l’IHU. Pour mes enfants, simple rhume. Mon mari de la fatigue et des maux de tête, sans plus.
Je sais que ce Covid s’attaque de manière très inégale aux personnes. Je sais que ça peut passer inaperçu, et que ça peut être un cauchemar. Moi je l’ai vécu à ses débuts, en mars. Si les symptômes étaient apparus quelques semaines plus tard, je n’aurais pas hésité, je serais allée à l’IHU, où les équipes ont fait un travail exceptionnel, de manière inconditionnelle, avec toute personne qui se présentait, dans la plus grande générosité et résistance. J’aurais reçu ce traitement – mais il faut être traité au début de l’infection.
Je suis fière de ma ville, de l’IHU, du professeur Raoult. De cette générosité et de cette résistance.

Je dois dire que depuis ma guérison le confinement a été la source de grands moments de partage et de bonheurs simples en famille. Partager ensemble. Ne pas consommer. S’échapper de cette société marchande. Rester simple. Profiter de la nature.

Je ne comprends pas pourquoi la politique de l’IHU – porter des masques, tester massivement et traiter avec un traitement connu depuis 60 ans – n’a pu être appliquée en France. Même si ce n’est pas le traitement parfait. C’est un traitement qui sauve des vies ou qui abrège les souffrances du Covid, qui les réduit à quelques jours au lieu de longues semaines de lutte, pour des gens atteints comme moi. Et je sais que nous avons été assez nombreux.

Quel gâchis épouvantable.
Que de douleurs et de malheurs auraient pu être évités.

Bon courage à tous. Sachons être heureux.

Nush
Enseignante
9 mai 2020

Cher Patrick

Je suis désolée que les choses ne s’arrangent pas pour vous… Je commence à avoir très peur moi aussi… Depuis mi-mars, j’ai eu des symptômes de Covid mais pas de test car je ne suis pas une personne à risque. J’ai fait un test début mai qui s’est relevé négatif. Comme vous, j’ai toujours des fourmillements dans les cuisses et les jambes jusqu’à présent qui me gâchent les journées, accompagnées des fois avec des maux de tête.
J’ai l’impression de plus m’en sortir…
Votre histoire me fait réfléchir parce que vos symptômes ressemblent aux miens… Je pense que je dois retourner consulter un médecin… Je suis très angoissée…
Je vous souhaite bon courage à vous et à tous ceux qui lutte contre cette saloperie. Tenez-nous au courant et j’espère que tout ira bien.

Lidia
9 mai 2020

Toujours pareil…

Bonsoir,

Je suis hospitalisé depuis 8 jours maintenant sans évolution… J’ai donc développé une maladie neurologique, étant donné que mon système immunitaire a répondu trop fort…
J’ai eu le droit à une ponction lombaire… Oui douloureux… Qui révèle un taux de protéines élevé… Les docteurs ne savent pas l’expliquer…
Pour l’instant, j’ai toujours des fourmillements dans les 2 jambes constants et forts mais pas douloureux, h24, 7/7j… On me donne des médicaments pour décompresser surtout, pour le reste rien… On ne connait pas ce qu’il fait réellement… Je pense que je vais y passer à ce rythme…
J’ai développé également une constipation, avec 4 jours de laxatif matin, midi et soir sans aucun effet…
Ce soir, mal de gorge qui revient…. et de la fièvre à 38°.
Je ne comprends pas encore pourquoi je vois des soignants sans masque sur l’unité. Et ça me dégoûte, alors qu’il y en a de dispo…
Enfin passons, je suis fatigué moralement et physiquement… Vais-je m’en sortir ? Je n’en sais rien…
Dans mon lit, les jambes allongées, elle fourmillent pire qu’un vibreur sous les pieds… Quelle que soit la position, debout, assis, jambes en l’air, allongées..
J’ai envie de revoir ma famille… encore un peu..
Bon courage à vous tous, amis du Covid.
Que le Seigneur nous apporte son aide…

Patrick
Gérant
8 mai 2020

Merci à tous

Merci à tous pour vos témoignages ! Ils m’ont beaucoup aidée ! 6 semaines que je ne suis plus la même. Depuis le 23 mars, une fièvre qui arrive brutalement avec nausées, mal au ventre, une fatigue extrême, un petit mal de tête (je n’en fais jamais). Je fais une téléconsultation. Le lendemain, un mal de gorge est arrivé, une petite toux que je trouve insignifiante, un nez qui coule et des douleurs à la poitrine que je supporte bien. Je suis assez forte habituellement et pour moi ce sont des symptômes pipi de chat. Le doc me diagnostique un Covid-19. Je suis choquée ! Et j’ai une peur terrible avec ce qu’on entend aux infos, je suis terrorisée. Je suis terrassée par une fatigue que je n’ai jamais connue. Je ne me souviens que de quelques petits moments des 15 premiers jours que j’ai passés au lit à dormir avec de la fièvre (38.2, bizarrement je suis KO et le visage me brûle comme jamais j’ai eu cette sensation. C’est toujours là aujourd’hui mais beaucoup moins intense), des douleurs au dos et comme un circuit électrique dans mon corps qui m’électrifie n’importe où dans les jambes, la poitrine. La fièvre résonne dans ma tête jusqu’à mes dents. J’ai jamais vécu ça !Choisir le bon moment où on se sent à peu près bien pour aller prendre une douche, des sensations d’essoufflement mais que j’attribue à de la peur. Je vois d’ailleurs bien que mon mari et mon fils sont très inquiets. J’ai beaucoup de chance, ils gèrent tout ! Ils prennent soin de moi. Seul traitement, du doliprane. Je consulte environ toutes les semaines mon doc ou sa remplaçante : toujours le Covid-19 ! Ma saturation est toujours impeccable (et pourtant je fume)  Plusieurs prises de sang pour voir si ce n’est pas autre chose, un virus ouiiii, mais les résultats sont toujours rassurants sauf le foie que j’attribue au doliprane. Du coup je l’arrête et je décide de laisser mon corps se battre seul comme un grand. Je lui apporte tisanes en tout genre et une alimentation saine, très saine : des jus de fruits frais que mon mari me prépare quotidiennement, du repos de façon excessive, la fatigue est immense… J’ai eu aussi des diarrhées qui sont apparues puis parties. Je commence à me sentir mieux à partir de 15 jours/3 semaines. Je reprends mon télétravail, là encore une hiérarchie et des collègues très compréhensifs. J’ai tenté de faire le test nasal. Voyant que même un laboratoire m’a refusé une prise de sang, j’ai abandonné… Je continue de faire un febricule de 37.7 à 38.2 qui hier encore m’a clouée au lit jusqu’à 17h. Je tiens à dire que je ne suis nullement à plaindre, il y a tellement pire !!! Je suis chanceuse ! J’ai enfin réussi cette semaine, au laboratoire qui m’a acceptée, à faire une sérologie Covid-19. J’attends les résultats. Ce febricule gâche une partie de mes journées. Je commence presque à accepter de vivre avec, même si je me languis que cela s’arrête… Je ne cesse de douter. C’est cette saloperie ou pas ???!!! J’entends pas mal de témoignages autour de moi, des toux et des fièvres qui durent un mois : on ne sait pas grand chose de ce virus. Surtout, pour ceux qui ont peur, arrêtez. J’ai mis de l’énergie dans la peur quand j’étais très mal. Ne mettez pas de l’énergie là-dedans. Faites confiance à votre corps. C’est parfois long, chaque personne réagit différemment, physiquement et psychologiquement, face à ce virus. Aujourd’hui, j’ai beaucoup moins peur. Le febricule est encore là. Hier, j’étais au lit. Aujourd’hui, j’ai fait mon ménage et j’ai jardiné avec une belle énergie. Demain est un autre jour… N’ayez pas peur (je comprends ceux qui ont du mal à respirer, c’est horrible et effrayant). Gardez votre énergie, relaxez-vous, changez-vous les idées et soyez bien suivis par votre médecin. Retenez bien que chaque personne qui a le Covid-19 réagit différemment. Ce  ’est pas parce que je ne suis plus la même depuis 6 semaines que cela arrive aux autres. Mon mari a une grande fatigue depuis 3 semaines mais on ne sait pas si c’est ça. Des gens ne vont être malades que 2 jours. Alors surtout, je me répète, si vous n’avez pas une forme grave, restez zen, restez cool, boostez votre corps avec une alimentation au top. Ça m’a beaucoup aidée. Soyez confiants, ce ne sont que des jours meilleurs qui nous attendent. Je vous donnerai mes résultats sérologie Covid quand je les aurai. Bon courage à tous et témoignez, cela nous fait du bien à tous ! Merci au créateur de ce site vraiment !

Alice
Employée
7 mai 2020

Un mal diabolique

Hier… c’était mon anniversaire… Je ne suis pas près d’oublier mon 51ème anniversaire… Ce mal a démarré autour du début du confinement… Maux de tête en étaux, fièvre, diarrhée… Pas d’affolement… prise de Doliprane… ça va passer… évidemment… Et puis brutalement, la nuit du 24/03… une sensation de malaise… quelque chose ne va pas… Seule chez moi à la campagne, j’envoie un sms vers 22h à mon conjoint, comme un sos… Il ne répond pas… Il dort peut-être… Puis mon corps tout entier se tétanise… Je claque des dents… J’ai du mal à respirer… Fréquence cardiaque à 110 au repos… J’appelle le 15… « Prenez un Doliprane et rappelez-nous dans 30 minutes si ça ne va pas mieux »… Plus aucune force… obligée de ramper jusqu’à la salle de bain… Entre temps, mon conjoint me rappelle et vient me chercher pour m’amener aux urgences… À 30 minutes de mon domicile… Sur la route, je crois que je vais mourir… Électrocardiogramme : pas d’infarctus… Radio des poumons : tout est ok… Il est 5h du matin… « Vous pouvez repartir chez vous ».
Le dimanche 29/03, rebelotte… malaise +++ J’ai mal dans la poitrine, comme écrasée par un poids monstrueux, tachycardie, envie de vomir, des courbatures dans les jambes et les bras… Scanner pulmonaire… Covid diagnostiqué… « Vous pouvez repartir chez vous car votre taux d’oxygène est bon ». Traitement par antibiotique et paracetamol. Je ne comprends pas pourquoi on me renvoie chez moi alors que je suis essoufflée et en hyperventilation… En ayant l’impression que je vais m’étouffer à tout instant… Et depuis, ce sont des aller-retours incessants entre mon médecin généraliste, qui ne sait trop quoi faire… Normal… On ne connaît rien de ce virus… Et les services des urgences…

Le 10/04, à nouveau un scanner pulmonaire… « vous êtes guérie de votre pneumonie ». Et pourtant, rien ne change. Si… je suis constamment essoufflée au repos ou à l’effort… J’ai du mal à monter les escaliers… Très très mal dans la poitrine, crises d’arythmie et toujours ces crises de tétanie…

Échographie cardiaque… On me dit que tout est ok… Je sais que quelque chose ne va pas… L’impression d’être incomprise ou folle, voire que la médecine ne peut rien pour moi…

Depuis, des hauts et des bas… Du mieux dans une journée et aussi du pire… Diabolique ce virus… Dernièrement, mon médecin a évoqué des troubles panique et a bataillé pour me prescrire un antidépresseur… alors que je ne me sens pas dépressive du tout… Mais bon. J’ai un traitement  « Vous êtes (votre corps) épuisée ». C’est vrai. J’ai perdu ma sœur en Décembre et, depuis 2 mois, je perds beaucoup de sang… J’attends une intervention chirurgicale gynécologique… Covid ou pas Covid, toujours pas de date programmée… C’est dingue…
Je n’ai auparavant jamais été malade…!!! Une santé de fer… J’espère qu’elle reviendra et que je n’aurai pas de séquelles…

Géraldine
Déléguée Hospitalière
7 mai 2020

Merci

Je voulais adresser un grand merci à la personne qui a créé ce site et aux personnes qui ont témoigné. Tous ces témoignages m’ont été d’un grand soutien moral. Ils m’ont redonné espoir et confiance quand cette saleté me faisait perdre la tête, quand personne ne me comprenait, ne me croyait, ni même certains proches, ni même mon médecin, mais je ne blâme personne. Ce virus est nouveau et personne ne sait rien sur lui. Nous sommes nos propres cobayes, nous les oubliés, malades chez nous mais pas assez malades pour être hospitalisés, mais terrifiés devant cette impuissance et cette solitude face à cette saleté. Je me suis sentie bien des fois abandonnée, pensant même que j’allais partir comme ça dans mon lit, et me réveillant complètement désorientée, ne sachant plus ni où, ni qui j’étais, ni quand, ni rien, complètement perdue, à bout de souffle, cherchant un espoir, reprenant mes esprits en me disant que bien sûr il y a pire, mais toujours avec cette peur que cette saleté revienne. Ces douleurs si tenaces, si vivaces, qui ne cessent que de s’attaquer à mon corps qui n’a rien demander. Même si elle est toujours là, je la sens plus fatiguée mais toujours présente dans mon corps, partout dans ma tête, mes oreilles, ma poitrine, mon dos, mes jambes. Elle me prend mon corps et mes forces. Il faut s’accrocher, ne pas se laisser emporter et espérer, toujours espérer, tout en sachant qu’elle est là. Elle se repose et revient pour nous rappeler que c’est elle qui décide, que rien ne sert de lutter. Il faut juste se reposer, attendre qu’elle s’épuise, lentement mais sûrement.

Cette terrifiante expérience, je ne l’oublierai jamais. Même si je veux aller de l’avant et l’oublier, elle fera partie de moi.

Je partagerai mon témoignage, mon histoire, une bien longue histoire, ici un peu plus tard, car peut-être peut-il soulager d’autres personnes et les aider à se sentir moins seules. J’ai longtemps cherché des témoignages pour être apaisée dans mon esprit et plus sereine face à ce virus, alors je tiens tout d’abord par ce premier témoignage, à vous remercier, tous ici, pour vos témoignages et toi cette personne qui a créé ce site.
Un grand merci.
Anna, 38 ans, Haute-Marne.

Anna
Vendeuse
7 mai 2020

Réponse à Enzo (message du 6 mai)

Bonsoir,
Réponse à Enzo : il se peut que vous ayez une inflammation des poumons ou une bronchite. Ou bien, si vous fumez depuis longtemps, il vous faut demander de faire une radio des poumons.
Bien à vous.

Marie
7 mai 2020

La vie reprend son cours mais…

Bonsoir à toutes et tous,
Je reviens, un peu comme Cécile, sur le site pour soutenir ceux qui sont encore malades, pour ceux qui ont peur, qui ont des doutes… Depuis le retour chez moi le 14 avril, la vie a repris son cours et pourtant, elle n’est plus tout à fait comme avant. Je m’essouffle très vite malgré la kiné, la fatigue est toujours présente, les trous de mémoire sont toujours là aussi mais je me force à essayer de me souvenir pour ne pas noter… Comment reprendre une vie “normale” après ce cataclysme tant physique que psychologique ? Je ne sais si quelqu’un a la réponse. Même les médecins ne sont pas en capacité de vous dire si votre corps va récupérer la totalité des ses fonctions ou s’il vous restera des séquelles… C’est le flou complet !
Certains diront : “vous avez eu de la chance d’en être sortie vivante”. C’est vrai mais le traumatisme est bel et bien là. Difficile pour l’entourage de comprendre, d’ailleurs je ne suis pas certaine que quelqu’un qui n’a pas vécu cette maladie de l’intérieur d’un service de réanimation puisse comprendre vraiment. Alors on fait au mieux, comme si tout allait bien. Il faut aller de l’avant, il faut prendre sur soi et ne pas se laisser submerger par les émotions, il faut faire “comme avant”, il faut, il faut… Il faut oui, car la vie est belle. Il faut réapprendre à apprécier chaque petit moment et ne pas se focaliser sur des situations anxiogènes. Il faut laisser “vivre” ses proches et ne pas sans cesse leur dire : “faites attention, mettez vos masques, respectez les limites de distanciation…”
J’ai lu ici beaucoup de témoignages, nous sommes tous un peu dans le même bateau. Dans quelques temps, nous aurons des jours meilleurs ! Prenez soin de vous.

Delphine
6 mai 2020

L’après Covid… oui oui, ça s’arrête !

Bonjour, j’ai déjà témoigné ici mi-mars, suite à ma suspicion de Covid-19, date de début 17 mars. Je dis suspicion puisque pas de test. 28 ans, en bonne santé, je ne suis pas à risque. J’avais témoigné après la phase critique, j’allais un peu mieux.
Je suis revenue quasiment tous les jours lire vos témoignages depuis, qui me permettent de me sentir moins seule, ou juste de sentir qu’on fait partie d’un partage d’expériences, de ressentis, tous ensemble.

Alors moi je voulais redonner un peu d’espoir à ceux qui se disent comme moi laissés un peu de côté chez eux car pas à risque… Je vais bien, je vais mieux et depuis une semaine, je n’ai plus aucun désagrément ! Je me sens réellement en forme et rassurée par conséquent. Seule une fatigue plus importante qu’à l’ordinaire demeure, un peu comme si mon fils m’avait réveillée toutes les nuits depuis 1 mois et que j’avais tous les jours fait des journées de 10h au boulot alors que ce n’est pas le cas ! Mais ça aussi, ça s’estompe 🙂
Alors courage, c’est dur et stressant, et fatiguant aussi. J’ai fait une consultation il y a deux semaines car entre la nausée, les maux de tête, les ballonnements, la respiration qui ne veut pas se faire sans réfléchir (comment inspirer pour se sentir remplie d’oxygène), etc. Bref, tous ces dérèglements qui viennent, qui partent au fil des jours. Je m’inquiétais vraiment de cette pseudo guérison…
Mais si si, gardez espoir et rassurez-vous, on guérit mais ça prend du temps. Relaxez-vous, pratiquez des exercices de respiration, de relaxation, faites quelque chose qui vous fait vous sentir mieux et ça va aller mieux. C’est juste long et il faut être patient.
Aujourd’hui, je me sens en forme vraiment, je sens que mon corps a repris le dessus, alors je voulais vraiment vous apporter un peu de réconfort 🙂

Je suis persuadée que nous aurons à nouveau plaisir à partager des moments de joie en groupe en se serrant dans les bras et s’embrassant, en trinquant et en parlant jusqu’au bout de la nuit, même si ces moments sont encore loin devant nous. Mais ils arriveront…
Prenez soin de vous et de vos proches…

Merci au créateur de ce site, merci à tous ceux qui continuent de faire vivre notre pays, merci à tous ceux qui restent chez eux et respectent le confinement et merci à nos enfants d’être si compréhensifs de cet immense chamboulement qu’ils vivent…

Marine
Assistante réception automobile
6 mai 2020

Et quand la santé revient

Je reviens sur ce site pour partager ma guérison progressive du Covid. Fin avril, j’avais ressenti le besoin de témoigner sur mon mal-être et ma détresse face au Covid. J’avais d’importantes difficultés respiratoires ou gênes, comme on voudra, depuis fin mars. Pour soulager mes symptômes, j’avais eu de la ventoline. Fin avril, en me rendant dans un service d‘urgences, on m’a prescrit un antibiotique que je n’ai pas bien supporté. Depuis, je retrouve néanmoins progressivement mes capacités respiratoires. J’ai passé un scanner et fait un test PCR. Il semblerait que je n’aie plus le Covid et pourtant, au bout de la 6ème semaine, la respiration n’est pas encore parfaite. Nous ne savons pas vraiment ce que fait le Covid à notre corps, à nos muscles, à nos neurones car nous mettons beaucoup de temps à nous remettre et il y a peu d’études concernant les personnes qui ont lutté seules à leur domicile. Du coup, je m’entraîne à faire de la kiné respiratoire pour retrouver mon énergie et ma santé.
Ce Covid nous fait passer par des phases de désespoir mais il faut garder l’espoir, comme beaucoup l’ont souligné dans les différents témoignages.

Je voulais également remercier toutes les personnes autour de moi qui m’ont soutenue : mon mari, mon fils, mes parents, mes soeurs, mes collègues et ce jeune homme qui a eu l’idée de créer ce site. Prenez soin de vous, faites vous suivre, demandez des examens et ne restez pas seuls avec vos souffrances ou votre mal-être. Notre capacité de résilience est grande et il est donc important que ce site reste le témoin de ce que chacun a vécu pendant cette période, que cela soit la maladie, la souffrance du confinement…

Cécile
Éducatrice
6 mai 2020

Covid 19 (ou autre chose)

Bonjour,

Voilà je tiens à témoigner car je pense avoir été  atteint du Covid 19. Tout a commencé le 27 mars. J’ai eu des maux de crâne intenses comme jamais dans ma vie. Cela a duré presque 5 jours, et une énorme fatigue. Le 2 avril dans l’après-midi, je vois que ma respiration n’est pas normale, elle accélère. J’essaie de faire une sieste, impossible. Le soir, je m’inquiète. J’appelle le 15, je leur explique mon cas. Étant jeune, à 25 ans, ils me disent que ça peut être lié au stress. Limite je me fais envoyer chier. J’arrive finalement à dormir. Le lendemain, mes lèvres étaient sèches et j’étais à 38,5 de fièvre. Ma respiration allait un peu mieux et voilà, en fin d’après-midi, c’est reparti : grosse gêne respiratoire qui dure 3 jours. Suite à ça, je consulte mon médecin. Il me fait le test le 12 avril. Résultat négatif, du coup ça me rassure. Je rentre chez moi avec seulement du fluidifiant pour les bronches car je crache énormément de glaires blanc. Voilà maintenant presque 1 mois et je crache toujours des glaires. je ne sais plus quoi faire… J’ai l’impression que si je ne les évacue pas, ma respiration va me gêner. Votre avis m’aiderait. J’ai été atteint du Covid 19 ? Je ne comprends pas pourquoi 1 mois après je crache toujours des glaires tous blancs. Aidez-moi s’il vous plaît, je suis perdu là.

Enzo
Sans emploie
5 mai 2020

Covid

Bonjour,
Voila mon histoire : 40 ans, atteinte du Covid depuis le 8 avril à ce jour.
Mes symptômes ne s’arrêtent pas : courbature, fièvre par intermittence, toux excessive et gênante, mal de gorge. Je me sens très essoufflée.

Jasmine
Aide soignante
4 mai 2020

Pour rassurer Patrick

Cher Patrick,
Pour vous rassurer : après un article paru ce jour et après avoir vu un grand infectiologue, le virus n’est plus dans le corps après 20 jours max, c’est l’inflammation qui reste. Un test qui se révèlerait positif aurait détecté des cellules mortes contenant le virus car nous sommes en convalescence. Il va vous falloir encore un bon mois (voire deux) pour que le corps s’apaise de l’inflammation qui a tout touché (et dans votre cas, les veines aussi). Vous êtes hors de danger. Courage

Sophie
Gérante
4 mai 2020

“Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir” suite…

“Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir”.

Jennifer, le 28 avril, nous redonnait un brin d’espoir. Son père, admis en réanimation, sortait du tunnel.
J’avais transmis ce message à mes amis inquiets de l’état de santé de B. dont la situation était similaire, par un peu de réconfort.
Ce matin, notre ami B. était au téléphone et nous disait qu’il avait mangé le meilleur yaourt de sa vie !
Il est sur la pente de la vie. Et le temps qu’il faudra pour s’en remettre importe peu.
B. est ténor professionnel d’une générosité exceptionnelle. C’est un rayon de soleil à lui tout seul. Je rends grâce pour sa guérison.
Bon courage à tous ceux qui luttent pour la vie !
Valérie

Valérie HERMOUET
Professeur des écoles
3 mai 2020

Le week-end dernier, après un confinement plus que respecté, mon fils de 18 ans se plaint de quelques courbatures, fatigue et mal de tête. Le mardi, il commence à avoir un peu de fièvre. La nuit, elle monte jusqu’à 39.8 et ne tombe pas malgré le paracétamol. Il a aussi de la diarrhée. Le lendemain, il se réveille péniblement avec 39.3 de fièvre. Nous avons mon médecin par téléconsultation. Elle suspecte le Covid mais il n’a aucun signe respiratoire. Elle prescrit un test pour lui et moi (nasopharyngé). 48 h après son début, la fièvre tombe, la diarrhée persiste (6 ou 7 par jour). À J+5, il se sent bien et a toujours la diarrhée, mais moins fréquente. En temps normal, je n’y penserais plus, mais vu la fluctuation des symptômes , je suis en alerte. Par ailleurs, je crains d’avoir attrapé moi aussi la maladie malgré les mesures barrières… Dès que j’ai mal à la tête ou un sentiment d’oppression, j’ai peur… J’attends les résultats mais il paraît qu’ils ne sont pas fiables à 100 %…

Terry
Enseignante
2 mai 2020

5 semaines que ça dure

J’ai été très soulagée d’apprendre que je n’étais pas la seule à souffrir d’une forme “étrange” de Covid. Je suis une jeune femme sportive de 34 ans. Mes symptômes ont débuté il y a 5 semaines. Cela a commencé par un mal de gorge type angine avec des éternuements comme un début de rhume, puis 2 jours plus tard de la fièvre à 38/38,5 qui ne m’a pas quittée pendant 2 semaines. J’ai eu parfois une sensation de pesanteur sur la poitrine, un léger mal de tête, rien de plus. Le problème, c’est que ces symptômes vont et viennent mais ne s’arrêtent pas. On ne rattrape pas une nouvelle fois le Covid, on le porte en nous bien plus longtemps que ne nous le disent les médecins. J’ai eu une semaine tranquille et ce soir à nouveau de la fièvre qui s’arrêtera après une bonne nuit, comme à l’accoutumée.
Je voudrais être sûre de ne plus être contagieuse le 11 mai, pour pouvoir voir mes proches. C’est fatigant à la longue et personne ne nous propose de tests. Qui alterneraient entre positif et négatif, comme pour ces patients chinois je suis sûre. Je me suis soignée et je me soigne encore avec du doliprane et des huiles essentielles (ravinstara, thym, laurier noble, tea tree). Ça ne guérit pas mais ça soulage bien les maux de gorge. J’ai continué à faire du sport sans difficulté car mes poumons n’ont jamais été atteints. Ça m’aide au contraire d’avoir une activité physique les symptômes s’atténuent (allez savoir pourquoi !). La clé, c’est aussi le sommeil. Le virus est vicieux et profite des moments de fatigue pour se réactiver plus vivement. Pourtant je ne me sens pas particulièrement fatiguée mais le soir les symptômes reviennent en force.

Ma fille de 2 ans a eu une angine inexpliquée peu après mes premiers symptômes. 40 de fièvre pendant 24h avec une respiration difficile, maux de gorge pendant 48h… Puis plus rien, elle se porte comme un charme. Le médecin m’a assuré que ce n’était pas le Coronavirus, début trop brutal. Pourtant je suis persuadée que c’est ce qu’elle a eu. J’espère qu’un test sérologique pourra me le confirmer.

Je voudrais aussi dire qu’il faut essayer de ne pas céder à la psychose. J’étais terrifiée à l’idée de finir en soins intensifs à cause de ce que racontent les médias en boucle. Je ne comprenais pas pourquoi mes symptômes persistaient autant, heureusement que j’ai pu lire d’autres témoignages… Mais ça les médias n’en parlent pas, ni les médecins d’ailleurs. Je sais que j’ai été en contact avec des personnes en incubation du virus début mars. Je ne l’ai pas attrapé à cette occasion car mine de rien, il ne saute pas comme ça sur les gens. Je l’ai attrapé par contact rapproché avec mon conjoint à qui on n’a pas donné de moyen de protection dans son travail considéré pourtant comme essentiel… Et c’est ça le vrai scandale de la crise actuelle.

Bon courage à tous ceux qui sont malades pour la guérison !

Clairvoyance
1 mai 2020

Suite de la bataille

Des nouvelles suite à la bataille.
Finalement, je suis hospitalisé mercredi dernier. Le test neurologique révèle une neuropathie…
La neurologue me demande/insiste pour que je sois hospitalisé afin de faire des examens complémentaires suite à l’histoire de ma maladie. Ça serait lié à 99%. Examens : prise de sang, sérologie et ponction lombaire…
Oui ça fait très mal…
Cet après-midi, douleurs en pic au niveau du cœur à gauche. Le cœur s’emballe, l’impression que je vais mourir… Le collègue de chambre sonne pour de l’aide. On me fait un ECG 10 minutes après ( ils sont débordés, je peux comprendre mais ça me rassure pas…). Il en ressort normal, prise de sang pour les marqueurs cardiaques quasi normale…
J’ai des douleurs de type cardiaque et des fourmillements de dingue dans la cheville/jambe gauche… Je déraisonne totalement..
L’impression que mon sang circule très mal… On m’écoute et on me donne un anti-dépresseur…
J’ai le sentiment qu’il se passe quelque chose de grave… Je suis perdu et nous sommes dans un long week-end donc le personnel est réduit… Je comprends également que le repos est très important… J’ai peur…
Peur de laisser une famille…

Patrick
Gérant
1 mai 2020

Un mois d’Avril sans gaieté

Bonjour à tous,
Je me présente, Mélissa d’origine Alsacienne, préparatrice physique de 25 ans. Je vis malheureusement seule ce confinement et donc partager avec vous me permet d’extérioriser tous mes sentiments.
Je suis ravie de partager mon témoignage. Après avoir vu les vôtres, je me suis dit que je devais montrer ma compréhension, mon inquiétude aussi afin de montrer de la solidarité et que vous n’êtes pas seuls… Oui il est vrai que vous n’êtes pas seuls, nous sommes beaucoup à être dans une situation où le moral est à 0 voire -1, les temps sont durs, on ne voit plus nos proches et on se demande si cela en vaut la peine.
Je pensais vraiment que cela n’allait être qu’une grosse grippe et qu’il ne fallait pas tomber dans la paranoïa mais à force de vivre confinée, j’ai pu voir que cela était plus compliqué que ça.
À la TV, c’est Covid, quand je sors faire les courses c’est Covid, au téléphone avec mes proches c’est Covid et même quand je dors j’ai l’impression de ne pas être à l’aise. D’ailleurs, j’ai vu une enquête montrant que les rêves sont affectés par le sommeil donc c’est normal de faire des rêves inhabituels ! (Vous n’êtes pas fous !!)
On ne comprend pas vraiment tout de ce qui se passe et on voit bien qu’on nous cache des choses, alors oui ça affecte notre vision du futur. Est-ce que cela n’est pas beaucoup plus grave mais ils font semblants pour pas nous alerter ?
Je tente de respecter le confinement, je comble mon temps par du sport, de la peinture mais j’ai l’impression d’être dans une cage dorée et donc d’être privée de liberté.
Les politiciens parlent du 11 Mai mais au final j’ai appris hier que ce n’était même pas sûr vu que beaucoup ne respectent pas le confinement.
Puis même quand on sortira (je l’espère lol), on sait tous qu’on ne pourra pas reprendre nos habitudes du passé, redouter les premières retrouvailles (câlin, bises, salut de la main ??) et toujours faire attention.
Et puis dans d’autres pays, j’ai pu voir une deuxième vague comme au Japon, donc même si on respecte les consignes on n’y échappera peut-être pas… Donc oui j’ai bien peur du confinement actuel mais surtout du “après”. Comme beaucoup, j’ai pas mal d’interrogations et surtout peu de réponses. Et si le virus venait à muter ? À être encore plus dévastateur ? Et que même les consignes d’hygiène ne soient plus satisfaisantes… Dieu merci, je pense ne pas souffrir de problèmes respiratoires et être en bonne forme mais au final des enfants, des jeunes adultes en meurent aussi donc pourquoi pas moi ?
Je finirai par remercier toutes les personnes qui travaillent dur pour ne pas qu’on meurt, qu’on puisse continuer à vivre, manger et subvenir à nos besoins primaires mais surtout aux services hospitaliers qui sont souvent oubliés et pourtant si indispensables.

Prenez soin de vous, et prenez soin des autres ! Et ne soyez pas imprudents, et ne négligez rien, même le petit geste peut être important et sauver une vie 🙂

Mélissa
Préparatrice Physique
29 avril 2020

Aidez-nous, aidez-les

Bonjour, j’ai 50 ans et moi aussi maman mais surtout grand-mère aussi, puisque mes deux filles m’ont donné cette responsabilité qu’est d’être grand-mère.

Depuis la décision de notre Gouvernement, le 17 mars à 12h, j’ai une trouille pas possible de ce qui se passe à l’extérieur. Peur pour mes parents de 80 ans, mon frère qui est greffé et qui continue de bosser, ma grande fille, son bébé et son conjoint qui lui aussi bosse encore, mon chéri qui est chez lui tout seul.

Une de mes filles et ma petite-fille vivent chez moi. On fera attention à nous, mais qui fera attention à nous ?

J’ai peur d’aller faire des courses, j’ai peur de croiser quelqu’un même dans l’ascenseur, j’ai peur de poser mes mains sur quelque chose qui serait contaminé et qui pourrait aussi me contaminer.

Je vis chaque jour avec les symptômes suivants : mal au crâne presque tous les jours. Du coup je me soigne avec des Efferalgan, je tousse et éternue sans arrêt, courbaturée de partout, j’ai la voix qui déraye, je suis fatiguée très souvent. J’ai eu apparemment la grippe en Décembre et j’ai du mal à m’en remettre.

Non, je ne suis apparemment pas atteinte mais j’ai une maladie auto-immune qui me pourrit mon existence. Et comme vous le voyez je ne veux pas de cette maladie venue de je ne sais où, par je ne sais qui, chopée par je ne sais quoi. Et comme vous avez compris, même le Gouvernement ne le sait pas. Il émet juste des hypothèses. Mais qui sont fatales malheureusement.

J’ai la boule au ventre de tout. J’ai peur de tout ce qui m’entoure. Peur de ne plus voir grandir mes petits-enfants. Peur de ne pas m’en sortir si jamais cette maladie me chope. Maladie invisible mais qui nous entoure.

Je vis mal ce confinement, ne sortant que pour le strict minimum vital pour nous et pour ce petit bout de chou qui n’a pas 2 ans et qui a un besoin naturel de découvrir et de courir. On nous ment tous les jours. Du coup j’écris pour moi, sur mon ordinateur, chaque jour, ce que je fais, le temps qu’il fait. Cela m’aide à mieux vire mon confinement, de poser ce que je ressens au plus profond de moi. Chose que je ne peux plus faire tellement ma fille ne veux plus l’entendre.

On s’attend à un déconfinement le 11 mai, mais est-ce que ce n’est pas trop tôt ? Ne prendrons-nous pas trop de risque à sortir ?

Sortir… Ce moment que tout le monde attend avec impatience, mais qui pour certains comme moi, restera une hantise. Alors, s’il vous plaît, restez chez vous pour enrayer cette maladie qui nous prend chaque jour un des nôtres, que ce soit ici ou ailleurs.

Aidez chaque personne qui risque sa vie chaque jour, pour notre bien à tous. Routiers, éboueurs, cuisiniers, caissières… Mais surtout les docteurs, infirmiers, ambulanciers, taxis, pompiers…. qui prennent des risques pour nous soigner.

C’est bien de les applaudir, mais les aider en restant chez nous c’est mieux.

Lydie

Lydie
29 avril 2020

SOS d’une âme en détresse

Bonjour,
Ce que je voudrais lancer ici est un SOS au gouvernement, aux médecins, infectiologues, épidémiologistes… Mais aussi une alerte aux personnes qui sous-estiment ce virus, qui ont hâte de voir le déconfinement mais qui ne se rendent pas compte de tous les ravages que ce virus peut provoquer. Et je vois trop et entends trop de témoignages ici et autour de moi sur ce virus et ses conséquences, des personnes qu’on n’écoute pas ou qu’on ne voit pas car elles ne sont pas hospitalisées, celles qui subissent chez elles et qui voient leurs symptômes persister, évoluer… Sans trop savoir où cela va amener…
J’ai commencé à avoir des symptômes du Covid le 16 Mars, pas de fièvre ni de toux, mais des maux de tête, une forte fatigue, un nez opprimé, des nausées, par moment mon cœur battait plus vite… Je vais voir mon médecin le 18 Mars, elle suspecte le Covid mais impossible de faire le test car je ne suis pas une personne à risque. J’ai 35 ans, je suis en bonne santé, je ne fume pas, je suis sportive… Du coup, je suis arrêtée 14 jours. Je reste chez moi, je me protège avec un masque car j’ai peur de contaminer ma famille. Je surveille ma température, mon oxygène dans le sang. Les symptômes s’atténuent, je revois mon médecin 1 semaine après pour contrôler mes poumons car c’est à ce niveau là que cela peut empirer, mais je n’ai rien aux poumons, je suis rassurée. Je n’ai plus les symptômes du début et je me sens plus en forme mais je continue à avoir des séquelles et cela varie : mal dans la poitrine pendant une semaine, cela passe. Puis, ma gorge qui me râcle pendant quelques jours, cela passe. Puis, des chaleurs dans la tête, là je m’inquiète un peu car je n’avais plus trop de symptômes, alors je me demande si le virus est toujours là, si ce sont des séquelles…? Mes chaleurs dans la tête durent 2 semaines, et certains jours j’ai de grosses migraines voire des acouphènes, de temps en temps de la tachycardie… Cela passe mais revient par moment. J’en suis à ma 7ème semaine, et j’ai l’impression d’aller moins bien qu’au début, je ne vois pas la fin de ma guérison… Depuis ce week-end du 25 Avril, la nuit je sens mon cœur battre partout et j’ai comme des fourmillements dans la jambe et le bras gauche. Mon médecin me dit que ce sont des extrasystoles sûrement dues à l’anxiété. Je veux bien la croire, mais avec tout ce que j’ai connu auparavant et tout ce qu’on ne sait pas sur ce virus, cela m’inquiète quand même. Est-ce que ce sont les nerfs ? Est-ce que c’est dans le sang ? Quels organes sont atteints ? Surtout, pourquoi ne suis-je pas guérie au bout de 7 semaines ??? Et je sais que beaucoup d’autres personnes sont dans le même cas, dans ma famille, dans mon entourage, au vu des différents témoignages.
Alors, voici mon SOS, un cri d’alerte, de désespoir, à vous qui me lirez, qui pourrez peut-être relayer l’information aux journalistes, aux autorités… S’il vous plaît, écoutez-nous, prenez en charge les personnes qui souffrent depuis des semaines de ce virus, enfermées chez elles, qui n’arrivent pas à guérir. Nous n’avons pas envie de remplir les hôpitaux, nous essayons de comprendre cette maladie, nous ne pouvons pas faire de test PCR ou sérologique et savoir si le virus est toujours présent, nous ne savons pas quels sont les dégâts infligés à notre corps, ni ce qui va arriver… Mais le fait que les symptômes persistent n’est pas rassurant. Pourquoi ne peut-on pas nous proposer de test sérologique ? De traitement même expérimental ? Pourquoi sommes-nous oubliés ? Alors que certaines personnes, connues ou pas, habitant dans certaines régions et pas d’autres, ont le droit à un test, à un traitement… Je pense que vous ne réalisez pas la détresse dans laquelle beaucoup de Français malades du Covid se trouvent.
Pour finir, je dirais tout de même que je garde espoir pour ma famille, mes enfants surtout et mon conjoint, et sans leur soutien, je ne sais pas où je serais.

Maud
29 avril 2020

“Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir”

Ceci est mon deuxième témoignage sur le site afin de donner un peu d’espoir aux familles qui ont un proche hospitalisé en réanimation.
Nous sommes 4 et étions tous infectés. Mon père est le seul à avoir eu des complications respiratoires, son état se dégradait, pourtant il était en pleine forme, sans antécédent, la cinquantaine. Il a été hospitalisé le 29 mars et plongé dans un coma artificiel le lendemain. Cette nouvelle a été assez brutale, pour la première fois, j’avais un parent dans un état critique où tout pouvait arriver. Les jours et semaines qui ont suivis ont été extrêmement angoissants. On pense évidemment au pire. Nos vies sont rythmées par les appels de l’hôpital pour nous donner des nouvelles, 1 fois par jour. Le téléphone ne nous quitte plus.
Au bout de sa 2ème semaine en coma artificiel, alors que son état était stable, les complications arrivent. D’après le medecin, des bactéries dues à la machine respiratoire lui aggravent son infection. Cette nouvelle était celle de trop. Mais le médecin nous rassure par ces mots : “il faut tenir bon, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir”.
Cette phrase est restée encrée dans nos esprits.

Après presque un mois en coma artificiel, il a été réveillé puis extubé. Il est très fatigué, ne peut pas parler mais il est conscient.
Aujourd’hui, un infirmer avec un grand cœur a pu lui mettre le téléphone à l’oreille pour qu’on puisse lui parler, le rassurer. Après un mois sans le voir, entendre son souffle était magique.

Le chemin est encore long mais je suis fière de lui. Ayez toujours de l’espoir.

Jennifer
Étudiante
28 avril 2020

L’incertitude, ma pire ennemie

Avant même d’être confiné, début mars, quelque chose en moi a changé. J’ai toujours été très anxieux, j’ai un système immunitaire assez calamiteux depuis ma naissance, je suis asthmatique (ce qui ne m’empêche pas d’être assez actif) et je fais beaucoup de rhinites allergiques. Tout ça me rend un peu parano niveau santé.
Un jour en allant au travail, je me retrouve à devoir descendre et remonter des escaliers que j’emprunte tous les jours seulement cette fois-ci, l’exercice est très compliqué au niveau du souffle. J’ai l’impression d’avoir couru un marathon avec un simple effort. Je ne me formalise pas et je patiente. Le soir, sur le chemin du retour en direction de la maison, pareil, essoufflement très intense. Cela a duré deux jours et s’est conclu par une augmentation de mon rythme cardiaque. J’appelle le Samu au bout du deuxième soir, je suis inquiet car une de mes collègues était en Italie quelques jours avant et mon travail l’a laissée revenir avant de faire un rétropédalage quelques jours après. Au Samu, on me dit d’aller consulter un médecin de garde, ce que je fais. Pas de fièvre, rien de special, on m’assure que ce n’est pas le COVID car je n’ai pas de fièvre et on met ça sur le compte de l’anxiété. Je rentre chez moi, semi soulagé car j’ai rendez-vous le lendemain avec mon médecin traitant. Le lendemain, je me mets à tousser. Le médecin essaye d’être rassurant et me propose d’aller passer toute une salve d’examens sanguins pour vérifier qu’il n’y a pas de problème, au niveau pulmonaire notamment. Tout est clean et pourtant ça ne passe pas. On me donne de la ventoline pour mon asthme, médicament que je ne supporte plus et qui me donne des migraines atroces (enfin… à moins que ce ne soit pas la ventoline).
Après plusieurs jours de flou total, je prend rendez-vous avec SOS Médecins. En plus d’être essoufflé, je sens vraiment qu’il y a un problème au niveau de mon rythme cardiaque. Le médecin rencontré était vraiment minutieux et a pris le temps de m’écouter et, surtout, d’écouter mon rythme cardiaque. En effet, celui-ci faisait des extrasystoles, il battait vraiment bizarrement. On me dégote un rendez-vous chez un cardiologue en quelques jours. À ce moment-là, test au repos et test à l’effort : c’est bénin sauf que… on veut me poser un holter pendant 48h, ce que je ne ferai jamais puisque entre temps, on est partis en confinement.

Je me dis que tout va bien et me réfugie à la campagne seulement, après que tout se soit calmé quelques jours, c’est reparti pour un tour. Mon souffle est laborieux, monter trois marches m’épuise et je ressens une pression thoracique. Au bout de quelques jours, j’enchaîne 3 jours de dhiarrée. Je consulte alors à nouveau mon médecin qui me rassure en me disant que pour lui, je ne suis pas un cas de COVID. Néanmoins, vu que je suis asthmatique, on me propose d’aller passer le test : négatif. Pourtant, ça ne bouge pas vraiment au point même qu’à quelques jours des résultats, j’appelle à nouveau le Samu pour une importante gêne respiratoire : on m’envoie bouler en me disant que c’est l’anxiété et qu’il faut que je dorme.

Pendant quelques jours tout va bien seulement très vite, c’est reparti pour un tour. Je ressens une forte pression thoracique mais on me dit qu’il s’agit de mes allergies. Toutefois, les traitements ne font rien.

Il y a une semaine, à nouveau des dhiarrées puis, depuis trois jours, j’ai régulièrement mal à la tête, je tousse de plus en plus fréquemment, d’abord une petite toux le soir qui commence de plus en plus tôt (ce midi aujourd’hui). J’ai ressenti à plusieurs reprises une sorte de goût métallique dans la bouche et j’ai l’impression d’avoir une altération au niveau du goût du coup. Personne n’arrive à me rassurer, même pas les médecins. Je ne sais plus ce qui est fabriqué de toute pièce par mon cerveau et ce qui est réel. Je suis un cauchemar pour moi mais aussi pour mes proches. Je suis complètement perdu, j’essaye de faire au mieux, je ne suis quasi jamais sorti depuis le confinement et je ne veux pas en sortir tant que ce virus ne sera pas parti. Je sais que c’est impossible mais je fais partie de ces gens pour qui la santé est primordiale sur l’économie et ce qui va arriver me fait très peur. J’espère que ça ira. J’ai 28 ans, beaucoup de projets et je ne veux pas rajouter une tare au personnel soignant. La seule chose qui pourrait me canaliser c’est qu’on m’avance quelques certitudes concernant mon état de santé mais ce n’est pas prêt d’arriver.

Brice
Chargé de communication
28 avril 2020

Quand tout bascule

Mardi 28 Avril 2020
Il est bon de lire ici tous ces témoignages, on se dit “je ne suis pas seule”, impression que chacune de nos vies ne sera plus comme avant.
15 Mars : rhume, maux de tête, très grosse fatigue et fièvre peu élevée. Appel avec mon médecin dès le lendemain. C’est peut être un COVID, je dois donc rester à la maison, prendre du paracétamol et me reposer. Au bout d’une semaine, perte du goût, courbatures très importantes, la fièvre monte et atteint 39. J’arrive encore à me lever et à vivre presque normalement.
Deux semaines passent, les symptômes s’aggravent, la fièvre ne diminue presque pas, je reste couchée toute la journée, je n’arrive plus à m’alimenter, je suis très faible. Entre temps, mon mari a développé  les mêmes symptômes avec une toux très importante en plus. Ma fille a juste un rhume, pas d’autres symptômes et se porte relativement bien.
29 Mars : le médecin doit passer, la toux de mon mari s’aggrave. Rien de grave, évolution normale pour lui, il doit continuer à se reposer et prendre du paracétamol. Le médecin demande à me voir pour m’ausculter. Je descends péniblement de la chambre. J’ai les poumons qui crépitent, une saturation qui n’est pas bonne alors que je n’ai pas d’essoufflements, pas de difficultés respiratoires, pas de toux… Le médecin appelle une de ses amies épidémiologiste, le verdict est clair : je dois être hospitalisée tout de suite.
Là tout va très vite, le médecin appelle une ambulance : « ne t’inquiète pas Delphine, ils vont vérifier, dans deux jours tu seras rentrée ». Sur le moment, pas de panique, pas d’inquiétude particulière. Les ambulanciers me mettent un masque, une espèce de surveste et des protections aux pieds : “c’est obligatoire pour le service urgence” me disent-ils.
Valenciennes, arrivée aux urgences, prise en charge immédiate, température, constantes… Je suis dirigée dans un box dans une unité COVID, on vient me faire une prise de sang, un gaz de sang (prise directe dans l’artère du poignet) qui me fait pleurer tant cela fait mal, prélèvement dans le nez avec ce fameux écouvillon, c’est douloureux ! Et un scanner des poumons.
J’ai soif, je suis déshydratée mais je ne peux rien boire avant d’avoir tous les résultats. Tout le monde est très gentil, très professionnel mais aussi, et c’est important de le dire : très humain ! Milieu d’après-midi, les résultats tombent : positive au COVID et il me faut de l’oxygène. Un médecin vient me voir et me dit que je vais être transférée dans son service en réanimation. C’est à ce moment-là que l’angoisse arrive.
Ma température a encore augmenté, je me retrouve dans une chambre branchée de partout, une perfusion dans la main avec je ne sais combien de médicaments qui me traversent le corps. J’arrive péniblement à envoyer un message à mon mari pour lui dire où je suis. Un médecin me demande si je suis d’accord pour bénéficier d’un traitement à base d’antiviraux, je donne mon accord, je suis tellement mal, l’angoisse et la peur augmentent les douleurs. Je n’ai pas de force, je suis épuisée. Sur la période de trois jours en réanimation, je n’ai que peu de souvenirs, c’est comme si je souffrais d’amnésie… Le 4e jour, mon état est stabilisé et je peux quitter la réanimation pour les soins intensifs dans un service COVID d’un autre hôpital. Je suis transférée dans l’après-midi.
Je suis maintenant à Denain où je suis prise en charge par une équipe exceptionnelle et formidable. On s’occupe de moi, on m’explique les suites, je suis toujours sous antibiotiques et antiviraux, je n’arrive pas encore à m’alimenter normalement, je n’ai pas faim. Les médecins se veulent rassurants, je suis stable, je suis toujours sous oxygène, je n’arrive pas à parler, ça m’épuise. Je n’arrive pas à dormir. Mes poumons sont écoutés chaque jour, ça crépite toujours. J’ai droit chaque matin à un gaz de sang pour vérifier le taux d’oxygène dans mon corps. Mes mains et poignets sont recouverts de bleus, mes jambes sont piquées de partout (il faut éviter la phlébite).
Je peux communiquer avec mon mari par sms. Ma famille, mes collègues prennent de mes nouvelles chaque jour, ça me réconforte. Je vais en avoir des choses à leur raconter quand je rentrerai, si je m’en sors. J’ai des moments de doutes, de découragement. J’ai cru que j’allais mourir quand j’étais en réanimation.
L’équipe soignante est extraordinaire, merci à eux de m’avoir soutenue pendant toute cette période. Je vois une kiné, une psychologue, une nutritionniste qui me prescrit des espèces de crèmes hyper protéinées car il faut que je retrouve des forces. Les jours passent, je vais un peu mieux chaque jour, doucement.
Deuxième semaine d’hospitalisation, je dois commencer ma rééducation pulmonaire, c’est difficile, ça fait mal mais il le faut pour diminuer l’oxygène. Chaque matin, je fais mes exercices, je vais au-delà de ce que l’on me demande, je veux sortir, je veux rentrer chez moi, je veux respirer sans apport d’oxygène ! Je fais des progrès chaque jour, le médecin et la kiné sont satisfaits de mes progrès, je reprends confiance !
Jeudi 9 avril, je suis ici depuis le 1er avril fin d’après-midi. On ne sait plus très bien quand on est confiné dans une chambre. Le médecin diminue l’oxygène, je vais peut-être pouvoirs sortir la semaine suivante. Je redouble d’efforts dans mes exercices de kiné respiratoire, je mange tout ce que l’on me donne, je commence à me lever et à faire quelques pas, c’est très limité avec tous ces branchements et fils !
Je suis maintenant capable d’avoir une conversation téléphonique avec mon mari, pas une heure non plus, mais quand même, quel progrès ! Je me dis que j’ai eu de la chance contrairement à d’autres. Je vais bien, le moral est revenu, je fais des projets : une bonne douche et un super shampooing quand je serai rentrée, ça paraît peut être ridicule mais…
Samedi 10 avril : plus de perfusion, plus de médicaments, on m’enlève l’oxygène, mon état s’est amélioré et je dois pouvoir respirer sans aide pour pour enfin sortir. Ma saturation, mon coeur, ma tension continuent à être vérifiés. Tout semble rentrer dans l’ordre. Lundi 13 avril, la nouvelle tombe : je vais pouvoir rentrer chez moi.
Je quitte l’hôpital le 14 avril. 17 jours d’angoisse, de peur, de larmes. Je me rends compte de ce que mes proches ont vécu, c’est un soulagement pour eux également.
Il faut maintenant essayer de se reconstruire après ce traumatisme psychologique. Le corps guérit et cicatrise…
Merci à toutes les équipes soignantes, j’ai rencontré de belles personnes que je n’oublierai pas : Mélanie, Rachel, l’homme qui me “vendait du rêve” au petit-déjeuner, Gladys, Clément, l’infirmier qui s’occupait de moi presque chaque matin et dont je ne connais pas le prénom (il a deux petits garçons Robin et Raphaël), les équipes de nuit, les Docteurs Alexandre G, Benoît L, Dorothée F et toutes les personnes dont je n’ai pas retenu les prénoms. Vous êtes toutes et tous formidables. Encore merci.

Delphine
28 avril 2020

J’ai de plus en plus peur. Je suis aesh, j’ai un enfant de 4 ans et demi et mon conjoint travaille en milieu hospitalier. Depuis le 13 mars, je suis sortie une fois pour essayer d’aller faire quelques courses. Ça a été l’horreur… Je suis spasmophile depuis de nombreuses années. Le samedi avant le confinement, je suis passée en pharmacie pour avoir quelques cachets pour calmer mon anxiété qui était revenue. La pharmacienne m’a dit d’aller voir le médecin si ça n’allait pas mieux. J’ai pris ce qu’elle m’avait proposé en phytothérapie… Ça m’a fait du bien, calmé mes palpitations quotidiennes de stress… Aujourd’hui, j’en suis à la deuxième boîte donc pratiquement 2 mois et je sens que je ne gère plus… Je dois reprendre le travail le 11 mai visiblement et mon fils le 25 … Déjà là, ça me pose problème… Ensuite, j’ai peur d’y retourner, d’attraper le virus. Je ne vois pas comment l’on peut être secure en milieu scolaire… Je n’arrive plus à me projeter… Je n’ai plus envie de rien, je me sens tellement mal… Je n’ose pas voir le médecin de peur qu’il ne comprenne pas… Je ne pense pas retourner au travail, je vais faire des crises d’angoisse et je n’ai pas envie d’être une charge à ce moment-là. Il y a plus important. Je suis perdue et parfois contradictoire, par moment je m’en fiche, je n’y crois pas, c’est un rêve… Puis je reviens à la réalité… C’est vraiment une sensation bizarre… Au début, je pensais ne pas supporter le confinement et aujourd’hui j’ai extrêmement peur de sortir…
J’ai la chance de ne pas avoir encore attrapé le virus, ni mon fils ni mon conjoint… On s’éloigne depuis ce confinement, peur qu’il soit malade, qu’il ramène le virus à la maison… C’est triste…
J’ai le cerveau qui pense à 1000 à l’heure… Du mal à dormir le soir… Réveil tôt…
Je m’accroche à certaines choses, désormais je ne sais plus… Je n’arrive pas à voir loin dans les prochains mois…
Bon courage à tous

Leïa
Aesh
28 avril 2020

Peur au ventre

Je témoigne mais je m’estime chanceuse de, pour le moment, ne pas avoir déclaré de symptômes. Je vis la peur au ventre depuis début mars, j’ai perdu ma maman en décembre (pas du Covid) et aujourd’hui, à part mon conjoint, je n’ai plus personne.
J’ai développé un sur-attachement et une sur-protection envers lui depuis le début du décès.
Je me lève toutes les nuits pour vérifier sa respiration, son pouls.
Aujourd’hui, j’ai la peur au ventre à chaque fois que je me couche. Peur que le lendemain je sois malade.
Soulagée le matin quand je me lève mais c’est une torture psychologique de vivre comme ça.
Ce qui m’angoisse le plus, c’est d’être séparée de mon conjoint à l’hôpital ou dans ces fameux hôtels. Je ne pourrais jamais supporter un éloignement. Toute ma famille est déjà décédée à part ma sœur, qui est une personne grandement à risque que je ne peux pas approcher.
Je vis dans la peur, je désinfecte tout etc. Mais cela sera-t-il suffisant ? Je me bats pour avoir des masques car même si je ne sors pas, mon conjoint lui sort 2/3 fois par semaine en soldat pour nous, et l’envoyer au front sans masque me fait peur. Nous sommes chez son papa de 65 ans et j’ai la trouille toute la journée. Je suis en dépression. Lorsque c’est trop insupportable, j’avale un lexomil mais c’est vraiment très difficile ce contexte, après un décès aussi difficile.
Je peux juste conseiller aux personnes de faire les gestes barrière au moins pour vous-mêmes, vos proches et les autres.
Je suis chanceuse de ne pas être dans la situation de certains témoignages mais je me dis la roulette russe du virus va certainement nous tomber dessus. Pourquoi serions-nous plus forts que d’autres ? J’ai arrêté de fumer immédiatement en passant par la e-cigarette. Je me dis que ça pourra peut-être m’aider à combattre mais quand je vois vos combats et ma très faible endurance psychologique, je me demande comment cela va finir. Je vis la peur au ventre, et je suis méchante et agressive tous les jours. Bon courage aux malades et aux anxieux.

Léa
28 avril 2020

J’ai peur. Peur de cette horrible maladie, peur de cette chose trop petite pour être vue mais qui a déjà pris tant de vies.
J’ai peur pour moi, mais aussi pour mes proches. J’ai peur de l’attraper, peur d’être terrassée, d’autant que j’ai déjà les poumons fragiles. J’ai eu très peur quand on m’a envoyée faire le test de dépistage (heureusement, il était négatif). Chaque partie de moi est touchée par cette angoisse, et par les effets du confinement. Mon état psychologique a sérieusement empiré. J’ai envie de sortir, de prendre l’air hors des 4 murs de ma maison et de mon jardin. Mais pour ça, il faut signer un papier. Je me sens surveillée, épiée, observée. Alors je reste à la maison, je m’occupe tant bien que mal en cousant des tas de masques pour mes proches, en jouant en ligne, en regardant la télé. J’en oublie mes cours, que je devrais suivre pour finir l’année universitaire. J’ai peur, et ça me déprime.
Comme beaucoup, j’ai commencé à tenir un journal, pour ne pas oublier cette crise, et pour me soulager des pensées qui tournent en rond dans ma tête. Moi qui aimais tant me faire chouchouter, voilà plus d’un mois que je n’ai pas pu voir de coiffeur ou de manucure. C’est long, 42 jours. Et il en reste encore un certain nombre à tenir. Je tiens mon journal, quand j’y pense, quand j’en ai besoin.
Je ne suis pas seule chez moi dans ce confinement, mais c’est dur de n’être jamais seul, surtout pour moi qui aime la solitude et le calme.
Il ne faut jamais oublier ce qui se sera produit en 2020, et surtout penser à tirer les leçons qui s’imposeront.

Angélique
28 avril 2020

Tant de symptômes et tant d’angoisse

Bonjour,

Je laisse à mon tour mon témoignage avec mes symptômes car je doutais moi-même de leur lien avec le COVID mais en vous lisant tous, je comprends que c’est bel et bien ce virus qui passe dans tout le corps.
J’ai 30 ans, je suis sportive et sans pathologie particulière.
Mes premiers symptômes ont débuté il y a 5 semaines : légère fièvre, maux de tête, frisson, mal à la gorge de type angine, diarrhée et une mycose.
La fièvre a seulement duré quelques heures, la diarrhée quelques jours puis je vais mieux. Puis arrive ensuite la toux, 15 jours à dormir assise, des gènes respiratoires, puis 4 jours d’intense migraines (et pourtant j’ai l’habitude) mais celles-ci ne partent pas avec un traitement migraineux habituel.
J’ai également eu des sensations de brûlures sous le talon, la nuit seulement, pendant une semaine. Et depuis, je me réveille chaque nuit les jambes ou le bras engourdi, parfois je ne sens plus mon pied et je ne peux plus le bouger, parfois les fourmillements se poursuivent en journée. Je n’ai même pas osé en parler au médecin parce que j’avais peur de “dramatiser” mais en vous lisant je comprends que c’est bien ce virus.
La fatigue a duré presque 4 semaines, tous les jours à 16h j’avais la sensation qu’il était très tard, j’avais besoin de me reposer, je dormais 10h par nuit.
À ce jour, je sens encore parfois une pointe sur la poitrine. Je sais que je ne suis pas encore dans mon état de santé normal et ça me pèse.
Ce qui pèse le plus, c’est l’angoisse que ce virus a amené dans ma vie. Je n’ai jamais ressenti ça avant. Même avec ces symptômes, vous ne passez aucun examen, on vous demande juste de rester chez vous au cas où votre cas s’aggrave. Alors on a peur, on reste seul et on attend. C’est ça la vérité.
Pour moi, le gros problème est de parler uniquement des cas graves mais de nous laisser de côté, nous les cas “modérés”, parce qu’on ne va pas mourir mais est-ce qu’on va avoir des séquelles ? Est-ce qu’on n’aurait pas droit à un suivi hebdo par exemple avec un médecin, pour s’assurer que nous allons guérir convenablement ?

Laura
28 avril 2020

Encore et toujours.

26 mars, retour du travail en pleine forme.
Fin de soirée habituelle avec ma compagne et voilà le moment d’aller se coucher. 10 marches à monter et voilà les 1ers essoufflements.
Malgré le changement de position dans le lit, rien n’y fait. Ce foutu essouflement s’installe progressivement. La sensation que quelque chose ne va pas.
Le lendemain, téléconférence avec le doc. Pour lui, ça ne fait aucun doute que je suis atteint du Covid.
Nous sommes le 27 avril et toujours pas d’amélioration.
Essoufflement, courbatures, crachat ensanglanté, douleur thoracique, fourmillement dans tous les membres, étourdissements, diarrhées, nausées. Tout y passe. J’ai dû encore consulter car même la nuit je ne suis plus tranquille.
Rien à l’auscultation mais à confirmer avec le scanner et prise de sang.
Même si je n’ai que des symptômes dit “bénins”, je sens que le Covid a bien foutu la merde en moi.
J’ai 30 ans, en pleine forme et père de 2 enfants, j’en suis à me demander chaque jour si demain mon corps ne va pas me lâcher.
J’en suis à me demander si je vais revoir mes enfants que je n’ai pu voir depuis 2 mois.
Saloperie de Covid.

Kevin
Fonctionnaire
27 avril 2020

Ça s’en va et ça revient

Tout a commencé le 18 mars. Alors que je révisais mes cours sur mon ordinateur, je me suis tout d’un coup sentie fatiguée. Des maux de têtes sont également apparus. Je me suis dit que j’avais sûrement passé trop de temps sur mon ordinateur et suis partie faire une petite sieste… Une petite sieste qui a tout de même duré plus de 3 heures… Le lendemain, la fatigue et les maux de têtes étaient toujours aussi présents. À cela s’était ajoutées de grosses courbatures au dos. J’ai commencé à trouver cela étrange. Les jours qui ont suivi de nouveaux symptômes sont apparus : légère toux, nez bouché en continu, yeux qui piquent, douleur thoracique et au niveau des reins (sensation de coup de poing) et essoufflement dès que je montais les escaliers de chez moi. Si la plupart du temps ces symptômes ne m’empêchaient pas de continuer à travailler, il y avait tout de même des moments de “crises” : des moments où les douleurs thoraciques étaient importantes, des moments où mon dos me faisait très mal. Je ne savais d’ailleurs plus quelle position adopter. C’était par phases. Au bout d’une semaine, les symptômes ont disparu bien que j’aie continué à avoir le nez bouché. J’étais contente et me pensais vraiment guérie. Après 5 jours sans avoir mal, les symptômes sont réapparus et ont de nouveau perduré près d’une semaine. Pour moi c’était impossible d’avoir le Coronavirus. Je ne toussais pas beaucoup mais surtout je n’avais pas de fièvre. J’avais lu et entendu aux informations que la toux et la fièvre étaient pourtant les principaux symptômes de la maladie. Or moi, j’avais surtout le nez bouché et un grand mal de dos. J’ai donc décidé d’appeler mon médecin qui m’a expliqué que les symptômes du Coronavirus pouvaient varier d’un individu à un autre et que j’en étais très certainement atteinte. Les semaines qui ont suivi se sont toutes ressemblées. Il y avait des hauts, des moments où j’avais l’impression de ne plus être fatiguée, de ne plus avoir mal… et des bas. Nous sommes aujourd’hui le 27 avril et, après une petite semaine sans symptôme, mon mal de dos et les douleurs aux reins ont recommencé, mon nez est toujours bouché… Je suis heureusement beaucoup moins essoufflée qu’au début.
Si je m’estime chanceuse d’avoir développé une forme seulement minime de la maladie, je me demande tout de même quand est-ce que je vais enfin guérir.

Sarah
Étudiante
27 avril 2020

7 semaines et ?

Bonjour à tous,
Toujours pas terminé… 7 semaines. Souffle court, fatigue extrême pour mon compagnon, mon fils de 10 ans et moi. On n’en peut plus. On aimerait voir le bout. Ce virus est cyclique. On espère qu’il disparaîtra du corps.

Sophie
Gérante
27 avril 2020

Mon histoire du Covid : la bataille fait rage

Bonjour,
Je laisse les traces de ma maladie qui m’éteint un peu plus chaque jour…

Le 24 Mars, un mal de gorge prononcé est là…
J’ai pensé à une simple angine… 2 jours après, la fièvre entre en scène, 39-39,5… Toux, oppression thoracique. J’appelle le centre Covid de ma ville qui me reçoit en urgence. Les médecins et le protocole sont parfaits, merci à eux d’ailleurs. Après examen, je peux compter jusqu’à 3 sans tousser… Palpitations, fièvre, douleurs thoraciques. Verdict : Covid Suspect avéré…
« Rentrez chez vous » : confinement obligatoire et Doliprane. 3 jours où j’ai côtoyé la mort… Mon lit h23,30/24… Impossible de manger…

Comme par magie, un matin je me lève, plus de toux, plus de fièvre mais un mal de gorge que j’essaie de combattre avec de l’eau chaude, du thym et du miel en gelée royale. Ensuite le 2 avril, mal à l’estomac affreux… Diarrhée jaune odorante, urine caramel… J’appelle mon médecin généraliste, il me dit « c’est le Covid, c’est lié. Il met le bazar au système digestif ». Il me prescrit du Gaviscon et de l’Omeprazol, super médecin à l’écoute et très professionnel… 4 jours après, rien ne passe, mais se rajoutent à cela des fourmillements constants dans les jambes… À rendre fou… Je dois dormir 4h par nuit maximum… C’est horrible…
Symptômes du corps : pas de toux, légère fièvre 37,5-38c max, respiration à peu près ok, palpitations cardiaques, douleurs à l’estomac et diarrhées jaunes, et surtout fourmillements dans les 2 jambes, assis, allongé. J’appelle Mon médecin en visio, il veut m’examiner de près mais trop fatigué pour y aller. Il me prescrit des bas et un bilan sanguin, aussi des analyses de selle.
Résultat : selles, 0 parasites / le bilan sanguin ne montre rien de bien grave.
2 jours après, suite à ma relance, il me rapelle en fin de soirée et me dit « je suspecte des vascularites ». Il me prescrit des fluidifiants. Encore une fois, ce médecin est très consciencieux avec ses patients, à l’écoute et très humain. Il comprend ma détresse.
3 jours plus tard, nous sommes le 16 avril.  Encore des fourmillements qui s’empirent et ne passent pas. Je le recontacte, il est perdu mais à la fois très réfléchi et surtout aux aguets de chaque information sur le Covid. Il me dit « il faut voir un neurologue rapidement. Je pense que dans le système nerveux central il se passe quelque chose, et ce n’est plus de mes compétences car vos bilans sanguins sont quasi corrects. Il faut en savoir plus et c’est mon devoir que vous alliez mieux ». J’essaie donc plusieurs appels infructueux pour obtenir ce rendez-vous, impossible. Mon état se dégrade et je n’arrive plus à tenir sur mes jambes.
Nous sommes le 21 avril, je suis dans un état à néant : douleurs thoraciques, mal à l’estomac, le cœur en tachycardie et les fourmillements… Je vais aux urgences de ma ville.
Ils me prennent en charge rapidement, avec une ambiance de pro et paisible (merci à eux !). Ils me font un test PCR qui reviendra négatif, (dû sûrement au fait qu’il n’y a plus de virus niveau nasal mais peut-être migré ailleurs. Je ne sais pas.)
Après examen, les jambes n’ont quasi aucun réflexe… Et les fourmillements sont toujours là..
On veut m’hospitaliser en unité Covid, je refuse… J’ai peur et je veux rester avec ma famille.
Ils acceptent et je retourne chez moi avec des médicaments neuroleptiques et des examens dans la semaine (IRM / examens Neuro / et peut-être une ponction lombaire).
Voilà, nous sommes le 26 avril, je suis au lit encore et toujours avec les fourmillements et un mal d’estomac atroce, des douleurs diffusées dans le corps, mal dans la poitrine et l’impression que le cœur va s’arrêter… Comme si chaque organe se détériorait… Mon corps est fatigué. Quand je me lève pour me rendre aux toilettes, l’impression que mes jambes lâchent, qu’elles sont tétanisées…
Je suis détruit, aussi bien physiquement que moralement… A-t-il détruit mon système nerveux central ? Ou bien est-ce autre chose ?
Nous en savons peu sur le virus, les médecins que l’on a au quotidien également.

En tout cas je remercie, quoi qu’il arrive, ce médecin qui m’a suivi du début à la fin, avec beaucoup de compétences, de confiance, de respect et de bienveillance à mon égard.
Et je remercie aussi le personnel hospitalier qui m’a pris en charge aux urgences dans ce contexte actuel alors qu’ils sont exténués.
Merci à vous qui nous soignez au quotidien pour votre écoute, votre respect et votre professionnalisme. Merci aussi aux petits personnels que l’on oublie à l’hôpital (secrétaire, nettoyage et j’en oublie…)
J’aurais lutté pour retracer ma maladie…
La suite demain après l’IRM.

Patrick
Gérant
26 avril 2020

Ma contamination

Bonjour à toutes et tous !
Je voulais partager avec vous mon expérience de contamination au Covid 19.
Contaminé dans le service hospitalier où je travaille, j’ai heureusement pu être dépisté grâce à un test au sein de mon hôpital qui a confirmé la contamination.
Après, il m’a fallu 4 semaines pour retrouver la forme avec même 3 jours d’hospitalisation suite à une surinfection pulmonaire qui a nécessité un traitement antibiotique. Je vous avouerai que quand j’ai dû être hospitalisé, je n’étais pas très rassuré.
Ce qui m’a marqué le plus personnellement, c’est l’extrême fatigue dans laquelle on finit par se retrouver.
Je trouve que le plus difficile c’est l’attente avec tous les symptômes que l’on peut avoir. Moi j’ai eu la toux, la fièvre, la grande fatigue, la perte de goût et pour finir les problèmes dermatologiques.
J’ai déjà eu la grippe dans le passé mais franchement, ce n’était rien du tout par rapport à ces 4 semaines que j’ai vécues.
J’ai repris le travail mais je peux vous dire une chose : c’est qu’à l’hôpital nous ne sommes pas très optimistes sur ce qui va se passer dans le futur. La seule chose qui peut nous sauver, c’est l’existence d’un vaccin mais d’ici là nous n’aurons plus jamais la vie normale que nous avions avant. Mais pour ce virus, ce sera au minimum 18 mois avant de l’avoir.
Mon conseil à toutes et tous : respectez bien les gestes barrière et surtout, à chaque fois que vous vous trouvez dans un lieu avec du public, protégez-vous avec un masque barrière.
Je souhaite bon courage à tous les malades !!

Thierry
Agent Médico Technique Hospitalier
27 avril 2020

Suspicion de Covid

Bonjour, voilà maintenant 1 mois et 10 jours que je suis malade. Tout a commencé le 16 mars, pris par un grand frisson au réveil, très  froid, et le nez congestionné. À partir de là, je ne pensais pas au Covid. Pour moi, c’était un rhume. Puis une semaine passe et là des bouffées de chaleur me prennent toutes les 30s, de 00h a 4h du matin. Je me dis que c’est le stress qui provoque ça. Le lendemain, toujours le nez bouché, puis frisson sur frisson. Et le lendemain, de nouvelles bouffées de chaleur, encore vers 00h jusqu’à 7h du matin. Là je me dis que le stress ne dure pas aussi longtemps. Avec ça, j’ai eu des éruptions cutanées pendant 1 semaine au pied et orteil. Lundi de la 3ème semaine, je suis resté allongé, fatigué et sans appétit. Puis je continue ma semaine en me disant que ça va passer. 4ème semaine, toujours nez bouché (j’ai utilisé du spay nasal, avis du médecin, huile essentielle mais rien). Ensuite la toux arrive, légère. Je me dis que c’est normal puis la toux se fait de plus en plus sentir… Sans être gênante. Avec ça, je dors 4h par nuit car l’insomnie commence à me prendre. 5ème semaine, la toux est moins présente mais se retrouve à être seche mais rare, et j’ai toujours ce nez qui est congestionné, et en plus j’ai une douleur à la colonne vertébrale, puis à la nuque et un peu dans les côtes. 6ème semaine, je suis bloqué de partout. Quand je tourne la tête, je sens des raideurs partout et des courbatures dans le dos… J’attaque ma 7ème semaine et je ne sais pas quand tout ça sera fini ni si c’est le Covid ou autre chose, mais je ne suis toujours pas guéri ni vraiment rassuré.
Bon courage à tous car être confiné c’est une chose, mais quand on est malade et que rien ne s’améliore sans être avec sa famille, ça devient très compliqué.

Aurelien
27 avril 2020

La peur

Bonjour,

Quand on a annoncé ce virus, ma vie s’est arrêtée : peur, panique, crise d’angoisse tous les jours, matin midi, soir, nuit. Plus j’essayais de contrôler, pire c’était. Je me suis rendue à plusieurs reprises chez mon médecin, cachets sur cachets. Rien n’y fait. La peur est toujours là. Ma vie d’avant ne sera plus jamais celle d’après. Je me suis déjà fixé de ne plus jamais sortir de chez moi, même une fois le virus fini. On peut dire que j’ai plongé dans une paranoria où je ne sortirais jamais. La peur est là et je n’arrive plus à rien contrôler. Comment je vais m’en sortir ? Je n’en sais trop rien. Je ne sais pas si des personnes vivent la même chose que moi, très certainement, mais pour ma part je n’en sortirai pas sans dommage. Je me suis renfermée sur moi-même en coupant la télé et tout ce qui ce passe dans le monde.

Rien, plus d’appétit, rien que d’essayer de manger me développe des crises, d’entendre la pub des gestes barrières me déclenche des crises. Et oui, malheureusement ma vie ne sera jamais comme avant.

Odile
Valet chambre hotel
26 avril 2020

Et après

Au début, je prenais tout ça un peu à la légère. Je me disais, avec mon entourage, “cela fait peur mais faut pas non plus que cela en devienne une parano”. Après avoir entendu que les écoles allaient fermer, cette fois-ci ça devenait un peu plus inquiétant. Là où je travaille, en maison de retraite, la direction a pris la décision de fermer l’établissement aux familles pour limiter les risques et le confinement en chambre, sage décision. Il est vrai qu’il y a cette peur au ventre, chaque matin au réveil, d’aller travailler et de se dire de bien faire attention à tout. Les gestes barrière plusieurs fois dans la journée, pour soi, pour les résidents et surtout pour les personnes avec qui on habite… Pour ma part, je vis avec ma maman qui a des problèmes de santé donc encore plus d’appréhension. Deux personnes interviennent, chacune leur tour, le temps que je travaille donc des risques supplémentaires. Masque et gel hydroalcoolique sont bien sûr à leur disposition et toute une mise en place pour une désinfection régulière des mains, poignées, etc. Ça en est devenu presque un toc car à mon retour du travail, je redésinfecte, ainsi que télécommande, etc. Le Siad de mon village intervient également mais, du fait de leur métier, elles connaissent les règles d’hygiène (du moins j’espère lol).
Une fois sortie de mon travail, je respecte comme de nombreuses personnes le confinement. Je dis nombreuses et pas tout le monde car, non, toutes les personnes ne le respectent pas.
Avec attestation à l’appui, je vais chercher mes courses au drive, pharmacie et voilà. Comme beaucoup, la famille, les proches nous manquent mais c’est ainsi. Nous n’avons pas le choix. Moins il y a de contacts, plus le risque est moindre.
Mais qu’en sera-t-il à partir du 11 mai ? Plus la date approche, plus j’ai peur. Moi, je ferai toujours très attention et je pense qu’on gardera pour certains ces gestes barrière, la distance, etc.
Mais quand est-il des autres ? Les bises, poignées de main, etc. Les gens feront toujours aussi attention ? Vont-ils relâcher la pression, oublier ? Je pense que oui, pour un pourcentage de gens. Vu qu’aujourd’hui un nombre de personnes ne respecte déjà pas les consignes. Avec le nombre de morts en France et partout dans le monde, les cas très graves, ceux qui ont échappé de justesse et les autres, c’est un virus qui fait plus que peur. Donc oui, l’après me fait peur car le fait d’être confiné, nous sommes un peu comme dans un cocon : peu de contact, moins de risque. Mais après le confinement, tout le monde va se retrouver et là c’est quand même l’interrogation. Va-t-il y avoir une deuxième vague ? Sera-t-elle encore plus grave ? Énorme merci pour toutes les personnes qui ont donné du 100 % aux malades, tous métiers confondus, et toutes les personnes qui ont travaillé de près ou de loin dans des conditions pas forcément bien pendant et après cette période de Coronavirus. Prenons soin des uns et des autres, en continuant les gestes barrière et le reste.

Sandrine
Agent d'entretien en EHPAD
26 avril 2020

J’ai la rage parce que les responsables de ce qui nous arrive sont les promoteurs d’un monde que nous ne voulions pas. Ces promoteurs de ce monde que nous ne voulions pas nous ont fait flirter avec des régimes politiques infréquentables, génétiquement nuisibles, violents jusqu’à la moelle. Nous serions dans une démocratie, dans une contrée libre, et pourtant c’est le totalitarisme que nous combattons depuis notre Révolution française qui aujourd’hui nous assigne à résidence et nous prive de nos libertés fondamentales. JAMAIS dans leur histoire tumultueuse les habitants de France n’ont été séquestrés comme ils le sont aujourd’hui. La cage est dorée, on mange, on boit (plus que de raison), on se distrait avec le multimédia, le ciel est bleu. Et puis aussi, nous sombrons dans une dépression inexorable, même si nous essayons de nous remonter le moral. Alors oui ! J’en veux à tous les chantres de cette économie folle qui nous obligent à mettre à la casse nos matériels et équipements pourtant en état de marche au nom d’une surconsommation, j’en veux à tous ceux qui ont joué avec le feu, j’en veux à tous ceux qui ne nous laissent aucun espoir. Parce que demain, si nous arrivons à nous libérer de cette saloperie, ils reviendront comme si de rien n’était. Ils ne connaissent ni la honte, ni la gêne, ni le remord. Ils seront simplement à nouveau présents pour décider à notre place de ce qui est bon pour eux. Ils seront à nouveau présents pour distiller le cynisme, l’ineptie, la réinvention de l’économie, de l’écologie. J’ai la rage parce que j’ai 60 ans et que je me souviens de mes 20 ans, et que je vois notre fille et notre fils de 26 et 23 ans et leurs ami(e)s qui sont en train de perdre le meilleur moment de leur vie, qui sont en train de commencer à parler de vie d’avant… J’ai la rage et aussi une grosse envie de pleurer.

Laurent ROUILLOT
Ingénieur en informatique
26 avril 2020

Retour d’expérience d’un intermittent du spectacle confiné

Le 17 Mars dernier, comme beaucoup d’intermittents du spectacle, nous avons été très vite confinés. Soucieux de notre protection et de notre santé, j’ai décidé de modéliser et d’imprimer un masque pour chaque personne de ma famille. Dès notre première sortie en public, devant le flot de questions de la part des personnes que l’on croisait, j’ai vite compris l’intérêt que les gens portaient à l’égard de ce masque. Je rappelle qu’à cette époque les autorités sanitaires clamaient son inutilité. Pourtant, une réelle demande de la part du public existait, en leur apportant un sentiment de protection supplémentaire durant les déplacements autorisés par le confinement : l’idée était donc à creuser.

Ceux qui me connaissent savent que je suis adepte de l’impression 3D par dépôt de filament. J’ai commencé à imprimer des masques de type FFP2 qui sont composés de 3 parties : une structure et 2 grilles contenant la masse filtrante. Cette masse filtrante est fournie en pharmacie et garantit une filtration des microparticules et micro-gouttelettes jusqu’à 99,9%. La structure quant à elle, de par sa forme générique, épouse parfaitement toutes les morphologies de visage (homme, femme et enfant).

Le 2ème élément qui m’a poussé à m’y intéresser davantage était la pénurie des masques en milieu hospitalier. Le prototype était prêt, les imprimantes aussi. J’ai donc entrepris d’imprimer quelques dizaines de masques offerts à des hôpitaux de ma région pour valider sa réelle utilité.

Très vite, ce type de protection a rencontré un très grand succès et la demande se faisait de plus en plus pressante. La réalisation de chaque masque prenait environ 4h30 et consommait énormément de filament 3D, produit qui devenait de plus en plus difficile à trouver compte tenu du confinement.

Pour élargir la diffusion de ces protections, il fallait optimiser le process. Un 2ème prototype a donc été modélisé, celui-ci est inspiré des visières intégrales pour le visage. La consommation de filament était considérablement réduite et le temps de fabrication n’était plus que de 20 minutes par unité. Le dernier avantage était que cette visière protégeait à la fois les voies respiratoires et les yeux. L’objectif était atteint. Une deuxième vague de distribution en milieu hospitalier et pharmacie a pu être faite. Sachant que ces masques répondaient à une norme ISO validant son utilisation par le corps médical.

Très gros succès, puisque 120 masques par jour sont produits et que le stock est en flux tendu. La distribution s’est donc étendue à certains médecins de ville, aux maisons de retraite, aux pompiers, mais aussi à tous mes voisins et aux livreurs.

Est apparue une difficulté pour se procurer le filament essentiel à la fabrication des visières 3D. Je suis donc entré en phase de recherche de sponsors et de mécènes pour me procurer cette denrée devenue rare. Certaines marques de filament 3D ont répondu présentes à mon appel, en m’offrant quelques bobines. Le Conseil Général de mon département à lui aussi entrepris de m’accompagner en activant ses réseaux et en me fournissant lui aussi des bobines de filament 3D.

Avec près de 300 masques et 2000 visières, j’ai le sentiment de participer à l’effort collectif pour la lutte contre le COVID19. Le fait d’avoir sans doute évité à quelques personnes d’être contaminées est aussi très gratifiant. Tout ceci grâce aux nouvelles technologies et aux nouveaux outils numériques. Enfin, dernier point ECOLOGIQUE à souligner, les filaments 3D que j’utilise sont composés d’amidon de maïs, 100% biodégradables, et n’utilisent aucun dérivé pétrolier.

Voilà pour mon retour d’expérience durant le confinement. L’aventure n’est pas finie, je vous propose de liker et de partager cette publication afin d’inspirer d’autres makers à reproduire de leur côté.

Pour ceux qui souhaitent participer à l’achat de filament :
http://www.leetchi.com/c/visieres-3d-soignants

Jeff FreeMAN
Intermittent du spectacle
26 avril 2020

Quand on ne se méfiait pas du Covid

Tout a commencé le jeudi 5 mars pendant mes vacances, avec un léger mal de gorge et le lendemain une légère fièvre 38°c. Rien de dramatique puisqu’on disait que le Covid était une grippe et que, quand j’ai une grippe, j’ai très facilement 41 de fièvre, donc aucune inquiétude. Je continue ma vie pensant que c’était un coup de froid.
Les jours passent et mon état se détériore. Légère insuffisance respiratoire, je sais que mes petites bronches sont mortes, que je fais de l’asthme à l’effort et que je fume beaucoup trop, alors je ne panique pas. Je prends sur moi, fais des exercices respiratoires et me soigne avec des produits bio (bouillon blanc et Sinuflor pour ceux qui connaissent). Traitement que j’ai arrêté puisque mon état ne s’améliorait pas.
Je reprends le boulot toujours mal, sensation de malaise, pique de fièvre mais jamais très élevé, essoufflement, vision trouble, et j’entends très mal. Mon patron me demande d’aller voir le médecin par précaution.
Le lundi 16, j’y vais. Plus d’une semaine s’est écoulée. J’explique mes symptômes et il me met en soupçon de Covid19, même si certains symptômes ne correspondent pas, avec comme seul traitement du Doliprane.
Et puis le lendemain, on annonce le confinement. Plus les jours passent, plus mes symptômes diminuent lentement mais sûrement. Je ne suis toujours pas persuadée d’avoir eu le covid19 puisque que certains de mes symptômes ne correspondent pas (problème avec les yeux et les oreilles) mais je maintiens les gestes barrière malgré tout par précaution.
Et puis un jour, on entend que les anti-inflammatoire naturels ne font pas bon ménage avec le Covid, ce qui explique que mon état se soit aggravé. Puis on vous dit que le cerveau est attaqué avec plusieurs symptômes et là vous commencez à y croire. Et puis vous vous rappelez soudainement que pendant quinze jours vous avez un peu plus assaisonné vos plats qui pour vous étaient normaux mais pour votre conjoint un peu surchargés. Et là vous faites la relation avec la perte de goût même si elle n’était pas totale…
Maintenant, je vais beaucoup mieux. Je ne cache pas que j’ai eu peur les moments où ma respiration était insuffisante mais j’ai tenu le coup.
J’attends avec impatience de faire un test sérologique pour vérifier que c’était bien le Covid.

Tout ça pour dire : ne prenez pas cette maladie à la légère mais n’en faites pas une psychose quand même.
Si pour vous elle n’a pas eu d’effet ou très peu, pensez aux personnes fragiles, car malheureuses. Aujourd’hui encore, alors qu’on parle de masques obligatoires, il y a encore beaucoup trop de monde qui ne respecte pas les gestes barrière.

Charlotte
Patissiere
26 avril 2020

Un peu d’optimisme !!!

J’ai lu plusieurs témoignages sur ce site (qui est une excellente initiative locale) et la plupart font état de la souffrance, de l’incompréhension, de la solitude et surtout… de la PEUR ! qu’ils ressentent.
Aussi, j’aimerais apporter une note d’optimisme par mon témoignage.
Nous assistons actuellement à une mondialisation de la peur. Cette peur qui oblige les individus à accepter l’inacceptable, à se laisser aliéner avec une des principales causes : la perte totale de nos repères. La peur qui nous empêche de RESPIRER. Il est temps de se reprendre en main pour redevenir le capitaine de notre vie. Alors pour éjecter cette peur qui nous est distillée tous les jours via les
médias, je pratique la Respiration Consciente.
Grâce à la Respiration Consciente, nous rechargeons notre batterie. Notre corps retrouve ainsi son incroyable capacité d’adaptation aux agressions internes ou externes, mais aussi son grand pouvoir d’autoguerison.

Alors HAUTS LES COEURS et n’hésitez pas à mettre en place ce que j’appelle une Politique d’Egoïsme salvateur. Ainsi vous n’aurez plus peur
et aurez la force de soutenir vos proches et vous mêmes 🙂

Bon courage à tous et gardez confiance, on va s’en sortir

Marie RIGAUD
naturopathe - coach minceur et diététique
23 avril 2020

Suspect Covid

Je voudrais tout d’abord vous remercier pour la création de ce site. J’aurais souhaité y écrire avant mais je n’en avais pas la force. Je voudrais témoigner pour les malades suspects Covid qui doivent rester à domicile et souffrir en silence. Je comprends qu’il y ait des cas prioritaires pour le 15 et les urgences, mais je vous jure que ce qu’on vit avec le Covid c’est juste une horreur. Non seulement vous souffrez mais, en plus, beaucoup de soins vous sont fermés car vous êtes suspect Covid : pas droit à une radio, à un scanner, le 15 juste si vous êtes en train de mourrir.

Tout a commencé pour moi le 29 mars. Je ressens toute la journée une espèce d’oppression qui m’empêche d’inspirer, à tel point que je compose le 15 en fin de journée mais là on me répond que c’est sûrement de l’angoisse car j’arrive à parler sans être essoufflée. Je prends rdv avec mon médecin en visio pour le lendemain, et là elle me dit que j’ai sûrement le Covid. Je lui explique cette oppression et cette difficulté à inspirer. Puis les jours s’enchaînent : maux de tête, légère fièvre 38, diarrhée et vomissements. J’ai fait deux malaises car mon corps était fatigué et mes gênes respiratoires m’angoissaient. J’ai dû appeler le 15 à ces deux reprises, et j’ai été assez mal reçue, comme aux urgences, car je ne suis pas un cas grave. Mais moi je souffre aussi et je suis humaine.

Ça fait maintenant 4 semaines que je traîne cette gêne respiratoire, je n’en peux plus. Mon médecin m’a prescrit de la ventoline, de la vitamine C et du Doliprane mais rien n’y fait. Sur 4 semaines, j’ai dû avoir quatre jours où je me sentais mieux. Sans être testée, on se demande si on n’a pas autre chose, on vit avec l’angoisse de ne plus respirer. Mercredi dernier, j’en ai eu assez. Je suis allée de moi-même aux urgences d’un autre hôpital où j’ai été entendue et le médecin m’a prescrit un antibiotique. J’espère que je vais bientôt aller mieux, cela fait deux jours que je le prends. Voilà tout ça pour dire que, oui, il y a les personnes hospitalisées mais il y a aussi toutes les personnes qui souffrent chez elles sans beaucoup d’aide. Moi j’ai l impression que j’ai un alien qui s’est attaqué et attaché à mes poumons et qu’il ne veut plus en décoller.

Samedi, je vais avoir 46 ans.  Mon plus beau cadeau serait de pouvoir souffler mes bougies en bonne santé. Je souhaite bon courage aux gens hospitalisés, aux personnes qui souffrent chez elles et à chacun pour dépasser cette période difficile. Merci encore pour ce site qui permet aussi d’expliquer que les infos de la TV, ce n’est pas tout à fait la réalité et que cela ne dure pas que deux semaines, enfin pour certains, et que c’est une vraie souffrance pour les proches aussi.
Bon courage à tous et merci aux personnels soignants qui restent à l’écoute des patients, mais dans ce contexte ils ne sont pas tous aimables non plus. Je ne leur en veux pas car ils risquent leur vie et celle de leur famille mais nous perdons aussi beaucoup d’humanité il me semble.

Cecile
Educatrice
23 avril 2020

Aggravation ou non ?

J’ai 27 ans, je suis donc jeune et en bonne santé, beaucoup de sport, pas de tabac.
Après l’allocution de Macron le 13 mars, un violent mal de tête me prend et me force à me coucher tôt. Le lendemain, j’ai une barre sur la poitrine. C’est le début d’un long cheminement.

Je prends contact avec mon médecin le jeudi 16, je respire mal, j’ai mal aux poumons. Partout sur internet, mes symptômes sont cités comme étant les plus graves, nécessitant d’appeler le 15. Pour mon médecin, c’est un symptôme courant, je dois surveiller. Mon état ne s’arrange pas la semaine passant. J’ai peu d’autres symptômes associés : pas de fièvre, seulement cette barre, beaucoup de fatigue, un teint blafard et quelques migraines.
Je décide tout de même la semaine suivante de consulter physiquement un médecin. L’absence d’autres symptômes lui fait douter d’un COVID mais j’ai un sifflement au poumon droit, il faut faire une radio. Il pense à une grosse bronchite bactérienne que l’on pourrait soigner. Bien sûr, la radio ne donne rien excepté un “encombrement des bronches”. Le COVID ne se voit pas à la radio, ou alors s’il se voit, c’est dans des cas gravissimes. Il faudrait faire un scanner mais il m’est déconseillé : trop irradiant, et puis quand bien même ce serait un COVID, on ne pourra rien faire de plus. Retour en case départ “à surveiller et recontacter si aggravation”.

Je crois qu’au-delà des symptômes, c’est cette épée de Damoclès constante de l’aggravation que l’on porte sur nos épaules qui est le plus fatiguant. C’est passer ses journées à s’auto-checker en se disant “est-ce pire qu’hier ? Est-ce que ce sera pire demain ?”. C’est une situation étrange où, en temps normal, nous serions pris en charge et soignés, rassurés, accompagnés mais la crise nous laisse très seuls, pas assez bien pour être en bonne santé, pas assez grave pour être pris en charge. Même si je comprends que la priorité ne soit pas donnée à quelqu’un comme moi et que quelqu’un d’autre de plus malade la mérite plus, c’est très anxiogène. Je me demande régulièrement si l’aggravation me mettra en danger, car prise trop tardivement, ou si je vais avoir la chance de passer entre les mailles du filet. Il ne me reste donc qu’à attendre et “surveiller”.

En tout cas, je n’oublierai jamais.

Bon courage à tous

Marion F.
23 avril 2020

Covid ???

Bonjour à tous,
Tout d’abord merci au créateur de ce site, cela fait un moment que j’aurais dû témoigner !
Comme vous indique mon titre, covid oui ou non, je vous explique :

Début mars, je me mets à tousser. Jusqu’ici pour moi, rien d’anormal. Nous sommes dans les périodes de grippe. De plus, j’ai été soignée il y a un petit mois pour une bonne pharyngite, je ne m’inquiète pas. Mais ma toux devient de plus en plus pesante, me laissant une douleur dans les poumons et, quand je ne tousse pas, j’ai des points dans la poitrine. À ce moment, l’Italie est en plein pic de l’épidémie Covid, et j’ai peur d’avoir des symptômes mais je me dis aussi que c’est peut-être juste parce qu’on en parle beaucoup à la télé. Nous sommes le 17 mars et je prends tout de même rendez-vous chez mon docteur.
Et là, il m’annonce “suspicion Covid”. Il ne peut pas me faire de test et je n’en aurai jamais d’ailleurs. À ce moment, je pense à ma famille que j’ai vue 15 jours plus tôt, mes parents qui se trouvent dans la moyenne d’âge la plus fragile et qui ont tous deux des soucis de santé, mes sœurs. Bref, l’inquiétude était plus pour mes proches que moi ! Nous vivons mon mari et moi avec notre fils de 13 ans, et ma belle-mère qui a des soucis de santé également. D’ailleurs, mon mari sera lui aussi suspect Covid.

Les dix premiers jours n’ont pas été simples : pas de fièvre, un petit 38.5 pas difficile à supporter. Le plus embêtant, ce sont les douleurs au niveau de la nuque et les douleurs aux poumons. Le pire, c’est cette toux qui vous arrache les poumons, peur de tousser à chaque fois que j’en avais besoin.

Puis, un peu moins de 15j après le supposé diagnostic, je fais un gros effort à la maison et là, il ne m’était plus possible de reprendre mon souffle. Cette sensation que vous ne pouvez plus respirer comme si on vous serrait la gorge. J’arrive à me calmer et mon souffle revient doucement. Mon mari me harcèle pour que j’appelle le 15, je finis donc par le faire !

J’appelle, j’explique, et on me dit “un médecin vous rappelle” ! J’attends. Au bout d’une heure, le téléphone sonne. Je réexplique, mais voilà, je n’ai que 36 ans, pas de maladie, apparemment en bonne santé donc non je n’aurai pas droit au test, j’aurai juste droit à : “vous avez tous les symptômes mais vous avez l’air d’aller bien, donc rappelez-nous lorsque vous aurez les lèvres violettes” ! Vous êtes à la fin de la maladie et c’est à ce moment qu’il faut être le plus vigilant.
Ok mais comment ? On me laisse comme ça !

Nous sommes entourés d’amis sapeurs-pompiers et l’un deux est venu pour prendre ma saturation, tension, etc. Et ce suivi, je l’aurai grâce à lui !
Nous avons décidé d’acheter l’appareil pour ne pas l’exposer lui, et c’est nous qui allons le faire tous les jours jusqu’à ce que ce soit terminé !

Voilà pour le gros de mon histoire, une énorme fatigue, des courbatures et une affreuse toux ! Loin de tous les symptômes qu’ils disent à la télé…
Aujourd’hui, nous sommes le 22 avril 2020. J’ai perdu énormément de souffle mais ça revient doucement. Nous sommes toujours confinés. Je reprends le travail le 27 et ma seule crainte, c’est de l’avoir une seconde fois. Je pense qu’il y a énormément de personnes qui l’ont eue, cette saleté, mais qui ne rentreront jamais dans les statistiques par manque de tests !

Merci de m’avoir lue et j’espère que mon témoignage aidera !

Aurelie
Décoratrice horlogerie
22 avril 2020

Positive au COVID début janvier ?

Bonjour à tous,
Je voudrais vous raconter ce qui m’est arrivé début janvier et je suis intimement persuadée que le COVID était là bien avant.

Dernière semaine de décembre, semaine du nouvel an, je pars en Andorre avec des amis et mon conjoint qui toussait beaucoup à ce moment-là . Milieu de semaine, je commence à tousser à mon tour, un peu de Toplexil et du Doliprane mais rien n’y fait. Je suis migraineuse alors je décide de prendre du Ketoprophene.

Le jour suivant, fièvre, j’ai chaud, j’ai froid… Ma tête me fait un mal de chien, impossible de porter un pull, ma peau a mal, je tousse toujours autant, je me mouche. Je suis asthmatique chronique alors j’ai déjà un peu de mal à respirer… Je pense à la grippe.

Le 3 janvier au soir, nous décidons d’aller dîner au restaurant pour fêter mon anniversaire, à 00h le 4 janvier initialement. Je suis debout, je ne sais même pas comment… Une grosse sensation de malaise m’envahit, je suis obligée de sortir. Je re rentre, j’essaie d’avaler quelque chose mais rien ne va vraiment. Je rentre.

Le 4 janvier , c’est mon anniversaire, 25 ans 🎉 Nous rentrons en France afin de le fêter avec ma famille. Mon conjoint tousse toujours autant et avale du Toplexil tant qu’il peut.
Le 4 janvier au soir, le repas de mon anniversaire se passe. Je suis là sans être là, je me sens vraiment mal mais je respire.

Le 5 janvier au matin impossible de respirer, ma ventoline ne fait aucun effet. J’essaie de ne pas m’inquiéter. Je finis par appeler ma maman (j’essaie parce que je ne pouvais presque pas aligner 2 mots) qui vient chez moi et décide d’appeler le 15. Je lui dis “ce qui m’inquiète, ce n’est pas de ne pas respirer. C’est d’être malade ET de ne pas respirer”. J’essaie tant bien que mal d’expliquer ma situation au 15 qui me soutient que je dois aller rapidement aux urgences… Ils ont également appelé l’hôpital afin de prévenir de mon arrivée. J’essaie de me convaincre que ça va passer… Mais je m’étouffe 2 fois… Mon nez saigne. Quand je tousse, j’ai l’impression que mes poumons se décollent (je ne fume pas), j’ai mal.

Le 5 janvier au soir : j’arrive à l’hôpital. Je me dis que je vais avoir le masque à oxygène et que, d’ici 3 heures, je serai dans mon lit… Je suis immédiatement mise sous oxygène par le nez puis par le masque.
Perfusion , puis gaz de sang (piqûre dans l’artère pour mesurer le taux d’oxygène). Le résultat tombe : 89% d’oxygène… Je suis en insuffisance respiratoire aiguë… Le médecin me dit que si j’étais venu 2 heures plus tard, ils n’auraient rien pu faire pour moi (joyeux 25 ans à moi hein !). Il l’annonce à ma maman qui passe par toutes les couleurs possibles et doit sortir.

On m’annonce que je vais devoir rester, puis, 1 heure plus tard, que je suis transférée dans un service de réanimation continue à Bordeaux !!
Le médecin urgentiste me dit “tu vas devoir y rester un peu, c’est très grave ce qui t’arrive. Nous sommes obligés de te transférer là bas”. Je suis transférée dans ce service dans la nuit.

Arrivée à Bordeaux, prises de sang, écouvillon dans le nez, test où il faut souffler dans un tube pour mesurer la respiration. Tout cela tous les jours ! Je suis sous oxygène. Je fais 2 crises d’asthme.
3 jours après : le médecin du matin me dit que je vais rester ici. Le médecin de l’après-midi me dit que je vais sortir… Je refais une crise devant lui mais je sors… Je demande à avoir mes résultats au vu du nombre de prises de sang que j’ai eues… Ils me disent qu’ils vont m’appeler…

Je rentre chez moi avec des corticoïdes. Mon papa vient me chercher, je suis incapable de marcher vite, je m’essouffle, je suis incapable de tenir debout plus de 2 h… Je ne peux pas parler normalement sinon je m’essouffle.

Le soir, ils m’appellent : nous avons des résultats. Vous n’avez pas la grippe mais il y a bien une infection . C’est un virus respiratoire de type SRAS. Ok… Mais je n’ai jamais reçu mes résultats papier.
Je pense en toute transparence qu’ils avaient besoin de place en réanimation, ou qu’ils ne savaient pas encore, ou bien qu’ils ne savaient pas comment le soigner.

J’ai vécu un enfer les 2 semaines suivantes… Je ne faisais que dormir, je ne pouvais pas me déplacer, conduire, marcher? J’étais clouée au lit.

Je ne peux à ce jour toujours pas récupérer mes résultats à l’hôpital. Je ne peux plus faire de sport de type course à pied… Je suis traumatisée par les mots qui ont été employés : “vous auriez pu mourir”.

Mel
Décoratrice d’intérieur
21 avril 2020

Mamie

C’était il y a quelques jours à 20h… Ma grande, pas encore 4 ans, « va-t’en virus, je veux retourner sur la route…! »

Elle ne savait pas ton combat, elle ne savait pas que quelques jours après, en ce samedi matin, tu allais partir avec ce foutu virus, toi, son arrière-grand-mère.

Condamnée comme tant d’autres, je lis tellement de messages comme le mien depuis tant de jours.

Le personnel de ta maison de retraite mérite durablement toute la reconnaissance nécessaire. Ils auront été, avec leurs moyens, ton dernier regard.

J’ai lu, il y a quelques jours, qu’il était conseillé d’être médecin ou expert pour s’exprimer sur la situation. Je clame qu’être humain suffit pour réclamer de l’humanité.
Derrière les chiffres, les inflexions de courbes et les satisfactions relatives, il y a des visages, souvent marqués par une vie de labeur, qui s’éteignent loin de nous.

Non, le sujet du moment n’est pas de savoir qui aurait fait mieux ou pire, mais nous, les vivants, devons aujourd’hui ne pas fermer les yeux, regarder en face la situation et témoigner.

Ce message n’a qu’une volonté, je ne peux pas me résoudre à rajouter le silence à ta solitude finale.

Alors mamie, je crie pour toi : « dirigeants, puissants, experts ou autres visionnaires aux discours évolutifs en grippette, allez tous vous faire aimer, mais vraiment ! »

Frederic
21 avril 2020

Mes journées…

Bonjour, je m’appelle Audrey et mon quotidien a basculé depuis que je suis confinée chez moi… Basculé en bien car je ne travaille plus dans mon magasin et le temps libre que j’ai me permet de profiter de mes enfants, leur apprendre les règles d’hygiène, etc.
On espère toutefois vite retrouver papi et mamie bien-sûr 🙏

Audrey
Vendeuse
20 avril 2020

La vie, autrement…

Bonsoir, je suis électricien en Suisse et aucune mission ne m’est pour le moment attribuée. Je suis donc à la maison et je lutte chaque jour contre la propagation du virus. Je m’occupe en jardinant avec ma femme et mes enfants. J’adresse tout mon soutien et mon respect à toutes les personnes en 1ère ligne, notamment les aides soignant(e)s !

Soyez forts, courageux, on est tous avec vous 🙏

Mounir
Électricien
20 avril 2020

Merci !

Je m’appelle Ilyes et cela fait plusieurs fois que je témoigne mon quotidien sur “Génération Covid”.
Mon quotidien est toujours le même, à la maison ! Je m’occupe comme je peux. Les cours étant terminés pour 2 semaines, je profite du soleil sur ma terrasse.

Mais cette fois-ci j’aimerais remercier la personne à l’initiative de ce site internet si bien pensé… Je suis certain que ça fait du bien à beaucoup de monde d’écrire, de partager et de se faire entendre à travers le net !😁

Alors vous aussi qui lisez, venez témoigner avec nous ❤

Ilyes
Étudiant
20 avril 2020

Belle organisation

Je travaille dans un centre dit FAM et FH (handicapés) et l’organisation anti Coronavirus a été très efficace, mise en place par la direction. On parle des EHPAD mais pas de ces centres APREH ??? Alors qu’un travail considérable a été mis en place.

Dominique Dechamps
Kinésithérapeute
20 avril 2020

Une épreuve, un fléau

Confiné chez moi depuis le 16 mars 2020, je regarde le temps passer. Mes loisirs m’occupent : créer de la musique, jouer de la musique, jouer à la console, regarder des séries, aller travailler de temps en temps, penser au télétravail, faire ses courses (avec des gants) enfin c’est vivre… Autrement mais aussi vivre, simplement ! Je ne pense plus au lendemain, je pense au temps présent à la seconde près. Je respire l’instant.
C’est alors que je me souviens des épreuves que j’ai traversées. Je me dis que celle-ci devrait nous changer, changer la manière de voir nos vies, changer notre société, nos cultures, nos méthodes. C’est une remise en question, une prise de conscience. J’espère que nos dirigeants changeront… Pure utopie ! Mais ça fait du bien.

Lorsque la Chine avait annoncé “ses quelques cas”, j’avais pris des mesures. J’ai envoyé chier (pardon du terme) mes collègues à qui je refusais de serrer la main, pris des distances. J’étais pris pour un fou mais aujourd’hui c’est du sérieux ! Prendre à la légère celui-ci, c’est ne pas l’affronter en face, juste fuir la réalité. Alors que, de toutes les manières, nous devrons y faire face. Et on le constate tous les jours.

Il m’arrive de regarder 5 min ces chaînes d’info en continu (je ne crois qu’aux affirmations de l’institut Pasteur) qui nous injectent encore pleins d’anxiogènes. Arrêtez de regarder ces chaînes, nous n’avons pas besoin de ça !

Dur de ce faire une opinion, dur d’avoir une certaine logique. J’ai personnellement choisi : pas de reprise au travail si pas de tests et de mesures strictes !
Nos vies sont plus importantes qu’une économie ! Sans nous, pas d’économie. Sans personnels de santé (ASH, infirmiers, médecins), pas de vies sauvées. Mesurons-nous l’importance aujourd’hui ? J’espère que oui.

Je peux tenir en état de confinement, ceci ne me dérange pas dans mon petit T2, seul, mais avec un animal de compagnie, qui j’avoue, m’aide. Bien que j’ai une maladie chronique, j’ai espoir que nous sortirons de cette épreuve ! Si ce n’est pas moi, cela sera d’autres ^^

Garder le contact avec les gens que nous aimons, rester combatifs, disciplinés, ne pas s’en faire. Positivons !

Etienne P.
Comptabilité
19 avril 2020

Positive au Covid, 21 jours plus tard

Comme j’ai du mal à trouver des témoignages, je vous fais part du mien… Le 24 mars, j’ai une sorte de pharyngite, une douleur très précise et agaçante dans le pharynx, rien de plus. Je ne m’inquiète absolument pas.
Dans la nuit du 27 mars, je monte à 39,8 de fièvre… Le lendemain, je prends du Doliprane. J’ai mal à la tête, au ventre, je ne tousse pas. La fièvre redescend et mardi 31 mars, je crois que c’est fini, toujours pas inquiète…
Toujours la douleur au pharynx. Jeudi 2 avril, la fièvre revient à 39,8. Je me rends chez mon médecin à moitié hagarde, il me dit que c’est peut-être le Covid, prescrit du Doliprane. J’ai toujours mal au ventre, il me donne du Spasfon, mais je ne tousse pas, donc pas inquiète… Samedi 4 avril, le Doliprane n’agit plus, je reste en permanence à 39, 8 (8ème jour) et je n’arrive plus à manger, je suis épuisée. Mon médecin veut que j’appelle le 15 (on est alors dimanche 5 avril). On m’envoie un médecin qui diagnostique une infection des poumons (sans que je tousse) et me prescrit Augmentin + Azithromycine (deux antibio)… Je les prends et je fais un malaise, je rappelle le 15. Le second médecin me dit de persévérer en diminuant les doses. Lundi, je reprends les antibio, et tout à coup je respire mal. Je rappelle le 15 et là tout s’enchaîne très vite : mise sous Oxygène, test Covid positif, scanner des poumons “très mauvais”. On m’hospitalise, j’ai enfin peur, je pense que je vais y rester… La fièvre est tombée… 4 jours sous oxygène, arrêt des antibio, aucun traitement sauf oxygène et anticoagulants…
Le vendredi 10 avril, 14ème jour depuis la première poussée de fièvre, je rentre chez moi, totalement épuisée, mais sans fièvre et je respire à peu près.

Nous sommes aujourd’hui le 19ème jour. Je suis de moins en moins fatiguée mais j’ai l’impression de continuer d’abriter un alien. J’ai toujours la douleur au pharynx, je m’essoufle vite, j’ai de temps en temps un mal de ventre + diarrhée, j’ai des gercures autour de la bouche… Presque 3 semaines, quand est-ce qu’il va partir, je voudrais guérir !!

Castel
Animatrice
15 avril 2020

Touche PAUSE

J’éprouve tout de suite une grande liberté dans ce confinement ! Tout le champ des possibles est ouvert. Bizarrement, être à la maison c’est être plus libre qu’à l’extérieur. Libre de se lever à l’heure qu’on veut, libre de satisfaire ses besoins naturels qui ne sont plus dictés par des horaires de travail, libre de ne rien faire sans culpabiliser, libre d’organiser son temps…
Moins de stress, je ne cours pas partout, je n’enchaîne pas les tâches, pas de charge mentale, je ne m’inquiète plus d’arriver en retard au travail à cause des embouteillages, je ressens une espèce de plénitude.
Du temps pour soi, du temps pour les autres, du temps pour cuisiner, nettoyer, ranger, rêver, se reposer, lire, écouter, faire du yoga, du sport…
Je trouve que cette situation que l’on n’a pas choisie nous apporte tellement qu’égoïstement j’aimerais qu’elle dure (enfin pas trop quand même !!!)
J’aimerais que la vie ne reprenne pas comme avant, que ce moment de pause nous ait changé en mieux pour mieux consommer, mieux vivre, mieux prendre soins des autres… Si seulement…

Brigitte
Prof EPS
15 avril 2020

BATTRE COVID 19

En tant qu’artiste et entrepreneur dans le milieu musical, je ressens particulièrement les effets du virus sur notre économie.
Je pense qu’il faut rester debout, positif et combatif face à cette difficile période et surtout remercier et faciliter le travail de ceux qui sont en première ligne face à cette épidémie ! Restez chez vous, sauvez des vies (votre vie). #peace

$ofiane Seddiki
Musicien et multi entrepreneur
15 avril 2020

Le confinement. La distanciation sociale.

Le confinement. La distanciation sociale. Pour une jeune fille de 17 ans dépendante affective, ces mots font peur.
À l’annonce du confinement par notre Président, je n’ai pas été surprise. Je m’y attendais, mais ça m’a laissé un goût amer malgré tout.
Dès lors, les jours ont commencé à se ressembler. J’ai un peu perdu la notion du temps, et les cours à distance étaient de plus en plus durs à assumer. Je ne voulais plus me lever le matin, et j’ai commencé à faire des insomnies. J’ai été sujette à beaucoup de crises d’angoisse, de la paranoïa, et mes sautes d’humeur se sont multipliées, alors que j’en avais déjà beaucoup en temps normal. Et ma dépendance affective n’arrangeait rien. Plus je voyais sur les réseaux sociaux des gens fiers de passer au-dessus de la loi, se retrouver tous ensemble les uns chez les autres, plus j’avais envie de péter les plombs.
Au cours de la troisième semaine, j’ai été mise sous antidépresseurs par mon médecin. Encore plus difficile d’assurer les journées, étant donné que les médicaments me fatiguaient beaucoup.
Actuellement, j’écris durant la quatrième semaine. Grâce aux médicaments, je commence à m’habituer au confinement, mais mon mental va sûrement être affecté durablement. Je commence à me poser la question de la consultation d’un psychologue.
Je tiens également à témoigner pour ma mère qui est soignante. Elle limite les contacts au maximum, avec moi, mon père, ma sœur, étant en contact tous les jours avec des patients atteints du Covid. Elle est épuisée et elle pleure très souvent, jamais devant nous, mais elle le laisse entendre pendant les repas. Je l’ai vue désemparée à plusieurs reprises, quand elle voulait prendre l’un de nous dans ses bras, et qu’elle se rappelait qu’elle ne pouvait pas, à cause du virus, pour ne pas risquer de nous contaminer. C’est dans ces moments que l’on peut apercevoir toute la détresse de nos soignants, leur stress, leur épuisement…
Enfin… Cette période est un moment bien sombre qui marque probablement nos vies… J’ai très hâte que tout cela se termine.

Emma
Étudiante
14 avril 2020

Une terreur si intense

J’ai peur. Depuis le début de cette pandémie, pour moi, tout se cumule. Des ennuis administratifs dus à l’incompétence, la perte de mon chat d’amour à cause d’un foutu crabe, ma tante est décédée du coronavirus et ma mère est actuellement hospitalisée pour la même raison. Ayant une maladie génétique respiratoire, j’ai utilisé l’arrêt en ligne bien pratique du site ameli… tellement pratique que plus de 15 jours plus tard, je reçois une lettre comme quoi mon arrêt est refusé, car selon les informations de l’assurance-maladie, je ne fais pas partie des personnes à risque. PARDON ?? En plus de cela étant en CDD, je perds mon travail, bien pratique de me virer puisque je ne suis plus là. Et mon conjoint, lui, est forcé de continuer à travailler dans la grande distribution, se mettant en danger et me mettant en danger. Ce n’est que depuis cette semaine qu’il est possible pour les conjoints de personnes à risque de prendre un arrêt. Cette semaine ! Nous sommes le 11 avril, le confinement a commencé depuis un peu moins d’un mois !! J’ai vraiment peur. On nous martèle que les personnes comme moi ont quasiment 100% de chances d’y passer, mais on ne nous protège pas, on ne nous teste pas, on ne nous informe pas. Ma peur est telle que j’en somatise, j’en développe des douleurs anormales, ce qui me terrorise encore plus. Pourtant, je ne suis pas du genre hypocondriaque. J’ai peur de ne pas être légitime à appeler le 15 si je n’ai pas tous les symptômes. J’aimerais tellement être rassurée, mais les soignants n’ont pas le temps. J’en veux tellement à notre gouvernement de ne pas avoir su prendre les bonnes mesures à temps, de ne pas savoir nous protéger, nous rassurer. Nous informer correctement ou tout simplement nous tester. Nous sommes censés être la sixième puissance mondiale, et pourtant des pays supposément “moins développés” arrivent à tester la quasi totalité de leur population et à limiter grandement le nombre de décès ou de malades graves. J’espère tellement qu’ils paieront leurs manquements, mais j’ai bien peur qu’une fois la terreur passée, les gens vont reprendre leurs habitudes et oublier. Moi je ne pourrai pas oublier cette peur qui me bouffe la vie et le peu de santé qu’il me reste. Prenez soin de vous, de vos proches. Chérissez vos animaux. Après c’est trop tard…

Cécile
ELS
11 avril 2020

Sourd et audisme

Je suis sourd, je travaille à la MFR comme éducateur sportif en escalade, VTT, tir à l’arc, canoë-kayak et karaté. Les sourds, nous n’avons pas accès à l’information à la TV sauf quelques séances avec interprète en Langue des Signes Française. Je suis donc sorti à vélo, je ne savais pas. Les masques nous empêchent de voir l’expression du visage et, pour ceux qui sont oralisés, de décoder les lèvres. On est doublement pénalisés, on n’a pas possibilité de faire de la consultation en visio-médecine. Ma femme est sourde également mais notre bébé Eva entend. Elle a 16 mois. Nous utilisons un avertisseur lumineux de pleurs bébé. Notre sonnerie de porte est lumineuse également. Notre chien ne tombe pas en panne, il nous aide également. Le cousin de ma femme a une chienne sourde. Son patron, éleveur de dalmatiens, voulait la tuer à la naissance, “c’est invendable”. Sur les réseaux sociaux, la Langue des Signes a été signée par des gens irrespectueux lors de l’allocution du Président sur le COVID 19, ce qui nous a fortement déçu. C’est inacceptable. Chaque pays a sa propre Langue des Signes mais lorsque deux sourd(es) de deux pays se rencontrent, on adapte les Signes et on arrive à se comprendre. Ce n’est pas un langage mais une Langue, des langues. Ce ne sont pas des gestes, ce sont des Signes. C’est aussi riche que les langues signées. Nous ne souffrons pas de surdité mais d’audisme : discrimination, non inclusion de l’école, santé… L’inclusion, ce n’est pas nous mettre avec les entendants mais respecter notre Langue. Un enfant sourd avec des enfants valides, ce n’est pas de l’inclusion. Je n’aime pas ce mot “valide” ni “handicap”, ça ne correspond pas à notre réalité. C’est un problème de linguistique et de manque d’informations visuelles.

Laurent Pitoy
Éducateur sportif
11 avril 2020

Nous ne sommes pas malades, nous prenons toutes les dispositions nécessaires pour ne pas l’être car mon mari est atteint d’un cancer de la prostate au niveau 5. Il devait se faire opérer le 1er Avril, l’opération est reportée. L’hôpital nous préviendra quand il feront à nouveau les opérations de ce genre. Nous espérons que cela ne soit pas repoussé trop longtemps, ça nous angoisse aussi.

Marie-Noëlle
Retraitée
11 avril 2020

Mon fils, mon petit-fils merci ❤

Tu tousses, t’as froid, t’es pas bien… T’es un sujet fragile, Céline… 1 cancer… Allez courage, va consulter ton médecin. Cette petite voix dans la tête qui te rappelle de tout… Puis tu sors du cabinet et là tu pleures… Et là le stress commence. 3 fois par jour, tu prends ta température et tu pries pour pas ne en avoir, tu contrôles ton souffle, t’es fatiguée, tu voudrais faire le test mais on te dit “tu ne rentres pas dans les critères pour en bénéficier”, et ton cerveau se pose des millions de questions. Tu ne regardes même plus les infos… 6 jours de stress et tu te dis “t’as de la chance, t’es chez toi”… Et 2 semaines à récupérer.

Merci mon Dieu. Si c’est un deuxième signe, t’inquiète, j’ai compris, je vais regarder la vie autrement.

Mon fils et mon petit-fils m’ont fait tenir ❤❤
De tout coeur et bon courage à tous 🙏

Céline G
Hôtesse de caisse
11 avril 2020

Le salaire de la peur…

Je travaille depuis quelques années comme contractuel dans un CHU au sein du pôle pharmacie. Nous préparons, avec mes collègues, les commandes de médicaments que nous allons ensuite livrer dans les différents services de l’hôpital, dont les services dédiés COVID 19. Nous avons travaillé jusque fin mars sans masque et sans gants. J’ai subi un test de dépistage COVID 19 fin mars. Résultat négatif et reprise du travail 2 jours plus tard.
Je travaille à 60% malgré des demandes répétées de travailler à temps plein. Mon salaire est de 740€…
Je pars bientôt en retraite avec une pension de moins de 900€/mois. Je n’aurai ni remerciements, ni prime, rien… Rien que le souvenir de la crainte, tous les matins, d’aller travailler et prendre des risques pour 740€…

Pascal
Technicien logistique
11 avril 2020

Bonsoir,
Merci pour ce site afin de partager notre vécu face au Covid19.
Je m’appelle Laëtitia, j’ai 35 ans, maman solo de 4 enfants merveilleux et d’un petit ange qui a rejoint les étoiles en 2014. Je suis également ASH, un métier qui me passionne depuis 11 ans. Alors quand l’épidémie est arrivée à Besançon, pas question de laisser mes collègues seuls face à cela. J’ai repris un poste à 100% en service Covid pour apporter mon aide avec ce que je sais faire, dans la bonne humeur car mes collègues sont formidables, de vrais guerrières et guerriers.
Même si pour cela j’ai dû faire des sacrifices, comme ne plus voir ma plus jeune le temps qu’il faudra. Étant confinée, j’ai une personne fragile et ne voulant pas mettre en danger cette personne, je ne vois plus beaucoup mes enfants restés à domicile gardés par ma maman. Un grand merci à elle. Je rentre avec la peur de les contaminer car moi je fais le choix d’être dans ce service, de faire mon travail mais pas eux, même s’ils m’encouragent. Je n’embrasse plus mes enfants, ni câlin. Je rentre épuisée de fatigue mais je sais qu’ils comprennent.
Alors pour moi, les héros ce sont eux. M’accorder de la patience et du réconfort après des heures de grand travail.

Laëtitia
ASH
9 avril 2020

Nous sommes en guerre

C’était la guerre
Dehors
C’était l’hiver
Encore
C’était ailleurs
On se méfie
C’est leur malheur
C’est leur défi
Ségrégation
Dans nos cœurs
D’une nation
En douleur
Puis ça s’étend
Ça se rapproche
De nos parents
De nos proches
L’inquiétude
Qui monte
Les études
S’affrontent
L’ennemi
Invisible
Aux ennuis
Bien nuisibles
Agir
Il le fallait
Sortir
C’est prohibé
Des règles
Contre la liberté
Dérèglent
Le cours de nos journées
Le printemps s’y met
Le soleil brille
Comme un coup de pied
Dans nos billes
Certains protestent
Les mesures
Et ils testent
Leur futur
Comme des enfants
Privés du jouet
Boudé pourtant
Dans son passé
Ignorant
Les appels
Des soignants
Aux rebelles
Restons chez nous
C’est le slogan
Appliquons nous
En ce printemps
En solitaire
On peut apprendre
Que de nos pairs
On doit dépendre
Cherchons alors
Les belles valeurs
Qui comme de l’or
Apaisent les cœurs
Donnons une fin
À ce calvaire
Soyons humains
Nous sommes en guerre

Elise Piquerey
Fonctionnaire
9 avril 2020

Infecté au Covid19 – Mon témoignage

Voici ce que peut donner une forme non sévère du Covid :
Je suis Dominique, délégué syndical CGT à la MACIF, j’ai 45 ans et suis en bonne santé générale, je pratique un sport régulièrement.
J’ai decidé de témoigner aujourd’hui de ma contamination au COVID19, il y a 3 semaines maintenant, et de ma vie au quotidien depuis.

DEBUT DES SYMPTOMES JEUDI 19 :
Réveil avec 38,5° et quelques courbatures. Je pense à un virus rien de plus.
La fièvre durera 2 jours seulement.
Les courbatures s’intensifient et le dimanche 22 je suis cloué au lit. Des maux de tête très douloureux apparaissent.
Je pense que ce sera terminé lundi
LUNDI 23
Je perds le goût et l’odorat soudainement, et des douleurs apparaissent dans ma cage thoracique (oppression). Mon souffle est court et une énorme fatigue m’envahit. Une toux sèche et saccadée me prend par intermittence.
MARDI 24
Consultation du médecin qui donne le verdict :
COVID19 sans test car non disponible.
Les journées qui vont suivre vont être très éprouvantes avec des difficultés respiratoires et des réveils la nuit à chercher mon souffle.
MERCREDI 25
J’appelle le 15 en pleine nuit. On me fait des tests à distance qui me rassurent, je tiens bon.
Je rappelle mon médecin le jeudi 26, lui évoquant mes problèmes de respiration et il me donne de la ventoline mais sans effet.
Je suis très mal. J’ai du mal à me déplacer, je respire difficilement.
Rien ne s’améliore… Fatigue, tremblements, souffle court, douleurs diffuses…
LE SAMEDI 28 j’ai encore plus de mal à respirer.
J’appelle le 15, cette fois-ci, une ambulance me récupère et m’emmène aux urgences du Kremlin-Bicêtre.
Ils sont débordés.
On m’enfile un masque, une blouse, puis on prend ma température et le taux d’oxygénation.
Je suis épuisé.
Le taux d’oxygénation est limite mais après réflexion et par manque de place on me renvoie chez moi et on m’indique que s’il y a aggravation, je rappelle le 15.
Je rentre chez moi et suis suivi à distance via une plateforme appelée Covidom.
S’en suivent des journées de fatigue à chercher mon souffle, sans goût ni odorat, à vivre des hauts et des bas sans arrêt. Chaque effort est coûteux et sujet à vertiges. Aller chercher un verre d’ eau est épuisant. Il faut rester allongé en quasi permanence.
Aujourd’hui mercredi 08 avril, il n’y aura plus d’aggravation mais les symptômes persistent sournoisement. À peine je me sens mieux, je suis repris par une fatigue extrême. L’oppression thoracique et la sensation d’un sac de billes dans les poumons sont encore présents, ma toux n’a pas disparu. La convalescence va être longue, il faut beaucoup de repos et de patience.
Je m’estime heureux, je suis chez moi et je n’ai pas connu le cauchemar des hôpitaux et de la réanimation.
Cette maladie n’est pas une “simple gripette” même dans une forme modérée, et on n’en connaît pas, à ce jour, les séquelles éventuelles.
Pour illustrer mon état actuel, l’écriture de cet article m’a demandé beaucoup d’efforts tout en étant allongé.
Bon courage à tous
Prenez soin de vous

Dominique
Délégué syndical CGT macif
9 avril 2020

Première ligne

Bonjour, je partage notre vie. Nous ambulanciers, nous sommes en première ligne sur les Covid et bien entendu les autres urgences tout comme les sapeurs-pompiers. Plus les jours passent, plus le Covid fait des dégâts sur tout âge et problème de santé ou non. Quand je vois les personnes qui ne respectent pas le confinement, j’ai de la colère envers eux. Nous ambulanciers, pompiers, gendarmes, policiers, personnels soignants, le personnel de la grande distribution, des commerces de proximité, les éboueurs et j’en oublie sûrement je m’en excuse, nous prenons toutes les précautions au quotidien pour vous aider, vous protéger, vous sauver. Quand nous rentrons chez nous, notre vie a changé : moins de contacts avec nos époux, nos enfants, notre famille, nos amis et tant que des ânes ne respecteront pas le confinement, la situation ne s’arrangera pas pour autant. Respectez les consignes, respectez nous et prenez soin de vous . Et aussi nous qui sommes sur les fronts tous les jours, nous ne sommes pas des pestiférés juste des personnes qui font leur travail. Peut-être qu’un jour vous aurez besoin de nous et ce jour-là on sera présents. Tous unis et solidaires pendant cette période. Courage à tous, prenez soin de vous.

Patricia
Ambulancière
8 avril 2020

La peur d’une personne sous immunosuppresseurs !

Je suis Jennifer, 29 ans et je suis atteinte de SPONDYLARTHRITE ANKYLOSANTE depuis environ 5 années mais diagnostiquée le 25 novembre 2019.
Je suis sous traitement immunosuppresseurs…
La spondylarthrite ankylosante est une maladie rhumatismale qui atteint surtout la colonne vertébrale et le bassin. C’est une maladie auto-immune.

Quand on a un traitement par immunosuppresseurs, notre système immunitaire est énormément affaibli et donc chopper une simple grippe peut se terminer à l’hôpital.
Depuis plus d’une semaine, je suis malade. J’ai le nez qui coule, je tousse beaucoup, j’ai mal à la tête tous les jours et je suis énormément fatiguée.
Mon médecin m’a prescrit le dépistage du COVID-19, que j’ai fait hier après-midi et j’attends donc les résultats, qui j’espère, seront négatifs.

Ma crainte en ce moment et donc depuis le début de ce virus en France, c’est d’aller faire mes courses dans les grandes surfaces.
Les gens ont beaucoup de mal à respecter la distanciation sociale et les gestes barrière, et donc ça me fait peur.
Je fais au maximum mes courses au DRIVE mais le problème est qu’il y a toujours trop de monde donc les créneaux sont loin et parfois on ne peut pas attendre plus d’une semaine pour récupérer ses courses.
Je n’ai donc pas le choix que d’aller moi-même dans les magasins, avec cette crainte, cette foule de gens…

J’aimerais tellement que les magasins instaurent un sens de circulation afin que personne ne se croise dans les rayons et que chacun puisse faire ses achats en sécurité et qu’il y ait une priorité en caisse pour les personnes immunodéprimées ou bien des créneaux horaires aménagés également pour nous.

Enfin voilà ma petite vie de personne sous immunosuppresseurs depuis que le confinement est en place 🙂

Jennifer Massenot
En reconversion
8 avril 2020

Voilà j’ai 37 ans et je gère un quai de transfert pour les ordures ménagères… Tous les jours, je réceptionne les camions de collecte, je les vide dans des caissons à destination du centre de tri ou d’incinération… En plus de cela, je fais le ménage chez un généraliste… que je ne laisserai pas tomber… malgré les risques… Car si je ne désinfecte pas les lieux, ça sera pire… Je fais partie des petites mains de l’ombre… Celles qui passent souvent inaperçues… Prenez soin de vous et, dans la mesure du possible, restez au maximum chez vous. Beaucoup de vies en dépendent…

Sylvia
Gardienne de quai de transfert
8 avril 2020

Confinement J23

Voila 3 semaines que nous sommes en confinement, et mes cours à distance commencent officiellement… Autant vous dire que c’est une catastrophe 😅 Les profs ne semblent pas prendre en compte le moral de certains élèves et n’hésitent pas à demander 10 devoirs par jour ! Pas facile de travailler par ce temps d’été… Mais on tient le coup et on se console en se disant qu’on a la chance de ne pas passer le Bac ^^

Ilyes
Météorologue
8 avril 2020

Cette femme s’appelle Amina Ben Salah.

Elle est arrivée en France à l’âge de 17 ans depuis la Tunisie pour faire ses études de médecine.

Après 10 ans d’études de Médecine et avoir terminé son internat de Médecine Physique et de Réadaptation en Octobre 2019, elle a enchainé avec une thèse de Sciences Cognitives à l’Institut du Cerveau et de la Moëlle, à la Pitié Salpétrière.

Devant la crise sanitaire, elle s’est portée volontaire pour aller prêter main forte là où elle le pourrait.

Elle a ainsi été sollicitée pour aller aider dans un service de réanimation à l’hôpital de Longjumeau où ils manquent de soignants du fait de plusieurs arrêts maladies liés au virus, mais surtout d’avoir plus que doublé le nombre de lits en quelques semaines.

La réa est pleine, l’équipe tient, mais la situation est tendue.

Voici, sur cette photo, Amina, aujourd’hui, après réception d’une livraison tant espérée de masques.

Tant espérée car, à son arrivée ce matin, elle a appris que les masques manquaient, et étaient donc rationnés… “2 FFP2 et 3 masques chirurgicaux par personne”… Pour toute la journée… Pour voir, voir, et revoir 4 patients COVID+, intubés, ventilés tout au long de la journée…

Ces cartons de masques, faut-il le préciser, ne viennent évidemment pas de l’État (PS-Les Républicains-En Marche : bande de sales pleutres… On espère ne plus jamais revoir vos gueules)…
Mais de donateurs privés.

Amina est donc cette femme…

Une de ces héros que nous applaudissons le soir à nos fenêtres.

J’aimerais juste rajouter ceci :
– Elle fait l’avance de ses taxis pour faire les AR et ne sait toujours pas quand ni comment elle sera remboursée.
– Elle verra ses jours travaillés rémunérés sur la base salariale d’1 interne de dernière année soit 1900e par mois, 1 interne de réanimation de première année percevant environ 1500e par mois.
– (Pour rappel un sénateur gagne 10 000e par mois et un monarque de la République gagne 13 884e)
– 1 garde d’interne travaillée 14 heures et payée 12 heures, parfois sans 1 seule seconde de sommeil ni même le temps de manger est payée environ 100e net soit : 7,14e net de l’heure (le SMIC est à 8,03)
– Enfin comme tant et tant de ces travailleur.se.s dit.e.s “étranger.e.s” dont nous nous rendons aujourd’hui plus que jamais compte de l’importance sociale pour la communauté dite “nationale”, comme tous ces manutentionnaires, agents d’entretiens, éboueurs, caissiers, ouvriers paysans, ou donc soignants d’origine étrangère qui font tourner le pays : elle devra continuer à quémander le renouvellement de sa carte de séjour pour avoir “le Droit de rester ici” …
(Sauf à aller quémander la nationalité pour pouvoir se la voir refusée comme pour une de ses amies, turque, neurologue, chercheuse en neurosciences, elle aussi soignant des français.e.se depuis plus de 10 ans maintenant).

Amina est une de ces héros que nous applaudissons le soir à nos fenêtres…

(Elle m’engueulera assurément pour ce post.)

Et je suis splendidement fier d’elle.

Joachim Mllner
8 avril 2020

Ce sera mon coup de gueule du confinement ! 😤

Aujourd’hui je suis sortie faire quelques courses… En prenant bien entendu toutes les précautions nécessaires pour faire barrière à notre cher ami 🦠
Et voilà ce que j’ai vu en retournant à ma voiture…
En sortant du supermarché je vois un gant de protection par terre, puis deux, puis trois… et là je réalise ce qui se passe :
En fait certaines personnes qui font des courses avec des gants jettent tout simplement leurs gants par terre avant de regagner leur véhicule ! 🤬 Pour être bien sûr que surtout rien ne soit contaminé !
Je suis sûre que ces mêmes personnes se mettent à leurs fenêtres pour ensuite applaudir toutes les personnes qui œuvrent pour notre santé, notre confort, notre sécurité (soignants, éboueurs, pompiers, policiers, artisans…)
Alors braves gens je crois que vous n’avez pas tout compris, vous pensez quoi ? Que vos gants vont se dissoudre au contact du bitume sans laisser de traces ? Alors non en fait, vous mettez d’autres personnes en danger : la personne qui va marcher dessus, la personne qui va finalement le ramasser pour le jeter dans une poubelle à votre place, vous polluez une fois de plus la Terre qui pourtant depuis quelque temps nous fait bien comprendre qu’elle en a assez 😡🌍
Je pensais que cette crise sanitaire éveillerait les consciences mais je crois qu’on en est encore loin malheureusement… Je me demande ce qu’il faudrait pour que cela arrive enfin…
Je vous demande de partager en masse pour que cela cesse ! Cet individualisme qui est le miroir de notre société et qui nous détruit petit à petit…
Et aussi pour ceux qui se reconnaissent dans cet acte aient au moins un peu honte… 😘

Delphine Caramanolis
8 avril 2020

Carnet de confinement #21 🦠

Merci à Sophie Lambda pour cette illustration !

Vous pouvez la suivre sur :

www.sophielambda.com et sur Instagram

7 avril 2020

Donner naissance pendant le confinement

Je m’appelle Camille et j’ai donné naissance à mon fils le 14 mars 2020 en fin d’après-midi.
C’est en recevant des dizaines de messages de félicitations me disant “une belle nouvelle vu le contexte” que j’ai compris ce qu’il se passait. Je suis entrée à la maternité avant le confinement, avec mon conjoint. Nous étions dans une bulle hors du temps et nous n’avons compris ce qu’il se passait que lorsqu’on a vu les soignants changer de comportement : port des masques obligatoire, plus de visite des sages-femmes, gynécologues qui nous avaient accompagnés jusque-là. Chacun des soignants, puéricultrices, pédiatres n’avaient que ce sujet à la bouche, mêlé entre peur, angoisse, et surtout flou total de ne pas savoir ce qui se passait, les décisions prises changeaient à chaque heure. Nous sommes rentrés chez nous le mercredi 18 après 6 jours confinés, mon mari et moi dans la maternité sans aucune possibilité pour lui d’en sortir. Il nous a été impossible de présenter notre enfant à nos proches, aussi difficile que cela soit nous nous estimons « chanceux » d’avoir pu vivre ces instants, la naissance de notre 1er enfant en couple, ce qui n’est pas le cas de tout le monde désormais.

Camille
Assistante commerciale
6 avril 2020

Le COVID dans nos ambulances et dans notre quotidien

En Mars 2020, mon association agréée de sécurité civile déclenche ses équipes et son personnel au niveau national pour garantir la sécurité des français et veiller sur leur santé…
C’est alors que je suis mis sur le terrain également avec crainte, sans savoir ce qui se passe réellement… On dit oui, on est volontaire, on ne sait dans quoi on s’aventure, mais c’est 14 jours plus tard que l’on comprend avec la réalité du terrain que l’heure est grave.

Les médias nous mentent, les médias ne sont pas sur le terrain en unité hospitalière ! Les médias nous font peur et nous on y croit !

Nos missions sont variées, transfert de patients vers les aéroports, aérodrome, gares… Collaboration avec le SAMU pour diverses missions, missions solidaires pour les personnes vulnérables, et toutes autres missions d’utilité publique !

Nous sommes de celles et ceux qui luttent contre cette pandémie du COVID-19, nous sommes de celles et ceux qui ne voyons plus nos familles comme à la guerre ! Nous sommes de celles et ceux qui se dévouent sur les principaux métiers actifs en cette épidémie, nous sommes de celles et ceux qui ne sommes que très peu équipés en blouses, masques de protection, visières de protection, gants… Nous sommes de celles et ceux qui allons venir à bout de cette pandémie !!

#ensemblecontrelevirus #restezchezvous #courage

Yoan
Équipier Secouriste
6 avril 2020

Ce n’est pas qu’une simple grippe…

A tous ceux qui pensent que ce virus n’est qu’une “simple” grippe… No, it’s NOT, ne soyez pas LAXISTES !
– Enchaîner les symptômes pendant plus de 2 semaines en se réveillant sur un nouvelle surprise chaque jour, c’est physiquement FATIGANT !
– Perdre son goût et son odorat et ne pas savoir si et quand ils reviendront, c’est très DÉSTABILISANT !
– Devenir paranoïaque, avoir peur de semer le virus à chaque recoin de chez soi, c’est psychologiquement ÉPUISANT & PESANT !
– En entendre parler h24, sur tous les canaux, tous les réseaux, matin midi soir, dans les 4 coins du monde et se dire qu’on le porte croyez-moi ce n’est pas ÉVIDENT !
Cette peur constante, ce stress, cette boule au ventre, ce sentiment d’inquiétude transmis involontairement par ses proches, cette anxiété… ne sont pas choses faciles !
Oui c’est une épreuve, oui il y a pire, oui Dieu merci, but don’t be fool and take it a little bit more seriously thank you.

Témoignage de Y.A 24 ans.

Y.A
5 avril 2020

Le mois le plus long de mon existence

Je ne sais pas quand exactement j’ai été exposé mais c’est un 17 Mars, au réveil difficile, que j’ai ressenti mes premiers symptômes : grosses courbatures, pas de fièvre, pas de toux, grosse fatigue. On se dit rien d’inquiétant, ça va passer ». Je me prépare pour aller travailler, à la gare des flics cagoulé,s, « s’il n’y a pas de train, rentrez chez vous ».
Le lendemain, impossible de me lever encore, je pouvais difficilement bouger les jambes, jamais ressenti ça auparavant, comme si mon corps dormait et ne me répondait pas, vraiment bizarre.
Une boule dans la gorge, quand j’avale de la salive je sens que ça pourrait me bloquer la respiration. La panique arrive, aucune idée de ce qui arrive. La semaine est passée très difficilement. Les médias font peur, les informations ne sont pas cohérentes avec ce qui se passe réellement, j’ai le sentiment que notre France est perdue et qu’on nous ment encore plus qu’avant. Les premières lignes, les infirmières et médecins, ne sont pas équipées mais travaillent pour sauver un maximum de vies. Je ne voudrais pas appeler le 15 mais mon état général m’inquiète.

La semaine d’après
Lundi soir, réveil en pleine nuit d’une douleur thoracique, souffle coupé, diarrhée. J’avais le sentiment que j’étais en train de rôtir de l’intérieur, mes poumons étaient littéralement en feu. On se documente rapidement pour savoir qu’est-ce qui se passe. On dirait que le virus est actif uniquement le soir, je dormais au maximum la journée.
Vendredi matin, j’ai senti des piqûres au niveau du torse, des grosses douleurs, une envie de tousser qui ne vient pas. Vers 19h, j’ai fini par appeler le 15, mon cas ne nécessite pas d’intervention immédiate, je rappelle s’il y a des complications.  Arrivé à 22h, j’ai senti une grosse douleur au dos en expirant, l’angoisse, le stress. Je me calme, respire doucement mais ça fait de plus en plus mal. Je rappelle le 15, arrive aux urgences, pas de fièvre, juste la douleur thoracique qui persiste, examen, prise de sang, radio des poumons. J’ai une bronchite et j’ai passé la phase dangereuse normalement il m’a dit, ordonnance pour un paquet de Doliprane et je peux rentrer.
Week-end passé dans le calme, je me dis que peut-être je suis guéri, plus aucun symptôme. Lundi tout revient, surtout les douleurs thoraciques, des coups de froid des pieds, des frissons.
Jeudi, j’ai enfin eu un rendez-vous chez un généraliste. Je montre les résultats du passage aux urgences, elle me dit que mes poumons sont pris mais fonctionnent et je dois faire une radio pour voir quel degré.
Vendredi soir, j’étais tellement au plus mal que j’ai rappelé le 15, qui m’a dit d’appeler le SOS médecin.
Arrivé, le médecin me dit que mes bronches étaient dégagées, enfin une bonne nouvelle, je sentais bien que je n’avais plus la boule dans la gorge.
Cette nuit, mon corps est passé plusieurs fois de chaud à froid, froid à chaud, pas que les poumons, l’estomac aussi prend cher. Perte du goût et odorat, ça coupe net l’appétit, faut juste se forcer à manger pour prendre des forces.

Mes symptômes, ça va bientôt faire un gros mois que je les ai, j’en ai eu beaucoup et beaucoup disparaissent, c’est très progressif et on a l’impression que ça dure trop longtemps. Faut être patient et surveiller sa santé. On a qu’une vie et faut faire tout pour la garder, j’ai 31 ans, je fais régulièrement du sport, musculation, je mange beaucoup de légumes et je suis bien secoué.
Je sens que je vais guérir mais la peur est là.
Gardons courage.

Merci pour votre lecture et prenez soin de vous.

A
5 avril 2020

Comportement criminel de l’infectiologue de l’hôpital

Alors que l’on dit à tout un chacun de rester chez soi pour ne pas contaminer les autres, lorsque vous êtes soignants c’est marche ou crève. Je suis révoltée vraiment car si mes collègues qui avaient des petits symptômes avaient été testées et arrêtées par l’infectiologue de l’hôpital, je ne serais pas en train de lutter contre ce virus et craindre pour mon mari et mes enfants. Mon mari ayant une maladie auto immune type spondylarthrite ankylosante et un de mes enfants a fait plusieurs trachéites ayant nécessité des aérosols d’adrénaline.
Vous êtes malade mais “si vous tenez debout, vous pouvez retourner travailler”, je trouve cette façon de faire inconsciente surtout de la part de l’infectiologue responsable des arrêts du personnel sur l’hôpital. Il a fallu justifier avoir de la fièvre et des courbatures pour enfin être arrêtée. Mais si j’avais été en état de tenir debout, je pouvais retourner travailler et contaminer mes collègues et les patients qui ne sont pas contaminés par la même occasion.
De toutes les façons, on ne saura jamais comment vous l’avez attrapé et sous-entendu “vous n’aurez aucun moyen de prouver que c’est parce que je n’ai pas arrêté vos collègues”. Je travaille en UHR, unité d’hébergement renforcé, avec des déments déambulant qui nous crachent les médicaments à la figure, qui chutent et qu’il faut relever à plusieurs, qu’il faut parfois coller contre soi pour les tenir afin qu’ils soient lavés avec juste des masques chirurgicaux, des tabliers plastiques et des gants. 16 patients, 1 contaminé, puis 3, puis 7 et 1 seule sur-blouse pour la journée et même pas de masque FFP2. Alors que les secteurs Covid-19 de l ‘hôpital sont équipés. J’ai demandé après la première contamination si nous pouvions être testés. Les cadres m’ont répondu que ce n’était pas la procédure. Je suis malade, j’espère que ni mes proches ni moi ne mourrons à cause de ce virus. J’ai des amis qui sont immunisés et d’autres qui sont morts. Je n’ai pas eu le réflexe d’enregistrer l’infectiologue qui m’a dit “si vous tenez debout vous pouvez travailler” et franchement je le regrette. Je trouve que c’est criminel cette façon de nous utiliser comme de la chair à canon.

Florence
Infirmière
4 avril 2020

Infecté alors que je n’ai jamais approché personne à moins d’1m (#air)

Bonjour à toutes et à tous,
J’aimerais contribuer avec mon témoignage concernant cette maladie, cette contagion, ce Virus.
D’abord, j’aimerais signaler que je suis quelqu’un de très sain (enfin j’essaie de faire de mon mieux pour avoir une hygiène de vie irréprochable) je suis un hypocondriaque light.

Je n’ai jamais fumé de ma vie, jamais bu.
Sportif amateur, joueur de foot en club amateur.
34 ans

Depuis le début de l’épidémie (fin janvier), j’avais déjà commencé à faire attention à mes contacts, à avoir du gel hydroalcoolique sur moi et éviter les contacts inutiles.

Et vers la fin février, j’ai réduit drastiquement mes sorties et mes relations, toujours avec des gestes barrière respectés à la lettre.

Tout ça pour vous dire que je suis quelqu’un qui fait extrêmement attention.

Concernant mes symptômes :

Je ne suis pas sûr à 100% de la date exacte, parce qu’à aucun moment je ne pensais être une personne qui risquait d’être infectée.
Bref

Vers la mi-mars, je commençais à avoir des petites gènes respiratoires mais vraiment très légères sans y prêter attention.
Je continue ma vie de confiné, avec une seule sortie pour faire les courses de nécessité (avec un masque non ffp2)
Et je faisais mes footings autour de chez moi, sans m’inquiéter plus que ça.

Vers le 21/22 mars, je commence à avoir une fatigue significative et des maux de tête.

J’essaie de me rassurer un peu en me disant que c’est à cause du sport et le fait d’être confiné.

Puis des courbatures.
Mais aucune fièvre, aucun mal de gorge.
Mal aux yeux (les mêmes symptômes grippaux).

Lundi 23 mars, les difficultés respiratoires deviennent moins espacées et beaucoup plus perceptibles.

Mardi 23 mars au soir, tout soudainement et pour la 1ère fois de ma vie, une réelle difficulté respiratoire. Ça vient tellement soudainement que ça m’angoisse un peu, j’étais obligé de me mettre à la fenêtre pour respirer de l’air frais et me soulager.

Comme si mes poumons ne se remplissaient pas à fond et que la respiration n’était plus automatique, qu’elle avait besoin d’être remplie manuellement (c’est-à-dire prendre mon souffle et essayer de faire rentrer l’air).

C’est tellement angoissant et flippant comme situation.
Je ne la souhaite à personne.
Et comme je vis seul, j’ai vite la porte d’extérieur au cas où je n’aurais plus la possibilité de la faire si je tombais dans les pommes, que quelqu’un puisse rentret me secourir.

Ma mère et ma famille vivent à l’étranger.
Je pensais à eux tellement fort que les larmes commençaient à couler.

Toutes ces pensées ne faisaient qu’augmenter mes angoisses.

Entre temps, j’hésitais à appeler le 15.
Je me dis que je vais attendre quelques minutes si ça ne s’arrête pas, je les appelle pour ne pas les encombrer (peut-être d’autres personnes sont plus urgentes que moi).

Finalement, je n’ai pas dormi cette nuit, par peur de partir dans mon sommeil et je préfère être réveillé pour accompagner manuellement ma respiration.

Le lendemain, mercredi 25 mars, respiration normale.
Toujours pas de fièvre.
Pas de toux.
Fatigue et quelques courbatures.

Jeudi 26 mars, je me sens très, bien aucun symptôme.
Et je suis vraiment content et j’avais l’impression d’être sorti de ce cauchemar.
À ce moment-là, je ressens la même sensation de guérison qu’on peut avoir après un gros rhume avec le sentiment qu’on sera guéri d’ici un jour ou deux.

Vendredi 27 mars au soir, devant la télé, et soudainement difficultés respiratoires sérieuses. Cette fois-ci je panique encore plus, et je décide d’appeler le 15.
Mais ils me font comprendre que je n’étais pas un cas à risque et comme je n’avais pas de difficultés à parler, le médecin du 15 a sous-entendu que ça ne méritait pas une intervention.
Mais si ça s’aggrave il faut les rappeler.

J’ai pris mon mal en patience, avec toutes les fenêtres ouvertes.
Je préfère avoir froid aux fesses que de manquer d’air.

Mais toujours essayer d’éviter l’endormissement par peur de ne plus pouvoir respirer dans mon sommeil, et cela augmente l’angoisse. Et nous savons tous que l’angoisse provoque des gênes respiratoires, ce qui peut nous entraîner dans un cercle vicieux.

Le 28 mars
Je me sens un peu mieux.
Le mal de tête est revenu et mal aux yeux aussi.
Et des gênes respiratoires avec des intervalles non réguliers mais supportables.
Cette situation dure à peu près deux jours.
J’ai eu un rendez-vous avec un médecin généraliste, par Visio, qui malheureusement ne peut rien faire pour moi à part me diagnostiquer un Covid-19 sans avoir réellement été testé biologiquement. Il me recommande juste de patienter, de ne plus sortir pour ne pas contaminer d’autres personnes.

Et c’est là que se résume la malice de ce virus, c’est qu’il n’y a rien à faire, à part d’attendre et d’espérer  que nos anticorps, nos globules blancs fassent le travail.

J’avais cette image dans ma tête, comme si j’étais spectateur d’un combat de boxe dans un ring. Que j’avais parié ma vie sur l’un des boxeurs, c’est-à-dire que si mon boxeur gagne j’aurai la vie sauve, mais si il perd, malheureusement l’autre boxeur emportera mon âme, et cette image est terriblement saisissante, surtout que je n’ai aucune possibilité d’intervenir pour porter soin, ni d’aider mon boxeur qui semble prendre des coups, se relever, tomber par terre, se relever, mettre des high kick, et essayer d’être à la hauteur avec plus au moins de réussite.

J’ai essayé quand même de faire très attention pour que mon boxeur ne soit nullement déconcentré  par d’autres événements, en lui proposant le meilleur environnement favorable pour sa forme physique, parce que ma vie dépendait de sa victoire. Je faisais le moindre effort possible pour ne pas le fatiguer.
– Ne pas manger copieusement, une grosse digestion le fatigue davantage, mais se nourrir est obligatoire pour le maintenir en forme.
– Boire beaucoup d’eau.
– Essayer de bien dormir.

Lundi 30 mars, je me sens un peu mieux, symptômes disparus, enfin c’est ce que je ressens.
Seule une gêne au niveau de la gorge qui persiste mais sans toux.
En espérant que je ne replonge pas, je garde espoir.

Aujourd’hui, nous sommes le 3 avril 2020.
Malgré quelques symptômes qui subsistent, mais très très légers, je me sens très bien avec l’espoir de ne plus recroiser ce satané virus.

J’aimerais noter que durant toute cette période, je prenais une boisson énergisante le matin et une le soir dans l’espoir que cela puisse donner l’énergie à mon corps pour résister (je ne conseille pas de le faire, parce que je ne tiens pas ça d’un médecin ou d’un expert mais simplement de mon analyse personnelle, avec la naïveté de penser que cela stimule mon immunité, parce que cela m’aidait beaucoup durant les rhumes auparavant).

Au final, j’aimerais lancer un coup de gueule contre les Chinois, peu importe ce que peuvent penser les gens de ces dernières lignes.
La Chine devra, et normalement le monde l’y obligera, changer ses habitudes culturelles et culinaires, parce qu’au bout d’un moment s’ils veulent organiser un suicide collectif, à la limite je respecterai leur choix, mais de là à baiser tout une planète.
Et le plus révoltant, ce qui me fait halluciner, c’est  que ce n’est pas la 1ère fois :
La grippe asiatique 1958
La grippe Hong-Kong 1968
Le SRAS (le cousin du coronavirus) 2002 était aussi d’origine chinoise, démarré dans un restaurant chinois en mangeant un animal sauvage.

Et SRAS 2 ou covid19, vous connaissez l’histoire.
Et il y a forcément d’autres virus de leur provenance. Au bout d’un moment si vous ne vous sentez pas capables de vous protéger vous-mêmes, et les autres populations par la même occasion, il faudrait que le monde vous mette en quarantaine et vous boycotte.
On n’a pas besoin d’avoir une pandémie qui ravage les personnes qu’on aime devant nos yeux chaque décennie, parce qu’un connard a décidé de se faire les couilles du pangolin en sauce.
Quand prendront-ils conscience qu’ils causent du tort à 8 milliards d’êtres humains sur terre ? Changez vos habitudes culturels néfastes.

Dans ce genre de difficultés, et cette situation, j’aimerais avoir une pensée pour toutes les personnes seules, les personnes âgées, les marginaux qui n’ont personne pour les accompagner ni les soutenir.
Soyons solidaires, et prenez soin de vos proches, de vos voisins, de votre entourage, même avec un coup de fil, ça peut remonter le moral.

Et un grand bravo à tout le corps médical qui se risque chaque jour pour sauver des vies, vous avez tout mon respect.

Quand on est en bonne santé, on n’y pense pas vraiment tous les jours, mais dès qu’on tombe malade, on se rend vraiment compte de la valeur et de la chance d’être en bonne santé. La valeur de la santé prend tout son sens quand on se sent faible et démuni devant la maladie, et cela nous rappelle qu’on n’est rien face à un petit virus tellement minuscule, non visible à l’œil.
Durant toute période difficile, il y avait une parole qui me revenait souvent :

Mon Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Celui qui le matin est en sécurité auprès de sa famille, est en bonne santé, possède sa nourriture de la journée, c’est comme s’il possédait la vie d’ici-bas et ce qu’elle contient ».

J’espère que mon témoignage pourra aider ne serait-ce qu’une personne, j’en serais heureux.

Sofiane
statisticien
3 avril 2020

Covid notre témoignage

Je m’appelle Laura et avec mon mari Marc nous étions sur le point de changer de vie.

En effet, il y a plus de deux ans, nous avons pris la décision folle mais très réfléchie de partir vivre au Canada. Pendant toute cette période, nous avons économisé autant que possible, nous avons même déménagé en passant d’un 70m2 avec deux chambres à un studio de 30m2 sans chambre, avec un matelas à même le sol en guise de lit, mais c’était pour la bonne cause.

En janvier 2020, nous réservons les billets d’avion, la date du départ est fixée au 16 avril. Nous commençons à vendre nos meubles et toutes les choses que nous ne pourrons pas conserver. Mon mari vend sa voiture. Les jours défilent, nous devons déposer le préavis pour quitter notre appartement en location, et également ceux pour quitter nos deux CDI.

Plus rien ne pouvait nous arrêter.

Sauf que le coronavirus est arrivé. Mr le Président de la République annonce la fermeture des écoles, puis le confinement, notre compagnie aérienne annule tous ses vols jusqu’au 30 avril et enfin le Canada annonce la fermeture de ses frontières. Tout s’effondre, nous sommes désemparés.

Comme si ce n’était pas suffisant, nous sommes tombés malades, le virus en avait profité pour nous abattre encore plus. Pendant 10 jours, les symptômes sont apparus au fur et à mesure, des simples maux de gorge aux problèmes respiratoires, mais très peu de fièvre. Pour autant, on sent bien que c’est différent d’un simple virus de saison. Le pire est derrière nous, il nous faut encore du repos, mon mari n’a plus rien mais moi étant asthmatique une petite gêne respiratoire persiste.

Aujourd’hui, nous n’avons plus de travail, heusement notre propriétaire et le nouveau locataire ont compris notre situation et nous gardons notre studio un mois de plus, mais une fois ce délai passé nous ne savons pas où nous allons loger, sûrement chez nos proches. Concernant notre expatriation, impossible actuellement de déterminer une autre date de départ, mais nous espérons le plus tôt possible.

Voilà notre histoire.

Laura
Chargée de clientèle
3 avril 2020

Enceinte de 7 mois et mon conjoint positif Covid19 ?

Le 25 mars au soir, mon conjoint, 26 ans, a une légère toux et de la fièvre 38°. Le lendemain matin, fatigué, il appelle le médecin, la fièvre est toujours présente 39°. Verdict, il présente très probablement les premiers symptômes du virus… Le médecin prescrit du Dafalgan et un sirop pour la toux et donne à mon conjoint pour consigne de rester en confinement total (durée 20 jours) dans une des pièces de notre appartement et, au premier signe de difficultés respiratoires, c’est le 15. En comprenant la situation, j’étais à bout… Oui, il est jeune mais avec des antécédents d’asthme dans son enfance ça fait réfléchir… Cela fait 6 jours que nous nous évitons. J’ai le salon, la cuisine et dors sur le canapé, lui dans notre chambre. Je me lave le matin, lui le soir pour ne jamais se croiser. Il désinfecte chaque surface qu’il touche. Les deux premières nuits ont été difficiles pour lui avec un pic de fièvre à 40°, des sueurs nocturnes. Les jours suivants, ses symptômes s’apparentaient à une grosse grippe. Aujourd’hui, la fatigue s’est estompée, la fièvre stabilisée à 38° mais la toux intensifiée avec beaucoup d’expectorations. Cela va bientôt faire une semaine, les journées sont longues, on se parle en visio et à travers la porte… Nous serons fixés sur l’évolution ou non de la maladie à la fin de la semaine et pour moi si je déclare ou non les symptômes. Je contrôle quotidiennement ma température. RAS pour le moment, je croise les doigts.
Si j’ai un conseil à vous donner si vous êtes dans notre cas : arrêtez les médias trop anxiogènes, ils maintiennent un climat de peur… C’est la dépression assurée.
Dès le début du confinement, mon médecin a eu du bon sens en me mettant en arrêt étant donné que ma profession nécessite le contact avec des patients.
Pour ma dernière écho, dans 15 jours, mon conjoint ne pourra pas être présent, même s’il n’est plus malade ou contagieux, pas de cours de prépa naissance…

Voilà voilà, c’est la double peine pour nous.
Bon courage à tous.
Grosse pensée à mes collègues manips radio sur le front également pour le dépistage du Covid19 grâce au scanner.

Ophélie
Manipulatrice en électroradiologie médical
1 avril 2020

Jeune étudiante

Je suis en bonne santé, je n’ai jamais eu de problèmes à ce niveau, tout comme mon père. Mais il a été hospitalisé ce dimanche, il est actuellement dans un coma artificiel.

Aujourd’hui j’ai peur, puisque tout a commencé avec une fatigue, des courbatures, faible toux. Et depuis deux jours je “sens” mes poumons quand je prends une grande respiration, ou la nuit quand j’essaie de m’endormir mais que je n’y arrive pas. Je dors tous les soirs avec une angoisse, celle de ne pas pouvoir respirer et partir aussi à l’hôpital en laissant le reste de ma famille seul.
C’est très compliqué, je fais confiance aux soignants, mais j’ai peur constamment. La fatigue est constante chaque jour et elle m’empêche d’aller de l’avant.

Ce virus touche n’importe qui, je n’imaginais pas qu’il toucherait ma famille.

Jennifer
Étudiante
1 avril 2020

Mon Covid

Bonjour à tous,
J’étais à la base en recherche de témoignages sur comment vous avez vécu votre Covid-19 .
Puis j’ai ressenti le besoin d’en parler.
Tout d’abord, très peu de personnes de mon entourage sont au courant (je ne veux pas inquiéter).
Je suis une personne très dynamique, sportive. Je vis la vie à fond. Mon confinement se passe très bien et je vois tout en positif ^^
Tout a commencé samedi.
Je me suis levée très fatiguée. Déjà plusieurs jours que j’avais des migraines. J’en fais beaucoup en temps normal.
La matinée est passée mais j’étais fatiguée. Vers 12h, il a fallu que je m’allonge (je ne dors jamais en journée). J’ai dormi tout l’après-midi. En me réveillant, mal dans la poitrine, un pincement douloureux et du mal à reprendre ma respiration.
J’étais toujours fatiguée. Dans la soirée, je faisais à manger et, d’un coup, forte sensation de malaise, souffle coupé.
J’appelle une amie, elle me dit d’appeler  le 15.
30 min plus tard j’étais aux urgences.
Mise en unité Covid, on me fait des examens assez rapides :  électrocardiogramme, prise de sang, radio thoracique.
Le médecin me dit suspicion Covid mais on ne fait pas de test.
Je rentre chez moi et ne m’endors pas avant 4h du matin.
Hier, vraiment pas bien, mal dans le cou, fatiguée, beaucoup de nausées et fièvre. Je tousse un peu mais ça va.
Dans l’après-midi, sensation de faire un malaise et fortes nausées. Je prends rdv avec mon médecin qui me consulte en téléconsultation.
Pour lui, positive Covid.
Je ne m’inquiète pas, le test n’a pas été fait ^^
La soirée nickel, j’en viens même à danser seule pour rester positive et garder ma joie de vivre.
Ce matin, réveil à 7h. Je prends mon café, impossible de le boire.
Vers 9h, fatigue extrême. Je retourne au lit, du mal à me déplacer, douleurs dans le dos, souffle court, migraines, mal aux yeux.
Là, j’ai la nausée et mal partout, fièvre.
Je commence à être inquiète, je ne suis jamais malade et actuellement je le vis très mal car je ne sais pas comment cela va se passer. De plus, je ne veux pas en parler à mes amis et ne pas déranger mon médecin tous les jours.
J’ai horreur de cet état. Et j ai peur de la suite, non pas que ma santé soit mauvaise. Je ne sais comment gérer cet état.
Merci d’avoir pris le temps de me lire. Tout témoignage sera le bienvenu pour m’aider à surmonter tout ceci.

Gladys
31 mars 2020

Des symptômes sans fin

Bonjour,
Initialement, je suis une personne plutôt positive, énergique et sans problèmes de santé particuliers.
Depuis l’apparition des premiers symptômes (le 16 mars), je n’ai jamais ressenti cela… La peur qui m’envahit chaque jour car on ne maîtrise plus son corps, son anxiété.
Maux de tête importants, brûlures au niveau de la gorge, perte de goût et d’odorat, légère toux et maintenant un corps engourdi et très faible… (muscles du corps endormis…) Tous ces symptômes qui arrivent progressivement quand on croit enfin s’en sortir. J’ai hâte que les jours passent pour que tout revienne à la normale. C’est dur de garder le moral dans ces conditions… Mais il faut tenir et penser que tout s’arrangera rapidement.
Bon courage à tous !

Eva
30 mars 2020

Merci à tous ceux qui nous accompagnent !

Le CoNAROvirus

Il est là, tout petit, insidieux, insipide parasite, presque rien. Tout est flou…
Il s’emballe, me confirme sa présence, intensifie sa constance et je sombre.
Je ne sais plus si j’ai peur ou si j’ai mal.
Mon pouls accélère ma vie dans un tempo d’enfer. Il fait chaud dans tout mon corps.
Appeler, appeler, appeler qui ? Suis-je en train de tomber ? Le Samu ? Un médecin ? C’est dimanche !
J’erre dans mes draps comme un soleil en berne.
Un conseil amical, je joins SOS Médecin qui me transfère vers le Samu. Alors c’est grave !
Je compte jusqu’à 15, je réponds à toutes les questions. Non, je ne serai pas hospitalisée. Rappelez-nous si les symptômes s’intensifient !

Je pense à ceux qui évitent les bombes du soir au matin, à ceux qui prennent les armes quand je pose une larme sur mon sort viral. Ai-je le droit de souffrir dans mes draps de satin ?
Quel soldat suis-je ?
Les jours passent, je me vois recevoir un ticket gratuit et illimité pour le grand 8 du COVID-19. Des vertiges, le souffle coupé, la peur au ventre, les nerfs à vif… Tout va trop vite… La course folle cesse… Je m’apprête à descendre du train mais il repart sans attendre, avec mon système immunitaire en liesse.

Suis-je une personne à risque ? En surpoids, apnées du sommeil… Les grands huit se succèdent insatiablement au rythme de mon mental en détresse.
Ils sont là, tous, ils m’entourent, me réconfortent, me font rire, me portent, mes liens ! Ma famille, mes amis, mes voisins, les soignants, mon chien !
Ma complainte me pèse, je voudrais leur dire que je respire, mon corps le leur refuse.

Le malin aura bientôt perdu, ma guerre sera terminée mais pour tant d’autres le champ de bataille reste ouvert et pour nombre d’autres il n’y aura plus jamais de guerre.

J’ai vu les roses dans mon jardin sortir de leur hiver.
Elles sont pour vous, pour tous ceux qui vivent dans la perte, la souffrance.
Elles sont pour vous, pour tous ceux qui me serrent dans leur bras virtuellement si chaleureux.
L’Homme n’a de raison de vivre que dans le lien, un lien profond, sincère, indéfectible avec ceux qu’il chérit.

Blandine
Consultante
30 mars 2020

CORONAVIRUS 19

CORONAVIRUS 2019
Mardi 17 Mars, 14 heures, je me suis endormi sur mon canapé. Je me réveille en sursaut, j’ai fait un cauchemar : nous sommes en guerre. Je fais un pas sur ma terrasse de 7m², j’admire mon tour de maison de 600 m² et je rentre de nouveau dans mon nid d’amour de 100 m² et là j’entends à la télé, que ma chérie vient d’allumer, la dure réalité.
À ce moment-là, je pense à toutes ces personnes âgées isolées, certaines sans famille, à ces familles habitant dans des HLM sans balcon à plusieurs, des enfants de bas âge dont il faut s’occuper, les grands qui doivent continuer à étudier, pour certains qui passent le bac cette année, les sans-abris qui galèrent, et tu te dis je suis un privilégié.
Alors j’ai décidé de ne plus regarder ces infos en continu, qui nous rabâche sans arrêt toujours les mêmes choses, les politiciens qui, au lieu d’être solidaires, se tirent à bout portant. Moi j’aurais fait comme si et les autres auraient fait comme ça, mais tout ça c’est la faute à qui ?
En fin de compte, tout le monde fait des reproches à chacun, parce que personne n’a fait ce qu’il aurait dû faire.
MORALITÉ
Sans vouloir le reprocher à tout le monde, il serait bon que chacun fasse ce qu’il doit faire. Les problèmes ne sont pas éternels, ils ont toujours une solution, la seule chose qui n’a pas de remède est la mort. Avant de critiquer, examinez-vous, alors arrêtons de nous critiquer, et unissons-nous pour affronter l’ennemi invisible.
RESTEZ CHEZ VOUS
Pourquoi rester confiné est la meilleure solution ? Et bien pour aider ceux qui, toute la journée et toute la nuit, luttent pour sauver des amis, des membres de nos familles et plus car ce sont des héros. Les infirmières, les médecins, les ambulanciers, les pompiers : à cette liste il faut ajouter tous ceux qui font le nécessaire pour que nous puissions avoir une vie agréable. Je pense aux routiers, les éboueurs, les caissières, les aides à domiciles pour nos anciens, pardon pour ceux que j’ai oubliés.
Nous devons être forts pour nous rappeler qu’après le sombre tunnel que nous traversons, de très bonnes choses viendront. Si vous voulez être heureux, rendez quelqu’un heureux ; si vous voulez recevoir, donnez un peu de vous-mêmes.
LA VIE (un voyage)
Au fur et à mesure que le temps passe, les personnes sont importantes, notre fratrie, nos amis, nos enfants, petits-enfants, l’amour de notre vie. Ce voyage sera plein de joies, de peines, d’attentes, de bonjours, d’au-revoir et d’adieux. Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique.
Lorsque le virus Corona sera terminé, faites une bonne action, dans la mesure du possible. Passez vos vacances en France, et profitez de notre beau pays, achetez des marchandises confectionnées en France, soutenez les entreprises qui ont connu des difficultés, et surtout n’oubliez pas le monde hospitalier.
Messieurs les Ministres, les Députés, les Sénateurs, il va falloir tenir vos promesses.

Fernand Matias
Retraite
29 mars 2020

La continuité pédagogique

Quand j’ai quitté mes élèves le vendredi 13 mars, je ne pensais pas que je ne les reverrais pas de si tôt ! Le verdict est tombé pendant le weekend : fermeture des écoles, collèges et lycées à partir du lundi 16 mars. Au début, on se dit “chouette un peu de temps libre”. Puis rapidement, on est inondés de mails de toute part pour assurer la continuité pédagogique. Pas facile du tout de s’organiser et de garder le lien avec la hiérarchie, les élèves et les parents.
Puis on s’organise, on commence à tout préparer de loin, à envoyer des messages, à répondre aux questions des parents inquiets. La première semaine on patauge, on ne sait pas par où commencer. Puis, on se dit que les élèves ont besoin de nous en cette période anxiogène. On commence à envoyer des cours, des liens, des documents… Et c’est parti, les élèves se prennent au “jeu”, enfin presque tous car certains n’ont pas le matériel nécessaire, les forfaits, etc. Alors on essaie de les joindre car il faut que tout le monde continue d’étudier. Mes journées se passent sur l’ordinateur, je découvre le télétravail… Mais le contact avec mes élèves me manque beaucoup. Heureusement, on échange des mots gentils et la question qui revient le plus c’est “vous allez bien ?” Cette question reprend tout son sens. En cette période de pandémie, on redécouvre certains élèves qui, en classe n’étaient pas les plus attentifs et qui sont les plus assidus à distance et qui se livrent un peu. Il me tarde de les retrouver et de refaire cours.
J’ai une pensée attristée pour cet enfant de 6 ans mort sous les coups de son père alors qu’il lui faisait faire ses devoirs… Les parents ne sont pas professeurs et doivent faire attention à ne pas en demander trop à leurs enfants. Il y a beaucoup de façons ludiques pour faire l’école à la maison.
Prenez soin de vous et restez à la maison.
Karen

Karen
Enseignante
29 mars 2020

Notre plus Grande Richesse = SANTÉ

C’est un grand privilège d’avoir la vie… Ce que malheureusement beaucoup de personnes n’ont pas conscience de ce que ça représente et pourtant notre grande richesse c’est la santé ! J’ai perdu ma petite-fille âgée de 2 mois et demi le 5 mars dernier non pas du coronavirus mais d’une IMC… J’aurais tant désiré qu’elle ait la santé, cette grande richesse que, à l’heure actuelle, beaucoup de personnes délaissent pour aller se promener dans les rues sans prendre conscience que des médecins, infirmiers(ières), etc. se meurent pour justement nous sauver… Sauver le monde ! Alors, respectez les personnes qui ont envie de vivre pour leur famille, leurs amis… Restez chez vous et appréciez chaque minute, car pour chacun de nous, elles sont comptées… Bon courage à tous !

Sophie
Chef de service
29 mars 2020

Coup de G…

Besoin de pousser ce coup de G… Lorsqu’on vous dit RESTEZ CHEZ VOUS !!!!
Quel est le problème pour ces jeunes devant leur immeuble ???
Même pas les C… d’assumer lorsqu’ils voient un véhicule de police !!!
Vite, on se cache ! HA HA HA Quelle éducation ! quel respect ! Evidemment, la mère fait pareil 🙁 Marre de ces petits voyous, relous…
CRACHER ! INSULTER ! Ils savent faire… N’ont-ils  jamais appris à quoi ressemble une poubelle, un cendrier ?
Le COVID les attrapera peut-être, si c’est la seule réponse !

Chantal
Institutrice
29 mars 2020

Vivante !!

3 semaines que je suis sortie de l’hôpital ! 3 semaines que j’entends, que je vois, que je pense, que je pleure Covid 19 !!! Simple grippe !!! Non, Madame. Positive au Covid, je n’aurais pas dû prendre des anti-inflammatoires !!!! Mais ça va aller, vous êtes jeune !!!! Super courage et empathie des infirmières !!!MERCI MERCI MERCI !!!

C’est en rentrant à la maison qu’on prend conscience de ce qui se passe. Trop mal à l’hôpital, avec l’oxygène, penser à respirer sans tousser, frissons, insomnie… Pas de bisous de ton mari qui pensait t’avoir perdue et ne pas te revoir, pas de câlins de ton fils, distanciation sociale oblige !! Et puis tu vois les rangées de cercueils aux infos, le nombre de décès qui s’élève… Je pleure tous les jours, de désolation, de ne pas voir mon autre fils, peur de perdre quelqu’un de cher, ne pas pouvoir faire le deuil !!! De colère, manque de matériel, incivilités, de ce Gouvernement… De joie, ces applaudissements de remerciement, de solidarité, et moi, je m’en sors bien car je suis VIVANTE !!!!

Celine Mercet
Aide kine
29 mars 2020

Acrostiche

C essez d’aller vous balader
O ubliez de vaquer pour votre plaisir
R ien ne vous oblige à sortir en ce moment
O n ne peut pas prendre de risques
N ul n’est à l’abri d’une contagion
A lors le confinement vous rendra plus fort
V ous participerez ainsi à la lutte de ce virus
I l ne faut pas mésestimer ce qui nous est demandé
R estons unis pour vaincre cette pandémie
U n seul mot : ” le respect des autres ”
S inon plus longue sera la durée de la guerre

Micky

Michel
retraité
28 mars 2020

Mes parents et moi sommes dans l’attente, dans l’attente de savoir si nous allons avoir le COVID-19 ou pas puisque ma mère travaille dans une grande surface. Alors nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Nous savons très bien qu’un jour ou l’autre nous allons être contaminés. Je garde espoir que les gens comprendront que ce n’est pas qu’une simple grippe ! J’ai tellement peur que parfois j’ai des crises d’angoisse, chose qui ne m’est jamais arrivé avant tout ça. Alors restez chez vous s’il vous plaît, pensez aux personnes qui travaillent en contact avec des clients, comme ma mère

Marie
28 mars 2020

Frustrant

Je ne suis pas infecté (du moins pas pour l’instant…?), je ne suis pas malade. Ou plutôt si, malade de ne pas pouvoir aider comme il faudrait ceux qui le sont.
Je ne peux pas leur rendre visite, je ne peux pas les embrasser, je ne peux pas leur tenir la main. C’est frustrant… Quand on est malade, pas dans notre assiette, le soutien moral par la présence est un remède aussi efficace que les médicaments. Alors je me tiens à leur disposition pour toute aide ne serait-ce que minime, afin qu’ils puissent se concentrer uniquement sur leur guérison. Je leur dois…
Et ce serait tellement bien si, après ce cauchemar, cette entraide perdurait.
Je n’ai que mes mots pour encourager ceux qui en ont besoin, puissent-ils y arriver…
Prenez soin de vous.

Patrick
Enseignant
28 mars 2020

Ma foi

Qui aurait cru que l’on puisse en arriver là aujourd’hui.
L’ avenir est incertain.
Ce microbe invisible non palpable et pourtant réel peut frapper à n’importe quelle porte.
Prenons nos précautions au maximum et acceptons. S’il doit t’atteindre malgré tout, il le fera. Sinon, il passera son chemin à la recherche de sa prochaine victime.
Nous sommes impuissants face à tout cela.
J’ai la foi et cette épreuve ne sera sûrement pas la dernière, malheureusement, car le monde va mal.
Ce monde qui finit par s’épuiser, nous épuiser.
Alors je garde le moral, je fais confiance au créateur de ce monde, que chaque jour me fait encore plus me rapprocher de Lui.
Une vie, une mort… Une résurrection.

Marya
Maman auprès de ses enfants
28 mars 2020

Venu pourquoi et comment !!

En retraite, je plains les gens qui travaillent et qui sont toujours en contact avec des personnes. Ils sont obligés bien sûr !! Mais d’où vient réellement ce virus et pourquoi ? A mon avis, la Terre nous donne une bonne leçon. A nous de faire en sorte d’être moins consommateurs de choses dont nous n’avons pas vraiment besoin, d’arrêter de produire des produits mal faits qui ne servent à rien ! De rester à l’essentiel : moins de voitures, moins d’avions, les vacances dans son pays et consommer des produits de nos paysans. Ce serait vraiment déjà un grand pas.

Il y a la télé, les livres pour voir d’autres choses. La preuve, si ce virus est arrivé de Chine, il n’a pas eu besoin de billet pour voyager. Qui sait si un jour un autre virus ne viendra pas encore s’installer dans nos vies !

Courage à nos jeunes, ils ne ne sont pas gâtés pour le moment. Alors soyons raisonnables et revenons au plus simple

meredyte
retraité
28 mars 2020

Je suis sous traitement chloroquine et je vais vous expliquer comment cela c’est passé !

Les premiers symptômes sont apparus vers le 14 mars. À l’hôpital, on m’a prescrit du Doliprane et un traitement antibiotique.
Le 16 mars, mon médecin traitant m’a proposé de basculer sous le traitement du Docteur Raoult. C’est à ce moment que j’ai commencé le traitement à la chloroquine.
J’ai rapidement eu une perte de goût et d’odorat, accompagnés de fièvre forte et de toux sèche en fin de souffle. C’étaient des sensations inédites, diffuses. Je me sentais un peu oppressé. J’ai donc entamé le traitement et, dès les premières 48h, j’ai senti un vrai rebond. Ça vous libère et vous sentez que, par rapport à cette fatigue qui vous harasse, l’énergie revient. Dès le 4ème jour, j’ai stoppé le Doliprane grâce à ce traitement.
Je me sentais mieux au bout de 48h et je me suis senti guéri dès la fin du 4ème jour.
Pour moi, cela a fonctionné et c’est une superbe preuve d’espoir ! Aujourd’hui, je vais mieux et je pense qu’il est important de le dire et de le partager !

Restez chez vous, c’est important. Je peux vous l’assurer !

Antoine
Cariste
28 mars 2020

Je n’ai pas vécu la mise en place du confinement comme un truc de dingue, car j’étais déjà en arrêt maladie pour suspicion de Covid. Une suspicion certes quasi confirmée par deux médecins, mais suspicion tout de même.
J’ai eu mon premier symptôme le dernier vendredi avant la fermeture des écoles. Juste de la fièvre avec mal de tête, pas très haute. Un peu plus de toux que les derniers jours, rien de très affolant. Comme le samedi je n’ai plus rien à part une brève sensation de gêne thoracique, je n’y prête pas plus attention.
Le dimanche, tout va bien, mais je suis très fatiguée. Je fais une sieste, et au réveil, c’est la cata. Gros mal de gorge, fièvre qui oscille entre 38 et 38.5, pas plus, courbatures, mal de tête et toujours cette légère gêne au thorax.
J’ai des frissons, des sueurs qui me feront réveiller 6 fois complètement trempée la nuit, et ce sera ça pendant encore les 3 prochaines nuits.
Le lendemain, le mal de gorge a empiré. Mes ganglions sont très douloureux et ont enflés, ma gorge aussi, je suis essoufflée, toujours courbatures et fièvre (avec une pointe à 39.5). Direction médecin, pour je le pense alors, une angine. Dès que je lui explique les symptômes, il écoute directement mes poumons, regarde la gorge. Je comprends après qu’il fait bref pour limiter les contacts. Il m’annonce une pharyngite mais qu’il ne peut pas me dire par quel virus et qu’il suspecte le coronavirus. Me voilà confinée – avant le confinement – à la maison avec un papier pour les patients atteints de Covid, du Doliprane, et un arrêt de 14 jours !
Et le lendemain, à midi, alors que mes symptômes me gardent toujours au lit, on est tous confinés.
Finalement, c’est le mercredi que je sens du mieux. Plus de fièvre (à part le soir), plus de courbatures, juste une gros mal de gorge qui lui, a du mal à se calmer et une petite peur le matin avec une grosse crise d’essoufflement qui me fera tourner la tête mais ne durera pas plus de 5 minutes et ne se répétera pas. Ouf.
Le vendredi, visite de contrôle chez le médecin qui est convaincu que j’ai bien eu le coronavirus au vu des symptômes et de leurs arrivées. Vérification : Oxygène ok (98%) mais tension basse. Donc repos !
Je récupérerai ma gorge et notamment sa taille normale au début de la semaine suivante.
Alors Covid, pas Covid ? Aucune idée. Mais je vais devoir retourner bosser en soutien pour les collègues bientôt, car dans le social, c’est difficile de fermer, alors je me dis que si c’est le cas, au moins, je suis peut-être immunisée.
Finalement, le plus compliqué, c’est cette incertitude et cette claque quand on te renvoie chez toi avec un arrêt de deux semaines et un vulgaire papier. Finalement, si bien Covid, il aura été bénin, mais on se sent un peu seul avec des conseils qu’on ne peut absolument pas tenir (comme porter un masque…)

Delphine
Educatrice
28 mars 2020

PEUR

Je souhaite respecter ce que nous dit notre Gouvernement MAIS
en tant qu’employée de banque je dois reprendre le travail mardi
Pas de gant, pas de gel (traitement des chèques, distributeurs à recharger, dépôts espèces des clients…)
J’ai peur, peur, boule au ventre
Que dois-je faire ?
Si je n’y vais pas… Vais-je perdre mon travail (j’ai 60 ans) ?
Merci

Josiane GILLIOT
Conseillère clientèle accueil bancaire
27 mars 2020

Je suis professionnelle de santé tout comme mon conjoint.
Nos symptômes ont commencé à 4 jours d’écart, d’abord lui, puis moi.
Il s’agit de phases. Tout a commencé avec une toux légère, puis un mal de tête sévère, qui a duré 1 semaine, pendant 2 jours de légères diarrhées, une anosmie, puis une irruption cutanée, vers le 5ème ou 6ème jour des essoufflements inquiétants mais pas dangereux, et enfin, des courbatures dans les derniers jours…
J’en veux à notre Gouvernement d’avoir caché au peuple la propagation de ce virus sur notre territoire, de n’avoir pas su prendre de décisions à temps, d’avoir fait de la désinformation, de n’avoir ni protégé les Français, ni protégé les soignants, de continuer à ne pas prendre de mesures fortes comme la fermeture des frontières françaises ainsi qu’un confinement TOTAL pour ceux qui ne sont pas nécessaires en cas de crise. Mais je leur en veux surtout de m’avoir laissée être un vecteur de propagation pour mes patients, puisque nous n’étions pas censés savoir que la situation était si critique et que le virus était déjà à nos portes.

Le Gouvernement devra des comptes aux familles de victimes, qui ont perdu leurs proches dans des conditions atroces et inhumaines. Il devra également des comptes aux milliers d’entreprises qui vont faire faillite.
On nous demande chaque jour de bien faire notre travail, nous devons des comptes à chaque mouvement, nous payons des impôts… Et l’on s’aperçoit qu’une situation si grave, qui aurait pu être anticipée depuis 3 mois, arrive sur notre sol à cause de personnes qui sont incompétentes.
Je me sens trahie par mon pays.

Charlotte
Pédicure-Podologue
27 mars 2020

Atteinte par le Covid-19… Restez chez vous !

Bon j’ai aussi attrapé cette m**** de virus Covid-19 en faisant pourtant attention, respect des gestes barrières, port de gants et de masques, à croire que cela n’aura pas suffi. Et sûrement au travail, une entreprise de taille moyenne parisienne, avec de grands open spaces. Chacun.e est venu.e travailler jusqu’à la dernière minute, en craignant la maladie, mais en venant quand-même malade… logique.

Le Fléau a débuté chez moi par de très violents maux de tête, une version hardcore XXL de céphalées à laquelle j’attribuerai la note de 15/10. J’avoue n’en avoir jamais ressenti de telles avant ce jour où tout a commencé, il y a un peu plus de deux semaines. La particularité de ce symptôme est de partir puis revenir, provoquant des sortes d’arcs électriques dans ma tête, pouvant aller jusqu’aux vertiges, et me faire croire à un imminent AVC.

Sont ensuite venues de brèves courbatures, puis des troubles intestinaux, plus classiques. Le tout dans un contexte anxiogène où on se demande si nos voisin.e.s auront bien voulu laisser assez de PQ dans les commerces de notre quartier. Je me suis littéralement vidée pendant deux jours, avec des douleurs intestinales répondant toujours présentes à l’appel, notamment au niveau du bas de l’intestin.

Arrive enfin LE symptôme de l’Angoisse suprême, les douleurs aux poumons, son lot d’oppressions thoraciques et de suffocations respiratoires. Étant déjà anxieuse de nature, il est difficile pour moi de garder mon calme. J’enchaîne donc les crises de spasmophilie, surtout le soir vers minuit, le moment où mon corps devrait enfin pouvoir trouver le repos.

Avant hier matin, une infirmière est venue à mon domicile pour contrôler mon taux d’oxygénation dans le sang, ainsi que mes constantes vitales. RAS de grave me concernant ; de son côté, elle n’avait pas de gel hydroalcoolique et d’autres patient.e.s à visiter. Je lui en donne un fait-maison pour dépanner, en me disant qu’elle risque sa vie rien qu’avec moi…

Je dois encore me reposer car selon elle, je me trouve au pic de la maladie, celui où tout peut encore basculer vers du pire. Je regarde donc le soleil depuis mon lit, en rêvant à des jours meilleurs.

Pour le moment, je me sens mi-combative, mi-dépressive, et totalement abandonnée face à une maladie où l’on me demande de rester à la maison, sans avoir pu être testée, de patienter en espérant pouvoir rester du côté des vivant.e.s, des survivant.e.s.

Je ne lis pas non plus de directives pour soigner les nombreux.ses malades, après la pandémie. Mes bronches pulmonaires ont pourtant des lésions que je sens chaque jour, et dont la sévérité devrait pouvoir être étudiée par des spécialistes, afin que je puisse bénéficier d’un traitement médical adapté, comme tant d’autres personnes…

Mes pensées les plus chaleureuses vont vers toutes les personnes restées en pleine activité malgré cette foutue pandémie, à savoir le corps médical, les équipes de logistique et de distribution des magasins, celles qui ramassent nos poubelles, etc. Et qui ne travaillent pas dans des conditions optimales, à cause de restrictions budgétaires nationales ou de directives pro-capitalistes. Elles et ils risquent leurs vies pour nous… Un grand merci, je continuerai à vous porter dans mon cœur !

Et courage à nous toutes et tous !!

Gladys
27 mars 2020

Ce n’était qu’un songe…

On roulait vers la mer… La route s’offrait à nous, entourée de forêts de pins défilant devant nous… On riait, épris de liberté… On arrivait alors à l’océan, les cheveux au vent. Je m’enivrais de l’odeur des embruns, les pieds dans l’eau glacée… Blottis l’un contre l’autre, nous goûtions ce moment de paix et d’intense liberté devant l’immensité de l’océan… La vie était devant nous, amoureux que nous étions…

Et puis, il y eu cette annonce faite à la télévision, comme l’effet d’une bombe… Une guerre imminente arrivait avec des ennemis sournois, presque invisibles…

Violemment, nous n’étions plus qu’un mais deux séparés…

Toutes les fleurs de mon immense stand de végétaux avaient disparues, emmenant avec elles mes clients…

Tout s’est arrêté brutalement, violemment, emportant le rire des enfants…

Ce n’était qu’un songe… Je vais me réveiller dans quelques jours, quelques semaines, débordante de vie, dans les bras de mon amour enfin retrouvé…

D.
Commerce...
26 mars 2020

Satané virus

Bonjour,

J’ai eu mes premiers symptômes le dimanche 15 mars, toux, mal de tête. Les courbatures sont apparues un peu plus tard avec une grosse fatigue ainsi que de la diarrhée.
Une fois parties, j’ai eu le droit à la perte de goût et d’odorat.
Maintenant, après 11 jours, quelquefois essoufflé mais je sens que je vais un peu mieux tout doucement.

Force à tous et ne sous-estimez pas ce fichu virus.

#restezchezvous

Nicolas
Commercial
26 mars 2020

Un jour sans fin

Hello,

Je voudrais partager avec vous mes deux dernières semaines. Pas pour le confinement qui se passe plutôt bien mais pour la maladie que j’ai eue. Je n’ai pas la certitude d’avoir attrapé le fameux et très énervant Covid-19 mais ça y ressemble quand même fortement.
Les premiers symptômes sont apparus lundi 16 mars. De la fièvre modérée, mal à la gorge et à la tête, et une grande fatigue. Je dormais plus que d’habitude mais je pouvais tout à fait travailler (de chez moi évidemment).
Mardi, ces mêmes symptômes sont restés mais sans gravité. Je pouvais toujours évoluer sans souci.
Et mercredi, miracle, la fièvre avait totalement disparu avec la fatigue. Restait un faible mal de tête comparable à un lendemain de soirée arrosée.
Jeudi et vendredi, je me suis réveillé en pleine forme, avec cependant de violentes courbatures qui me réveillaient même la nuit !
Ces courbatures ont duré jusqu’à samedi environ, quand, ce même jour et d’un coup (je pourrais dire l’heure exacte), j’ai perdu totalement l’odorat et le goût. Nous sommes jeudi et cela revient tout doucement, j’apprécie à nouveau les aliments.
Aujourd’hui, jeudi 26 mars, je vais très bien, quoiqu’un peu essoufflé de temps en temps pour des déplacements mais ça reste anecdotique.

Je voulais juste partager avec vous la chronologie de ma maladie afin d’aider/rassurer certaines personnes si ces symptômes apparaissaient mais surtout pour faire part avec vous du caractère assez étrange concernant l’apparition et la disparition des symptômes.
J’insiste toutefois sur le fait que je n’ai absolument pas été dépisté, je n’ai pas appelé mon médecin et ne suis donc pas sûr à 100%. L’agueusie et l’anosmie restent cependant des symptômes très évocateurs. Ma mère infirmière est quant à elle quasiment sûre concernant mon cas.

Bon courage aux personnels soignants et tous les autres métiers qui résistent et nous font vivre, et surtout MERCI à eux !

Juan
26 mars 2020

Un soupçon d’humanité

Bonjour à tous,
Parmi ce flot (ou fléau, au choix) d’informations qui ne cessent de nous enfoncer un peu plus chaque jour, il m’a semblé important de participer à cet élan de solidarité. Parce que oui, moi qui n’avais plus vraiment foi en l’humanité, j’ai retrouvé du plaisir à faire partie du genre humain.
Des cons, il y en a partout. Et il y en aura toujours. Les mauvaises herbes se reproduisent plus vite que les belles fleurs…!
Je vois, comme nous tous, chaque jour des élans de solidarité auprès de nos anciens, de nos soignants, de tous ceux qui sont au front pour nous. Mais surtout à cause de nous. Nous, qui n’avons pas su mesurer ce mal qui pointait le bout de son nez.
“Bah je vais pas arrêter de vivre ou de sortir. Et puis si je l’attrape, tant pis !” Belle mentalité. Scandée par tellement d’entre nous, sur le territoire et dans le monde. N’avez-vous pas pensé à tous ceux qui vous entourent et qui, au contraire de vous, ô génies et immortels incontestés, pouvaient être vulnérables ? De toute évidence non. Là où les imbéciles (oui oui, j’assume ce terme) se ruent sur les pâtes et le papier toilette, vous n’aurez pas le Covid. Non non, juste une belle constipation. Et, désolée de vous l’annoncer, mais j’ai hâte de vous voir vous tordre de douleur parce que vous n’avez pas pensé aux autres. Petite revanche du karma. Vous pourrez toujours construire des châteaux avec vos rouleaux de PQ 🙂
Passons le côté drama et un peu haineux. On n’a pas le temps pour ça et, à dire vrai, y a assez de haine dans le monde pour y contribuer encore un peu plus.

Moi, ce que je retiendrai de ce Covid, ce n’est pas le confinement. Ouais, ça craint. On tourne en rond. On a fait 50 fois le ménage et le tri dans nos placards. Pour ceux qui ont le temps d’être oisifs, évidemment. Petite pensée pleine de courage à ceux qui se retrouvent parents, instits, femmes/hommes de ménage et cuisiniers d’un seul coup. Vous avez mon respect. Ce que je retiendrai du Covid, c’est cette belle solidarité qui (re)naît. On n’en parle pas beaucoup – pas assez. Mais elle est là. Dans vos familles, dans vos villes et villages. Elle est pour nos soignants et tous ceux qui s’assurent que nous ne manquions de rien. Elle est pour nos anciens, pour nos voisins, et tous ceux qui ont encore plus besoin d’aide en ces temps difficiles. Elle s’installe et gagne du terrain. Espérons qu’elle s’installera plus vite que ce satané virus. Espérons que nous en garderons des traces “après”.
Et oui les amis, il y aura un après. Je l’espère meilleur, et plus humain.
Je vous fais à tous plein de bisous désinfectés. Prenez soin de vous, de vos proches. Et surtout, restez chez vous !

Doriane
Sténotypiste - au chômage !
26 mars 2020

Bonjour Covid !

Bonjour,
Je suis confinée chez moi depuis l’annonce de fermeture des écoles pour garder mon fils de 3 ans. Soit depuis le vendredi 13 au soir.
Mes parents sont dans le milieu médical, je n’ai absolument pas pris à la légère les choses, même avant qu’elles n’arrivent chez nous. Les gestes barrière, c’est déjà acquis à la maison… et pourtant… Mardi 17, premiers symptômes légers. Je n’y prête pas attention. C’est mon médecin qui, le samedi matin, me dira au téléphone “Si, si, ce sont vos premiers symptômes” : maux de tête, nuque un peu raidouille, maux de ventre qui vont et viennent, légères courbatures. Ces dernières s’accentuent le vendredi. Je me sens patraque en fin de journée et en me couchant, les frissons et la sensation d’être gelée me réveillent. Fièvre. Elle durera jusqu’à dimanche. Les autres symptômes vont et s’en vont selon les jours : essoufflement à l’effort ou quand je suis fatiguée en fin de journée, grosse fatigue, maux de tête violents, rhume, maux de ventre, courbatures…
Aujourd’hui je suis à J10… Je vais mieux, je n’ai plus de fièvre depuis presque 4 jours, et d’après mon médecin je suis en phase de guérison. J’ai passé la phase critique où les problèmes respiratoires peuvent arriver… Pour autant, je suis fatiguée et je continue à me sentir tantôt bien, tantôt moins bien. Mais ça va nettement mieux qu’il y a 5 jours !
Le plus dur, c’est le confinement dans le confinement. Et le fait de ne pouvoir serrer mon fils contre moi et l’embrasser, ainsi que mon mari.
Ce contact physique me manque. Vivement mardi prochain, les 14 jours seront passés et je ne serai théoriquement plus contagieuse.
Je vis avec la peur de les avoir contaminés avant de me mettre à l’écart
Je vis avec la peur de replonger avant la fin de ces 14 jours
Je vis aussi avec la conscience d’avoir eu de la chance d’échapper à la forme grave et d’être chez moi avec les hommes que j’aime.
Je pense à tous les malades, et à tous ceux partis trop tôt, ainsi qu’à leur famille. Et à toutes les personnes qui vont travailler pour nous tous les jours…
Quand tout sera fini, je changerai de vie je crois… Je veux changer les choses à mon échelle…
Longue et belle vie à tous,
Prenez soin de vous et de vos familles
Et surtout restez chez vous !

Marine
Assistante de réception automobile
26 mars 2020

Confinement Jour 10

Confinement Jour 10… Ce matin le réveil est difficile. La nuit a été agitée. Hier soir un message tombe sur WhatsApp… Pic attendu d’ici au 3 avril… Ne plus sortir…Infection maximale attendue… Ce matin j’ai peur. Peur de sortir. Peur de croiser des gens. Peur de croiser des personnes contaminées. L’angoisse est à son maximum. Combien de malades nos compatriotes sur le front vont-ils soigner aujourd’hui ? Et demain ? Et les jours suivants ? Combien de décès va-t-on encore nous annoncer ? Combien de temps allons-nous encore devoir rester cloîtrés ? Confinés ?

Guénaëlle
IPRP
26 mars 2020

Positif ou pas

Bonjour à tous,
J’ai 37 ans, marié et papa d’une petite princesse de 3 ans. Pour ma part, j’ai respecté les règles de précaution à la lettre. Mon entreprise ayant décidé de cesser l’activité le premier jour du confinement, j’avais moi-même cessé d’effectuer des rdv commerciaux le jeudi, jour du premier discours de Macron.
Mon épouse a été la première touchée depuis vendredi dernier, et moi j’ai commencé à avoir les symptômes lundi : toux, courbatures et fièvre.
Ma fille, Dieu merci, va bien, n’a aucun signe mais c’est très difficile pour elle de rester à la maison pendant le confinement.
Ce que je trouve aberrant dans la sixième économie mondiale, avec un des meilleurs systèmes de prise en charge (Sécu et mutuelle), c’est qu’on ne puisse même pas effectuer de dépistage alors que j’ai tous les symptômes aux dires du médecin !
Je prie Dieu de ne pas avoir de complications respiratoires. Peut-être que là ils se décideront à me faire les tests.
Les journées sont longues, les nuits compliquées et les douleurs insupportables !
Svp protégez-vous, ne sortez pas. Nos anciens ne méritent pas d’attraper cette saloperie et de mourir dans des conditions atroces !

Sami
Commercial
26 mars 2020

Chaque nuit, je n’arrive pas

Chaque nuit, je n’arrive pas à dormir parce que je suis morte de peur.
Pas de peur du virus, ni même de perdre mon boulot dans le cadre de la récession qui suivra le confinement (même si c’en sera probablement la conclusion).
Non, je suis morte de peur que la réalité que nous vivons actuellement devienne la norme. Les belles journées ensoleillées passées de force à l’intérieur, les pays et les personnes dans un même pays déconnectées les unes des autres, la police qui va contrôler jusqu’au contenu de nos sacs de courses, l’impossibilité de sortir sans un papier, et j’en passe.
J’ai l’impression d’avoir loupé cette grande réunion planétaire où la société toute entière a fait un 180° complet sur tout ce qui, jusqu’à il y a peu encore, dans l’ancien temps déjà, nous semblait sain : aujourd’hui, les câlins sont criminels, l’interaction sociale est criminelle, le fait de sortir prendre l’air est criminel, et j’en passe. Tout ce qui nous apportait du bonheur est devenu illégal en un instant.
Et si encore, ce n’était que le fait du gouvernement. Les gens applaudissent, demandent encore moins de liberté, pointent du doigt ces actes “criminels” que de vouloir profiter du soleil, rechercher le contact humain… Être libres, quoi. Il faut croire qu’il ne reste plus grand-chose du pays, de la révolution et de la liberté. Qu’on ne s’étonne pas après si on se retrouve dans cette situation tout le reste de notre vie, vu comme la population applaudit à bras ouverts le meurtre de nos libertés.
Bien sûr, ce virus est une menace. Mais nous en avons connu d’autres par le passé, des menaces, et aucune d’elles ne nous avait privés à ce point de nos droits les plus fondamentaux. Et quand je vois le succès (ironie assumée) du confinement en Italie jusqu’à présent, je me demande bien à quoi ça sert.

Le reste de ma famille dans d’autres villes me manque. Mes amis à l’étranger, eux aussi prisonniers chez eux (et eux aussi applaudissant ces mesures liberticides) me manquent. Le parc pas loin de chez moi (et pourtant si loin, manifestement) me manque. Je me demande si je les reverrai un jour. C’est terrible de ne même pas pouvoir en être sûre.

A.
(J'ai fêté mes 27 ans en confinement, donc rien fêté du tout. Yay.)
26 mars 2020

Mon bilan perso au bout de 7 jours de confinement

Nous fonctionnons en mode dégradé, le moral quant à lui ne doit pas l’être

Voici mon bilan au bout de 7 jours de confinement (officiel) et télétravail:

– Maintenant je dors plus de 8h par nuit. Je n’ai plus de trajet pour aller au travail
– De ce fait ma peau est rayonnante. Plus de cernes
– Je fais du sport en simulant des fights contre un ennemi invisible sur une musique entraînante
– Je n’ai pas pris un gramme
– Plus d’échanges de miasmes entre collègues
– Plus de présentéisme
– Fiabilité technique, réseau internet domestique 90%.
– D’un tempérament naturellement antisocial, j’ai fait la connaissance d’un nouveau voisin fort sympathique. Nous nous ressemblons.
– Dans l’immeuble, un grand CALME QUI FAIT DU BIEN

Voici les côtés positifs, je ne parle pas des négatifs.
Pour ces derniers, je vous recommande le JT de 20h. Merci.
Une pensée émue pour ceux sur le front.

POMPOMPOM POM
Manager du chaos/Esclave de bases de données
25 mars 2020

Je suis en colère !

Bonjour,

Je tiens à apporter mon témoignage comme directeur d’EHPAD et d’établissements pour personnes handicapées.
Je suis en colère !

C’est une crise sans précédent pour nos établissements. Pour autant, je réfute le terme de “guerre”.
La guerre signifie qu’il y a un ennemi, or là l’ennemi n’est même pas un organisme vivant : un virus, contrairement à une bactérie, n’en est pas un.
Il s’agit donc d’une crise sanitaire, provoquée certes par un virus millénaire, mais surtout accentuée par les pouvoirs publics qui n’ont pas anticipé, pas prévu les moyens de lutter.
Dans mes établissements, on a des masques pour tenir 3 jours !!! Et dire qu’on est dans le système de santé soi-disant le plus performant au monde ! Il a déjà du plomb dans l’aile notre beau système…
Cela fait déjà un moment que les EHPAD tirent la sonnette d’alarme. Résultat : du saupoudrage en début d’année par la Ministre de la Santé et maintenant cette crise du Coronavirus.
Je suis en colère !

La guerre cache aussi la responsabilité des pouvoirs publics derrière le voile protecteur et fédérateur de la “Nation”. Mais un jour viendra où il faudra chercher et trouver des responsables, dans un système ultra-libéral qui a privilégié au nom de l’efficacité une vision comptable à court terme, au prix de la santé de toute une population. Pour l’heure, nous devons rester soudés et éradiquer cette pandémie.
Mais au final, quel sera le coût bien plus élevé sur les plans économique, social et humain ??? Quelles conséquences psychologiques produira le confinement, sans compter ces morts que les familles n’auront pas pu accompagner ?
Dans nos établissements les visites sont interdites, sauf pour les fins de vie. Les résidents déjà fragiles souffrent énormément de la situation. Sans parler des professionnels qui saturent et culpabilisent de peut-être contaminer sans le savoir les résidents. Et si demain j’ai 20 morts dans mes établissements, je leur dirai quoi à tous ces gens ?

Demain, c’est tout un système qu’il faudra remettre en cause, un système capitaliste effréné, ultra-mondialisé, qui a basculé dans l’inhumanité.
Bernard MARIS l’avait écrit dans les années 2000, que le capitalisme finira soit par une crise économique soit par une catastrophe. Et on a eu les deux : la crise économiques de 2008 puis la catastrophe sanitaire actuelle, sans parler de Fukushima au milieu. Et pourtant, le système est toujours et sera toujours là.
Sauf si nous, citoyens, acteurs de la santé, de la recherche, associatifs, bénévoles, défenseurs de l’environnement, faisons pencher la balance du côté de la qualité de vie et de l’avenir de nos enfants, bref de l’humanité.
Pour cela, il faudra résister au saupoudrage que certains tenteront de nous faire passer pour mieux avaler la crise.
C’est à ce moment-là que la véritable guerre commencera, car nous aurons enfin un ennemi devant nous.

Julien
Directeur d'établissement (EHPAD)
26 mars 2020

Un jour sans fin

Six mois par an, je suis mère au foyer, je gère tout pendant que mon conjoint travaille. Six mois par an, je suis pratiquement mère célibataire et j’attends le retour du printemps pour pouvoir reprendre le travail, sortir, voir du monde, vivre un peu pour moi.
Pas cette année. A peine embauchée, déjà virée. Pas de chômage partiel pour les saisonniers. Nous sommes des employés jetables.
Mon compagnon ne travaille plus (chômage partiel) et occupe ses journées comme s’il était en vacances, entre jeux en ligne et hobbies d’intérieur.
Moi, depuis 15 jours, je vis un seul et même jour interminable où je mène de front une quintuple journée (4 enfants, donc 4 classes à donner simultanément + le ménage, les repas et mes autres tâches de “mère au foyer”). Je ne touche plus terre, je perds la notion du temps. L’école à la maison me prend chaque minute du jour et mes nuits servent à rattraper la tenue de la maison. Quelques heures de sommeil agité et on recommence.
Foncièrement, le confinement n’est pas si dur. J’ai de la chance, je vis dans une toute petite ville. Les commerces de proximité sont au bout de la rue et j’ai un jardin où les enfants peuvent courir un peu. Je n’ai pas spécialement peur du virus (malgré ma condition d’asthmatique, je ne me sens pas – peut-être à tort ? – menacée), je n’ai pas peur pour mes proches (les enfants ne sont a priori pas touchés et ma mère, vivant très recluse, a des chances d’exposition minime). La partie difficile, la vraie, c’est pas l’isolement, la perte de mon boulot, l’impossibilité de sortir. La partie difficile, c’est de se sentir seule entourée des miens.

Sarah
Guide touristique
25 mars 2020

Travail

Bonjour,

Malgré un martelage de l’Etat sur le fait qu’il faut un minimum de monde qui bouge, chose que j’aimerais bien respecter mais je ne peux pas. Mon patron nous dit qu’il n’y a pas de risque alors qu’on est une équipe de 3 à travailler dans le même atelier…
Ayant une personne de ma famille contaminée, je trouve cela très fortement irresponsable de sa part. Sachant qu’une personne est d’astreinte toute la semaine, il suffirait que celle-ci travaille pour la continuité du service.
Si je tombe malade ou que je le donne à quelqu’un, je ne manquerai pas de lui rappeler les faits… À bon entendeur.

Franklin
Agent technique communal
25 mars 2020

Sacré 21 ème siècle!!!!

L’an 2000 devait être de la “BOMBE” !!!!!
Je rêvais du bébé de l’an 2000 et on l’a fait !!!! Enfin… oui et non !!!
En fait, c’était encore mieux que ce qu’on aurait pu imaginer. C’est pas 1 mais 2 bébés d’un coup!!!!
Et puis y a eu cette annonce merdique. Faut rester allongée sinon y a risque de prématurité !!! Bon d’accord, je finis ma semaine de boulot à l’hôpital et j ‘exécute l’ordre mais il est déjà trop tard et cette nouvelle ère est pour toute la famille le début de la fin.
Accouchement en urgence à 5 mois et 3 semaines. Nos deux garçons se battent comme à la guerre déjà pour sauver leurs peaux !!! “Il faut sauver les soldats Ryan”!!! Et pattatra, c’est déjà fini pour l’aîné (après 1 mois et 1 semaine de survie) !!!! L’horreur comme on ne l’avait jamais imaginée, même pas en cauchemar!!!
Dans mes rêves, c’était plutôt biberons x2, paquets de couches à gogo, poussette double, lessive à ne plus en finir… Bref des banalités x2 !!!! Et devinez ce qui a emporté notre bébé : UN P… de ROTAVIRUS !!!! Et puis notre autre petit guerrier a mené de front comme un chef sa bataille de survie et il a gagné !!! Mais depuis, il se bat et nous faisons front avec lui pour accéder à une place dans cette société, assis dans son fauteuil. Cette année, il passe son BTS (conception de produits industriels). Enfin ça, c’était il y a quelques jours car depuis, comme nombre d’étudiants, il attend… Et aujourd’hui, 20 ans après (ce sont les 20 ans de nos bébés 2000 !!!!) c’est ce P… de CORONAVIRUS qui vient taper à toutes les portes sur tous les continents !!!! Un CHAOS MONDIAL, un abominable raz-de-marée est en train de nous faire disparaître de la surface de cette pauvre Terre. D’abord le confinement, puis le faucheur quand ce n’est pas déjà fait au vu de ces chiffres qui chaque jour ne cessent leur progression !!! Tout s’arrête mais pas celui du compteur de la mort, et ça nous affole à nouveau comme cet instant tragique où il a fallu débrancher notre petit ange. J’aurais tellement voulu entendre encore sonner ces alarmes !!! C’est le seul petit moment où ces pauvres infirmières impuissantes m’ont laissé le prendre dans mes bras et sa vie s’est arrêtée… Mais j’ai imprimé cet instant-là et il ne m’a plus jamais quittée… Car aujourd’hui, à cette même période, comment accepter de laisser partir nos êtres chers quand nous ne pouvons même plus les accompagner ??? Dommages collatéraux qu’il faudra prendre en compte pour ces années à venir, enfin si la vie terrestre nous en donne la possibilité !!! Merci pour ce petit coin de paradis qui me permet de parler d’un petit morceau de ma vie d’avant. Elle nous avait déjà bien transformés.

Surtout “RESTEZ CHEZ VOUS ” si vous n’avez pas à intervenir !!!! Il y en a tant déjà qui donnent de leur courage pour arrêter ce MASSACRE !!!!! Et “PRENEZ SOIN DE VOUS”
Gatou

gatou
Aide soignante
25 mars 2020

Quand le Covid-19 s’est installé dans mon corps

Nous Sommes 6 à vivre dans une maison d’un petit village.
Sûrement positive à ce virus mais ne pouvant être dépistée malgré le fait que je fais partie des personnes fragiles suite à un cancer. Aujourd’hui, je dois me battre contre l’invisible.
Mon fils de 9 ans se sent responsable puisqu’il a entendu sans cesse que les enfants étaient porteurs sains.
Mais voilà je suis une super maman, j’ai battu un cancer. Ce n’est pas cette saleté qui m’aura.
Je voudrais juste apporter mon soutien à tout le monde. Dire un grand merci à tout le personnel soignant, les hôtesses de caisse, les routiers, les éboueurs, les instits qui sont là également pour continuer la scolarité de nos enfants. Merci à tous ceux qui travaillent encore pour que nous puissions continuer à vivre.
Mais malgré tout ça, je voudrais dire à ce Gouvernement que les mercis, vous pouvez vous les mettre où je pense. Depuis plus de 40 ans, les Gouvernements successifs détruisent l’hôpital public. Depuis des mois, les hôpitaux crient, hurlent que l’hôpital se meurt. Alors vous qui les avez ignorés, humiliés, vous leur devez un PARDON.
Et moi, en tant que patiente, je leur dis merci.
Nous sommes le 25 mars et les conférences de presse de notre Gouvernement ne parlent que de l’après. Mais l’après, nous ne sommes pas près d’y être. Au lieu de parler d’économie, sauvez les Français.

Karine
Maman
25 mars 2020

Honte à la Régie autonome des transports parisiens et certains cadres hospitaliers

Sachant de source sûre ce que je vais affirmer plus loin, comment peut-on agir de la sorte ? C’est proprement inadmissible.
Comment cette entreprise nationale peut garder en stock des dizaines de cartons de masques et de matériel, alors qu’il n’y a quasi plus aucun transport ?
Au lieu de les distribuer au personnel médical proche de chaque centre médical de la RATP. Ou dans les Ephad par exemple.
Comment 30 Médecins peuvent se permettent de ne faire qu’une heure de permanence téléphonique chacun, à tour de rôle, ça va pas trop débordé…
Un peu d’aide aux médecins près de chez vous, pour les soulager, ou éventuellement dans les hôpitaux près de chez vous serait trop vous demander sans doute.
Bref encore un profond dégoût…

Quand je vois qu’il y a 4 jours, un cadre de l’hôpital dont dépend l’Ephad de ma compagne se permettait de dire qu’ils n’avaient pas besoin de masque ou de matériel de protection, car l’Ephad ne se trouvait pas dans une zone à risque… Comment peut-on tenir des propos comme cela, au lieu de simplement dire “je suis désolé, nous n’en avons pas” ?
Comment ce même cadre peut-il se permettre d’informer seulement certaines personnes de cet Ephad, soi-disant pas en zone à risque, qu’un des médecins et une infirmière sont positifs au Covid19, mais qu’il ne faut surtout pas le dire aux autres…
Tous ces gens-là devraient être radiés de l’ordre, et passer en justice. Ce sont des assassins en puissance !
Pour finir, vous rappelez-vous comment les journaux et politiques ont lynché Roselyne Bachelot, parce qu’elle faisait trop de stock de vaccins et de matériels de protection, que cela coûtait trop cher… C’était quoi déjà son principe ? “Je préfère en avoir et qu’ils ne servent pas, et que ça coûte de l’argent, plutôt que de ne pas en avoir le jour où on en aura besoin”. Qui avait raison… Merci Élise Lucet de l’avoir lynchée publiquement… Alors qui c’est qui avait raison…. Bref, je ne suis pas du tout politique et je ne vote même plus tellement ils me dégoûtent tous, de tous les bords. Mais faut avouer que, pour une fois, elle avait grandement raison la Roselyne !
Bref très grosse colère auprès de tous ces gens

Tof BZH
Marin de Commerce
25 mars 2020

Mercredi 25 mars 2020

Je suis frontalière en Suisse. Habituellement, je mets 30mn pour aller au travail. Le restaurant du Centre Commercial où je travaille est fermé depuis vendredi dernier. Comme je fais partie d’un grand groupe (Migros, équivalent à Auchan ou Leclerc), je suis transférée dans un autre magasin en renfort de caisse. Pas de chômage technique chez nous, ni de télétravail bien évidemment.
Les entreprises horlogères sont pour la plupart fermées ou en effectif très réduit, mais comme certaines douanes sont fermées, il y a énormément de monde aux frontières. Lundi, je suis partie à 5h30, je suis restée 1h30 dans les bouchons. Maintenant, je pars a 5h, personne sur la route, j’arrive à 5h30 au travail, je ne prends qu’à 7h. Et termine à 19h15.
Toute la journée, je croise des clients, certains inquiets, d’autres blasés par la situation.
En caisse, nous devons obligatoirement mettre des gants. Une visière nous est également proposée mais étant légèrement claustrophobe, j’ai de la peine à le garder plus d’une heure. Alors tant pis, je prends un risque supplémentaire, je reste à bonne distance des gens. Hier, vers 18h30, une cliente, sans masque ni protection particulière, me dit qu’elle sort juste de confinement. Elle a été positive au Covid il y a 15 jours et reprend le travail aujourd’hui. J’ai senti mon cœur s’emballer.
A titre perso, j’ai 2 enfants. 2 garçons de 10 et 5 ans. Bien avant le confinement, le samedi 14 mars, avec mon mari, nous avons emmené nos enfants chez mes beaux-parents, à 400km de chez nous. “Juste une semaine ou 2 les enfants, histoire que ça passe, ce sera comme en vacances”. Je ne sais pas qui j’essayais de convaincre… Aujourd’hui avec le confinement, je ne peux pas prendre la route pour aller chercher mes enfants. Et puis avec mes beaux-parents, 60 et 70 ans, est-ce bien raisonnable d’être en contact en ce moment avec eux ?
Les journées sont longues au travail, et interminables sans mes enfants…
Je pleure souvent, de peur, de frustration, de solitude. J’ai de la peine à manger tellement je me sens nouée par cette situation. J’ai subi une grosse opération en janvier, ai perdu énormément de poids et mon système immunitaire est très faible.
Le Gouvernement prévoit une sortie de confinement en mai, 1 mois 1/2 sans mes enfants, j’en pleure encore tellement j’ai mal.

Aurélie
Vendeuse en gastronomie
25 mars 2020

Un présent chaotique, un futur meilleur ?

Bonjour,

Je m’appelle Jessica, j’aurai 32 ans le 8 mai et suis maman de 3 enfants, et un mari super 🙂 Je me souviens des premières informations qu’on avait de la situation à Wuhan, des images choc, une ville confinée, surveillée par les militaires… Tout a commencé à ce moment-là, une angoisse qui a pris sa place au fond de moi. Je me disais qu’ils allaient gérer la situation, sans que cela ne nous atteigne, mais au fond de moi, je savais pertinemment que ce n’était pas possible. Nous sommes des millions à voyager tous les jours… Le virus allait tôt ou tard venir chez nous ! Je suivais toujours les actualités et quand j’ai appris qu’il y avait un cas sur le territoire français, je me suis dit “ça y est, on va être comme Wuhan, le virus va nous atteindre par milliers”, et on est dans cette situation le 25 mars 2020 ! J’ai mal pour tous nos médecins, personnels soignants, pompiers, ambulanciers, qui se battent avec peu de moyens pour faire vivre et guérir des milliers de personnes ! Sachant qu’ils se mettent en danger eux-mêmes pour le bien de notre santé ! Je suis confinée avec mes enfants, j’ai la santé fragile et vulnérable vis-à-vis de ce virus. S’il m’atteint, je risque d’atteindre une forme sévère. J’ai peur, j’ai énormément peur, que ce virus rentre chez moi. Nos journées n’ont rien d’une atmosphère de vacances. On est inquiets, touchés par ce qui se passe. On fait la classe aux plus grands, heureusement qu’ils ont des plannings chargés. Ça nous permet de retourner en enfance, et de changer nos idées. On passe du temps à jouer avec eux, à renforcer nos liens, donner beaucoup d’amour. Ah aussi, on dort mal, je fais même des cauchemars. Je vois mes enfants souffrants et que je ne peux rien faire, c’est horrible, je sursaute pleine de sueur. Notre présent, c’est cela. On vit le printemps à la maison. Une fois les fenêtres ouvertes, on entend le chant des oiseaux. J’aimerais tellement être à leur place, être libre et sereine dehors. Dehors, je ne peux pas y aller car j’ai peur que le Covid-19 soit face à moi. Il peut être partout, chez n’importe qui, sur n’importe quoi, c’est pas pour rien qu’on l’appelle l’ennemi invisible ! Un jour, retrouverons-nous notre vie d’avant ? Ça me manque tellement d’aller au boulot, de rentrer fatiguée, de courir entre devoirs, repas, courses… nos sorties et activités du weekend… Je pense au futur, j’espère qu’il sera meilleur, qu’on viendra à bout de la pandémie. Je prie pour que les malades aillent mieux, guérissent. Je prie pour les familles des défunts, courage à eux. Je prie pour que le corps médical ait force courage. Une pensée aussi à ceux qui sont confinés seuls, courage, patience ! Que tout le monde fasse attention à soi et ses proches. Il n’y a qu’une seule vérité et sans solution sur terre, c’est la Mort. Ne vous mettez pas en risque, prenez soin de vous. Jessica

DEGERLI
Opératrice salle blanche
25 mars 2020

Le Confinement

Vendredi 13, jour de chance disent-ils…
Le virus s’est installé en France. On en avait d’abord entendu parler de loin, comme une “simple grippe”. Elle paraissait tellement loin qu’on ne s’attendait pas à ce qu’elle franchisse les frontières si vite. Le stress et la panique commencent à monter dans l’esprit des gens. Le magasin est rempli, les gens achètent tout en quantité astronomique. Des pâtes, du papier toilette, des boîtes de conserve. Pour l’instant, pas d’inquiétude pour moi, j’ai confiance.

Dimanche 15, derniers moments en famille.
Nous profitons sans vraiment penser à ce virus. Nous allons même profiter du soleil, et faisons une belle petite promenade.

Lundi 16,
Le magasin est bondé. Les rayons sont vides. Mais qu’est-ce qu’ils achètent ? Qu’est-ce qu’ils arrivent encore à trouver en rayon ? La panique a monté d’un cran. Nous sommes appelés en renfort caisse. Quelques personnes portent des masques, des gants, prennent leurs distances. Moi, je n’ai que des gants, et je me dis qu’avoir des gants ne me rassure pas vraiment… Si le virus se transmet par le contact, les gants ne me protègent en rien. Une cliente me conseille de ne pas porter mes mains à mon visage… Mais c’est un pur réflexe. Une mèche de cheveux à remettre, une réflexion avec les mains sur le menton… Des habitudes…
Le stress des clients m’envahit… Devrais-je peut-être faire le plein de courses ? Et si on finissait par tous être enfermés chez nous ? Et si…? Et si…? Je ne montre rien et garde le sourire. Car dans un magasin, c’est ça le plus dur : rester souriant en toute circonstance…
Le soir même, Monsieur Macron fait son élocution. Il annonce que nous sommes en guerre, qu’à partir du mardi midi, il y aura un confinement à respecter…

Mardi 17,
Je me réveille un peu perplexe. Comment ça va se passer avant midi ? Sans aucun doute, le monde a envahi le magasin. Nous sommes appelés en renfort mise en rayon de l’épicerie. Nous n’avons pas le temps de mettre en rayon que les gens se servent dans les palettes.
Quel boulot !
Plus on approche de midi, plus cela se calme. Je ne sais plus quoi penser. Doit-on s’inquiéter ?
Nos rayons sont vides, l’état de nos stocks est équivalent à zéro. La marchandise n’arrivera pas dans tous les rayons. L’alimentaire est prioritaire. Les feuilles de papier, les cartouches d’encre sont en rupture. L’école est à la maison, les feuilles pour chaque déplacement sont à imprimer. Vive l’écologie ! On se fait incendier : “c’est inadmissible !”, “quand est-ce que cela va arriver ?”.
Nous ne savons pas.
L’après-midi et le restant de la semaine, le flux des clients a diminué. Mais il y en a toujours… Je voudrais être comme eux, pouvoir rester à la maison et, par ce fait, éviter de croiser ce virus. Mais hélas, nous ne pouvons pas. Toute la semaine, je vois mes collègues du Drive courir. Les commandes affluent en nombre.

Nous sommes le mardi 24, un weekend sur le canapé. Eh oui, en appartement le tour est vite fait. Ma famille me manque, mais pour leur bien je dois rester loin d’eux. Je n’ai jamais passé deux jours sans voir l’un d’entre eux. Et là c’est trop dur. Pour ce qui est du travail, le magasin n’est jamais vide. Il y a toujours des clients. Nous n’avons toujours que des gants comme protection, et nous arrivons à la fin du stock…
J’ai peur. Je ne sais pas où on va. Ni quand tout ça s’arrêtera. Moi qui prévois toujours tout dans ma vie, là c’est raté. J’espère une seule chose, que personne de mon entourage ne soit victime de ce virus. Et j’aimerais par-dessus tout que cela se termine, qu’on puisse reprendre notre vie comme avant. Avec cette liberté d’aller voir qui nous voulons, à l’heure que nous voulons, d’aller au travail sans avoir à remplir un papier. Je suis heureuse d’aller travailler, de remplir des rayons pour que les autres puissent se nourrir.

Aurore
Employé libre service
24 mars 2020

Mon impression

Étant dans le commerce, j’ai pris conscience de la gravité de la situation en voyant de plus en plus de clients avec des masques de protection.
Au début, ça m’a fait peur et puis je me suis habitué. Ce matin, en lisant le journal, je me rends compte que 6 de mes clients figurent dans les avis de décès. J’ai également remarqué qu’une forme de solidarité incroyable s’était créée entre les personnes de ma ville. Des rues quasiment désertes avec un calme incroyable. Mon quotidien avait complètement changé en quelques jours.

Guillaume
Chef des ventes
24 mars 2020

J’ai peur

Nous sommes le 24 mars. Cela fait une semaine aujourd’hui que je suis confinée avec mes enfants à la maison. Je dis “confinée” mais en réalité nous ne sommes qu’à moitié confinés car mon mari va travailler tous les jours pour permettre aux gens de se nourrir. Je suis fière de lui et de son courage d’aller affronter ce virus. Par contre, j’ai peur. J’ai peur qu’il nous ramène ce virus à la maison et que mes bébés, mon mari ou moi soyons touchés. J’ai peur pour ma sœur qui est infirmière en milieu hospitalier. J’ai peur pour mes parents, mes neveux et pour mes proches. J’essaie de m’enlever cette peur mais impossible. Heureusement, mes enfants ne s’en rendent pas compte et vivent cette période de confinement comme des vacances mais avec les devoirs en plus. Je leur laisse plus de liberté, je passe énormément de temps avec eux et je me régale de ces moments magiques. Nous devons encore vivre plusieurs semaines avec la menace de ce virus. J’espère que le traitement du Professeur Raoult s’avérera être le bon remède et que, grâce à lui, des milliers de gens seront sauvés. Bon courage à tous. Prenez soin de vous et de vos proches.

Sandy
Commercial
24 mars 2020

Je suis aide soignant en ems (Ehpad) en Suisse.
Je suis papa, conjoint
Je suis un soignant, j’ai fait le choix de ce métier et j’en accepte les risques.

Je ne suis pas en première ligne comme les soignants des hôpitaux (médecins, infirmiers, aide-soignants, agents de service hospitalier), les pompiers, les policiers, les ambulanciers, les éducateurs, le personnel des pharmacies et des magasins d’alimentation…

Ma ligne de front à moi, elle n’est pas dans la peur d’être contaminé mais dans la peur de contaminer !!!

Si seulement les personnes pouvaient comprendre et ressentir cette peur qui me tiraille à chaque fois que j’enfile ma blouse.

La crainte de contaminer un ou plusieurs résidents.
Ces résidents qui auront très peu de chance de résister à ce virus, que je devrais alors accompagner dans leurs derniers instants.

Des résidents avec qui je partage une partie de ma vie, qui subissent déjà un confinement partiel (plus de visites, plus de sorties en groupe), ce qui les obligerait à rester dans leur chambre pendant 15 jours.

Mais cette peur, j’en fais une force pour me rendre plus consciencieux, réapprendre à travailler pour éviter toute contamination, réussir à rassurer et essayer de faire sourire ces résidents dans ces temps difficiles.

Je ne suis pas seul, je travaille en équipe. C’est l’unité qui nous transcende et nous rassemble.

Si seulement mes compatriotes pouvaient transformer leur peur (de manquer, de vivre, de devenir malade…) qui nous paralyse tous en une force de vie.

Pour vivre en société dans la bienveillance, le respect, le civisme.
Nous entraider en prenant soin de nos proches, amis.
En respectant les consignes sanitaires.

Alors moi, je resterai confiné quand je ne travaillerai pas. J’irai faire des courses en prenant juste ce qu’il me faut pour ma famille, et en respectant une distance de sécurité. Je prendrai soin de mes proches.
Et vous ?

Guillaume
Aide soignant
24 mars 2020

Bonjour,
Alors moi depuis une semaine en arrêt maladie car suspicion de COVID 19. Mes symptômes sont les suivants : mal de tête, mal partout et grande fatigue… Dimanche, clouée au lit tellement je n’étais pas bien. Aujourd’hui, toujours quelques symptômes mais ça va. Par contre, essoufflée dès le moindre mouvement.
Le plus dur pour moi est d’être à la maison avec mari et enfants mais quand même isolée dans une chambre à part. Ne pouvoir ni câliner, ni embrasser les miens qui sont à proximité. Après, mes symptômes sont bénins par rapport à certains donc je ne veux pas me plaindre. On désinfecte tout ce que je touche. Mon mari et les enfants sont extra. Les enfants se sont mis à la cuisine (12 ans et 9 ans). Je remercie tous les gens qui ont un métier où l’exposition est importante. Bravo à eux !

Christelle
Employé libre service
24 mars 2020

Bonjour, mon mari et moi sommes paysans et, en soi, rien n’a beaucoup changé pour nous. Notre métier fait que nous sommes à notre domicile. L’instruction de nos filles se fait à notre domicile, donc dans les grandes lignes pas de grands changements !
Nous avions la chance de pouvoir rester autour de la ferme avec les filles !

Au début, nous pensions à une bonne grosse grippe. Je suis Alsacienne, j’ai donc toute ma famille là-bas et la plus grande de mes filles qui vit avec son papa…
Mais plus les jours passaient, plus nous avons ouvert les yeux et nous avons vu de quoi était capable ce virus ! J’ai peur, très, très peur pour ma fille, ma famille…
Un jour, ma sœur m’envoie un message par internet pour me dire qu’elle a la maladie. Je crois que c’est l’une des plus mauvaises journées et nuits que j’ai passées.

Elle était épuisée, un mal de tête qui ne passait pas, mal de gorge et elle n’avait plus d’odorat ni de goût !
J’ai pris des nouvelles d’elle tous les jours et là, aujourd’hui elle va mieux. Dieu merci !

Mais ce n’est pas fini malheureusement. Nous n’avons pas encore eu le pic de la maladie. J’espère de tout mon cœur que le plus possible de gens vont s’en sortir !
Je suis triste pour toutes ces familles qui n’ont pas pu dire au revoir. Leur deuil sera encore plus long et douloureux !
Dieu, faites que plus personne ne souffre ! Le confinement pour nous n’est pas le plus dur, le plus dur est la peur…

Mais je suis aussi très en colère. En colère après ce Gouvernement qui n’a rien fait face à la pénurie de masques, de gants, de gel hydroalcoolique et de blouses !
J’ai même honte, honte d’être Française à cause de tous ces clowns qui nous font croire qu’ils pensent à nous mais qui ne veulent qu’une chose, se remplir les poches !
Cette colère, je la garderai en moi jusqu’à la fin de cette pandémie pour que les personnes qui n’ont rien fait pour aider tous les soignants soient punies de leurs actes. J’irai crier haut et fort devant l’Élysée !!!!!

Je voulais juste remercier tous ces gens qui font que nous pouvons manger, avoir du courrier, nous guérir, venir chercher nos poubelles. Ceux grâce à qui nous avons des médicaments, préparateurs et pharmaciens, les routiers, les ambulanciers. Tous ceux qui ont continué à travailler, un immense merci à vous tous, vous êtes des héros !

Je ne sais pas combien de temps le confinement restera, mais j’espère que nous serons bientôt libres.

Billod Marie

Billod Marie
Paysanne
24 mars 2020

Je suis ASH faisant fonction d’aide soignante en EHPAD. Je continue à travailler en espérant tous les jours ne pas contaminer les résidents car ils sont confinés depuis plus de 15j.
J’ai peur comme beaucoup pour ma famille, mes amis, mes collègues. Mon mari est confiné depuis le 18 mars. Notre vie s’organise autrement avec notre fille de 12 ans.
Nous avons la chance d’avoir des extérieurs mais je pense à ceux qui vivent en appartement. La situation est grave et anxiogène mais il y aura un après. Il faut penser à tout ce que nous ferons après.
Pour ma part, j’inviterai mes grands enfants et mon petit-fils que nous n’avons pas revus depuis et nous profiterons de la vie tout simplement…
En attendant : sauvez des vies, restez chez vous !!

Jacqueline
ASH
24 mars 2020

Un jour sans fin

Quelques envies de meurtres parfois 😂 La promiscuité n’est pas toujours simple à vivre… Mais le COVID-19 ne serait-il pas celui qui va nous rapprocher dans nos foyers, donner un élan de générosité entre chaque être humain… Ce petit rien, invisible à l’œil nu, notre pire ennemi, recrée l’histoire. En attendant, je reste chez moi, entourée des miens, pour retisser des liens encore plus forts…

Carine
Mère au foyer
24 mars 2020

Bonjour,

En ce qui me concerne, pas de confinement pour moi car je livre de l’alimentaire dans les supermarchés.
Il faut bien que les gens aient de quoi manger. Par contre ce qui me mets en rogne, ce sont les gens qui prennent ça à la légère. J’en vois encore beaucoup qui se croient en vacances et jouent à la pétanque ou se promènent tranquillement au soleil.
Je prends des risques tous les jours de chopper ce satané virus pour que ces gens-là se la coulent douce et aient de quoi remplir leur frigo. Il y a un problème.

Ceux qui ne sont pas obligés de sortir, restez chez vous pour nous, merci

khan de mirabeau
routier
24 mars 2020

Restez chez vous

Bonjour je m’appelle Sebastien,
J’ai 35 ans et suis papa de deux princesses.
J’ai été en confinement au tout début des dispositions, soit le 17 Mars. Depuis 5 jours, ma santé s’est détériorée progressivement, commençant par un mal de tête, puis un peu de fièvre à 37.7 et depuis hier explosion à 39.2, transpiration intense la nuit. Je tousse mais comme je n’ai pas de problèmes respiratoires, je dois rester au repos avec du Doliprane.
J’ai toujours respecté le confinement à la lettre, n’ai pris aucun risque et je n’ai pas de problème de santé. Mais quand je vois dans l’état où je suis actuellement, je prie pour que cela ne touche pas mes parents ou grands-parents.
Le pire, je ne saurai jamais si c’est cela que j’ai eu… sauf si je finis en réa
Prenez soin de vous

Sébastien
24 mars 2020

Covid 19

Bonjour à toutes et tous

Nous traversons tous un moment difficile, de doute, de peur, d’attente…
Pour ma part, je travaille dans les soins et j’ai peur pour moi, ma famille, mes collègues, pour vous que je ne connais pas…

Un grand merci à ceux qui sont là pour nous :
Alimentaires, routiers, pharmacies, intendances, laboratoires, douanes…
Prenez soin de vous…

Frances V
Assc (assistante en soin et santé communautaire)
24 mars 2020

Solidaire !

Travaillant dans le commerce, j’ai été arrêté comme beaucoup le samedi 17 Mars. En parallèle, je suis le créateur de la page Info Routes Haut-Doubs 25.
Donc, avec l’équipe on essaie d’aider au maximum les locaux : Douanes, routes ouvertes, informations du Gouvernement…
C’est ma contribution aux autres durant cette sale période.
Plusieurs heures de réponses aux nombreuses questions qu’on reçoit tous les jours.

Jeremy
24 mars 2020

#restezchezvous

Aujourd’hui, ma mère a été admise au CHU de Besançon. Elle a été testée positive au Covid-19 et est actuellement sous assistance respiratoire. Restez chez vous. Je vous en supplie.

Sylvie
24 mars 2020

Étudiant

Je m’appelle Joris, je suis étudiant, actuellement en confinement suite aux annonces du Président de la République. Je passe mes journées en visioconférence afin de suivre les cours. Les weekends sont longs, c’est très difficile de ne voir personne si longtemps…
Je remercie encore chaleureusement toutes celles et ceux qui veillent à notre santé.

Joris Royet
étudiant
23 mars 2020

Mon confinement

Étant apprenti à la Ville de Besançon, j’ai été envoyé en confinement chez moi au lendemain de l’annonce du président le 15 mars 2020. Et n’ayant que 17 ans, je ne me sens pas menacé mais je lutte chaque jour contre la propagation du COVID-19 pour sauver des vies ! Les journées sont longues… Mais on s’occupe comme on peut et on attend 20h tous les soirs pour applaudir aux fenêtres ceux qui sauvent des vies 🙏

Ilyes
Apprenti horticulteur
23 mars 2020

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